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Itinéraires d'un esclave poète à Cuba

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L'oeuvre de Juan Francisco Manzano intitulée Autobiographie est unique. C'est le seul témoignage de la main d'un esclave qui nous ait été conservé dans l'aire géographique caraïbéenne hispanophone au XIXe siècle. Il ne serait pas exagéré de regarder ce récit de vie comme le premier roman cubain si nous faisons nôtre l'opinion de Miguel de Unamuno selon laquelle il n'est rien de plus romanesque qu'une autobiographie.

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Date de parution 01 avril 2012
Nombre de lectures 41
EAN13 9782296490857
Langue Français
Poids de l'ouvrage 3 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0005€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Itinéraires d’un esclave poète à Cuba
© L’Harmattan, 2012 5-7, rue de l’École-polytechnique ; 75005 Paris http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.f ISBN : 978-2-296-96969-8 EAN : 9782296969698
Marie-Claire ALEXANDRINE-SINAPAHItinéraires d’un esclave poète à Cuba
Juan Francisco Manzano (1797-1854), entre littérature et histoire
Préface d’Alain Yacou
Recherches Amériques latines Collection dirigée par Denis Rolland et Joëlle Chassin La collectionRecherches Amériques latinespublie des travaux de recherche de toutes disciplines scientifiques sur cet espace qui s’étend du Mexique et des Caraïbes à l’Argentine et au Chili. Dernières parutions e Fabrice PARISOT (éd.),siècleAlejo Carpentier à l’aube du XXI , 2012. Karim BENMILOUD, Alba LARA-ALENGRIN, Laurent AUBAGUE, Jean FRANCO et Paola DOMINGO,Le Mexique. De l’indépendance à la révolution. 1810-1910, 2011. Carine CHAVAROCHETTE,Frontières et identités en terres mayas. Mexique-e e Guatemala (XIX -XXI siècles), 2011. Christian Edward Cyril LYNCH,Brésil. De la monarchie à l’oligarchie, 2011. J.-P. BLANCPAIN,Les Européens en Argentine. Immigration de masse et destins individuels (1850-1950), 2011. J.-P. BERTHE et P. RAGON (eds),Penser l’Amérique au temps de la e e domination espagnole, Espace, temps et société, XVI – XVIII siècle, Hommages à Carmen Val Julian, 2011. Henri FAVRE,Changement et continuité chez les Mayas du Mexique, Contribution à l’étude de la situation coloniale en Amérique latine, 2011. Marcos EYMAR, La langue plurielle. Le bilinguisme franco-espagnol dans la littérature hispano-américaine (1890-1950),2011. Pauline RAQUILLET,Alfred Ebelot. Le parcours migratoire d’un Français en e Argentine au XIX siècle, 2011. Pierrette BERTRAND-RICOVERI,Mitología shipibon2010. German A. de la REZA,Les nouveaux défis de l’intégration en Amérique latine, 2010. João Feres Júnior,Histoire du concept d'Amérique latine aux Etats-Unis, 2010. Marie-Cécile BENASSY-BERLING,Sor Juana Inés de la Cruz. Une femme de lettres exceptionnelle. Mexique XVIIe siècle, 2010. Florencia Carmen TOLA,Les conceptions du corps et de la personne dans un contexte amérindien, 2009. Marcio Rodrigues PEREIRA,Le théâtre français au Brésil de 1945 à 1970 : un outil de la diplomatie française contre le recul de son influence culturelle, 2009.
PréfaceC’est au regretté José Luciano Franco (1891-1989), maître incontournable des Archives Nationales de Cuba, que l’on doit la publication en 1937 des Œuvres complètesJuan Francisco Manzano dans les de Cuadernos de 1. Historia de La Habana On y trouve en premier lieu l’Autobiographiedu poète-esclave en version originale et qui, on ne le dira jamais assez, est le seul témoignage authentique de la main d’un esclave de l’aire hispanique de la Caraïbe qui nous ait été conservé. Dans le cadre des programmes d’investigations du Centre d’Etudes et de Recherches Caribéennes de l’Université des Antilles et de la Guyane pour les années 2002-2005, la publication en version bilingue à l’attention du public francophone – vœu longtemps différé – de cette histoire de vie de Juan Francisco Manzano, en appelait une autre susceptible de 2 montrer l’étendue des talents de cet infortuné «marron du syllabaire » . Mme Marie-Claire Alexandrine s’en est acquittée parfaitement, qui, avec infiniment de raison, a retenu pour son étude un titre particulièrement édifiant –Histoire, littérature et société, itinéraires de l’esclave-poète Juan 3 Francisco Manzano. Ce choix annoncé d’analyse qui indique assez que faits d’écriture et faits de société sont ici intimement liés, est d’autant plus légitime que l’œuvre-phare de Juan Francisco Manzano, l’Autobiographie, n’échappe pas à la règle qui veut que le texte soit en la circonstance histoire et discours à la
1 José Luciano Franco,Obras de Juan Francisco Manzano, Autobiografía, cartas y versos. Municipio de La Habana, 1937,Cuadernos de Historia de La Habana, seconde édition Instituto Cubano del Libro, La Habana, 1972. 2 Alain Yacou,Un esclave-poète à Cuba au temps du péril noir, Autobiographie de Juan Francisco Manzano (1797-1854),Paris, Karthala-CERC, 2004. Il convient de rappeler que l’Autobiographie avait été traduite entièrement en langue anglaise par Richard R. Madden, représentant de Sa Majesté Britannique à Cuba, dans l’ouvrage publié à Londres en 1840, sous le titrePoems by a slave in the island of Cuba, recently liberated translated from the spanishby R.R. Madden, M.D. with the history of the early life of the negro poet written by himself, London, 1840. 3 Il s’agit d’une version condensée de sa thèse de Doctorat soutenue en 2002 à l’Université des Antilles et de la Guyane (UAG). Sous la présidence du Professeur Michèle Guicharnaud-Tollis de l’Université de Pau et des Pays de l’Adour, le jury était composé du Professeur Philippe Cahuzac de l’Université de Bretagne Occidentale, des Professeurs Lucien Abenon et Maurice Belrose de l’UAG, examinateurs, et du Professeur Alain Yacou, directeur de recherches et rapporteur, de l’UAG.
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fois, si l’on s’en tient aux leçons de Todorov dans ses analyses structurales du récit ou ses catégories du récit littéraire: Côté histoire, il n’est pas risqué d’avancer que Manzano a écrit une histoire de vie qui rejoint le projet de Walter Scott, lequel avait reconstruit l’histoire britannique selon une perspective qui plonge ses racines dans la culture marginale. Côté discours, Mme Alexandrine l’a montré, Manzano qui a recours à des déplacements et à des chevauchements temporaires dans la relation du passé ne tient pas exactement une chronologie de sa propre histoire. Mieux, il procède à une élection des faits devant être narrés, comme l’enseigne plus près de nous l’auteur duPacte Autobiographique. En somme, contrairement aux auteurs blancs créoles des autres œuvres à thématique nègre issues comme celles de Manzano de l’atelier littéraire du mécène Domingo del Monte, le narrateur qui écrit à la première personne offre une perspective de l’histoire liée à l’expérience vécue du personnage. Maintenant, au-delà de la substance de l’œuvre littéraire, il y avait encore à en explorer la finalité. Mme Alexandrine a montré combien l’engagement vacrescendo sous la plume de Manzano. A la lire, on apprécie aisément à cet endroit la distance idéologique qu’il y a entre l’Autobiographieet le drameZafirades abysses de la déréliction, l’on passe aux cimes de où, «l’insurgence» selon la dichotomie coloniale du bon nègre et du mauvais sujet. me Dès lors, on ne peut que louer la clairvoyance de M Alexandrine qui, au regard du titre de son ouvrage a su, sous l’empire de l’esprit de mesure, diviser ses écrits en deux grandes parties bien équilibrées dont les appellations sont particulièrement parlantes: Servitude et imaginaire Faits d’écriture et anti-esclavagisme. Dans la première, le lecteur aura saisi à quel point l’auteur comme son œuvre est insérée dans l’époque-charnière — la première moitié du XIXe siècle — où le problème noir s’est noué à Cuba. Couronnant le tableau de société que constitue la partie 1, est mise en exergue l’exception cubaine, qui veut que dans la grande île qui a remplacé l’opulente colonie française de Saint-Domingue sur le marché (mondial) du sucre, il se trouve — Ô paradoxe — qu’il n’y eut jamais plus d’esclaves que d’hommes blanc! Cette singularité due à la propension qu’a connue l’affranchissement dans les colonies espagnoles, même insulaires, explique assez le temps et l’espace consacrés à l’analyse du «monde» (ou des mondes) très complexe où vécut Manzano, lui-même esclave, puis émancipé et mulâtre…
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C’est avec la même justesse que Mme Alexandrine s’est ingéniée à montrer dans la seconde partie comment le thème nègre s’est imposé dans les Belles Lettres, dans un contexte économique, social et politique, voire diplomatique, où la traite est condamnée par les Puissances et où l’institution servile entre en crise: il devient même, prouve-t-elle, l’élément dynamique de la production littéraire en réponse à la duplicité espagnole et au despotisme colonial qui, jusqu’à la première Guerre d’Indépendance cubaine (1868-1878) surent tirer parti du «péril noir» à la fois fable-phobie et réalité tangible à Cuba […] La seconde partie nous mène d’abord au cœur de l’œuvre écrite de l’esclave-poète qui fait l’objet d’une partie toute entière où, à l’analyse réussie de l’Autobiographiecelle tout aussi éclairante des recueils s’ajoute de poèmes, des épîtres et surtout de la surprenante pièce dramatiqueZafiradont on peut douter qu’elle fût jamais représentée […] Est abordée par la suite la question de la portée et de la finalité de l’œuvre de Juan Francisco Manzano, forgée comme celle des jeunes romanciers cubains, protagonistes de l’abolitionnisme littéraire, qu’il fréquentait dans les salons du mécène Del Monte. Dans un dessein qui ne fit jamais mystère, y avait aussi ses habitudes Richard R. Madden, fonctionnaire de Sa Majesté Britannique en place à La Havane, dans le double emploi de « juge-arbitre » de la « commission mixte » – tribunal devant statuer sur les cas de délits que constituait alors l’introduction des nègres bossals à Cuba, la traite devenue illégale – et de Superintendant des Africains libérés. De la sorte, dans une période de crise politique et morale, celle des années 1840-1850, où l’île de Cuba se devait de trouver sa voie qui ne pouvait être ni la révolution nègre louverturienne ni la révolution latino-bolivarienne, Del Monte dont on connaît les dénégations à l’heure de vérité, avait eu l’immense mérite d’assigner à l’acte d’écrire une fonction sociale, une fonction militante avérée. Juan Francisco Manzano y avait souscrit pleinement. Dans ces conditions, force nous est de souligner que l’entreprise de Mme Alexandrine est d’autant plus légitime de nos jours que les lecteurs et experts cubanophiles n’ont eu d’yeux que pour le récit d’Esteban Montejo, nègre marron, que l’on doit à l’industrie et au talent de Miguel Barnet dans les plus beaux jours de la révolution castriste, alors que l’œuvre marquante de Manzano, authentique confession de sa main, unique en son temps dans l’espace hispano-caraïbe, n’a pas toujours eu les honneurs des historiens de la littérature cubaine ! Qu’il nous soit permis de citer pour finir l’opinion autorisée d’Adalberto Ronda, Docteur en philosophie, membre de laSociété culturelle José Martiet directeur de la revueCuadernos de nuestra America:
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« L’étude qu’a réalisée Mme Marie-Claire Alexandrine (dans le cadre du CERC de l’Université des Antilles et de la Guyane) est d’une valeur littéraire certaine et d’une grande rigueur historique: elle contribue de façon significative au rachat de la mémoire de l’esclave et poète cubain Juan Francisco Manzano dont on ignore généralement l’existence et plus encore les écrits. L’originalité de sa contribution est d’avoir inclus l’œuvre de Juan Francisco Manzano dans le mouvement abolitionniste cubain du XIXe siècle en offrant au lecteur une image peu connue de l’esclave d’origine africaine et de l’avoir immergé dans le contexte dans lequel il lui a été donné de vivre, toutes choses qui contribuent à offrir une vision pluriethnique et multiculturelle de la société cubaine. Il faut louer enfin que cette étude ait été réalisée en Guadeloupe. Il y a là matière à symbole sous l’égide de l’amitié sincère qui unit cette terre insulaire à Cuba ». Alain Yaco, Professeur à l’Université des Antilles et de la Guyane, Directeur du Centre d’Etudes et de Recherches Caraïbéennes.
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Introduction générale « S’il s’agissait de faire un résumé véridique de ma vie, ce ne serait qu’une succession de faits tous semblables entre eux car depuis l’âge de treize ou quatorze ans, ma vie n’a été qu’une succession de punitions, de coups de fouet, de déboires. Aussi ai-je décidé de ne décrire que les faits les plus notoires qui ont forgé en moi une conviction aussi redoutable que pernicieuse. Je sais que quand bien même je m’efforcerais à émettre des idées appréciables, je ne serai jamais considéré comme un homme de bien et sage mais, au moins, l’opinion sensée de l’homme impartial mesurera le poids qu’exerce le préjugé sur la grande majorité des hommes aux dépens de 4 l’infortuné qui aura commis une faute ». Ainsi s’exprimait l’esclave Juan Francisco Manzano à Cuba dans un ouvrage intitulé fort justementAutobiographie.autobiographie écrite Cette en 1836 est un témoignage d’autant plus précieux qu’il est unique pour toute la période coloniale dans la vaste aire caraïbe hispanique. Récemment, il y eut une traduction en français faite par le Professeur Alain Yacou, Directeur ème du Centre d’Etudes et de Recherches Caraïbéennes, laboratoire de III Cycle de l’Université des Antilles et de la Guyane. Il n’est pas indifférent à cet égard de souligner qu’il existe par contre dans le monde anglophone plusieurs histoires de vie d’esclaves qui ont fait l’objet de traductions récentes. C’est d’abordThe History of Mary Prince,a West Indian Slave,L’Histoire de M.P, esclave aux Antillesqui, publiée à Londres en 1831 a fait l’objet de deux rééditions et d’une traduction en 5 langue française en l’an 2000 . L’esclave du même nom y fait le récit de ses malheurs à une dame rencontrée un jour de novembre 1828 en Angleterre, au bureau de la Société Abolitionniste d’Aldermanbury. On sait que ses propos furent retranscrits et remis au secrétaire de la Société, Thomas Pringle, qui se chargea de les expurger pour les publier à titre privé et non en qualité de 6 secrétaire de ladite Société . L’esclave Mary Prince, née aux Bermudes, possession de Sa Majesté Britannique, voyagea d’îles en îles accompagnant ses différents propriétaires jusqu’à Antigua. Quoique mariée à un Noir libre,
4 VoirObrasJuan Francisco Manzano, José Luciano Franco, Biblioteca Bàsica de Autores Cubanos, La Habana, Instituto Cubano del Libro, 1972, p. 24 (L’avantage de la publication de José Luciano Franco c’est d’offrir au lecteur le manuscrit de Manzano sans corrections orthographiques ou grammaticales au contraire d’Yvan A.Schulman). 5 La véritable Histoire de Mary Prince esclave antillaise, récit commenté par D. Maragnès, Paris, Albin Michel 2000. 6 Ibidemp. 57.
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elle dut accompagner ses maîtres en voyage en Europe. L’épouse éplorée ne cessa, mais en vain, de leur demander le rachat de sa liberté. 7 Plus connu estLe Récit de Moses Grandy, esclave en Caroline du Nordqui est laretranscription par un abolitionniste anglais des propos qu’il lui aurait tenus en 1842, une fois affranchi. En effet, la loi américaine interdisait aux esclaves des Etats du Sud de posséder quelque document écrit que ce soit de façon à ce qu’ils ne puissent jamais apprendre à lire et encore moins à écrire. Avec beaucoup d’émotion, l’esclave libéré raconte les cercles de l’enfer qu’il a connus et l’exploitation accrûe dont il a été victime sans oublier toutes les humiliations qu’il a subies sous le joug de la servitude. Il est enfin paru pour la première fois en 1845 leMémoire d’un esclave 8 américain. L’auteur, Frederick Douglass, esclave rebelle, réfugié dans le nord des Etats-Unis d’Amérique, autodidacte et militant anti-esclavagiste nous apporte à travers ce livre un témoignage de grande valeur. Il nous raconte sa vie d’esclave dans le sud des Etats-Unis où le fouet, le sur-travail, l’humiliation la peur ont occupé le meilleur de son temps. Aussi, l’esclave libéré se prend-il à analyser le système servile et à en faire le procès. Tout comme ce dernier, mais bien avant lui, Juan Francisco Manzano avait rédigé dans des conditions que nous serons amenée à préciser, sa propre histoire de vie, pièce d’autant plus précieuse qu’à Cuba même, il a fallu attendre le milieu des années 1960 pour qu’apparaisse laBiografía de 9 un cimarrón,Biographie d’un nègre marronEsteban Montejo, ancien de esclave, alors âgé d’une centaine d’années. La période de vie de Juan Francisco Manzano n’est pas celle de Montejo qui est né dans la seconde moitié du XIXème. De plus, tandis que les confidences et révélations de Montejo ont été retranscrites par Miguel Barnet selon le modèle inventé par Oscar Lewis dansLos hijos deSànchez, Juan Francisco Manzano est un témoin de plume en quelque sorte. On ne saurait trop insister à cet endroit sur le fait que l’Autobiographievoit le jour dans une période charnière de l’histoire coloniale de Cuba, sur le plan social, politique et économique. Il conviendrait donc dans un premier temps s’agissant de l’auteur, d’éclairer le contexte historique dans lequel il lui aura été donné de vivre, autant dire l’époque où le « Péril Noir » a conforté la domination espagnole ! Maintenant, l’œuvre elle-même se situe dans une conjoncture singulière dans l’histoire de la littérature cubaine. En effet, l’Autobiographie
7 William Loren Katz, Five Slave Narratives, Arno/New-York Times, 1969, volume qui reproduit: leRécitde Moses Grandy, esclave en Caroline du Nord, plusieurs autobiographies d’esclaves des Etats du Sud. L’ouvrage que nous avons consulté a été traduit par J. Benoist, Centre de Recherches Caraïbes, 1977. 8 Frederick Douglass,Mémoire d’un esclave américain, Collection Actes et mémoires du peuple, Paris, Maspéro, 1980 (réédition). 9 Miguel Barnet,Biografía de un cimarrón, Barcelona Ediciones Ariel, S.A.: 1968.
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