Jardin des ouragans
140 pages
Français

Jardin des ouragans

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Description

(…)
Quand je pense à toi
Mère telle que tu es
Réduite en miettes
Éparpillées récipient de grains éventrés
Entre les griffes du père et du fils
Qui s’entredéchirent
Et les crocs barbares
De l’Est de l’Ouest qui appauvrissent tes richesses
Du présent du passé visiblement effacé
Manipulent dévorent ta physique ta métaphysique
Tu n’es pas celle qui fait
Honte
Rouille dans les os dépouillés de la pudor stolatus
Comment puis-je recouvrer l’entièreté de ton bouquet t’étreindre
Panser tes blessures essuyer tes larmes
Ainsi dépecée violée gadget rebuté
Au quotidien aux jours sacrés
Comment relier ton corps
Dans les ténèbres
Avec mon odorat de félin
Ma peau de lézard
Il n’y a pas trace d’hommes dans ces ténèbres méconnaissable Mère
Ta langue est criblée de langues de brûlés
Ta marche est plus celle du corbeau
Que celle de la colombe
J’aurais été
Abîme de l’abîme
Si mon sang n’était embrasé
Par la foudre de tes beautés
De ta mémoire d’avant d’après
Des déluges d’avant le déluge
(…)

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 18 août 2017
Nombre de lectures 0
EAN13 9782823121476
Licence : Tous droits réservés
Langue Français
Poids de l'ouvrage 1 Mo

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Driss Lebbar
Jardins des ouragans
Poésie
Éditions Persée
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© Éditions Persée, 2017 Pour tout contact: Éditions Persée – 38 Parc du Golf – 13 856 Aix-en-Provence www.editions-persee.fr
DU MÊME AUTEUR
Dégagements, 2014, Éditions Persée
« Les Barbares démolissent l’édifice pour ramener la pierre à sa fonction de projectile, la sagesse construit pour immobiliser la pierre, pour apaiser la haine, pour la protection. »
(M. Serres, Rome)
GRAPHIE AILÉE
Comme si c’était à mon éther À ma porte que tu frappes Avec tes allures de prophète Braises de plumes vibrantes Tes obscures apparitions Sur les poussières de mon âme Affolent et déchirent Tu craches ta fureur Les modulations risibles de tes ailes Embuent les yeux de la folie Ô moi inculte et sans clarté Une flamme infinie le ciel Insoutenable l’exode des couleurs La terre ternie s’abîme dans mon cœur Et l’air océan de métal Les forêts aux mains de bronze T’invitent au banquet des rites chacals Rien ne t’impressionne Cendre débris de moi-même Ne t’écarte Ne t’empêche de raviver L’aurore des rêves carbonisés Et avec quels frêles filets d’amour et de fureur O toi idéogramme éclair de l’éphémère Quel matin mûr marbré Après les démentiels ravages des espérances Accueillerait l’éveil sismique Sur les décombres des grimaces des antiques sourire s familiers Dans le frimas des sentiers apocalyptiques Charniers océaniques d’orient sans murailles tapiss és de chardons D’acier oxydé des crimes barbares
AUX TÉNÈBRES
Manquent des Poumons de lumière À l’arbre manque l’horizon Manquent les branches Les feuilles Les fruits Les chants Et la quiétude des nuits Pour leurs trêves À l’horizon manquent Clarté et profondeur Aux paupières Fleurs et flammes Aux palmiers Seuils hospitaliers Aux amandes Le fol éclat du commencement Aux chants Gorge de l’ardent désir Et donc Le halo de l’aurore S’éteint dans L’arbre et l’arbre cesse De respirer comme arbre Et la haine matrone architecte Puisant ses formes son matériau Dans les petits paradis des enfers privés
COMME LA DERNIÈRE PINÈDE
Qui lit le miel atlantique Dans le creux de ses mains Dans son bon heur ou mal heur Il n’y a pas de place Pour le métal véreux Qui rage et ravage Dans le creux de ses mains Il y a chaud et accueillant Un cœur grand sans rayon vilain Les fruits des ronces des arbousiers De la fleur noire et blanche De la folle sagesse des sèves et des feuilles De l’horizon tétant son sel À même le sein de l’océan Le font rêver mûrir transmuer Et l’odeur du thym du genêt De l’eucalyptus des vagues Du silence de la Grande Montagne qui redresse les â mes Des subtils clins d’œil du phare de Cap Spartel Et ses antiques almées figées dans les rochers Mais point de sentier de chemin Encensant l’autel des carnassiers
DIGNEMENT Il l’ACCOMPAGNA AU TRAIN
Qui leconduira encore Aux profondeurs de la vie Après les au revoir Les justes conseils d’un être Peu commun Et de toutes les âmes derrière L’effroi dans les membres cardinaux Déjà il le recherche Pour l’ultime fois C’était gravé dans le ciel Sur les aiguilles L’engin s’ébranle Le désastre de même Pelote sagement embrouillée Comment de ces miradors Ces nids de foudres d’éclairs angéliques Rejoindre L’humus de mes rêves Les pics de la folie S’enfoncent dans les sens Dans le saut des regrets Que des fleurs rouges inanimées entre les bras D’autres fleurs rouges sur les railles Sans arrois tout est désert Tout est sel tout est silence Et là-haut Sourires et encens