Jet de mots

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120 pages
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Description

Ce recueil de poèmes est une célébration particulière de la Renaissance africaine. Ses trois mouvements structurels constituent des correspondances poétiques qui touchent par le jeu, « le jet » de leur résonnance, les territoires philosophiques de l'ontologie. Le poète, revêtu de la tunique Poesis, y chante la nouvelle espérance en indiquant les chemins émergenciels d'avenir. Le monde qu'on y perçoit alors est un monde fait d'altérité.

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Date de parution 14 janvier 2019
Nombre de visites sur la page 18
EAN13 9782140110412
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0075 €. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

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SéverinMEBENGA
JET DE MOTS
Poèmes
Préface de JeanTA BIMA NG A
Lettres camerounaises
JET DE MOTS
Lettres camerounaises Collection dirigée par Gérard-Marie MessinaLa collection « Lettres camerounaises » présente l’avantage du positionnement international d’une parole autochtone camerounaise miraculeusement entendue de tous, par le moyen d’un dialogue dynamique entre la culture regardante – celle du Nord – et la culture regardée – celle du Sud, qui devient de plus en plus regardante. Pour une meilleure perception et une gestion plus efficace des richesses culturelles du terroir véhiculées dans un rendu littéraire propre, cette collection s’intéresse particulièrement à tout ce qui relève des œuvres de l’esprit en matière de littérature. Il s’agit de la fiction littéraire dans ses multiples formes : poésie, roman, théâtre, nouvelles, etc. Parce que la littérature se veut le reflet de l’identité des peuples, elle alimente la conception de la vision stratégique. Déjà parus Joseph SOP,Les mésaventures de Man-no-laugh, 2018. Clarisse Aimée EKA TOUBE,Eding e Mbog ou L’amour de son peuple, 2018. Vincent de Paul NDOUGSA,Le décès d’un grand, 2018. Eugène NZAMBOUNG,L’amour à l’ombre des guerres tribales, 2018. Cyrille KEMMEGNE,Histoires d’albinos, 2018. Cyrille KEMMEGNE,Les déboires d’un misogyne,2018. Hilarion MPEBE,Par-delà les ronces,2018. Ebénézer KOB-YÉ-SAMÉ,Bref séjour au pays natal, 2018. Lazare MBAYO,Les pas de la paixde suivi La mer de la vie, 2018. Brigitte DJOMO,L’oratrice était un homme, 2018. Vincent de Paul NDOUGSA,Le calvaire des salariés, 2018. Jérôme NDZANA,Sur les sentiers de l’escapade, 2017. Thomas TCHATCHOUA,Dans la chambre voisine. L’amour est une école, 2017.
Séverin MEBENGAJETDEMOTS
Poèmes Préface deJeanTABI MANGA
Du même auteur
L’Ombre éclairée(2014) collection « Lettres camerounaises », L’Harmattan, ISBN : 978-2-343-05099-7. © L’Harmattan, 2019 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris http://www.editions-harmattan.fr ISBN : 978-2-343-16631-5 EAN : 9782343166315
À ma famille, ainsi qu’à toi, mon Amour.
À toi, Jean Claude
Et à vous autres, mes amis.
PRÉFACE
« L’humanisme de l’autre homme… » ou la nouvelle espérance Monsieur Séverin Modeste Mebenga, poète dont la plume s’affirme dans notre horizon littéraire, dans les temps qui sont les nôtres, étonne et détonne par ses fulgurances poétiques et ses vibrations contagieuses. Il m’a proposé d’écrire un texte d’escorte pour sa nouvelle publicationJet de mots. Ma réaction n’a pas été immédiate, spontanée, alors que sa démarche était empreinte d’amitié et de courtoisie. Je redoutais cet exercice. Parce que l’approche de la poésie, son appréciation présuppose l’appropriation des mécanismes d’une esthétique spécifique différente de l’esthétique romanesque par exemple, à laquelle je suis habitué. L’esthétique romanesque, par l’identification des différentes postures diégétiques appréhendées dans des canons précis, soit narratif, relevant d’une dynamique de récit, soit discursif, se référant à une dynamique descriptive ou argumentative, se laisse découvrir aisément. L’herméneutique paraît commode, les ressorts, les points de repérage et d’ancrage sont classiques. L’herméneutique de l’esthétique poétique ne se coule pas dans les mêmes schémas. La poésie n’est pas un récit organisé autour d’un drame qu’animent différents actants. Bien que la poésie ressortisse à un imaginaire, également fantasmé comme le roman, elle est plutôt une affaire qui mobilise la subjectivité. Elle est un dialogue entre différentes subjectivités. Ce dialogue repose sur un jeu de correspondances, de vibrations à travers un jet de mots
porteurs d’images, de figures exprimées par des syntaxes et des grammaires surprenantes, audacieuses et déroutantes. L’esthétique poétique fonctionne dans une forme d’expression qui refuse la linéarité intelligible, mais convoque surtout la communion, la fusion. Jet de mots, parce que œuvre poétique, qui traduit notre réel fantasmé ainsi que les « signes des temps » (p. 59), n’échappe pas à cette caractéristique générale. C’est pourquoi cette préface n’est pas, à proprement parler, un exercice d’intellection, une herméneutique. Elle est plutôt une tentative de dévoilement des nœuds de vibrations, de sensations qui affleurent dans l’intersubjectivité dialogique. Je n’ai pas la prétention d’avoir tout senti, parce que dans ce dialogue intersubjectif, la rationalité discursive, mathématique, n’a pas le dessus, la poésie étant miroir des vagues de l’âme, espace de liberté éperdue, dans un abandon, une ivresse de sens. C’est pourquoi le poète peut à juste titre entonner la cantate suivante : Ne me demande pas quelle est ma thématique, car je ne marche pas telles les mathématiques la poésie me rend plume survole les interdits la poésie me remplit et me plie à ses lubies je me sens si bien que plus rien ne me résiste je reconstruis le monde et par moi tout existe(p. 21), et déclarer la faillite de la raison raisonnante pour pouvoir construire un monde qui ait une âme, une envie : Depuis que l’Homme couche avec la raison depuis qu’il a confié les clés de sa maison à celle qu’il présente au monde entier comme son miracle son feu sa moitié depuis que cette déesse gouverne sa vie il est devenu un être sans âme sans envie(p. 38).
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Le poète Séverin Mebenga, à travers Jet de mots, ses mots d’amour, reconstruit un monde nouveau. Ce recueil de poèmes se distribue en trois mouvements structurels : « Paroles et pensées », « Signe des temps » et « Les mots en fleur ». L’ensemble est placé sous le signe de la célébration de la renaissance africaine : Depuis un certain temps le bruit court Que la Renaissance africaine est dans nos cours Et puisque chaque Africain doit prendre part à la Fête J’ai choisi parmi mes plus beaux atours Une tunique qui me couvre des pieds à la tête Et qui du monde peut encore faire le tour(p. 13). Cette tunique dont l’étoffe fut tirée du grand Œuf en des temps anciens fut portée par l’immortel Osiris. C’est la même tunique que porte aujourd’hui le poète pour célébrer la renaissance, la nouvelle espérance et les chemins émergenciels d’avenir : Oui j’ai porté cette robe de feu qu’on appelle Poesis(p. 13). Le poète ouvre donc la Fête par une série de textes regroupés autour d’une polarité « Paroles et pensées » dont le souffle et la tonalité poétique rappellent, en écho, la joie légère et aérienne des Fêtes galantes de P. Verlaine qui nous éloignent des Poèmes saturniens. Séverin Mebenga, revêtu de la tunique « Poesis » des temps immémoriaux célèbre la poésie (« Au commencement » p. 19) sur un ton aérien. Le vers n’est pas tendu, il est rapide, léger. Il dessine par de petites touches apparemment sans lien particulier un tableau impressionniste à la manière de Verlaine qu’a inspiré le peintre Watteau.La poésie est l’ambroisie qui rassasie l’esprit à l’infini(p. 19). L’esprit doit être touché en premier lieu parce qu’il s’agit en fait de la parole, de la nature, du réflexe, de l’émotion qui sont des vibrations primordiales bien avant la pensée, la culture (un travail sur la nature), la réflexion qui appelle la raison (un après par rapport à l’émotion). Séverin Mebenga rejoint à travers ces touches surréalistes, le « sous-réalisme » de L. S. Senghor, A. Césaire et L. G. Damas :
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