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Jusqu'à la mer

De
109 pages
Simples songes ou rêveries. Petits morceaux de poésies intérieures. L'auteur vous invite simplement, pour quelques courts instants, à partager un espace de liberté, parfois triste, parfois gai, toujours romantique Laissez-vous entraîner dans un paysage intérieur fait d'infimes détails, dans une cuisine des sens assaisonnée délicatement d'une pincée de nostalgie. Tout est volatile, versatile, parfois futile. Ce texte n'a d'autre ambition que de vous conduire vers une forme de légèreté, un oubli momentané de...
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2 Titre
Jusqu'à la mer

3Titre
Pierre Philippe Defrance
Jusqu'à la mer

Poésie
5Éditions Le Manuscrit























© Éditions Le Manuscrit 2008
www.manuscrit.com

ISBN : 978-2-304-01154-8 (livre imprimé)
ISBN 13 : 9782304011548 (livre imprimé)
ISBN : 978-2-304-01155-5 (livre numérique)
ISBN 13 : 9782304011555 (livre numérique)

6





Mi-prose, mi-poésie. Ni prose, ni poésie. Juste un peu
de plaisir. Pour moi… et peut-être pour d’autres.
Mi fugue, mi raison et quelque peu ou beaucoup
d’anachronismes ; une pincée de solécismes, une cuillère
de barbarismes… la solitude de l’écrivain de fond qui
n’en est pas un, qui vient de loin et court vers nulle part.
Re… cueille
Carnet d’images
Titres multiples
Comme on accouche de simples mots
Un klaxon dans ma vie
Le lampadaire de mes soirs.
Mon soleil au couchant.

« Déjà, à cette époque, j’avais le sentiment qu’un
homme sans paysage est bien démuni. Une sorte
d’infirme. »
Patrick Modiano
« Accident nocturne »
. 8
JUSTE UNE NUIT… UN JOUR
J’ai passé la nuit à écouter les étoiles, le chant
des étoiles filant vers l’aube, s’enfuyant face au
passé. Je suis resté assis sur la terrasse, faisant
front au vent, à la mer et à l’horizon. Je balan-
çais mon corps sur un vieux rocking-chair avec
parfois à l’esprit une ancienne chanson de Dy-
lan.
Les heures ont chuté dans les abimes d’une
autre époque. Mon chat est venu se coucher à
mes pieds, compagnie insouciante, présence
passagère.
J’ai pris une feuille, un crayon. J’ai essayé de
donner une vie littéraire à mes pensées. Mais le
stylo n’a pas été fidèle. Une autre fois, peut-être.
Le jour m’a surpris dans cette position. Le
nez au vent, la bouche entrouverte, le buste rai-
di par le froid de la nuit. J’étais resté immobile
trop longtemps. J’avais fini mon bouquin. En
quelques heures, j’avais dévoré ces pages. Une
histoire pourtant simple. Une écriture un peu
enfantine.
9 Jusqu'à la mer
Une nuit avec Dylan dans la tête, une nuit
avec le bruit du ressac et le murmure des étoi-
les, une nuit avec un livre attachant. Sans doute
le bonheur. Quelque part le bonheur.
La lumière avait attiré des dizaines d’insectes.
Les planches de la terrasse étaient jonchées de
ces papillons déchus aux ailes brûlées par une
trop grande curiosité, par la chaleur artificielle,
promesse furtive et superflue.
J’ai quitté mon siège, il était six heures. La
journée s’annonçait déjà chaude. Je suis allé
dans la cuisine. J’ai fait un café et je l’ai bu de-
bout devant la baie en regardant le soleil sortir
de sa baignoire géante. L’océan était calme, étal.
Je savais que ce jour serait terrible. Tout de-
vait se décider en ce mardi d’août. J’allais enfin
savoir, connaître la vérité, celle au V majuscule.
Combien de temps ? Combien ?
Un oiseau s’est posé sur la rambarde. Il a
penché son bec, m’a presque salué. Courage. Il
a lissé ses plumes, a semblé me sourire. Il est
parti, lentement, royalement. Pour moi.
C’est un château en Espagne
Une fille qui m’accompagne
C’est l’étrave d’un paquebot
Une valse, un boléro
Un chœur de voix s’envole
Sur un prélude parasol
Sur une fugue un peu mineure
L’ombre douce d’une douleur.
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