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161 pages
Français

L'or du diable

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Français

Description

« Je ne suis qu'un philologue et un historien et il m'est difficile de vous suivre dans ces sphères supérieures et ingénieuses. Mais je constate que vous connaissez bien les textes, ce qui n'est pas toujours le cas de vos confrères. » Claude Pichois

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Date de parution 23 décembre 2020
Nombre de lectures 0
EAN13 9782140166822
Langue Français
Poids de l'ouvrage 2 Mo

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Exrait

Côsîmô Trôô L’ôr û îabÉ B A U D E L A I R E&A Y S C A R O L I D U F N E Essaî psychaayîqûÉ Suivi d’une correspondance de Claude et Vincenette Pichois & nou v elle édition P E N T A Éditions
L’or du diable BAUDELAIRE ET CAROLINE DUFAYS
Essai psychanalytique
Suivi d’une correspondance de Claude et Vincenette PICHOIS
Figure de couverture :
Charles Baudelaire Autoportrait Photo RMN-Grand Palais (musée d’Orsay / Tony Querrec Paris, musée d’Orsay, conservé au Musée du Louvre
© Penta Éditions, 2020penta.editions@orange.fr www.penta-editions.fr
ISBN : 978-2-917714-32-4 EAN : 9782917714324
Cosimo TRONO
L’or du diable BAUDELAIRE ET CAROLINE DUFAYS
Essai psychanalytique
Suivi d’une correspondance de Claude et Vincenette PICHOIS
Penta Éditions 59, rue Saint André des Arts 75006 Paris-France
Du même auteur
Chez Denoël Figures de double. L ‘inconscient entre corps et théâtre. Paris, Denoël, collection « L’Espace Analytique », 1986 Devenir Psychanalyste,ouvrage collectif. Paris, Denoël, collection « L’Espace Analytique », 1996
Chez L’Harmattan / Penta Éditions Poétique et interprétation.Paris, janvier 2004 L’or du diable. Baudelaire et Caroline Dufaÿs, janvier 2004
Chez Penta Éditions L’intemporelle fragilité de l’inconscient. Clinique de l’être et de la lettre, juin 2012
Sous la direction Jacques Schotte,Un questionnement psychanalytique(Christian Fierens et C.T.), janvier 2011 Décenseurs, Freud, Baudelaire, Flaubert,(C.T.), décembre 2007 Il n’y a plus de honte dans la culture, mars 2010 (Éric Bidaud et C.T.)La psychanalyse à l’ère du numérique. Mutations et défis(Éric Bidaud etC.T.), septembre 2020
Traduction en français Fausto Pirandello,Petites impertinences et autres écrits. Suivi de deux lettres inédites de Luigi Pirandello,juin 2015. Édition italienne chez Sellerio Editore-Palermo, 1987.
Traduction en italien Non c’è più vergogna nella cultura,a cura di Andrea Baldassarro, Alpes Editore, Roma, ottobre 2012
e Préface à la 2 édition
À la mémoire de Claude Pichois
Une réédition de ce livre, paru au début de l’année 2004, s’est imposée à l’auteur pour deux raisons. Premièrement par un attachement à l’œuvre de Baudelaire qui perdure à travers le temps. Il reste, pour l’analyste que je suis, le premier poète à qui on pourrait accorder d’avoir accompli une « subversion du sujet », selon un titre de Lacan, dans la poésie, par l’inouï de son œuvre majeureLes Fleurs du Mal. Là où l’esthétique poétique a quitté définitivement la dictature de la bien-pensance pour soulever la part obscure de l’hypocrite lecteurlimbes où Sade l’avait enfermé. Ce que des Freud, avec sa découverte de l’inconscient, développa après le Poète, comme une troisième révolution copernicienne (après celles de Copernic et Darwin).Le moi n’est plus maître chez lui, et il est mêmeun hypocrite lecteurde ses pensées et mouvements pulsionnels. Deuxièmement par un désir d’offrir une nouvelle vie à cet ouvrage que je portais en moi depuis des décennies, et dont l’écho dans le milieu littéraire, et surtout psychanalytique, a été I minime (chez les littéraires ) ou absent (chez les psychanalystes). Impacte « minime », dis-je, auprès des littéraires baudelairiens d’avant-garde, sauf auprès de celui qui a été investi du titre de « Prince des baudelairiens », Claude Pichois lui-même. Ce qui fut une gratification majeure, je dois dire, qui dépassait et de loin toute autre reconnaissance, jamais
I  Mis à part une recension dans la revueHistoires littéraires, avril-mai-juin 2004, n° 18, pp. 184-185. Et une recension demandée par Claude Pichois, promise par laRevue d’Histoire Littéraire de la France, mais jamais parue (v. en fin d’ouvrage).
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venue ni accordée de la part des « officiels » de l’establishmentdes critiques, et même, dès lors, du lectorat. Je porte en moi une grande dette de reconnaissance à l’égard de ceGrand Nom de la critique littéraire française et internationale, qui sut répondre immédiatement à l’auteur inconnu qui venait de lui envoyer en SP un exemplaire deL’or du diable. Baudelaire et Caroline Dufays, avec le même sentiment d’irréalité de celui qui jette une bouteille à la mer, avec son message d’appel au secours. La surprise de trouver une réponse à mon envoi, quelques jours après, fût celle qu’aurait éprouvé le même naufragé qui verrait des voiles paraître à l’horizon du vaste océan qui l’entourait, pour lui venir en aide. ère On est tout de même dans la poésie de la 1 moitié du XIXe siècle, pour utiliser plus à propos ce que la métonymie-voile! Cet événement et les événements qui suivirent, demeureront dans ma sphère privée jusqu’à ce jour. Mais ils eurent pour conséquence d’affermir une certitude à laquelle aspire tout chercheur et auteur qui confronte ses idées et ses écrits au jugement d’autrui, fût-il le lectorat par le nombre de ventes ou de présentations au public de son ouvrage, que par ses confrères qui dépassait cette fois le cercle de mes collègues psychanalystes, et aurait dû toucher les experts-ès-Baudelaire. Les plus nombreux, il faut dire, tant la critique littéraire, même dans une optique psychanalytique, était abondante et prestigieuse en la matière. Et la bibliographie sur ses œuvres, foisonnante, innombrable même. Cette certitude - c’est probablement la troisième raison de cette réédition -concernait non pas la mise d’un sceau devéritéobjective sur mon analyse de la thématique choisie, celle des rapports entre Baudelaire et sa mère, Caroline Dufays, quant plutôt l’assurance que ma relecture, mafiction analytique autour de l’homme Baudelaire et de son œuvre, tenait la route et pouvait poursuivre sa navigationvers l’inconnu pour trouver du nouveau. Comme me l’écrivait Claude Pichois dans la seconde lettre qu’il m’écrivit : «Je ne suis qu’un philologue et un historien et il m’est difficile de vous suivre dans ces sphères supérieures et ingénieuses.
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Mais je constate que vous connaissez bien les textes, ce qui n’est pas toujours le cas de vos confrères». Cette modestie, alliée à l’audace d’adouber un nouveau venu enbaudelérie, était une constante de la personnalité de Claude Pichois, qui pour autant n’était pas ignare des lectures psychanalytiques sur Baudelaire. Ainsi e qu’il me l’écrivait dans sa 4 lettre : «Mon ignorance de l’analyse ne m’empêchait pas de goûter les analyses». Ni même à l’histoire des différendsau sein des institutions psychanalytiques, comme on pourra le lire, également, dans sa lettre du 13 juin 2004. Aussi, songoûtpour lesanalyses(littéraires) a été pour moi uneinvitation au voyage, à l’intérieur d’une relation naissante riche en promesses de nouveaux développements dans le vaste domaine de la critique littéraire d’inspiration psychanalytique sur Baudelaire et son œuvre. Legoûtpour les analysesremplaçant et m’inspirant plus que lesthéoriessans goût de nombreux thuriféraires de Baudelaire, c’est avec ferveur que je projetais de partager notre gourmandise littéraire. Invité en cela par l’extrême disponibilité manifestée par Claude Pichois de poursuivre ensemble nos réflexions et analyses, comme le lecteur remarquera dans la correspondance qu’il m’adressa en ces quelques mois entre son premier courrier, nos rencontres chez lui, et la dernière pensée pour notre travail commun qui démarrait, et qu’il me fit adresser par son épouse la veille de sa mort, le 11 octobre 2004. À croire que la pensée du pire ne l’effleurait, et ne le retenait même pas de penser aux lendemains poétiques. Depuis, c’est comme si le navire venu à mon secours, m’avait débarqué sur une autre île déserte, et s’était éloigné à jamais des rivages. Par bonheur le travail de la mémoire prolonge les chemins représentatifs obturés par le réel de la mort. Non pas une mémoire personnelle qui ne regarderait que l’auteur de ces lignes. Comme cela aurait été le cas si j’avais choisi de rééditer mon livre, augmenté de la correspondance de Claude Pichois, au cours de ces nombreuses années écoulées depuis sa disparition. Cela aurait été une réédition opportuniste, dictée
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par un narcissisme dont tout auteur est pourvu, sans aucun lien avec l’obligation éthique qui me contraint de respecter sa e mémoire. C’est donc à l’occasion fournie par le 200 anniversaire de la naissance de Baudelaire (1821) que ma décision s’est imposée à moi d’hommager l’illustre poète avec le non moins illustre critique, philologue et historien qui, mieux que tant d’autres qui se sont essayés, et certains y sont parvenus, a servi laCausebaudelairienne. Aussi j’ai décidé de ne reproduire ici, enfac-simile, que les lettres manuscrites que Claude Pichois m’a adressées entre la réception en SP de mon livre, qu’il « (commençait) seulement à lire» (02.04.2004), et celle que son épouse Vincenette Pichois, envoyait à Penta Éditions pour me prévenir que son époux allait reprendre contact avec moi «dès qu’il sera en état de retravailler», après son hospitalisation. Lettre d’autant plus poignante qu’elle est écrite la veille de la mort de son mari, le 11 octobre 2004, survenue le lendemain 12 octobre 2004. C’est dire si le décès de Claude Pichois fut soudain, et s’il pensait reprendre notre correspondance, qui lui tenait à cœur parmi ses priorités.
Lettre 1. Du 2 avril 2004 (v. annexes)
 Après les remerciements pour la réception de mon livre, et avant toute considération sur le contenu même de l’ouvrage, Claude Pichois s’enquiert de sa recension, qui lui apparaît déjà évidente pour laRevue d’Histoire Littéraire de la France, dont il était membre du Comité de Direction et du Comité des Recensions. Aussi il se dit même prêt à «confier» son exemplaire («le mien») à une «personne» (non citée) qui aurait pu se charger de la recension, préparant lui (elle ?) aussi I un «livre sur Madame Aupick» .
I  Il pourrait s’agir de Catherine Delors, élève de Claude Pichois, auteure deL’idée si douce d’une mère : Baudelaire et Caroline Dufays, Paris, Les Belles Lettres, 2011.
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