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La mer indéfinie

De
285 pages
aux cris bleus des rives l’exigence des miroirs éblouis de mystère , écrit Léo Pold Victoria dans ce recueil qui fait suite à "A l'aube d'un soir" publié aux éditions Cléa. Les textes du poète cheminent entre deux mondes qui se côtoient, entre terre et mer on ne sait plus et le mystère est au centre de cette parole qui décrit l'indicible, le silence, l'absence et cette présence qu'il définit à peine , on entre dans le monde intérieur du poète dont l'aventure existencielle demeure une quête métaphysique dont le cri du moi profond est une recherche permanente de l'identité humaine C'est avec délectation que vous lirez cette poésie fluide empreinte d'une réelle souffrance et d'un univers sentimental trés prononcé .
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Le Manuscrit, 2004.É ditions 20, rue des PetitsChamps  75002 Paris Téléphone : 01 48 07 50 00 Télécopie : 01 48 07 50 10 www.manuscrit.com contact@ manuscrit.comISBN : 2748146174 (Fichier numérique) ISBN : 2748146166 (Livre imprimé)
PI E R R ELEGU E V E L
Mais savezvous pourquoi nous sommes toujours plus justes et plus généreux avec les morts ? L a raison est simple ! A vec eux, il n'y a pas d'obligation. Ils nous laissent libres, nous pouvons prendre notre temps… Camus,La chute.
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Chapitre 1 Je sortais rarement de mon immeuble le nez au vent et encore moins en regardant carrément en l’air. E n général, j’avais plutôt les yeux rivés au sol pour éviter les offrandes quasi journalières déposées face à la porte par un horrible bâtard sans éducation. Son maître et lui nichaient deux immeubles plus loin et restaient davantage attachés à leurs habitudes qu’aux bonnes manières. Ce jourlà, mon comportement était d’autant plus injustifiable qu’il faisait un temps pourri. Regarder un ciel de crachin avec un petit vent frais qui vous rabat la pluie dans les yeux, … faut pas être bien net. Mais justement, ce mardi matin, je n’étais pas dans mon assiette. Pas la grande forme. Un refus global, une sorte de raslebol de la morosité ambiante. J’avais très mal dormi ; un peu à cause de la grande traversée de Paris que m’avait imposée la surveillance d’un type que je filais depuis deux jours, et beaucoup
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grâce à ma voisine. Une sacrée nana et un sacré tempérament… Malheureusement, je n’étais pas exactement son genre, à Mademoiselle ! Hier, c’était sûr, elle avait dû le trouver. Je n’ai rien contre les amours qui s’expriment haut et fort ; « …il faut bien que le corps exulte!Mais là … » Quatre fois de suite, à moins d’une heure d’intervalle, elle avait poussé sa canzonette sur tous les modes. E t chaque fois bien sûr, juste au moment où j’allais glisser vers Morphée, tout seul dans mon grand lit. J’aurais dû intervenir pour tapage nocturne, pour attentat sonore à la pudeur ! Il faut que je vous dise : je suis ce qu’on appelle un privé.ou presque. Jemais indépendant, …  Policier, travaille pour une boîte d’enquêtes en tous genres depuis quatre ans ; ça va de la femme ou du mari trompé au vol de secrets de fabrication. Tout ce que la morale et la loi réprouvent, laMaison Duriot le prend en charge. Il suffit de payer, on s’occupe du reste ! Les clients apprécient notre efficacité. Il faut reconnaître qu’on ne s’embarrasse pas toujours de ces précautions inutiles qui alourdissent la tâche des policiers traditionnels, ni surtout d’états d’âme qui risquent de freiner les enquêtes. On travaille sur le fil ; juste au bord
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de la loi, mais toujours du bon côté… Je ne roule pas encore vraiment sur l’or, mais enfin, je me débrouille suffisamment pour avoir envie de continuer ce métier. E t c’est bien ça le principal, dans un job, … l’envie de continuer. Après avoir fait mon droit, j’avais commencé comme flic dans un commissariat, mais au bout de quelques années, je me suis dit que je ne tiendrais pas jusqu’à la retraite. Quoi qu’il en soit, j’aurais jamais dû lever la tête si haut, ce matinlà, en sortant de chez moi. Y’a des moments, faut savoir rester humble et garder un profil bas. Maintenant, avec du recul, je me dis : T’as fait que ton boulot, mon pote ; ton boulot de limier intuitif, fouineur et têtu. E n fait, c’est pas tout à fait ça… Si je m’étais contenté de mon boulot, ça aurait été bien plus simple. Oh, oui ! Pour sûr. Mais là, j’ai plutôt voulu donner dans le genre cavalier seul et dans le style du Chevalier répondant à un idéal de pureté ; vous voyez ça, … une sorte de Croisé, quoi ! J’ai mené tout seul, comme un grand, ma petite Croisade contre le Mal ; j’ai dû m’identifier au glaive de l’archange saint Michel transperçant le dragon ! Il faut dire que le dragon commençait à sérieusement
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dépasser les bornes et … qu’il voulait ma peau !... Bon, … peu importe. Voilà exactement comment ça s’est passé : E n sortant de mon immeuble style « 1920 », – c’est marqué dans un médaillon en relief juste audessus de la porte – je lève la tête par hasard, et qu’est ce que je vois !!! Une nénette en train de tomber du dernier étage d’un immeuble, presqu’en face. Des cheveux blonds au vent et une sorte de nuisette rose que l’air collait sur sa peau. Sur le coup, je crois rêver ; mais je n’ai pas le temps de me frotter les yeux. La chute des corps, vous connaissez, ça s’accélère. Pour six étages, il faut compter dans les deux secondes, et en deux secondes, … on n’a pas le loisir de faire grand chose. J’ai donc seulement regardé la pauvre môme s’écraser sur le capot d’une voiture. E lle n’avait pas poussé un cri pendant sa descente. Le choc a été terrible. Une violence inouïe. Jamais je n’aurais cru ça. Une vibration de l’air et puis aussi du sol. Je la ressens encore ; comme un coup violent sur la poitrine. Ce bruitlà, parfois, il me cogne aussi dans la tête, comme s’il voulait entrer définitivement dans ma mémoire. E t je me dis que cette fille, j’aurais bien aimé
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