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La Parole muette et les échos de la justice

De
86 pages

Ce recueil est un regard à la fois inquisiteur, implacable et irréductible sur le monde, sur l’être et sur l’existence. Il est irruption incoercible, ou encore élan salutaire propre à nous projeter vers la construction d’un monde meilleur, en commençant par l’intime transmutation du moi que rend possible le cheminement qui se déroule au fil des pages, c’est-à-dire à travers les prodigieuses sinuosités du temps et de l’espace.

Il s’impose comme un acte intrépide et militant (au sens le plus positif du terme), comme un appel véhément à la justice et à la dignité humaine, comme une voix impérissable propre à nourrir le rêve et l’imaginaire, pour entretenir et magnifier la vie.


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Cet ouvrage a été composér Edilivre

175, boulevard Anatole France – 93200 Saint-Denis

Tél. : 01 41 62 14 40 – Fax : 01 41 62 14 50

Mail : client@edilivre.com

www.edilivre.com

 

Tous droits de reproduction, d'adaptation et de traduction,

intégrale ou partielle réservés pour tous pays.

 

ISBN numérique : 978-2-334-24305-6

 

© Edilivre, 2017

Dédicace

A

Assetou Barry

Binta Tinguiri

et

Mariam Tinguiri

Remerciements

Ce recueil n’aurait pas vu le jour sans le soutien et le conseil précieux de nombreuses personnes. Je voudrais saisir cette occasion pour adresser mes vives et profondes reconnaissances à tous ceux et celles qui, à travers leurs commentaires, suggestions, recommandations et leur soutien moral et intellectuel, ont contribué à la réalisation de ce recueil de poèmes.

Je tiens à remercier ici tout particulièrement mon épouse, Assétou Barry pour son dévouement, son soutien indéfectible et son amour dans toutes mes entreprises, y compris tout au long de la création et du parachèvement de ce recueil et bien d’autres écrits. A mes filles, Binta et Mariam, merci pour votre patience et amour. Vous êtes mon inspiration, l’espoir et l’aspiration pour la justice.

Toutes mes gratitudes à M. Ouédraogo Amadou, professeur à l’université de Lafayette (Louisiane, Etats-Unis), qui m’a soutenu sans faille et a rédigé la préface de ce recueil. M. Ouédraogo, vous avez toujours été pour moi un enseignant exemplaire, un guide, une source d’inspiration et un modèle.

Je remercie particulièrement, Gama Lamoussa, Yaro Zararya, Tinguiri Yacouba, Lambert M. Kabatantshi et Victor Doulou qui m’ont aidé gracieusement à travers leurs conseils et recommandations, leur soutien multiforme, et m’ont vivement encouragé à publier le recueil.

Enfin, je ne saurais terminer sans adresser ma profonde reconnaissance au Comité de lecture d’Edilivre d’avoir soigneusement lu ce recueil et de l’avoir recommandé pour publication. Mes remerciements vont également à l’équipe technique d’Edilivre pour son appui-conseil au formatage et parachèvement du recueil.

Préface

Ce que nous propose ici Dr. Michel Tinguiri est un magistral recueil de poèmes qui entreprend de nous plonger au cœur de nous-mêmes et du monde, dans les abysses du temps, dans l’infinie profondeur de la mémoire et du souvenir, dans les abimes de l’Histoire. Voilà une poésie qui ne se veut rien de moins qu’un verbe intégral, qu’un élan hardi qui nous pousse au regard sur nous-mêmes, qui nous donne de nous intégrer au monde afin que se réalise la vive coalescence qui rend possible la plénitude absolue.

Ce recueil, qui fascine tant par la richesse que la variété des thèmes abordés, se fait remarquer par l’intrépidité de sa vision. Il est regard à la fois inquisiteur, implacable et irréductible sur le monde, sur l’être et sur l’existence. Il est irruption incoercible, ou encore élan salutaire propre à nous projeter vers la construction d’un monde meilleur, en commençant par l’intime transmutation du moi que rend possible le cheminement qui se déroule au fil des pages, c’est-à-dire à travers les prodigieuses sinuosités du temps et de l’espace.

Il paraît juste de retenir de ce recueil une articulation en deux mouvements essentiels. Dans une première partie, cette poésie célèbre l’enracinement dans la terre d’origine, dans son histoire, dans sa mémoire collective, on dirait presque dans le temps mythique. Célébration de l’Afrique dans la splendeur de son passé, dans la grandeur de ses héros, de ses figures historiques et légendaires. Véritable quête de la mémoire et du souvenir, dans le but ultime de s’accomplir, en vue de se réapproprier un destin que les aléas de l’histoire rendent tantôt incertain, tantôt insaisissable. Au terme de tout, on dira une quête de soi, un retour à soi, un recours à l’immuable creuset des valeurs ancestrales propres à sustenter l’homme de l’Afrique contemporaine dans sa recherche d’une existence plénière et accomplie.

Une quête de l’Afrique « des profondeurs » d’autant plus essentielle qu’elle finit par se confondre à une « quête du monde », traduisant ainsi le désir véhément et jamais estompé que ressent l’homme de vibrer à la cadence des forces cosmiques. Tous les poèmes qui s’inscrivent dans cette perspective ne sont rien d’autre que l’exaltation de l’indispensable symbiose qui doit régir les rapports de l’homme au cosmos. C’est bien une poésie qui exprime ce qu’il est loisible d’appeler la « parenté cosmique » de l’être, à savoir qu’elle proclame l’irréductible proximité de l’homme et des forces cosmiques. D’un bout à l’autre du recueil, les éléments naturels sont omniprésents, souvent dotés d’omniscience, sinon de conscience, d’âme et d’esprit. « Rythme des saisons », « Lueur de la brise matinale », « L’arbre aux passagers », « Le soleil », « Le Sahel [qui] gronde et gémit », « Le Sahel [qui] pleure ses enfants », « Le crocodile sacré », « Le ciel [qui] a cessé de pleurer », etc. constituent autant d’indications de la primauté des forces de la nature, alors perçues comme des instances surhumaines et transcendantes dont dépend le cours de la destinée humaine. Une dimension cosmique qui finit par se doubler d’une profondeur mythique, pour conférer sens et prestance à la condition humaine. Pour peu que l’on appréhende le mythe selon l’heureuse perspective élucidée par Mircea Eliade, qui fait de la vision mythique l’expression par excellence de modèles et principes archétypaux ou paradigmatiques instaurés in illo tempore par des êtres supérieurs, et censés servir de repères intemporels au fil des générations. Le mythe qui alors nous projette hors de nous-mêmes et de notre précaire condition, hors de notre réalité propre et qui fait de notre vie un reflet ou un microcosme, celui du « principe transcendant » dont parle Antonin Artaud.

Retour à soi, quête du passé et de la mémoire, reviviscence du mythe, pour s’approprier le présent, conquérir l’avenir, reconquérir le destin. Des actes d’autant plus salutaires que l’Afrique contemporaine, telle que la poésie de Michel Tinguiri en dresse le portrait, apparaît comme meurtrie, lacérée, martyrisée, suppliciée, jusque dans les tréfonds de son âme. La parole poétique, ici, se fait alors regard inflexible, tantôt incisif, tantôt caustique, sur un monde en déperdition et en perte d’humanité. Un monde où tout paraît insipide et vain, tristement amputé de l’ « essentiel ». La critique se fait alors des plus acerbes et sans appel. Elle fait le portrait pathétique d’un homme sans repère, en proie à une existence vidée de toute substance, dans un espace social miné par l’injustice, l’immoralité, la méchanceté, l’égoïsme outrancier, la flétrissure, et bien d’autres formes de turpitude et d’abjection.

Le second mouvement majeur dans l’articulation thématique de ce recueil a trait à un regard exercé depuis et sur le monde occidental. Une vision tout aussi virulente et sans appel. Dans un déferlement irrépressible, les tableaux se succèdent, aussi affligeants les uns que les autres. « Lettre à mon cousin », « La vacuité des gestes et des mots », « Les “nouvelles-chocs” », « Les trophées et les regards », « Sens insensé », « Les charognards ! », « Justice et justesse », « Les visages », etc., voilà autant d’expressions d’une vision presque chaotique, qui laisse entrevoir un monde en déliquescence et sans âme, en proie à l’injustice, à la haine raciale, à la folie meurtrière, à l’hypocrisie, à la forfaiture, à l’improbité. Un univers sans fondement véritable, exempt de toute moralité, où tout est vanité, vacuité et vaine ostentation. Un monde où les mots sont démunis de sens, où le mensonge, les apparences et le simulacre détiennent la primauté sur tout. Un effondrement de tout, une existence qui est comme irrémissiblement vouée aux géhennes, à l’inanité.

Au terme de toutes ces visions, le recueil de Michel Tinguiri s’impose comme un acte intrépide et militant (au sens le plus positif du terme), comme un appel véhément à la justice et à la dignité humaine, comme une voix impérissable propre à nourrir le rêve et l’imaginaire, pour entretenir et magnifier la Vie. Une verve incisive et résolue, doublée d’une profusion thématique et stylistique, pour induire à la métamorphose de l’homme par un épique retour à soi, aux origines, au mythe. A savoir, un élan salutaire propre à nous projeter vers la construction d’un monde meilleur, comme pour conjurer les tribulations de la condition humaine. Un espoir que sous-tend par exemple le poème « Par-dessus le pont », à travers cette belle image de l’ultime bain lustral qui promet et annonce la renaissance, le renouveau :

Les mânes, les esprits et les ancêtres ont chanté

Gloire et victoire

Les eaux du fleuve ont grondé

Les eaux des cieux ont pleuré

Et l’eau a coulé et a lavé les sangs d’enfants

Meurtris d’une Afrique en quête d’avenir.

Une poésie flamboyante, riche de sa vision et de sa lucidité, assurément ! Une poésie à vocation humaniste, qui ne s’enracine dans la sphère africaine que pour mieux s’ouvrir au monde, que pour assumer la belle dimension universaliste dont elle a le mérite. Une poésie qui fait montre...