La soif des oasis

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Description

Des textes où « se glissent les doutes/arrachant les mots déliés » pour les « offrir goutte à goutte ». La beauté de la nature vient sans cesse conforter les émotions. Périple du Rift austère et semé d’embûches, traversée d’une mer brûlante qui emporte le voyageur. « Des voix de cuivre et de nuit » résonnent « entre mer et lagune », tandis que le poète avance vers un « présent indéfini ».
Interrogation du poète, qui « perçoit, écrit Sylvestre Clancier en Préface au recueil, dans « cette voix derrière l’arbre » comme un souffle sur les braises pour approcher l’indicible et laisser émerger ce qui est en attente ».
Dominique AGUESSY, sociologue, est aussi auteur d’ouvrages sur les contes africains.

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Date de parution 01 janvier 2008
Nombre de visites sur la page 4
EAN13 9782849240823
Langue Français

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La soif des oasisCollection « Poésie francophone »
dans la même collection :
Terre arable, Djalila Dechache (Algérie)
Le voyage des ombres, Anick Roschi
Traces, Aline Alterman
Comme une aubade, Maggy De Coster (Haïti)
Jusqu’au bout du vertige, Elvire Maurouard (Haïti)
Baalbek, les demeures sacrificielles, Nohad Salameh (Liban)
La seconde résurrection, Christophe Condello (Québec)
Illustration de couverture : © Frédéric Prochasson - Fotolia.com
© Éditions du Cygne, Paris, 2008
editionsducygne@club-internet.fr
www.editionsducygne.com
ISBN : 978-2-84924-082-3Dominique Aguessy
La soif des oasis
Éditions du Cygnedu même auteur :
Comme un souffle fragile, Poèmes, Préface de P. Joseph Boly,
Pärole et Silence, Paris et Le Muveran, 2005
Contes du Bénin : l’oracle du hibou,Maisonneuve et Larose,
Illustration de couverture Ndella Koné, Paris, 2004
Le gué des hivernages, Poèmes, Préface de Cheikh Hamidou
Kane et Oumar Sankharé, La Porte de Poètes, Coll.
Semeurs d’émotions,Paris, 2002
L’aube chante à plusieurs voix, Poèmes, Préface de Émile
Kesteman, Illustration de Titane de Vos, Acanthe, Namur,
1999
La maison aux sept portes, Contes et légendes du Bénin,
Illustrations de Titane de Vos, L’Harmattan, Paris, 1997
Pouvoir et démocratie à l’épreuve du syndicalisme, Essai,
UnescoBreda, Dakar, 1994
Le caméléon bavard, Contes et légendes du Sénégal et du
Bénin, L’Harmattan, Paris, 1994
Les chemins de la sagesse, Contes et légendes du Sénégal et du
Bénin, L’Harmattan, Paris, 1993Préface de Sylvestre Clancier
(Président du P.E.N. Club français)
Dominique Aguessy écrit depuis toujours pour
dénoncer l’injustice, crier contre la misère, faire reculer
la barbarie, donner espoir à ceux qui souffrent de la
faim et de la tyrannie.
En 2002, elle a publié un recueil de poèmes, Le gué
des hivernages, préfacé par Cheikh Hamidou Kane et
Oumar Sankharé (La Porte des Poètes). Elle a
poursuivi, en 2004, avec Contes du Bénin, L’oracle du hibou
(Éditions Maisonneuve & Larose) que nous avons eu
le plaisir de présenter aux écrivains membres du
P.E.N. Club français. Fin 2005, elle a fait paraître un
beau recueil, Comme un souffle fragile, aux Éditions
Parole et Silence. Son œ uvre déjà considérable
s’enrichit aujourd’hui d’un véritable joyau, le présent recueil
de poèmes au titre magnifique, La soif des oasis, dans
lequel elle dit avec justesse et gravité simple la douleur
de l’Afrique envoûtée humiliée, terre des désastres,
mais aussi la douceur du chemin d’amour, vrai soleil
dans une main, quand les douleurs du monde sont
dans l’autre main.
Dominique Aguessy sait dire en poète que seul
l’amour permet d’effleurer une à une les marches, de
monter vers le soleil, d’être disponible à l’imprévisible,
de poursuivre l’inaccessible.
5Ces chants d’amour forment la section sept du
recueil, sous le titre Ikebuya.
Cette place qui leur est assignée à la fin du livre est
tout un symbole. Seuls, en effet, ils restent « la lumière
qui s’éclaire d’absence et de silence », « lumière qui
nous laisse le temps d’apprivoiser le désert intérieur en
une longue traversée d’éloignements et de proximités. »
Tandis que l’ouvrage s’ouvre par un voyage à
contresaison dans le Rift, « terre obscurcie de haine livrée aux
bourreaux sans loi », terre où vient le temps des
résistants, Dominique Aguessy chante la soif inassouvie
des oasis à chaque exil... car il pleut du plomb sans
répit.
Le second temps du recueil s’intitule Brûler la mer.
Ces poèmes poignants sont ceux du temps de l’exil et
du morcellement. C’est pourquoi, l’auteur entend
« parier sur les roses pour risquer de les voir fleurir, oui
parier sur le bonheur pour tout simplement exister ».
Car brûler la mer est péril extrême pour ceux qui s’y
risquent, trahis le plus souvent par des mercenaires
assassins. Et notre poète de conclure : « Mieux vaut
vivre sa vie que de tenter de brûler la mer ».
Puis vient le Présent indéfini quand « l’écorce des
choses se craquelle pour laisser passer un filet d’amour
des récits de vie plus étonnants que fables »,
Dominique Aguessy nous murmure à l’oreille :
Entre mer et lagune s’élève l’encens
des mots ré - enfantés
l’explosion des percussions
voix du récitant traduisant
6le délire de la douleur
pour mettre au monde
cette conjugaison du rite
venu des origines
et de la beauté souveraine
Et elle poursuit :
les dits du désert
emplissent l’espace
reviennent s’incruster
entre les mailles du rien
Entre l’invisible et le révélé
se glissent les doutes
arrachant les mots déliés
pour te les offrir goutte à goutte…
Rêves habités de savanes et de lagunes
où s’ébattent des lucioles
échappées des pièges de l’ombre
indemnes
nos amours franchissent encore
les murailles de ce qui fut
imaginaire d’enfance
oasis verdoyante à l’horizon…
Au temps cinq du recueil, les mots ravaudeurs de
vie et les couleurs de la voix reflètent l’écho du silence
où se profile le divin. Tandis que la sixième section
révèle l’interrogation de notre poète qui perçoit dans
7cette voix derrière l’arbre comme un souffle sur les
braises pour approcher l’indicible et laisser émerger ce
qui est en attente.
Tel est le souffle sacré que Dominique Aguessy
nous transmet ici avec force et beauté.
Sylvestre Clancier
De l’Académie Mallarmé
Président du P.E.N. Club français