Le mur des dos

Le mur des dos

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Livres
158 pages

Description

Qu’est-ce qu’un poème, sinon l’écriture stylisée parlant d’un moment de chaque homme ? Qu’est-ce que la poésie, sinon ce livre de recueillement que l’auteur vous offre ?

Et ce livre, qu’est-ce alors, sinon un lieu de rencontre empli des sortilèges de tous les amours possibles ? Ne posez pas d’autres questions. Lisez seulement les réponses.

Universitaire à la retraite, Gérard Battaglia a enseigné quelques années en Tunisie, en Espagne et en Allemagne. Cela lui a permis de croiser bien des hommes, communs ou sublimes. Et c’est dans leurs regards qu’il a extrait sa vie, de leurs cœurs il a extrait ses mots. Il a ainsi pu réaliser une autre œuvre, Éphéméride perpétuelle, recueil de proses impertinentes à effeuiller chaque jour.


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Informations

Publié par
Date de parution 07 décembre 2016
Nombre de visites sur la page 12
EAN13 9791020311825
Licence : Tous droits réservés
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page  €. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

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Gérard BATTAGLIA

Le mur des dos

ISBN 979-10-203-1033-0

ISBN numérique 979-10-203-1182-5

© Éditions Baudelaire, 2016

www.editions-baudelaire.com

Table des matières
Comment est-ce que les cygnes meurent.
Comment le dire
Conjugaison
COP 21
Coterie
Credo
Définitivement
Dernières salves
Désarroi
Dévotion
Dissipation
Écriture
Égrisage
Espérance
Étrangers
Être volontaire
Ex nihilo
Florilège
Fonction Oméga
Gloria
Gréements et embruns
Houri
Iadhellà
Idée fixe
Il faut aller voir
Il ne faut pas rêver
Impair et passe
Jeux
Juste justice
La Vie
L’amputé
L’amputé (2)
Langage invisible
Lassitude
Le dos rond
Le Pauvre
Le soutier
Le temps ne risque pas de me tromper
Les corbeaux bleus
Les Mots
Les Trois Strophes
Leurs pieds vont nus
L’homme errant
L’innervation des songes
Logogriphe
Massalia
Momification
Narcitriste
Nocturne
Noir et blanc
Olla podrida
On se dupe comme on le peut
Où sommes-nous ?
Parenthèse
Plein désert
Portée de croix
Premier psaume
Prends ton souffle
Prière
Quantum
Ravenala
Répons
Res, non verba
Sermon
Soldat reconnu
Sphinx
Te Deum
Tel fils
Trouble – tête
Un grand prêtre viendra pour chacun des poèmes
Un seul sonnet le lundi
Veni, vidi… exit
Voir ou vision ?
Voir ou vision (2)
Voyancérisme
X X X

Ailes

Elles sont pudiques et les yeux brillants

Le regard baissé mais les sourcils froncés

Bruyantes apostoliques et fécondes

Et le ventre en sillon de fournaise

Offert sans qu’on l’ait ordonné

Mais se refusant à nos supplications

Elles sont

Elles sont l’avantage et le surplus du trop-plein

Le mors d’un cheval ordonné

Et la guerre de leurs pas conquérant

Notre chemin au bord du vide

Un souffle un murmure une décoction

Et leur marche forcée sur nos gosiers d’errants

Elles sont

Elles sont l’enfance agenouillée

Aux plis des temps qui s’effacent

L’oubli le cri le ralliement

Et le mot qui blesse ou le mot qui endort

La mansuétude et l’alerte acclamée

Oiseaux de nuit fourmis de jour

Elles sont

Elles sont et la semence et l’encens

L’antre du repli le débord des discordes

Un trait d’union notre ombre un détour

Ou le repli la démesure la fusion

La béance de leurs bouches alarmées

Toute posture sans cesse retournée

Elles sont

Elles sont la soumission la voix turpide et drue

La pouvoir l’élixir un atour de démon

Le geste brusque et l’engouement jaloux

Nous sommes leurs enfants et nous sommes poltrons

Dans la vasque fleurie de leurs cheveux déliés

Le blasphème en leurs seins est un autodafé

Elles sont

Elles ne demandent rien puis s’écrient puis s’affolent

Et le genou levé écharnent nos absences

Puis retiennent nos mains dans l’huis de leurs yeux clos

C’est l’éloignement la chute le revers

Et nous mendions la route pour aller où se rendre

Vaincus perdus et miséricordieux pour ce qu’

Elles sont

Elles ont déchiqueté nos issues de secours

Et leurs chemins de Rome ont porté leurs effrois

Au creux de nos comptoirs sans ivresse et sans faim

Des repas de querelles et de bleus falbalas

Les roses usurpées n’auront plus leurs appâts

Un arc-en-feu d’étoiles sera nos ciels de lit

Elles sont

Elles sont le sérail affamé illégal à la loi

La jungle de leurs gestes et les remous glaçants

De leurs balancements de hanche et de colère

Elles savent montrer le sourire et les larmes

Caressent le serpent le fauve ou l’orpailleur

Un jeu de mains sans gamme à rebours d’un soupir

Elles sont

Et leurs yeux tout à coup farouches

Dans un tourbillon de perles et de parures

Disent et vitupèrent observent avec colère

Des échardes de feu un coulis de câlins

Et ça n’en finit pas d’être une perdition

Leur hymne est à foison et nos dons enfouis

Elles sont

Elles jouent avec les dons au seuil à reculons

Le Diable est une vierge qui joue nos partitions

Et de sa nudité jaillira le flambeau

Qu’elles portent au cœur effrontées sarcastiques

C’est la fièvre et la foi et l’ennui de souffrir

Nous leur disons je t’aime et ne savons jamais

Ce qu’elles en font

Aliénation

Des larmes lentement

Ensemencent la pluie

D’une chaleur humaine

J’ai le cœur bien grossi

D’avoir pris part aux jeux

Des amours et des vagues

J’ai le cœur bien en peine

C’est le soleil qui joue aux feuilles mortes

Sur mes feuillets écrits

Et le vent est tranquille

L’aumône des bougies a déchiré la pièce

Les pétales du ciel

Plus unies que les liens de l’azur et du bleu

Caressent et dansent

Plus lumineuses aux limites de l’ombre

Que les larmes ventrues

Qui suivent nos carrosses

Sur le chemin des ports

Et les marins tendent nos voiles

Ces mains qui cachent mon aurore

Que la mer chante et grince sur un motif de lune

Tandis que dans la nuit les bateaux broient du noir

Projetant la trainée d’une plus vieille histoire

Mais où vont-ils se dévêtir

Les rires qui portent aux larmes

Assignation

Ils se mettaient parfois à table

Mais jamais de front face à face

Trop sourire laisse des traces

Mieux valent les châteaux de sable

Ce n’est pas la lutte des places

Qui fait gronder les estomacs

Ils reconnaissaient qu’un repas

Offrent la paix au temps qui passe

Aux grés d’un matin l’enchanteur

Distrait de sa querelle aux mots

Le prix de son livre d’humeur

Sans que sa marche ait de héraut

La muse est un fétiche en rien

J’ai tiré profit des fraudeurs

Leur temps est un terme lointain

Dont je ne sais ni l’or ni l’heure

Et c’est la vie qui les dépasse

Sur le chemin qu’ils ont bordé

Comme au regain sont les rapaces

Des sermons qu’ils ont enfantés

On dit que c’est de guerre lasse

Que les combattants ont faussé

Que chacun sa chacune embrasse

Dans la vie qu’il faut espérer

Ne croyez pas que je ressasse

Des souvenirs roses de froid

J’attends juste que le temps passe

Si pour survivre il faut des croix

J’ai remis les couverts en place

Rangé les hosties au panier

Fait comme si c’était ma trace

Qu’une aventure avait brûlée

Fait le guetteur aux grés des mers

Fait le menteur à qui perd gagne

Il n’y a qu’un chemin en l’air

Qui mène au pays de cocagne

Et je n’ai vu que le désert

Des caravanes qui déplacent

Le vide qui nous rend si fiers

Et la foudre qui nous menace

Bar-à-clan

Il faut rester debout

Pour aller vers l’après

Si je marche à genoux

Le passé dans ses rets

Enferme nos enfants

Il faut lever le poing

Et sourire aux fenêtres

Afin de marcher loin

C’est l’avenir à naître

Que joueront nos enfants

Ne moquez pas l’élan

Que tient la troupe ancienne

Le présent est brûlant

Notre future haleine

Nourrira nos enfants

Les jours ont été sombres

Mais les nuits clairvoyantes

Et les enjeux sans nombre

Diront des jeux qui chantent

Aux yeux de nos enfants

Ils ont tué leur foi

Assommé leurs passions

Ont semé de l’émoi

Fait naître des frissons

Mais n’auront nos enfants

Car n’avons pas de haine

Mais pas de compromis

Non plus Juste la chaîne

De nos milliers d’amis

La vie de nos enfants

Je n’en veux à personne

J’offre mon cœur aux joies

Tout mon passé je donne

Afin que n’ait de croix

La rue de mes enfants

Ils iront de l’avant

Sans plier leur échine

Contre bourrasque et temps

Même au milieu des ruines

C’est un travail d’enfant

Surtout n’allez pas croire

Ce que vous dit le temps

Il conte des histoires

Mais s’égare souvent

Pour tromper les enfants

Biographie

Victor Hugo court à Senlis

Y remettre sa sépulture

Au gré des roses et des lys

Il y retrouve sa nature

Et si Valjean est de retour

Il faut que vous l’ayez su

Cette histoire est un calembour

Dont la misère est un reçu

C’est comme si de Waterloo

La coupe se serait vue pleine

Et n’aurait pas vu le plus beau

Lorsque Cosette est à la peine

Elle boira l’eau du calice

Son général est inconnu

Victor Hugo est à Senlis

Son éditeur l’a reconnu

Cadran sans soleil

Suivant l’horloge du temps

J’ai pris du retard sur moi-même

Ma trace s’enfonce dans le lavoir

Elle s’amenuise et s’effiloche

Se tord dans le vent

Parquet de sable et de courants d’air

Disparaît à ses propres yeux

Et celui qui reste n’a pas d’âge

Non ne me dis plus rien

De ce que les heures rangent ensemble

Il en reste si peu et c’est si friable

Juste le dire et tout s’éteint

Mes marches vides étreignent des images

San recul sans élan décharnées de leur gaine

Suivant l’horloge j’ai perdu le goût des jeux

Je m’époumone et me crispe

Sur des échos venus d’avant

Des relents et des hoquets amers

J’ai perdu le goût du miel

Et les roses vont allant se taisant

Viens voir ce qu’il y a en couverture

On me demande un service

Ce sont des uns revenus des autres

Ce sont ailleurs des lieux sans ici

Et les avis de la risée vermeille

Disent la chose inquiète et cadencée

C’est la marche forcée l’oubli qui revient à lui

C’est à cause d’eux le sable et l’horloge

Qui disent qu’on a peur d’apparaître mourant

Chemin de halage

Il est parti à pas de loup

Comme vont les enfants le soir

Pour trouver leurs lits dans le...