Le Nombre, la borne, les visages
40 pages
Français

Le Nombre, la borne, les visages

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Description

Dans ce troisième recueil de poèmes-graphismes (encres, aquarelles, peintures à l'acrylique) l'auteur accueille les puissances qui hantent son quotidien et leur donne la parole. Des présences surgissent, des visages s'imposent. Les pouvoirs du nombre et des faces, apparus sur l'espace nu de la feuille, sont exaltés dans une quête exigeante et sensible. L'exploration de l'univers, douloureuse, contemplative ou cocasse, se fonde sur l'enfance et interroge le monde actuel, mais aussi antique, notamment la civilisation grecque et Sumer, ainsi que la Chine et le continent africain. Après l'imaginaire des lignes (Le Dit des Almadies, Nouvelles du Sud, 1995) et celui des lettres (L'Alphabet de Venise, Nouvelles du Sud, 1996), voici celui des visages nés de l'encre, de la coalition de l'espace intérieur et d'un vécu fait de lectures et de frémissements.

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Informations

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Date de parution 01 janvier 2017
Nombre de lectures 2
EAN13 9782370159168
Licence : Tous droits réservés
Langue Français

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Préliminaires
Le nombre, les visages
Histoires de visages
L'homme troglodyte
Confrontation
Pétales de sang
L'Annonciation
Genèse
Le petit visage charbonneux
Les transformations
Rue d'Ouessant
Les n'ginsi
Voyage
Première statuette Han
Parenté à plaisanterie
Anankè
Sommaire
La remise du masque-commandeur
Pratiques qibaliennes
Deuxième statuette Han
II - La borne
San Michèle 1
San Michèle 2
III - Le nombre
Sud
Nuit
Rêve
Rencontre
Les dernières branches
Coup d’État
La chienne
Le catalogue
Résumé
Préliminaires
Dans ce troisième recueil de poèmes-graphismes (enc res, aquarelles, peintures à l'acrylique) l'auteur accueille les puissances qui hantent son quotidien et leur donne la parole. Des présences surgissent, des visages s'imp osent.
Les pouvoirs du nombre et des faces, apparus sur l' espace nu de la feuille, sont exaltés dans une quête exigeante et sensible. L'exp loration de l'univers, douloureuse, contemplative ou cocasse, se fonde sur l'enfance et interroge le monde actuel, mais aussi antique, notamment la civilisation grecque et Sumer, ainsi que la Chine et le continent africain.
Après l'imaginaire des lignes (Le Dit des Almadies, Nouvelles du Sud, 1995) et celui des lettres (L’Alphabet de Venise, Nouvelles du Sud, 1996), voici celui des visages nés de l'encre, de la coalition de l'espace intérieur e t d'un vécu fait de lectures et de frémissements.
Couverture
Idole cycladique (Tête) (2 500-2 200 avant J. C.) D. R.
Remerciements
Auteurs m'ayant accompagnée : Roger Caillois, Jorge Luis Borges, Victoria Ocampo, Henri Michaux, Pline le Jeune et Pline l'Ancien, Am os Tutuola, ainsi que Gilles Deleuze, Louis Gernet, Édouard Glissant, François Cheng.
Exergue
« Donnez-moi les poignards : l’endormi et le mort
Ne sont que des peintures : c’est l'œil de l’enfanc e
Qui redoute le diable peint ».
Shakespeare,Macbeth. Acte II, scène III
L’effet de l’action s’accentue grâce à une forte in tensité et une petite extension, mais en vertu d’une moindre intensité et d’une gran de extension de l’état donné. Ne jamais abandonner l’extension principale de l’état donné.
Paul Klee,Théorie de l’art moderne
Le nombre, les visages
1- Ce visage était peint sur le mur d'une villa de Pompéi, sphinge ou Vénus. Un ami de Pline eut le temps de l'arracher, avant la pluie de cendres, il emporta la tête encore vivante, sanguinolente, chaude, enveloppée dans un grand linge blanc et quand il fut sur le navire, loin du rivage, il déposa le paquet près de lui, défit le tissu rougi. Et tous deux regardèrent la ville mourir. L'homme murmura a lors quelques maximes stoïciennes. Mais la tête, désespérée, pleura. Plus tard, à Rome, l'homme lui fit dresser un temple. Elle s'incorpora au mur et y disparut. P ar grande chaleur, et si le visiteur est bien concentré, il peut la surprendre, atterrée.
2- Dans le séjour des morts, cet homme et son visag e étaient à la recherche de celle qui les avait mis au monde et avait mystérieusement disparu au moment du tremblement de terre de Pompéi, à moins que ce ne f ût l'éruption du volcan philippin dont il est interdit de dire le nom, sous peine d'ê tre dévoré par le lion cerbère venu 1 d'Alexandrie auquel il faut confier à trois reprise s que l'ébène est un bois qui marche .
3- Ici, ce sont des faces émiettées, on les jette a ux oiseaux, qui n'en veulent pas, ils préfèrent les biscuits et le pain rassis, les tiges de bambou, les corn-flakes, le petit mil. Les moineaux et les pigeons sont si méprisants que ces bouts de visage ont honte d'eux-mêmes, ils voudraient se cacher au fond d'un trou, ils devinent que dans cette affaire ils finiront froissés, qu'un de ces jours i ls vont se faire mettre à la porte, qu'ils n'auront pas la force de se composer une façade, al ors ils tournent vite les talons, décomposés, et les oiseaux sont bien contents car m aintenant ils vont pouvoir picorer tranquillement, sans ces yeux, ces nez et ces oreil les à moitié effacés, qui traînent partout et dont on ne se méfie jamais assez.