LES GILETS DE SAUVETAGE

LES GILETS DE SAUVETAGE

-

Français
125 pages

Description

Certains mots sont si usés et blessés qu'il faut les remplacer par des vocables nouveaux ou alors avec deux ou trois voire plus d'entre eux, il faut instaurer un système de symboles. Pour l'Espoir, par exemple, je pense à une racine d'arbre, semblable aux caractères chinois. Pour le Pessimisme, une mouette sans ailes ou un oranger frappé par le gel. Pour le Poète un chaman qui ne peut plus se transformer en aigle. Pour la Poésie une créature terre-air-mer, mélange de cheval, de dauphin et de pigeon. Et pour l'Homme ? [...] Les gilets de sauvetage sont au plafond !

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 09 mai 2020
Nombre de lectures 0
EAN13 9782140149399
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page €. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Signaler un problème
Özdemir İNCE
LES GILETS DE SAUVETAGE Réflexions poétiques
Préfacé et traduit du turc par Ferda FİDAN
urcs st d r a g e r
regards turcs Coecon
Drgée par Seg Türker e Serpekn Adene Teremez, a Coecon regards turcsse eu un pon d’normaons au sens où un ourage érare peu e are. Ce pon a pour ambon de ransmere ce qu nourr, consru e eceur, amene sa réleon, enrch sa pensée.  es cequelque chose qu conrbue à déeopper a pensée mésse e à monrer sa pernence dans es champs dersiés (roman, nouee, ere, héâre, essa) ; cec ain de are enendre a o du pure, car  es ndspensabe, pus que jamas, d’éaborer ’ner-cuuraé érare qu se manese ou au ong de ’hsore humane, ans que d’ourr un domane no-érare e de are jouer à a coecon e jeu de a éraure unersee. ’Anaoe es marquée par de mupes méssages proenan auan de ’Europe que du Proche-Oren, où s’épanoussen puseurs cuures, où depus des sèces es hommes de eres, es poèes, es coneurs e aures se on passer ooners pour des « ous » ain de meu jeer eur ndgnaon à a ace des oppresseurs-domnaeurs, des ndférens. Ces « ous » connuen oujours à écrre dans ce pays pour un monde meeur, s euen renconrer ceu e cees qu ameraen es rejondre par e bas deregards turcs. ogo réasé par Sah Zek Teremez ogo réasé par Sah Zek Teremez
Déjà parus Hasan ERKEK,Le cercle sacré Seg TÜRKER TEREMEZ, Serpekn Adene TEREMEZ,Scénarîo, unîque en son genre Tuğru İNA,Baudelaîre essaî empathîque
Özdemir İNCE
LES GILETS DE SAUVETAGERéflexions poétiques
Préfacé et traduit du turc par Ferda FİDAN
TItre orIgInal du lIvre :
Can Yeeker TaandadırînÖzdemr İnce, Topu rer 3,”Bîr Baka Dîl”, Kırmızı Yayınarı, Mayıs 2010.
© L’HARMATTAN, 2020 5-7, rue de l’École-Polytechnique, 75005 Paris http://www.editions-harmattan.fr ISBN : 978-2-343-20305-8 EAN : 9782343203058
Özdemir İnce
Poèe, essayse e chronqueur, né à Mersn en Turque, Özdemr İnce deen, après des éudes cassques, proesseur de ranças de ’ensegnemen secondare (1960-1969) ; scéna-rse de ééson, dreceur de rédacon e de panicaon ; conseer auprès de a Drecon Générae de a Radoééson de Turque (1969-1982) ; dreceur érare e édeur des Edons Can (1989-1995) e des Edons Teos (1995-2000) à İsanbu,  se consacre acueemen à son écrure. À ros reprses,  a bénéicé d’une bourse du gouernemen ranças (1965, 1983 e 1986). En 1965-1966,  a éudé à ’nsu des Proesseurs de Franças à ’Éranger (Sorbonne). Özdemr İnce a radu en urc Aoysus Berrand, auréamon, Rmbaud, Char, Caaıs, Séérs, Rsos, Aan Bosque, Adons e Abdea aab.  a pubé une renane de recues de poése e pus de ng res d’essa e d’essa-crque. Ses poèmes e ses essas on éé radus dans une ngane de angues. Cerans de ses recues on paru en ranças, en aen, en grec, en bugare e en macédonen. Özdemr İnce es ’un des représenans majeurs de a créaon conemporane.  ne se raache à aucun couran poéque, cependan son œure se nourr par cees de ses
prédécesseurs, noammen cees ssues du couran poéque « e Second Noueau ». Toujours à ’écoue sensbe du monde d’aujourd’hu, ’œure d’Özdemr İnce es d’une orgnaé snguère.
DIstInctIons honorIiques
2010. Pr nernaona de Peno Pene (en Bugare) 2006. Pr Ma Jacob Éranger 2006 (en France) pourManî est vîvant 2005. Membre de ’Académe Européenne de Poése (uembourg). 1996. Pr du Meeur re de ’année du quodenDünya. 1983 e 1992. Membre du jury du Grand Pr des Bennaes nernaonaes de Poése (ège, Begque) 1990. OIcer de ’Ordre des Ars e des eres (France). 1983. Membre correspondan de ’Académe Maarmé (Pars). 1978. Pr de a Fondaon de a angue urque. 1968. Pr de May, en Turque
Comme chronqueur  a reçu ros pr du journasme.
Préface
Les Gîlets de sauvetage consuen ’œure maresse d’Özdemr İnce en an qu’s marquen une dae essenee dans ’hsore de a poése urque moderne qu n’aa ren produ d’auss mposan depusLes Paysages humaîns de mon paysde Nazım Hkme. Ce ong poème dramaque nous enrane en efe dans e leue umuueu d’un réc hané, hors normes, raersé par es cssudes de ’hsore ourmenée de a Turque. À raers es mupes o qu aernen, s’enremêen e se réponden sans s’ecure dans un réc poyphonque, e poèe déroue un lu nnerrompu de scènes, de sons e de rémnscences qu se déroben à oue enae d’ordre. es secons de ongueur négae qu composen e re marquen es derses éapes d’un oyage magnare, dans un ourbon ergneu où passé e présen s’enrecrosen e se superposen pour eprmer ’éerne reour du desposme sous des ormes derses, e nous suggérer que e passé ne cesse de se proonger dans e présen. ’dée d’un oyage magnare se préigure dès ’ncp à raers ’éocaon émue d’une enance enchanée, désor-mas onane, mas proondémen ancrée dans a mémore, comme s e poèe enan éa prédesné à ce oyage
spao-empore par-deà es conins du paysage méderra-néen qu ’a u nare : « Depuîs longtemps îl étaît prêt / le bateau couvert de pous-sîères d’étoîles ».Mas s un pérpe marme es éoqué dès e débu, ’dée du naurage a égaemen son apparon dans a phrase qu a se ransormer en reran pour enr poncuer chacune des secons don se compose e poème, comme une admonon, un appe à chercher e sau en s’éean au-des-sus des urpudes de ’hsore :« Les Gîlets de sauvetage sont au plaond ! »Sans équaen dans a poése rançase, mas d’une grande nereuaé,Les Gîletsenren en résonance surou aec esCantosd’Ezra Pound ou eChant généralde Neruda. Comme dans ces œures,efe, e ee déroue une en resque humane don es personnages, rées, magnares ou anonymes, pussans ou msérabes, inssen par apparener e oyage aégorque à une sore de roman en ers bres. Des yrans hsorques comme Gengs Khan ou Her y côoen des héros ssus de ’magnare coec comme Baa Ghaz ou De Dumru ou d’un conee regeu comme Job ou Noé, des passages en prose succèden à des ers bres, à des eres, ou à des arces de journau rééan, enre aures, e ar desescort gîrlsà sanbu, e ou composan ans un ensembe kaédoscopque, qu a appe à ous es regsres de angue, du pus ra au pus souenu. a cruee oence du pouor e es guerres déasarces qu désoen es popua-ons déshérées au i des sèces amènen e poèe à consaer ’nané de ou recours à a regon e à usger ’nsou-enabe ndférence de Deu ace à a soufrance humane, noammen à propos du massacre de Mara perpéré par des uranaonases en 1977 (« Dîeu ne demanda poînt à Can
« Où est ton rère Abel ? » / n’entendît pas le sang de ce dernîer crîer du sol vers luî). Cependan, pour maérase qu’ so dans sa son des rappors soco-économques, Özdemr İnce ne s’nerd nuemen un ceran myscsme qu s’enracne auan dans e Coran e a Bbe que dans a myhooge urque, ses sources d’nspraon majeures depus ses premers recues. C’es en procédan par assocaons d’dées que e poèe se à caper ’écar qu ugure en u, à raers ces échappées magniques sur es myhes e es éénemens hsorques, pour meu décryper a socéé urque acuee e aendre e cœur des êres, esques, du rese, ne représenen pas à ses yeu une aéré nranchssabe : comme « je es un aure », en efe, seon a ormue rmbadenne, « ’aure es un je » chez Özdemr İnce qu ame à se ransposer en auru, s’den-ian anô à un barbare qu u es égons romanes, anô à ’épouse d’un prsonner poque, accordan a paroe anô à une mère aLgée, nconsoabe de a pere de son is assas-sné par a june mare, anô à un paysan ruse, sourd e mue, ncarnaon du peupe pongé dans ’gnorance, brsé par des poenas ocau. Ans e poèe se a-, par ’écrure de ’aure comme écrure de so, e pore-paroe de ’homme pourchassé, yrannsé, maryrsé de ous es emps, de ous es espaces.  ne cesse pour auan d’êre auss a o du poèe nempore, eé comme Caais, ou en proe au afres de a censure absouse, mas déermné à courr jusqu’au bou de son desn e Mansur A Haaj, suppcé à Bagdad, don « aucun morceau ne s’étaît jamaîs rétracté ».   a enendre enin sa propre o, cee du poèe qu s’nsurge conre a yranne agssan sous e masque de a re-gon, e brosse e porra sombre d’une bourgeose au dens
ongues don ’arrsme perer es reaons socaes dans un monde où ne subsse pus que e règne des mercans, des spécuaeurs, des magoueurs de ous pos (« conquérîr des châteauX / et pîller les places de marché / c’est leur unîque soucî ») à a aeur des poques néo-béraes qu séssen en Turque depus des décennes. Pour e poèe, c’es surou ’efremen progress du prncpe de acé qu aorse e reour à un sysème conseraeur pacé sous ’égde des onda-menases (« Te voîlà de retour là où tes ils urent îmmolés) e ’émergence d’une socéé où, pressuré de oues pars, e peupe éoufe sous e pods des radons, où’argen éan a aeur suprêmea prosuon esudanne dans es beau quarers se présene comme une opon enabe, où es noons de o e de meurre poque son reasées, ore banasées.Les Gîlets de sauvetagedécren en somme e conrase dououreu enre e abeau ssu de a résam-saon rampane de a socéé urque depus e Coup d’Éa de 1980 e es aeurs émancparces de a Répubque aque don a déconsrucon sournose sonne e gas des berés ndduees e coeces. Cee successon de scènes sombres, souen oenes ore sanganes, ne débouche pas pour auan sur une son déses-pérée de ’aenr, an Özdemr İnce sas chaque occason d’eaer a ascnaon que a naure eerce sur u, a supéro-ré de chaque nsan de e sur a mor que ’homme se do d’afroner à ’nsar de De Dumru : «Les graînes de la mort ne doîvent s’éparpîller partout / la vîe n’a pas encore passé son tour.» Tou en nous mean en garde conre a desrucon în inede ce qu a a beaué de a e («Le boîs de pîns peut prendre eu pour mîlle raîsons dîverses»),  nous déoe, en guse de concuson, a possbé d’une ère nouee où aucun
