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Les lieux perdus

De
154 pages
La poésie de Piersanti est caractérisée par des éléments, des personnages, des apparitions, dont l'intensité est souvent perçue, à travers des rapports fulgurants, par analogie ou plus souvent par disjonction, entre le présent et les souvenirs qui reposent dans la mémoire. Il se distingue par une charge d'émotivité qui pousse le lecteur à se sentir concerné par la réalité présente dans ses textes.
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Umberto PIERSANTI
Les lieux perdus I Luoghi persi
Édition bilingue Traduction Monique Baccelli
LES LIEUX PERDUS I Luoghi persi
Poètes des cinq continents En hommage à Geneviève Clancy qui l’a dirigée de 1995 à 2005. La collection est actuellement dirigée par Philippe Tancelin La collectionPoètes des cinq continents nonseulement révèle les voix prometteuses de jeunes poètes mais atteste de la présence de poètes qui feront sans doute date dans la poésie francophone. Cette collection dévoile un espace d’ouverture où tant la pluralité que la qualité du traitement de la langue prennent place. Elle publie une quarantaine de titres par an. Déjà parus 615 – Thierry LASPALLES,Silence des saisons,2014. 614 – Stella VINITCHI RADULESCU,Comme un désert de roses,2014. 613 – Ban’ya NATSUISHI,Cascade du futur,2014. 612 – François DESFOSSES,Fleurs de l’inexistence, 2014. 611 – Emma PEIAMBARI,Les rosées de l’exil, 2014. 610 – Paul Henri LERSEN,Geometria. Mesure du monde,2014. 609 – Philippe TANCELIN,Seuils, 2014. 608 – Ludmilla PODKOSOVA,Le don des mots, 2014. 607 – Abdarahmane NGAÏDE,Ode Assilahienne, 2014. 606 – Maurice COUQUIAUD,Anthologie poétique. 1972-2012, 2014. 605– Daniel LEDUC,Sous la coupole spleenétique du ciel,2013. 604 – Michel Khalil HELAYEL,Ton visage mon souffle ma lumière, 2013. 603 – Suzanne MERIAUX,Visages de l’eau, 2013. 602 – Milan ORLIC,Ardent désir d’unité, 2013.
UMBERTO PIERSANTI LES LIEUX PERDUS I Luoghi persi Edition bilingue
Traduction Monique Baccelli
I Luoghi persi
Ed. originale : Giulio Einaudi, Turin, 1994 © L’HARMATTAN, 2014 5-7, rue de l’École-Polytechnique ; 75005 Paris http://www.harmattan.fr diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-02987-0 EAN : 9782343029870
Per tempi e luoghi Par temps et lieux
Di quest'ultima estate che perdura bianco sul lungo gambo l’asfodelo la primavera accende che qui tarda ai domestici elisi t’accompagno alle mie rose chiare nella macchia che benché spente sento dentro l'aria e t’ho goduta avevi come sempre il tuo corpo possente al tronco avvolto
penso è la stessa estate non finita sono i giorni d’agosto e la calura donna e t’attendo ora mentre scrivo e so ch’aspetti un figlio, che aspettiamo sempre a quel monte penso, agli asfodeli a quella primavera che tardava, dove non c è ritorno ch’è finita di quest ultima estate che perdura scorrono in quadri fissi le memorie nella torre a Verucchio sopra i monti alta pende sul buio fino alle luci senti che odora l’assenzio incenerito e sciabordava il mare sotto i massi quando la luna lenta ci s’alzava
cessa a settembre il tempo che non turba hai la mano intrecciata al mio dolore giunge la tenerezza tanto chiara e ci accompagna in Umbria tra le rupi ' l amoredappertutto nei palazzi i vicoli, la quercia che declina sempre dovuque tenero e ostinato ma mi tremava il cuore spaurito come quel filo d’erba pencolare donna sulla tua veste e la tua vita cosí docile e quieto senza il grumo che m’ha fatto nel cielo il sole nero
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De ce dernier été qui s’éternise blanc sur sa longue tige l’asphodèle le printemps qui tarde ici l’embrase aux domestiques Élysées je t’accompagne vers mes roses claires dans la brande bien qu’éteintes je les sens dans l’air j’ai joui de toi tu avais comme toujours ton corps puissant serré contre le tronc je pense : c’est le même été sans fin les mêmes jours chauds du mois d’août, femme, et maintenant je t’attends en écrivant je sais que tu vas avoir, que nous allons avoir, un enfant je pense toujours à ce mont, aux asphodèles, là où il n’y a pas de retour, à ce printemps tardif qui est fini de ce dernier été qui s’éternise défilent en images fixes les souvenirs dans la tour à Verrucchio sur les monts il s’allonge dans le noir jusqu’aux lumières, sens comme embaume l’absinthe brûlée et la mer clapotait sous les rochers quand la lune lentement s’élevait en septembre cesse le temps rassurant ta main s’enlace à ma douleur atteint la tendresse si claire, nous accompagne parmi les rocs ombriens l’amour partout dans les palais les venelles, le chêne qui penche toujours partout tendre et têtu mais mon cœur apeuré tremblait, comme ce brin d’herbe oscillant femme sur ta robe et ta vie, si calme et docile sans ce grumeau que m’a fait dans le ciel le soleil noir
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quest'ultimo settembre l'aria è chiara non la ricordo simile da quando mi persi con la Gilda dentro il monte allora come oggi declinava la stagione che vola e non si piega ora i frutti d'autunno che ci attende son carichi di sole e di livore estate che non finisce che matura acini d'uva dolci e impolverati come una convalescenza che perdura mite coi succhi d'aria e delle mele che non sanno la guazza degli altri anni anche l'animo è gonfio nell'attesa d’una nube irreale, d’una piena di vento che lo colga che inumidisca autunno l’occhio teso allenti questo nodo che mi stringe ho visto i crochi accesi senza bruma e l’acero che tende le sue foglie giallo nel fosso senza acqua e vapori sospende l’anno in me le sue stagioni sento il trapasso lungo la ferita del mio tempo piú amato che s’invola Primi ottobre 1985.
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en ce mois de septembre l’air est clair je n’en ai pas vu de pareil depuis que je me suis perdu avec Gilda dans la montagne alors comme aujourd’hui déclinait la saison qui passe sans céder maintenant les fruits de l’automne à venir sont chargés de soleil et de fiel. été sans fin qui mûrit des grains de raisin sucré et poudreux comme une convalescence qui traîne doux avec les sucs de l’air et des pommes ne sentant pas la rosée des autres années l’esprit aussi se gonfle dans l’attente d’un irréel nuage, d’une crue de vent qui le saisisse que l’automne humidifie l’œil tendu et desserre ce nœud qui me serre j’ai vu les crocus allumés sans brume et l’érable qui tend ses feuilles jaunes dans la combe sans eau ni vapeurs l’année suspend en moi ses saisons j’en sens le passagele long de la blessure de mon temps préféré qui s’envole Début octobre 1985.
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