Les tresses royales

Les tresses royales

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Français
138 pages

Description

Ce recueil traite de la noblesse guerrière Soninké, dans la première moitié du XIXe siècle. C'est une période riche d'épopées, de légendes et de poésie orale. Les guésséré, caste de griots Soninké, en sont les dépositaires. Baigné dans cette oralité au travers du célèbre guésséré Soninké Ganda Fadiga, l'auteur, descendant des guerriers, tente une symbiose entre la tradition orale, la poésie et le conte pour rendre hommage à ses ancêtres. Les références à la noblesse, à la quête, à la dignité, à l'identité, au patriotisme et à la bravoure sont actualisées par son regard contemporain de jeune homme du XXIe siècle.

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Date de parution 19 avril 2019
Nombre de lectures 0
EAN13 9782140119958
Langue Français

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Diadié Dembele
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Les tresses royales
Collection « Afrique poésie » Dirigée par Carole Martinez Le but de cette collection est de publier des œuvres poétiques contemporaines d’auteurs liés au continent africain. « Afrique Poésie » visera à privilégier tant l’esthétisme que le poids des mots et leur valeur. Déjà parusEuloria MOYO,La dépression du Christ de Bacongo, 2018. Almamy Mamadou WANE,Le secret des nuages, Poésie sociale, 2018. Antoine TSHITUNGU KONGOLO,Suite pour une trompette bouchée,2018. Thierno Mohamadou TANDIA,Soogofunsu. Grains de millet,2017. Gyscard GANDOU D’ISSERET,D’elle, je n’ai gardé que son infidélité, 2017. Natacha LIZEROT,Empreinte, 2017. Marie-Constance ZENG EBOME,Ce qui reste, 2016. Destinée DOUKAGA,Chants du cœur, 2016. Charles WOLA BANGALA,Congo, pays natal, 2015. Christophe NGUEDAM,Murmure et soupir, 2015. Duclair TIOTSOP LAMBOU,Âmes errantes, 2015. Bastaine MOUBAMBA,Fiertés noires, 2015.
DiadiéDEMBELELes tresses royales
Le titre, qui fait référence à la coiffe des seigneurs de guerre, renvoie à la racine du verbe « couronner » en soninké, qui se dit « tresser ».
© L’Harmattan, 2019 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris http://www.editions-harmattan.fr ISBN : 978-2-343-17538-6 EAN : 9782343175386
La parole En ébullition dans mes entrailles, Telle une marmite géante refusant les avances De son couvercle en paille. Par des tonnes de vapeur, Sous la menace d’une peur, Elle soulève cette soupape universelle De chez les éternels. Douce parole ! Fine parole ! Magnifique sur le coup, et blessante sur le tas, En l'air et dans nos cœurs, Elle sonne la vérité De nos temps Et retentit le mensonge Des temps anciens.
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Parole ! Le couteau nous est passé sous la gorge ; Notre vérité n'a rien perdu de sa fluidité. Car nous avons appris que L'homme s’anoblit par sa gorge. Le roi a certes un rallongement Lorsqu’il donne sa gorge. Parole ! Nous t’apprenons sous la lune, Autour du feu musical, Et te prononçons devant le maître. Parole ! Nous t’apprenons sous les étoiles, Autour du feu endeuillé, Et te prononçons en indexant le traître. Alors Parole, laisse-moi te parler, car je veux te parler Pour que le monde entende ta grandeur ! Parole, laisse-moi te dire, car je veux te dire Pour que le monde sache ton âge !
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Je parle de cette parole qui a vécu Depuis la nuit des temps ; Elle n’a connu aucun virage Et s’est construit des barrages ; Barrages d'honneur et de saveur. Tellement longtemps Que le temps l'a oubliée ! Je parle de cette parole que je n'ai point inventée Mais que j'apprends à cueillir Sur l'arbre planté par nos aînés défenseurs De la traditionnelle orale. Je parle de cette parole qui se fait incantation Et guérit les maux des souffrants Quand les feuilles, les écorces et les racines ont échoué, Et que le coq de sacrifice n'a laissé que des signes mauvais. Lorsque je parle de cette parole, Mon cerveau et ses murmures diaboliques Restent les seuls intrus de mon âme.
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Les chants qui sont un bienfait pour le roi Sont aussi un mal-être pour ses courtisans. Car je parle de cette parole qui sème la discorde Entre les humains le matin Et revient belle et conciliante le soir Pour réconcilier les mains. Les chants qui sont un bienfait pour le roi Sont aussi un mal-être pour ses courtisans. Car je parle de cette parole d'honneur qui se fait garante Des pactes de notre grande Afrique. En ébullition dans mes entrailles, Telle une marmite géante refusant les avances De son couvercle en paille. Par des tonnes de vapeur, Sous la menace d’une peur, Elle soulève cette soupape universelle De chez les éternels. Douce parole ! Fine parole ! Magnifique sur le coup, et blessante sur le tas. En l'air et dans nos cœurs, Elle sonne la vérité De nos temps Et retentit le mensonge Des temps anciens.
8
Autour du feu L’étoile de la pleine nuit Qui brille dans la calebasse des dieux. L’étoile de l’aube Qui brille dans la calebasse des déesses. Le feu de la nuit Qui protège les princes. Le feu de l’aube Qui réconforte les princesses.
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