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Malaises et Fil de temps

De
166 pages

Sentiments et idées d'un moment sont les sources créatives de poèmes spontanés à l'état brut où l'intellectualité se distingue bien davantage qu'en filigrane.

Ecrits sans complaisance, les textes de Raymond Laran nous emmènent de la délicatesse à la brutalité des mots. Les teintes émotives percent ici et là, les touches de poésie ont souvent rendez-vous avec le pessimisme de la réalité, allant jusqu'au malaise.

Les regards posés sur la société et le genre humain oscillent entre certitudes aléatoires et condamnations qui ne demandent qu'à s'atténuer, peut-être s'effacer, par un renouveau d'espoir.

Même s'il considère ses sentiments et pensées comme acquis, Raymond Laran ne prétend pas qu'ils soient partagés par tous, respectueux de la liberté d'opinion de chacun.


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Cet ouvrage a été composé par Edilivre

175, boulevard Anatole France – 93200 Saint-Denis

Tél. : 01 41 62 14 40 – Fax : 01 41 62 14 50

Mail : client@edilivre.com

www.edilivre.com

 

Tous droits de reproduction, d’adaptation et de traduction,

intégrale ou partielle réservés pour tous pays.

 

ISBN numérique : 978-2-332-83386-0

 

© Edilivre, 2014

Fil de temps

Cover

Présentation de l’auteur

Né en 1923 à Liège (Belgique), l’épanouissement de Raymond Laran est freiné par un environnement où l’essentiel vital ne voisine pas avec le confort et encore moins avec le luxe.

Attiré par la musique classique, en 1933 il entame des études de pianiste qu’il réussit avec brio.

A dix-sept ans, sa personnalité sensible est marquée par les années de guerre. Cette blessure ne sera jamais vraiment cicatrisée.

En 1941, il entreprend des cours qui le conduiront à la profession de comptable qu’il exercera durant trente et un ans.

Marié en 1946, un fils naîtra de cette union.

Gravement handicapé, il dut cesser ses activités en 1978.

Il réunit alors les poèmes écrits au long de sa vie, dont les années septante seront la période prolifique.

Deux recueils en seront créés : Malaises et Fil de temps.

Raymond Laran aujourd’hui décédé, son fils, Philippe, souhaite lui rendre hommage en publiant ses poèmes.

Préface

Sentiments et idées d’un moment sont les sources créatives de poèmes spontanés à l’état brut où l’intellectualité se distingue bien d’avantage qu’en filigrane.

Ecrits sans complaisances, Raymond Laran nous emmène de la délicatesse à la brutalité des mots.

Les teintes émotives percent furtivement les mailles d’un voile de pudeur, tandis que l’humour s’offre le temps d’un clin d’œil.

Les touches de poésies ont souvent rendez-vous avec le pessimisme de la réalité allant jusqu’au… malaise.

Le lecteur se sentira interpellé aussi bien par une fragile sérénité que par la révolte d’un écorché vif.

Les regards posés sur la société et le genre humain oscillent entre certitudes aléatoires et condamnations qui ne demandent qu’à s’atténuer, peut-être s’effacer, par un renouveau d’espoir.

Malgré l’impression de considérer ses sentiments et pensées comme étant acquis, Raymond Laran ne prétend pas qu’ils soient partagés par tous, respectueux de la liberté d’opinion de chacun.

1

Confidences

Maman

Elle était belle et courageuse,

Suivant le droit chemin d’une vie laborieuse.

La rosée du matin s’accrochait à ses cheveux

Comme les larmes dans ses grands yeux.

Ces larmes que je lui faisais verser

Dans mon innocence d’enfant gâté.

 

Plus tard dans l’insouciance de ma jeunesse,

Je ne pensais qu’à mes « prouesses ».

J’arrivais même à lui trouver des défauts !

Elle ne m’en découvrait pas, elle, mais c’était faux

Car j’avais, au moins, le plus important :

Celui de ne pas l’avoir aimée assez tendrement.

Papa

Il était de petite taille et très méticuleux

Et je revois encore le gris de ses yeux.

Ses fines lunettes à monture d’or

Accentuaient son regard, plus encore.

 

J’ai retenu de lui, sa grande honnêteté,

Son sens du devoir que j’ai respecté.

Parfois, je tremblais aussi devant sa colère

Lorsque j’avais fauté, même sans penser à mal faire.

 

Et pourtant, lorsque maintenant je me rappelle,

Je sais qu’il a eu raison de mater mon âme rebelle !

Et sincèrement je pense que, de là-bas,

Il serait fier de savoir ce que je lui dois.

Confidences

Ma fenêtre est devenue bien trop petite

Pour laisser partir mon rêve qui s’y précipite.

Dans la solitude intérieure et voulue qui m’apaise,

Je cherche, en vain, quelque chose qui me plaise.

Je me souviens, qu’il y a bien longtemps,

Mes doigts couraient sur un clavier d’ivoire élégant.

Je me revois scruter ma partition de musique

Et mettre mon cœur à en exprimer le reflet pathétique.

Aujourd’hui, de mes mains beaucoup trop raidies,

Je ne sais plus extérioriser ma pensée aigrie,

Et pour me venger, sans doute inconsciemment,

J’écris quelques lignes de temps en temps.

Je n’aime pas livrer tous mes souvenirs

Car c’est la meilleure intimité… ou la pire.

Cependant, je pense qu’à un ami, quand même,

Je peux laisser transpirer un peu de moi-même !

 

Et cette fenêtre invisible au fond de mon âme assourdie,

Même si elle est trop petite pour ensoleiller ma vie,

Peut encore s’entrouvrir sous la poussée de l’amitié

Pour laisser fuir un peu de regret du passé.

 

Lorsque j’écoute mes disques, je me retrouve à vingt ans,

Parmi mes classiques, mais aussi mes illusions et mon temps.

Et ce qui me plaît encore, c’est cette habitude

De composer mon petit monde, seul dans la multitude

 

Aussi quand je donne mon amitié, c’est encore de loin,

Car de la crier toujours trop haut, il n’est nul besoin.

Il suffit simplement que je la garde au fond de moi

Et je sais à qui je peux l’offrir sans même qu’elle se voit.

 

images2

Si…

Il est une vertu connue des gens de bien ;

Il est une douceur de vivre qui resserre les liens ;

C’est de propager tout autour de soi

Un peu de cette bonté qui donne tant de joie !

Partout, il y a encore tant de malheureux

Qui, de leur grande misère, sont honteux.

Ceux qu’on n’a pas le droit d’ignorer

Et qu’on ne peut distraitement regarder.

 

A ceux-là, donner un peu de compréhension,

Savoir leur sourire sans aucune ostentation,

Les soutenir avec amitié, les aider discrètement,

Ce serait si simple pour des gens de sentiment.

 

Si chacun des privilégiés, des heureux,

Se donnaient enfin la peine d’ouvrir les yeux,

Il y aurait, dans ce monde égoïste et intéressé,

Un peu moins de mépris et beaucoup plus d’égalité !

img

Simple pensée.

Un peu de bon cœur,

Un rien de douceur,

Un brin de compréhension,

Un soupçon de bonne intention,

Cela peu faire d’un malheureux

Un homme tout simplement heureux.

Portrait

Un joli museau, un petit minois

Un œil sincère, attentif et narquois,

Quatre pattes qui ne se trompent pas

Quand elles courent à la rencontre de tes pas.

Un jappement qui met tout son cœur

A donner au tien un peu de chaleur,

C’est simplement le portrait de mon chien

Qui, sans chercher, sait comprendre si bien.

Spontanéité

Bien des fois j’ai été consterné

Parce que j’ai trop souvent constaté

Qu’à côté de mon chien

Certains hommes ne m’apportaient rien !

Suggestion

La raison du plus fort est souvent la pire

Et certainement pas toujours la meilleure.

Il vaut mieux rester faible et avoir du cœur ;

Pensez-y longtemps… avant d’en sourire !

Rêver

Qu’il est doux de rêver,

Que c’est bon de se leurrer,

De débrider son imagination

Pour croire encore à la raison.

Sauvegarde

Un ménage, c’est d’abord être deux,

Et aussi être… très amoureux !

Mais, lorsque après des attentes

On a traversé bien des tourmentes

Que parmi les épreuves, parfois rudes,

Lorsque cette vie est devenue une habitude,

Lorsque, enfin, on arrive au seuil des vieux,

On aperçoit encore des éternels envieux.

 

Ils se disent : « Ils ont de la chance ! »

Sans même savoir où elle commence.

Pourtant ceux-là, entre – eux aussi,

Resteront, s’ils le veulent, des amis !

Il suffirait que toute leur vie, aisée ou dure,

Ils sachent se maintenir toujours dans la droiture

Car en gardant le respect de soi-même

On sauvegarde aussi ceux que l’on aime.

2

Sombre grisaille

Mon petit chien

Je regarde distraitement mon chien

Et mon regard se pose sur le sien.

Il me donne l’amitié de sa petite vie

Et je crois simplement que je l’envie !

On dit, pourtant, qu’il ne pense pas.

Lorsqu’il s’attache à chacun de mes pas

Moi, je sais qu’il est attentif, sans cesse,

Et toujours prêt à tout pour une caresse.

Contrairement aux hommes de ce monde insensé,

Son attachement est sans calcul intéressé !

Lorsque, trop âgé ou malade, il sera prêt à mourir,

Je lui ferai la charité de l’aider à « finir ».

Mais oui, je l’envie, car quand je serai vieux,

Lorsque je serai inutile, méprisé et anxieux,

Je ne trouverai personne, sans doute,

Pour m’aider à traverser vers l’autre route.

 

Moi qui ne suis qu’un humain,

C’est vrai que j’aimerais être mon chien ;

Ne pas devoir penser pourquoi je vis,

Ne pas savoir pourquoi je finis !

 

Avoir ce privilège de ne pas voir sans cesse

Cette foule affairée, égoïste et sans tendresse,

Ne pas se regarder vieillir, cela mériterait bien

D’être classé… parmi les chiens.

Ma fenêtre est devenue bien trop petite

Maintenant, l’heure vespérale a terni la clarté ;

C’est le moment propice pour mieux méditer.

Je pense à nous, pauvres humains que nous sommes

Et je caresse mon chien pour oublier les hommes.

Monologue de chien

Je suis un beau petit chien.

Comme on dit : « un moins que rien ! »

J’ai pourtant un joli minois

Puisque je suis un pékinois.

Je suis fidèle et souvent cajolé

Car je...