Midi-minuit

Midi-minuit

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Livres
156 pages

Description

Recueil de cinquante poèmes écrits à midi comme à minuit, cet ouvrage nous décline l'amour dans tous ses états : de l'individuel à l'universel, de l'intime au politique... Tous les aspects et paradoxes de l'amour y sont présents : sensualité, humour, idéaux, méfiance, guerres, haine et hommages... Dans un style alliant une écriture classique et contemporaine dans laquelle le réalisme côtoie le fantastique tout comme le sérieux la fantaisie, Elisabeth Maloire use de tous les registres de langue pour nous livrer L'amour dans tous ses états!


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Date de parution 02 juillet 2014
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EAN13 9782332708878
Licence : Tous droits réservés
Langue Français

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Cet ouvrage a été composé par Edilivre

175, boulevard Anatole France – 93200 Saint-Denis

Tél. : 01 41 62 14 40 – Fax : 01 41 62 14 50

Mail : client@edilivre.com

www.edilivre.com

 

Tous droits de reproduction, d’adaptation et de traduction,

intégrale ou partielle réservés pour tous pays.

 

ISBN numérique : 978-2-332-70885-4

 

© Edilivre, 2014

 

Image 3

Un éternel amour

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Un éternel amour

Poème de jeunesse, retrouvé

Je suis ruine perdue

Sur un coteau fleuri.

J’ai une belle vue

Et suis encore jolie.

Jadis, j’étais si belle,

Aimée des chevaliers.

Mes petites tourelles

Abritaient des mariées.

Et maintenant, c’est moi

Que l’on enlace ici.

Les ronces sont pour moi

Plus douces qu’un ami.

Les rires des enfants

Jouant entre les pierres,

Sont mes noces d’argent

Et ma robe est de lierre.

Les orties, les bruyères

Que l’on coupait naguère,

Sont un coussin doré

Où je meurs, adulée.

1978

L’Ile aux lapins

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L’Ile aux lapins

A mes petits enfants

De jolis animaux courent le long des ruisseaux,

Tels de beaux escadrons si gentils et frivoles.

– « Pardon, mon doux lapin, où est ton lapereau ?

– Je voudrais caresser son pelage qui vole. »

Effrayé, le rongeur saute vers sa nichée.

« – Surtout, n’ayez pas peur mes mignons compagnons,

Point de mal ne ferais à mes joyeux lurons,

Car le temps de la chasse, dans la nuit, est passé. »

– « Vieux renard ne pourra attraper la couvée.

Seuls, nous, jeunes enfants dans les bois reviendrons,

Taquiner et jouer à – petits-pas-tapons –

Comme des trublions qui cherchent à vous aimer. »

– « D’accord, dit le garenne, la trêve est de nouveau,

Parmi les champs, les vaux, les fleurs et les rigoles.

Visitez notre gîte meublé de bouleau ;

Nous boirons du sirop de la luzerne folle. »

6 sept. 2000

A Gabriel, mon Amour

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A Gabriel, mon Amour

J’ai si souvent envie de caresser ta joue ;

Tu es ma lumière dans un monde si gris.

Amoureuse de toi, je serai pour la vie,

Ton âme et ton corps sont de si beaux bijoux.

A jamais, attachés, nous tisserons des liens

Et grandirons ensemble, loin de tous les biens.

Puis, quand défunte je serai,

Mon esprit chantera ton nom dans les mousses

[et les pierres ;

Tout doucement et à jamais.

Ta bien aimée, pour l’éternité.

Juin 2007, midi

La Petite hirondelle

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La Petite hirondelle

La p’tite Hirondelle à six têtes,

Elle va crever, elle n’a plus d’eau.

Elle vivait d’amour et d’eau fraîche

– « Tant pis pour elle, six têtes, c’est trop. »

Disaient les « hommes forts », en colère :

– « Encore une bête, qu’était trop bête ! »

Madame Assedic est revêche

Et son patron ne décolère

Car ça va mal sur Médrano ;

La Mer d’Aral, plus d’pédalos !

Les écolos sont en galère :

« – Même si on taxe les parapluies

Notre hydre ne volera plus

Au-dessus d’la tête des enfants

Car c’est râpé, tout est par terre

Et les acides sont dans la pluie

Sur la banquise, y a trop de surplus

Et pas d’poissons dans les torrents. »

Oui, ça va mal sur Médrano,

La Mer d’Aral, plus d’pédalos !

 

 

A la télé c’est l’affolement

« Travailler plus pour gagner force. »

Ce sera le nouveau slogan.

Et des messieurs bombant le torse

Vont nous trouver la solution ;

On va appeler les Shadoks,

Multiplier les réunions

Et, nommer Capitaine Haddok.

Car ça va mal sur Médrano,

La mer d’Aral, plus d’pédalos !

La p’tite hirondelle à six têtes

Elle va crever, elle n’a plus d’eau.

Elle vivait d’amour et d’eau fraîche

Mais ça va mal sur Médrano,

Les écolos sont en galère.

Mais voilà que l’patron se marie !

Les hommes ont oublié colère.

Rien de tel qu’une nouvelle fraîche,

Construisons plein de pédalos,

Construisons plein de pédalos !

 

 

Et les camions sont repartis.

Et les caisses sont bien remplies.

Et le patron se frotte les mains.

Pour l’eau, on verra après-d’main.

Y a la taxe sur les parapluies,

La télé fait un mèt’de plus,

Les écrans plats supportent la pluie.

Ouf ! ça va mieux sur Médrano

Les p’tits chinois : y vont construire nos pédalos !

Et ça va mieux sur Médrano,

Et le patron se remarie,

C’est le journal qui nous le dit :

Les ours ont oublié la pluie.

Et si l’Darfour est en galère

Cela ne regarde que lui.

On lui envoie des pommes de terre,

Ouf ! ça va mieux sur Médrano.

Et l’on construit des pédalos,

Des pédalos, plein d’pédalos

 

 

La petite hydre a survécu ;

N’a plus qu’une tête, « mais qu’est bien faite ».

La preuve, elle pointe aux Assedic.

Même quand l’eau n’est pas très fraîche

Elle va aux soldes faire la fête.

Elle a la tête dans l’alambic ;

« Tant pis si la terre n’est pas fraîche,

On a rechargé nos accus ! »

Et l’on construit des pédalos

Et c’est la joie sur Médrano.

C’n’est plus galère sur Médrano ;

C’est le journal qui nous a dit

La sémantique de nos maux.

Et le patron se remarie !

A son mariage, on dansera

Sur les paroles de ma chanson.

L’Hydre d’eau douce passera

Pour faire le clown en gros chaussons.

Et c’est la joie sur Médrano,

Et tout va bien sur Médrano.

 

 

Peut-êt’qu’il y aura Haddok

Avec un verre d’eau à la main !

Sourires crispés, arêtes en stock

Et ils se serreront la main.

On a rechargé nos écus

Sur le pétrole des déserts nus.

Et tout va bien sur Médrano,

Car c’est la télé qui le dit.

Les p’tits chinois sont nos amis

Car c’est la télé qui le dit.

Mais petite hirondelle n’est plus.

Et si la glace a fondu,

Il n’y a plus d’eau dans les déserts

Et se sont tus, les hommes « verts ».

Car le discours était si faux

Que la télé en a fondu.

Et se sont tus, les hommes nus,

Et Médrano n’est plus.

– FIN –

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