Non-assistance à poètes en danger

Non-assistance à poètes en danger

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Livres
64 pages

Description


Par la publication de ce recueil inédit de René Depestre, les Éditions Seghers poursuivent leur travail en direction des poésies francophones.





"Certains poètes contemporains donnent l'impression de n'être que des cerveaux, de purs produits de matière grise tarabiscotée. Quelques mots sur une page, des collisions verbales aléatoires, un vague tropisme mallarméen, un culte du mot seul, une religion de la phrase pour elle-même, une manie du blanc et de l'espace, de quoi générer un autisme de bon aloi, et s'assurer qu'on ne sera pas lu, aimé, compris", écrit Michel Onfray dans la préface de ce recueil.



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Date de parution 23 janvier 2014
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EAN13 9782232123795
Licence : Tous droits réservés
Langue Français

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couverture

DU MÊME AUTEUR

POÉSIE

Étincelles, Port-au-Prince, Imprimerie de l’État, 1945.

Gerbe de sang, Port-au-Prince, Imprimerie de l’État, 1946.

Végétations de clartés, préface d’Aimé Césaire, Paris, Seghers, 1951.

Traduit du grand large, Paris, Seghers, 1952.

Minerai noir, Paris, Présence africaine, 1956.

Journal d’un animal marin, Paris, Seghers, 1964.

Un arc-en-ciel pour l’Occident chrétien, Paris, Présence africaine, 1967.

Cantate d’octobre (édition bilingue), La Havane, Institut du livre ; Alger, SNED, 1968.

Poète à Cuba, préface de Claude Roy, Paris, Oswald, 1976.

En état de poésie, Paris, Éditeurs français réunis, 1980.

René Depestre, par Claude Couffon, coll. « Poètes d’aujourd’hui », Paris, Seghers, 1986.

Au matin de la négritude, préface de Georges-Emmanuel Clancier, Paris, Euroéditeur, 1990 (éd. hors commerce).

Lettre à un poète du marronnage, bois gravé par Elbis Mazet, Bois Pluriel, 1988 (éd. hors commerce).

Journal d’un animal marin, choix de poèmes 1956-1990, Paris, Gallimard, 1990 (sous le titre du recueil paru en 1964 aux éditions Seghers).

Anthologie personnelle, Prix Guillaume-Apollinaire, Arles, Actes Sud, 1993.

Un été indien de la parole (trois poèmes avec des estampes d’Yves Picquet), Double cloche, 2001 (éd. hors commerce).

Haïti in al mijn dromen, édition bilingue néerlandais-français (traduction de René Smeets), Leuven, Uitgeverij P, 2002.

Psaume d’adieu au rock n’roll, édition bilingue néerlandais-français (traduction de René Smeets), Leuven, Uitgeverij P, 2004.

Étincelles, suivi de Gerbe de sang, réédition des recueils de 1945-1946, Port-au-Prince, Presses nationales d’Haïti, 2005.

 

PROSE

Pour la révolution pour la poésie, essai, Montréal, Leméac, 1974.

Le Mât de cocagne, roman, Paris, Gallimard, 1979.

Bonjour et adieu à la négritude, essais, Paris, Robert Laffont, 1980, 1989.

Alléluia pour une femme-jardin, nouvelles, bourse Goncourt de la nouvelle, Paris, Gallimard, 1981.

Hadriana dans tous mes rêves, roman, prix Théophraste-Renaudot, prix du roman de la Société des gens de lettres, prix Antigone de la ville de Montpellier, prix du roman de l’Académie royale de langue et de littérature françaises de Belgique, Paris, Gallimard, 1988.

Éros dans un train chinois, nouvelles, Paris, Gallimard, 1990.

« Les aventures de la créolité », in Écrire la parole de nuit (ouvrage collectif), La Nouvelle littéraire antillaise, Paris, Gallimard, 1994.

« La mort coupée sur mesure », in Noir des îles (ouvrage collectif), Paris, Gallimard, 1995.

« Vive la lecture », in En quête du livre (ouvrage collectif), Paris, Paroles d’aube, 1997.

Ainsi parle le fleuve noir (inventaire), Paris, Paroles d’aube, 1998.

Le Métier à métisser, essai, Paris, Stock, 1998.

Encore une mer à traverser, Paris, La Table ronde, 2005

 

TRADUCTIONS

Le Grand Zoo de Nicolas Guillén, Paris, Seghers, 1966.

Poésie cubaine, 1959-1966, anthologie bilingue, La Havane, Institut du livre, 1967.

Avec les mêmes mains de Roberto Fernández Retamar, Paris, Oswald, 1968.

Un catalogue de vieilles automobiles de César Fernández Moreno, Paris, Saint-Germain-des-Prés/Unesco, 1993.

 

L’Œuvre de René Depestre a été saluée par le prix Goncourt de la nouvelle en 1982 puis le prix Renaudot en 1988 pour Hadriana dans tous mes rêves. Il a en outre reçu de nombreuses distinctions dans le domaine de la poésie dont le prix Apollinaire pour son Anthologie personnelle chez Actes Sud en 1993. Grand prix de Poésie de l’Académie française en 1998.

 

À NOTER

Chronique d’un animal marin, film de Patrick Cazals, Paris, 2004.

RENÉ DEPESTRE
NON-ASSISTANCE
À POÈTES EN DANGER
Préface de Michel Onfray
SEGHERS
Autour du monde
PRÉFACE
par Michel Onfray

LA CHAIR DES LANGUES D’ESCLAVES

Certains poètes contemporains donnent l’impression de n’être que des cerveaux, de purs produits de matière grise tarabiscotée. Quelques mots sur une page, des collisions verbales aléatoires, un vague tropisme mallarméen, un culte du mot seul, une religion de la phrase pour elle-même, une manie du blanc et de l’espace, de quoi générer un autisme de bon aloi, et s’assurer qu’on ne sera pas lu, aimé, compris. De quoi aussi, bien sûr, certifier qu’on a affaire au grand poète. Car ils aiment l’ineffable, scénographient l’indicible, se pâment en dévots de la théologie négative. Pas besoin de donner des noms : ils incarnent le bon goût du moment…

D’autres, en revanche, croient que le mot ne constitue pas une fin mais un moyen. Le poème ? Sûrement pas un artifice de pure forme, un artefact de technicien de l’écriture, mais une prose revendiquant sa matérialité, sa musicalité, le rythme et la cadence des vocalises primitives de l’Homo sapiens. D’une part, des encéphales désincarnés ; de l’autre, des corps de chair épanouie doués de l’hyperesthésie des fauves les plus achevés.

René Depestre évolue entre le loa de la poésie, l’archivolute de la plante tropicale et l’œil du félin embusqué dans la nuit : il est une nature au-delà de la nature parce qu’affranchi de ses lois et de ses logiques. Il écrit en familier des rythmes de la planète, des mouvements du cosmos, des soubresauts de l’Histoire aussi, en connaisseur des épices de Jacmel ou des ceps des Corbières, des odeurs musquées de femmes abandonnées et des couleurs des Caraïbes. Attentif aux solstices et aux éclipses, aux intempéries et aux fournaises, sa poésie fournit le langage de ces forces intempestives.