Nous, ses passagers

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J'ouvre les yeux et écoute. Quelque chose s'accouche comme la fabrique d'un corps qui pousse, s'étend entre fracas et tourmente, se retire de l'immense. Le corps à peine éclos est irradié, martyrisé, mutilé, jusqu'à devenir "objet de chair", sans yeux, sans visage. Un corps cherche l'Autre corps en morceaux, son cri, ses plis, le creux de ses bras. Pour se défaire, "se désunir encore" de cette absence, les phrases s'enlacent, se lovent, le mot se blottit, cherche le plein dans le vide, le creux, la grotte. Lire et relire les poèmes de Virginie Reiffsteck et l'envie, enfin, de se taire se fait plus forte que tout discours.

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Ajouté le 01 juin 1997
Nombre de lectures 225
EAN13 9782296343801
Langue Français
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Collection Poètes des cinq continents dirigée par Maguy Albet, Geneviève Clancy, Gérard da Silva, Patrice Kanozsai, Alain Mabanckou et Emmanuelle Moysan

136 - Noureddine Aba, Je hais les trains depuis Auschwitz 137- Jacques Galan, Le chemin de traverse 138- Michel Gay, Miroirs lucides 139- Maurice Couquiaud, Chants de gravité 140- Candida Geron, Passé lesflammes, poèmes bilingues, traduction de Claude Couffon. 141- Joëlle Basso, Collyre. 141 bis- Marc Alyn, Les mots de passe (Liberté de voir, Le temps des autres, Brûler le feu) 142- Jacques Eladan, Espérance poétique: Chalom - Salam. 143- Luisa Ballesteros Rosas, Plumes de colibri. 144- Eszter Forrai, Collection privée, ouvrage bilingue françaishongrois, traduction de Sylvie Reymond-Lépine. 145- Leopold Congo Mbemba, Déjà le sol est semé. 146- Jacques Guigou, Son chant. 147- Nohad Salameh, Les lieux visiteurs. 148- Jean-Dominique Pénel, Pays gorge île dans la terre. 149- Julia Roessler, Cimetière d'eau vive. 150- Jean Bensimon, Où luit l'origine. 151- Bernard Barbet, Squalnes d'œil. 152 - Adama Diané, Errances Océanes 153 - Jean Gillibert, Plus béant que le temps. 154 - George Ellenbogen, La porte aux rhinos, ouvrage bilingue français-anglais. 155 - Alain Mabanckou, Les arbres aussi versent des larrnes. 156- Edouard VaIdman, Les larmes du temps. 157- Henri Falaise, Les beaux miracles. 158 - Michel Ecoffard, A mes yeux des embruns, à ton ventre l'océan. 159 - Jean-Claude Villain, Thalassa pour un retour. 160 - Seyhmus Dagtekin, Artères solaires. ] 61 - Monique-Lise Cohen, UnJardin d'inconnaissance où grandit ['appel de ton nom. 162 - Geneviève Clancy, Philippe Tancelin, L'Esthétique de ['ombre. 163 - André Prone, Insolente suivi de Ainsi soit dit. 164 - Hoda Adib, Sahar et Shalim. 165 - Sobhi Habchi, Age de guerre et autres thrènes, suivi de Mourir à la place de Dieu. 166 - Salah Al Hamdani, L'arrogance des jours. 167 - Kazem Shahryari, Les cendres de l'amour. 168 - José Maria Alvarez, Le selpent d'airain. Ouvrage bilingue Français-espagnol; traduction de François-Michel Durazzo.

NODS, SES PASSAGERS poèlnes

Tous les dessins de l'ouvrage ont été réalisés par le peintre AKARINE.

@ L'Harmattan, 1997 ISBN: 2-7384-5580-8

Virginie REIFFSTECK

NODS, SES PASSAGERS poèmes

Préface de Dominique Vincent

L 'Harmattan Inc. L'Harmattan 55, rue Saint-Jacques 5-7, rue de l'École Polytechnique Montréal (Qc) - CANADA H2Y lK9 75005 Paris - FRANCE

PREFACE

Dans la pièce, j'ai tendu un fil et j'y ai accroché 'Se désunir encore', 'Des mots'. Tête en l'air, je les lis et les relis parcourant ce lien imaginaire jusqu'à m'y trouver moi-même suspendu: le lien se cherche entre les dermes délaissés de mots ou, ailleurs: creuse à la lisière de ton suc vers l'espace grand ouvert J'ouvre les yeux et écoute. Quelque chose comme la fabrique d'un corps qui pousse, s'étend et tourmente, se retire de l'immense. Le corps à est irradié, martyrisé, mutilé, jusqu'à devenir chair », sans yeux, sans visage. s'accouche entre fracas peine éclos «objet de

Un corps cherche l'Autre corps en morceaux, son cri, ses plis, le creux de ses bras. Pour se défaire, «se désunir encore» de cette absence, les phrases s'enlacent, se lovent, le mot se blottit, cherche le plein dans le vide, le creux, la grotte. Derrière les «masses sourdes» «dans la fureur» de cette «lutte intime », le corps physique reste l'éternellement appelé-absent. Le vide s'emplit bientôt d'un murmure, qui « enfle d'être» jusqu'à ouvrir sur un espace démesuré: 7

m.on lien à toi a été mis en rêve

et plus loin:
je .ferai tourbillonner la solitude ton corps dans

ton corps en mon corps plus vaste» Face à ces corps qui tournoient, exposés à la torture, à cette omniprésence de la peau, écorchée, scarifiée, les éléments comme la terre, le vent et l'eau orchestrent le mouvement, le flux et le reflux de la phrase. La terre peut être celle de la génèse, grondante et gémissante mais elle est aussi parfois plus douce, aérienne et lumineuse. Sur cette autre terre, la lumière n'a plus cette aura noire de 'L'autre soleil', le blanc est partout, dans la mer, dans les
« traînées blanches», deveIlu blanc.

« plaies pâles» jusqu'au

sang lui aussi

Parler encore des eaux. Multiples. Celle dont la terre est gorgée, celle qui s'écoule de toutes ces pages, entre les plis, les fentes, les creux et les meurtrissures, celle qui roule dans la « gorge en torrent» ou celle qui, après le tonnerre des premières pages « apaise sa furie» jusqu'à déboucher sur un lac de calme « aux mille vallées flottantes ». Lire et relire les poèmes de Virginie Reiffsteck et l'envie, enfin, de se taire se fait plus forte que tout discours. Laisser place au silence et au vent, à l'espace grand ouvert où : le regard de l'égaré pousse vers le ciel Dominique Vincent 8

à mes parents, à Nora

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