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Parfums d'orchidée blanche

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Description

Carl Snoilsky (1841-1903), le plus lu des poètes suédois pendant plus d'un siècle, est surtout connu pour ses poèmes de circonstances et ses poèmes-portraits. Il reste, pour beaucoup, un poète romantique inspiré par Heine, Byron et Hugo. Pourtant, il a aussi composé d'excellents poèmes ayant pour thème la Nature.
C'est à ce type de poèmes que ce recueil est consacré, même si on ne peut faire de Snoilsky un "poète de la Nature". Il reste dans l'histoire de la poésie suédoise un auteur d'une importance capitale pour sa maîtrise des divers aspects du "fait poétique".

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 01 avril 2010
Nombre de lectures 321
EAN13 9782296699823
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0062€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Parfums d’orchidée blanche
Lettres Nordiques
Collection dirigée par Maguy Albet


Déjà paru

Oscar LEVERTIN, D’or, d’ombre et de pourpre. Choix de poèmes , traduction et présentation
de Jean A. Gitenet et Sune Watell, 2008.
Ernst JOSEPHSON, Roses noires, roses jaunes , traduction, notes et présentation de Jean A.
Gitenet et Sune Watell, 2007.
Jaan KROSS, Dans l’insaisissable , 2001.
Eoro TARASTI, Le secret du professeur Amfortas, 2000.
Carl SNOILSKY


Parfums d’orchidée blanche

Choix de poèmes


Traduction du suédois, présentation et notes de
Jean A. Gitenet et Sune Watell
De Jean A. Gitenet
aux éditions L’Harmattan

Réflexions sur l’univers homosocial dans Splendid’s de Jean Genet. L’homme divisé , 2002.

Jean Genet problématique des masculinités dans Haute surveillance. L’homme déplié , 2003.

Le no man’s land de l’image dans Elle de Jean Genet. l’homme disloqué , 2004.

Traductions de Jean A. Gitenet et Sune Watell

Josef Julius Wecksell, D’amour, de mort.
Choix de poèmes , 2005.

Ernst Josephson, Roses noires – roses jaunes.
Choix de poèmes , 2007.

Oscar Levertin, D’or, d’ombre et de pourpre.
Choix de poèmes , 2008.


© L’HARMATTAN, 2010
5-7, rue de l’École-Polytechnique ; 75005 Paris
http://www.librairie harmattan.com
diffusion.harmattan@wanadoo.fr
harmattan1@wanadoo.fr
ISBN : 978-2-296-11981-9
BAN : 9782296119819

Fabrication numérique : Socprest, 2012
Ouvrage numérisé avec le soutien du Centre National du Livre
Notice biographique
Carl Johan Gustaf Snoilsky, né le 8 septembre 1841 à Stockholm, est le descendant d’une famille aristocratique protestante slovène de la région de Krajn, émigrée en Suède au début du XVIIème siècle, comme il l’écrit dans ces deux vers :
Från Laibach ha utgått
Mitt namn och min sl ä kt
C’est de Laibach que vient
Mon nom et ma famille

Enfant unique d’un couple d’aristocrates très traditionnels du XIXème siècle suédois, il passe ses premières années dans les milieux et les écoles les plus huppés de Stockholm. Sa mère meurt en août l856 et son père en février 1860. Comme libéré du carcan de son éducation, c’est à cette époque alors, dans sa dix-neuvième année, qu’il commence à s’intéresser à la poésie et se plaît non seulement à déclamer du Byron et du Heine, mais aussi à écrire ses premiers poèmes.
Il entreprend des études à l’Université d’Upsal dès l’automne 1860 et fait publier, sous le pseudonyme de Sven Tröst, en 1861, son premier recueil Smådikter (Petits poèmes) qui passe pratiquement inaperçu, mais qui contient déjà toute la quintessence de la veine patriotique de son inspiration, celle qui le fera connaître quelques décennies plus tard quand il réunira une trentaine de poèmes épiques sous le titre de Svenska bilder (Images suédoises ), publiés entre 1890 et 1897.
A partir de 1862, il entreprend de voyager en Europe. Au Danemark, il se lie d’amitié avec l’écrivain Christian Winther ; il séjourne longuement en Italie – spécialement à Rome – où il rencontre l’écrivain norvégien Henrik Ibsen ; puis en Espagne. Il compose, à cette époque, nombre de ses poèmes les plus connus. Après avoir accepté pendant quelque temps un poste officiel à la légation suédo-norvégienne de Paris, il est rappelé au Ministère des Affaires étrangères à Stockholm en 1866.
Il se marie en 1867 et continue une carrière dans l’Administration publique sans grand enthousiasme. Sa santé n’est pas des meilleures et l’oblige à des cures répétées ; il délaisse alors de plus en plus la poésie pour s’intéresser à la numismatique. Malgré son élection à l’Académie suédoise, en 1876, il écrit de moins en moins. En été 1877, il décide d’aller se reposer en Suisse, à Sant Moritz, où il semble revivre, loin de ses responsabilités officielles et de son épouse qu’il quitte en 1879 pour se remarier, l’année suivante.
A partir de 1880, il séjourne la plupart du temps à l’étranger : surtout dans le sud de la France, mais aussi en Italie, en Afrique, en Espagne et s’établit finalement à Dresde, où il séjournera jusqu’en 1890. C’est une période féconde pour le poète. Il entreprend la traduction de la poésie de Gœthe ; il traduit aussi Sully Prudhomme ainsi qu’une pièce de François Coppée.
Il revient à Stockholm en 1891 pour fêter ses 50 ans et recevoir sa part d’honneurs officiels. En 1893, il est choisi comme Président de l’Association des écrivains et se voit attribuer le titre de Docteur honoris causa de l’Université d’Upsal. Il rédige encore de nombreux articles et poèmes. Il se sent souvent oublié, mais se résigne à son sort. Comme le note Karl Warburg, son biographe, ces deux vers du poème Nattviol (Orchidée blanche) résument assez bien son état d’esprit d’alors :

G ö m din kind i detta gras, det våta
Ingen ser det h ä r.
Viens poser ta joue dans la moiteur de cette herbe
Personne ne le voit.

Il meurt le 19 mai 1903.
Notes liminaires
Le corpus
Les poèmes que nous traduisons font tous partie des Œuvres poétiques complètes (Samlade dikter) de Carl Snoilsky, publiées en cinq volumes par Hugo Gebers förlag, à Stockholm, dès 1903. Ils sont tirés essentiellement du tome 1, du tome 2 et du tome 4 – le tome 3 comprenant uniquement Svenska bilder et le tome 5 uniquement des traductions -
Ces vingt-neuf poèmes ont été choisis selon une procédure est des critères bien définis. Ils doivent tous – exception faite pour deux poèmes sur la ville de Stockholm – traiter de la Nature, c’est-à-dire de la flore et de la faune en général, scandinaves si possible – ceci pour que les lecteurs francophones de poésie suédoise puissent comparer les poèmes de Carl Snoilsky avec ceux d’Oscar Levertin et d’Ernst Josephson dont nous avons déjà présenté la traduction dans cette collection – Nous avons donc délibérément laissé de côté tous les poèmes inspirés par l’Europe du sud ou l’Afrique du nord, mais aussi tous les poèmes historiques et tous les poèmes de circonstance.
Plus encore : parmi les poèmes traitant de la Nature, nous avons décidé de ne choisir que ceux dont le « personnage principal » était un lieu, une plante, un animal, même si le texte avait des références historiques, culturelles ou personnelles. C’est ainsi que nous sommes arrivés à un corpus varié mais homogène, comprenant six poèmes de jeunesse Ungdomsdikter (1861-1864), dix-sept poèmes tirés des recueils Sonetter (1863-1873) et Tankar och toner (1879-1900) et enfin six poèmes d’inspiration « suédoise » Hemlandstoner (1882-1900). Nous nous sommes aidés des précisions fournies par le premier biographe de Carl Snoilsky, Karl Warburg ( Carl Snoilsky , 1905) pour dater la plupart des poèmes traduits.
Nous sommes conscients que ces vingt-neuf poèmes ne représentent pas « tout Snoilsky » et que les lecteurs suédois connaissent de lui avant tout les poèmes de Svenska bilder. Mais loin de nous l’idée de « réduire » la production littéraire de Carl Snoilsky à des poèmes sur la Nature ; notre stratégie est plutôt de replacer tout un aspect de son talent et de sa poésie dans « la poésie suédoise de la Nature » de la fin du XIXème siècle.
La traduction
Outre les nombreuses difficultés rencontrées ayant trait à l’orthographe d’avant la réforme de 1905 et celles relatives à l’emploi de néologismes et de constructions sémantiques venant directement de l’allemand, nous nous sommes souvent heurté à une licence poétique qui, pour géniale qu’elle soit parfois, obscurcit à souhait le processus de signification du texte. Cela ressort sans nul doute, nous dira-t-on, au genre ou au style ou au statut du texte poétique… et rend intraduisible toute production dite poétique. Nous ne le pensons pas et, sans vouloir relever un défi insurmontable, nous avons essayé de « faire passer » en français non seulement l’inspiration, mais aussi le substratum culturel et la logique de chacun de ces poèmes, au détriment, certes, de la technique versificatrice propre à la langue suédoise, mais dans le respect du « sens poétique ».
Nous proposons ci-après une des alternatives de traduction possibles de ces poèmes. Elle veut être aussi éloignée d’une interprétation à tout prix moderne que d’une transposition purement littérale. Notre but a été, avant tout, de suivre l’histoire que le poète raconte, le tableau qu’il décrit, la réflexion qu’il propose pour permettre au lecteur de mettre au second plan ce qu’il y a de purement technique, grammatical et sémantique dans le texte que nous lui proposons.
Notations critiques
Comme nous l’avons signalé, c’est surtout les poèmes de Svenska bilder qu’on lit, depuis plus d’un siècle, quand on se réfère à la poésie de Carl Snoilsky. Mais il n’en reste pas moins que les centaines d’autres poèmes qui constituent son œuvre sont tout autant, représentatifs de la poésie en langue suédoise de la seconde moitié du XIXème siècle.
Si ses poèmes de jeunesse sont influencés par Byron ou Heine, c’est du Parnasse français et de Victor Hugo que le poète se réclame après 1864. Mais la touche suédoise héritée de l’époque de Gustave III est présente partout, comme l’écrit Carl Snoilsky lui-même en 1889 : « Vårt sätt att h ö ra och att se förblifver i grunden alltid detsamma, vårt sätt att k ä nna är mer konventionnellt /Notre façon d’ entendre et de voir reste au fond toujours la même, mais notre façon de ressentir est plus conventionnelle. » (cf. Warburg, o.c page 463). Cette affirmation, si on l’applique à tous les poèmes suédois sur la Nature du XIXème siècle – qu’ils soient de Snoilsky, de Levertin ou de Josephson – est ce qui fait aussi le dénominateur commun de la poésie de ces trois poètes. C’est cette dichotomie entre la sensation spécifiquement nordique et le sentiment universel connoté, que les poèmes ci-après manifestent. Pourtant, il y a toujours, dans les poèmes de la Nature de Carl Snoilsky, une autre dimension sous-tendant toute la logique du poème et toute sa charge affective : elle est, soit historique, soit sociale, soit personnelle.
Dans Sparfven/Le moineau, Storken/La cigogne ou Stormflod/Mer en furie , la dimension historique est certes discrète, mais témoigne de l’intérêt que le poète porte aux faits historiques, et surtout aux combats, auxquels la nation suédoise, de près ou de loin, a été mêlée. Mais la signification première de ces poèmes est toute autre : dans Sparfven , c’est l’hiver qui est au centre du texte, dans Storken , c’est la famille représentée par la cigogne et ses petits, dans Stormflod , c’est la mer. Et, en décodant encore plus ces trois poèmes, on se rend compte que c’est de lui, Carl Snoilsky dont il s’agit, même s’il ne dit pas « je ».
Il en est de même de la dimension sociale très présente dans la plupart des poèmes que nous traduisons. Le premier schéma est celui de l’individu écrasé, rejeté, banni par la Société dans lequel le poète symbolise l’individu par un arbre (Tr ä den på platsen/L’arbre du square ), par une plante (Nattviol/Orchidée blanche), par un animal (Hjorten/Le cerf). Le second schéma est celui de l’individu faible, mais malgré tout plus fort, plus sain ou plus sage que la Société qui l’oppresse, comme, par exemple, dans Edelweiss/Edelweiss , Alprosen/La rose des alpes, Blodboken/Le hêtre sanguin . Cet aspect de la poésie de Carl Snoilsky n’a rien de réaliste : la description qu’il fait de la plante, de l’animal ou de l’oiseau ne lui sert qu’à exprimer des sentiments de solitude, d’abandon, d’échec qu’il éprouve dans son existence. Il n’est pas « peintre-poète » comme Ernst Josephson, ni « sensuel et contemplatif » comme Oscar Levertin. Il ne fait qu’écrire sa propre histoire au second degré, entre les lignes.
Car c’est bien lui-même que Carl Snoilsky place au centre de ces poèmes, même en ce qui concerne les six derniers, qui semblent être de pures descriptions de la ville de Stockholm et de quelques sites privilégiés, car c’est en fait le regard du poète qui choisit l’angle de prise de vue. Seul le dernier poème (Sk ä rvik/Sk ä rvik) est vraiment personnel, puisque le poète se trouve lui-même dans la Nature qu’il décrit, à partir de laquelle il réfléchit à son existence et à son passé. Dans tous les autres poèmes le poète nous fait voir, entendre et sentir ce que voient, entendent et sentent un animal, une plante ou une fleur, qui à leur tout expriment, chacun à leur façon, ce que peut voir, entendre ou sentir le poète. C’est la dignité, la solitude et la fierté de ses dernières années que Carl Snoilsky nous donne à voir, par exemple, dans le poème Blodboken (Le hêtre sanguin), sans le dire expressément mais en chargeant de signes négatifs la société (le parc) et de signes positifs l’individu qu’il reste (le hêtre). C’est, nous semble-t-il, ce type d’ enchåssement symbolique qui définit la spécificité de ces poèmes sur la Nature – contrairement au style plus « direct » des autres poèmes de Carl Snoilsky.

Le poème Dold forening/Union cachée a été mis en musique par Jean Sibelius (1865-1957) en 1916. C’est, dans l’opus 86 (Solo songs for piano), le troisième morceau « entièrement basé sur une ligne musicale rythmique tout à fait constante ». La soprane suédoise Elisabeth Söderström et le pianiste Vladimir Ashkenazy ont interprété ce morceau au Kingsway Hall de Londres, en 1981 (cf. DECCA 476 1725,4 CD).


Jean A. Gitenet & Sune Watell
Natten
Bölja, mot stranden fraggande,
Sluta ditt brusande!
Vindfläkt, bland träden vaggande,
Sluta ditt susande!
Stiger ej natten
Tyst öfver stjärnströdt blå?
Sorlande vind och vatten,
Tigen också!

Tårade ögon sluta sig,
Somna i kvalens bo.
Tröttade hjässor luta sig
Till en förstulen ro.
Älskande unga,
Slumren vid nattens barm,
Glömmen all sorg och tunga
Ljuft på dess arm!

Hjärtan, I arma svidande,
Smärtan har fällt sitt svärd.
Själar, I ömt förbidande,
Mötens i drömmens värld!
Drömmen upplåter
Fängelsets stangda vrå:
Saligt förenas åter
Barnen de två.

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