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Poèmes à Cèrès

De
50 pages
Biche, n'oubliez pas ce cerf qui vous chevauche, Lorsque vous hurlerez en tant d'autres amours Et que très loin de vous, après la mort qui fauche, Il aura pris son vol au-delà de vos jours – Car il vous a donné de ces vers en cortège, Que vous lirez peut-être un autre soir de neige, La flamme inaltérable et l'éternel séjour. Ainsi va la plume turbulente et ardente de Nox, qui repose sur un savant dosage de classicisme et de crudité, de licence et de dévotion. Portrait donc d'un poète en trouvère ardent et passionné que ce recueil, qui sait aussi célébrer le corps de la femme aimée au fil d'une écriture fiévreuse, voire bouillonnante, osant toutes les audaces et pourtant porteuse d'une infinie délicatesse.
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NOX Poèmes à Cèrès
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Blason galant des charmes d’A*** Je vous enserre entre mes bras ; tout votre corps S’enflamme avec le mien comme un grand brasier d’or, Et mon souffle se fait pressant sur vos épaules Lorsque je vois tomber le tissu qui les frôle. Et vous apparaissez, libre, éclatante ivresse, Comme Vénus Cypris sortit jadis des flots, Avec vos blonds cheveux qui baignent votre dos Et, fleur parmi les fleurs, votre cul de déesse ! Et vous vous retournez, tendant comme une coupe Où boire le plaisir qui nous fait voir les cieux, Vers moi les deux moitiés de votre large croupe Qui font dresser mon dard sur leurs monts glorieux : Femelle chaude et mâle en rut qui se rencontrent ! Fièvre des sexes lourds de sèves et de sang ! Vigueur que vient trouver la vigueur qui l’affronte Et déverse sa folle ivresse en votre flanc ! Sur vos deux demi-culs mes mains se plaquent, raides, De ce geste ample et dur qui flatte et qui possède La chair qui s’abandonne à celui qui la prend. Vos lèvres splendides qui sont Comme le sexe des sirènes Autour de moi viennent et vont, Tant que votre bouche en est pleine. O douce langue de l’amour, Mélodie ardente et muette,
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Flûte et bâillon, et tour à tour Le conquérant et la conquête ! Mais à ce plaisir qui m’emporte, Je crains d’immoler la vigueur Que je dois à la grande porte Gardée par vos lèvres en pleurs… Et vos seins triomphaux ! vos seins comme des gourdes Où mon sexe vainqueur trace son droit sillon, Ces fruits qu’entre vos mains tenant leurs grappes lourdes Vous m’offrez, sont les fruits des plus belles saisons ! J’embrasse leurs tétons, je les lèche et les baise ; Mon gland violacé d’une ardente fournaise Dresse entre eux le volcan d’un grand amour charnel. Et je croise vos yeux, flammes fixes et sombres Qui semblent pour un temps perdues parmi les ombres – Comme en la contemplation d’un autre ciel. O clarté scintillant dans le soir qui s’allonge ! Je vois vos grands yeux noirs briller, vos grands yeux blancs Comme ce flot lancé hors de mon corps brûlant, O belle de mes nuits, ô belle de mes songes ! Biche, n’oubliez pas ce cerf qui vous chevauche, Lorsque vous hurlerez en tant d’autres amours Et que très loin de vous, après la mort qui fauche, Il aura pris son vol au-delà de vos jours – Car il vous a donné de ces vers en cortège, Que vous lirez peut-être un autre soir de neige, La flamme inaltérable et l’éternel séjour.
19 janvier 2013, en souvenir du 18 janvier et du Luxembourg couvert de neige.
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