Poèmes d

Poèmes d'hier et d'aujourd'hui & L'amour conjugué suivi de Etats d'âme

-

Livres
155 pages
Lire un extrait
Obtenez un accès à la bibliothèque pour le consulter en ligne
En savoir plus

Description

« Pourquoi écrivez-vous ? », demandait récemment un journaliste à Mario Vargas Lhosa, prix Nobel de Littérature.
« Parce que je ne suis pas heureux », répondit-il.
À cette question essentielle, souvent posée aux écrivains et plus encore aux poètes pour mieux comprendre leur personnalité, Marie-José Camazon nous répond à travers l’ensemble de ses beaux poèmes qui complètent et développent la vision un peu restrictive, quoique juste, de Mario Vargas Lhosa.
Pour elle, depuis son adolescence, la Poésie est une nécessité vitale, un chant intérieur recréé à travers de multiples images et une langue à la fois simple, belle, émouvante, qui nous va droit au coeur.
Ce volume est constitué de deux Recueils :
• Poèmes d’Hier et d’Aujourd’hui, qui a obtenu une Médaille d’Or aux Jeux Floraux Aquitains en 1996.
Certains de ces poèmes figuraient déjà dans un petit opuscule édité par la SPAF (Société des Poètes et Artistes de France), car ils avaient reçu le 1er Prix des Poètes de Midi- Pyrénées en 1976, à égalité avec deux autres candidats.
• L’Amour Conjugué suivi d’États d’âme, aux mouvements plus amples de la prose poétique, a recueilli aussi de nombreux suffrages (poèmes édités dans différentes revues ou ayant obtenu des Prix, celui du Printemps des Poètes, par exemple).

Sujets

Informations

Publié par
Ajouté le 23 novembre 2015
Nombre de lectures 2
EAN13 9782310026161
Langue Français
Signaler un abus

Marie-José Camazon
Poèmes d’hier et d’aujourd’hui et
l’Amour conjugué
suivi de
États... d’âme
Poésie
Editions AmalthéeConsultez notre site internet

© Editions Amalthée, 2015

Pour tout contact  :
Editions Amalthée – 2 rue Crucy – 44005 Nantes Cedex 1
www.editions-amalthee.comPOÈMES D’HIER ET D’AUJOURD’HUI
(Médaille d’or aux Jeux Floraux Aquitains, 1996)
5H I E R
« Ah ! Que le monde est grand à la clarté des lampes !
Aux yeux du souvenir que le monde est petit ! »

Charles Baudelaire.JE NE SUIS PAS COMME LES AUTRES
Je ne suis pas comme les autres
Le Signe est sur mon front comme langue de feu
Le signe des promis des parias des apôtres
Je ne suis pas comme les autres
Mais je suis moi
À qui la faute

La poésie est mon ventre et ma peau et ma peine
Ma plume mon silence au sang noir dans mes veines
Chaque mot expurgé est lancé comme un cri
Ma force mon soutien ce chant inaltérable
Coule en moi ses lingots d’or fin à l’infini
Ô joie d’être choisie terreur joyeuse d’être
À chaque pas l’angoisse est là
Tout est permis
Le verbe me travaille au creux des reins sans cesse
Et je pleure et je hurle et je pétris la vieJE SUIS LA CROIX
Je suis la croix clouée au mur
Les bras ouverts miséricorde
L’air est malsain le coin obscur
Les regards jamais ne m’abordent
Il est vrai que les temps sont durs
Et que je sème la discorde
Je suis la croix clouée au mur

Je suis l’arbre infusé de sève
Celui qui vit dans les grands bois
Le vent le plie le froid l’achève
La terre gémit sous son poids
Je suis le bois mort sous le glaive
Celui duquel on fait les croix
Je suis l’arbre infusé de sève

Et je suis la main assassine
La main nue qui plante le clou
Et montre du doigt sa victime
Je suis la main armée du fou
Implorant la grâce divine
Et qui sculpte hagard à genoux
La croix de sa main assassineS . O . S
Du fond de ma solitude
Du fond de mes nuits sans sommeil
Du fond de mes joies incomplètes
Et de mes chagrins sans raison

Je crie vers toi
Toi dont je sais que tu existes
Quelque part ailleurs n’importe où
Toi absent pourtant présent toujours sensible
Dans le bleu soudain d’un regard
Le frisson muet d’une source
Dans la chaude haleine du vent
Qui passe en effleurant ma bouche

Je crie vers toi
J’invente des folies pour tes métamorphoses
Je crée des paradis couleur de l’arc-en-ciel
J’écris ton nom futur d’une encre indélébile
Sans jamais parvenir à le lire
Sur les murs des cités surgies de mes désirs
Sur l’aube exténuée de renaître sans cesse
Sur la terre alourdie par le poids qui l’oppresse
Sur un air familier qui brusquement s’est tu
Sur les flancs des bateaux échappés aux rivages
Et sur l’astre égaré
Mais toi, comprendras-tu
Le sens de mon message ?L A S S E
Lasse
De guerre lasse
Lasse de trop aimer
Lasse de mal aimer
Lasse de soutenir
Une image inventée
Lasse de m’inventer
Un visage fidèle

Lasse
De larmes lasse
De larmes retenues
Et de larmes stériles

Lasse
De l’âme lasse
Où le corps n’en peut plus
Où le cœur ne sait plus
La raison du destin
La raison de demain
Et l’espoir de la veille

Lasse
De l’aube lasse
Du chemin parcouru
Et de la joie vaincue
Jusqu’au bout de soi-mêmeL ’ É P O U S É E
Pâle vêtue de rêve et lassée de clarté
Immobile au prie-Dieu son émoi fait silence
L’orgue s’est tu hersé sous la voûte qui pense
Une acanthe de pierre a bleui sous ses pieds

Dans sa main quelques fleurs comme plumes neigeuses
À son doigt l’anneau d’or trouble sa chair d’enfant
Son regard vole haut puis se pose confiant
Sur l’ombre à ses côtés souveraine et fiévreuse

Un vitrail embrasé saigne en longs jets d’eau
Sur la croix sur l’autel où des roses s’affligent
Ô mon amour vibrant mon soleil mon vertige
Dans mon rêve éveillé que tu m’as semblé beauL ’ I D É A L
L’autre soir j’ai rêvé au sommet de ma hune
D’un être de Soleil aux pétales de lune
Et qui me souriait comme sourit le vent
Il irradiait ma chair de phosphore brûlant
Tandis que de ses yeux d’un vert opalescent
Tombaient en gerbes d’or des cliquetis d’étoiles
Ses mains n’avaient point d’ombre
Son corps point de limites
Pour tout arme il tenait son cœur à découvert
On ne voyait que lui malgré son très grand âge
Il emplissait le ciel qui bleuissait la mer
Il était fils du Temps ayant toujours vécu
De mémoire d’amour et de mémoire d’homme
Il était fils d’Amour ayant toujours connu
La beauté d’une fleur et la joie qu’elle nous donneIL FAUT PARLER DE MER
À Saint-John-Perse.

Il faut parler de Mer au pays où nous sommes
Ce grand élan d’amour au goût d’éternité
La Mer au front de pierre
Mêlée d’iode et de sel
Et de sable attentif qui n’a rien oublié
Il a figé la vague et l’empreinte étrangère
Et la lave fossile aux coulées de grand âge
Pourtant le sable pleure sous la mer
Mais on ne voit ses pleurs que lorsqu’elle se retire
La mer amante et bourreau
Le sable amant de son martyre
Tous deux fondus à l’infini
Comme le ciel au bout de mer
Comme le vent à bout de souffle
Et comme l’âme à bout de bras


... / ...
La mer c’est la raison et la force de vivre
Et la force d’aimer
Qui vit de mer ne meurt jamais
Par-delà le rideau de la désespérance
Ô Mer si tôt levée dans l’antre de nos songes
Mer de l’enfance et Mer d’oubli
Lit de mer tiède au goût d’enfance
Toujours ce pont dressé aux rives d’innocence
Toujours ce clou à blanc dans la chair en exil
Messagère des dieux
Receleuse d’or fin
Combien de tes élus ne sont pas lapidaires
Ô Mer dont l’odeur d’algue inquiète le futur
Prophétesse sans nom portée par la mémoire
Combien de marins morts pour t’avoir reniée

Nous sommes tes servants
Mer exigeante Mer cruelle
Fais de nous tes leviers
Ô principe de vieMON SOIR ROSE DE PLUIE
Mon soir rose de pluie mon âme ma tristesse
De n’être femme encor et de rêver l’amour
Comme un vol d’oiseaux blancs glissant dans le ciel calme
Où le regard se perd à la croisée du jourR E F L E T S
Je ne sais plus à qui j’écris
Sur papier blanc de convenance
Taches de deuil taches d’absence
Rouges au cœur anéanti

Visage flou dans ma mémoire
Mouvant comme astre sur les flots
Vert et bleu pailleté lambeaux
De souvenirs incantatoires

Ma bouche seule se souvient
De sa bouche au goût d’aube pure
Offerte à fleur de peau soudure
Des corps fondus jusqu’au matin

Lasse ma main triste la plume
Tombée soudain des doigts ouverts
À quoi bon tant brasser la mer
Pour n’en retenir que l’écumeÉ C L I P S E
Cette nuit j’ai rêvé de toi
Mon bel amour du fond des âges
Et j’ai reconnu ton visage
Malgré l’argent de tes cheveux
Car tu étais devenu vieux
Sous ton apparente jeunesse
Mon sombre amour mon désir d’être
J’ai eu mal j’ai eu mal pour deux
Mon immortel au cœur fragile
Ta main tiède était malhabile
Lorsqu’elle se glissa dans ma main
Soleil caché nos paumes jointes
Et la lumière s’est éteinte
Au fond des mers marbrées d’oubli

Sur mon front ton souffle a fait nappe
Comme brouillard qui m’envahit
Et j’ai entendu dans ta nuit
Le tocsin feutré de l’angoisse
Rêve trahi mortelle passe
D’un néant qui se simplifie

Nous avons dessaisi nos êtres
De l’essence de nos pensées
Et sur nos cœurs de pierre usés
Une inscription vient d’apparaître

CONDAMNÉS POUR L’ÉTERNITÉ