Si l
91 pages
Français

Si l'arbre existe

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Français

Description

Dans son recueil de poèmes, Oswaldo Guerra Sánchez, poète espagnol originaire des Canaries, retrace un voyage initiatique. Après un court périple (réel) en Iran qui débute à Shiraz, en 2014, le poète devient une figure itinérante qui pénètre subrepticement dans les arcanes de la spiritualité persane et s'imprègne de la mystique soufie. Le décalage spatio-temporel s'impose d'emblée à lui et le dépaysement va stimuler son imaginaire. Introduits sous forme d'épigraphes, les vers des classiques persans égrènent leur semence dans la poésie du poète canarien qui se dessaisit de la matérialité du monde tangible pour intégrer une sphère impalpable toute en images sensorielles d'une grande luminosité.

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Date de parution 08 février 2021
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EAN13 9782140170904
Langue Français
Poids de l'ouvrage 1 Mo

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Exrait

2014, le poète devient une Igure itinérante qui
souIe.
OswaldoGuerraSánchez Traduit de l’espagnol par Marie-Claire Durand Guiziou
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Oswaldo Guerra SánchCeazhier iranien Poésie
Si l’arbre existe
CollectionLettresCanariennes
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Lettres Canariennes« Lettres canariennes » vient de voir le jour aux Éditions L’Harmattan. La création de cette nouvelle collection, dirigée par Marie-Claire Durand Guiziou propose, dans un premier temps, la publication en version française de romans canariens. Elle devrait réjouir les lecteurs francophones dont l’engouement pour les lettres hispaniques est bien connu. Émergeant de l’espace ouvert de l’Atlantique, les meilleurs auteurs canariens prendront place dans cette nouvelle collection. Déjà parus Teresa ITURRIAGAL'or de Serendip,2020.Jonathan ALLEN,Les voyages de Balzac / Los viajes de Balzac,2018. Isabel MEDINA,Olympe de Gouges, La libertépour bannière,2015.Rosario VALCARCEL,Moby Dick aux Canaries, 2015. Jonathan ALLEN,Julie et la guillotine, 2014. Léon BARRETO,Les Spirites de Telde, 2011. Sabas MARTIN,Mon héritage Alma Mon amour, 2011. Marcos PEREZSARMIENTO,Les Captifs qui furent interprètes, 2012. J. M. ESPINELCEJAS et F. GARCIA-TALAVERACASAÑAS,Jeux, abaques et calculatrices astronomiques des îles Canaries depuis l’Antiquité, 2013.
Oŝwàdo GuéRRà Sácéz
Si l’arbre existe Cahier iranien
PoÈŝîé
TRàduî dé ’éŝpàgo pàR MàRîé-CàîRé DuRàd Guîzîou
Titre original:Si existe el árbol. Cuanderno iraní, El sastre de Apollinaire, 2019. ISBN 978-84-120174-6-5 Photo de couverture:Cumbre, Oswaldo Guerra Sánchez
LLàatRràadduucctîioonddéeccéetoouuvvRràaggeéaàroeçuéleusoéuŝtioeunîdée dé AccîAóccCnuCuuRltàurEalŝpEàsñpoañàolAaC/E
© L’HàRmàà, 2021 5-7, Rué dé ’Écoé-Poyécîqué ; 75005 PàRîŝ p://www.édîîoŝ-àRmàà.fR ISBN : 978-2-343-22150-2 EAN : 9782343221502
AVANT-PROPOS
Dans son recueil de poèmesSi l’arbre existe. Cahier iranien, le poète espagnol originaire des Canaries, Oswaldo Guerra Sánchez, retrace un parcours initiatique qui prend forme lors d’un court périple effectué en Iran – un voyage réel qui débute dans la ville de Shiraz en 2014. Subrepticement, le poète va pénétrer dans les arcanes de la spiritualité persane et s’imprégner de la mystique soufie. Le lecteur suit le cheminement du poète à travers des intertextes littéraires qui alimentent son monde intérieur dans lequel transparaît tantôt le mystiscisme de Saint Jean de la Croix, la philosophie de Miguel de Unamuno, le surréalisme d’André Breton, tantôt la pensée persane, celle des poètes classiques (Hâfez, Rûmi, Saadi, Sohravardi…) ou encore celle des contemporains iraniens (Kiarostami et Sepehri) ; autant de jalons dans l’itinérance de notre poète où s’installe la dualité Occident-Orient. Les vers des grands maîtres penseurs persans, égrenés sous forme d’épigraphes dans le recueil du poète espagnol, cautionnent l’influence de la pensée spirituelle des sages d’Orient dansSi l’arbre existe. Cahier iranien. Cet esprit va germer dans l’espace onirique de notre poète qui se dessaisit dès lors de la matérialité du monde tangible pour se ressourcer dans une sphère impalpable, toute en visions sensorielles, un monde intérieur où s’affrontent le moi et le non-moi. Dans sa quête, l’auteur revient instrospectivement sur des bribes de son passé insulaire, celles de l’enfance liée à un aïeul et à ses chèvres, images affectives deson paysage originel, qu’il nommeintime géographie du pauvre(Cf. «Avant de
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sortir vers la sphère »). Remontant le temps, il convoque les mânes ancestraux des aborigènes de sa terre natale et invoque leur arbre mythique – le dragonnier dont la sève a 1 la couleur du sang . Figure à la fois emblématique, réelle et surréelle – l’arbre est enraciné (à l’envers) dans l’azur – sa sève vermeille devient source d’ivresse pour le poète qui y puise une renaissance :Je bois sa sève d’un rouge pourpre/pour une nouvelle naissance(Cf. « Risco Caído »). Le poète entre ainsi en régression en évoquant le savoir ancestral des premiers insulaires de sa terre natale dont les rites et les croyances sont inscrits dans les lieux sacrés : Teide, volcan imposant vénéré par les aborigènes canariens et célébré par André Breton, la grotte millénaire duRisco caídoqui laisse poindre la lumière à travers des triangles pelviens lors des équinoxes. Le poème éponyme résonne comme l’un des moments lyriques les plus émouvants du recueil. Dans ce décalage spatio-temporel, l’éveil des sens, point fort de la quête du poète, s’exprime à travers le regard, mais un regard particulier qui peut se passer des yeux (Cf. « Les yeux masqués »). Tous les sens sont suscités par la lumière (retour sur l’illumination de la poésie persane), qui se dégage des dômes, des mausolées, du désert miroitant, des tours de vent, éléments réels et symboliques que le poète intériorise pour accéder à un ailleurs illuminé, non exempt de frustrations. Au cours de son introspection, le poète ne cesse de sonder sa propre écriture pour faire affleurer les lettres et les sons du mot juste, garants de musicalité, et pour libérer son moi de son non-moi.
1 L’anglais lui donne le nom de “dragon blood tree”.
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Son lyrisme s’exprime ainsi en termes d’oppositions de lieu et de non-où (la présence récurrente des mots « lieu » ou « lieu du non-où » dans les poèmes scande les étapes spatiales qui s’enchevêtrent au cours de l’itinérance), d’ascension et de chute, de haut et de bas, d’entrée et de sortie dans un rythme marqué par la dualité qui entraîne des ruptures de sens, des ellipses, des oxymores mais aussi des métaphores synesthésiques et de nombreux échos, contrepoints de maints silences évocateurs balisés par des points de suspension. Toutes ces instances poétiques convergent vers le titre du recueil. Relayant la poésie de Sepehri, Oswaldo Guerra Sánchez lui emprunte ce vers symbolique « Si l’arbre existe » pour évoquer sa conception de l’existence. Un titre marqué par l’incomplétude – comme nombre de ses poèmes dont les vers restent volontairement en suspens. Les notes du voyage iranien, transposées en écriture poétique viendront compléter le titre sous le nom deCahier iranien.
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LA TRADUCTRICE
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À Emma et Dácil, à chaque instant
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