The Flame - Poèmes, notes et dessins

The Flame - Poèmes, notes et dessins

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Français
357 pages

Description

Avant sa mort, survenue le 7 novembre 2016 à Los Angeles, Leonard Cohen a passé de longs mois à reparcourir ses carnets, nombreux et étalés sur des décennies, pour opérer une sélection de textes en bonne part inédits (poèmes, chansons, extraits de ses carnets de notes) qui, accompagnés de dessins marqués par
l'autodérision, composent le livre qu'il décide de laisser à la
postérité, comme un dernier cadeau plein de vie : plein de toute sa vie.


On retrouve bien sûr dans ces pages les thèmes de prédilection de celui qui a commencé sa carrière comme poète et romancier, avant de devenir aussi le musicien mondialement célébré qu'on connaît. Il est question d'amour, de passions, de jalousie et de peur de l'abandon, de flamme jamais éteinte, de sexualité, de relations entre les êtres, du temps qui passe et laisse ses traces, de religion aussi, d'aspiration à la sagesse, d'états dépressifs et mélancoliques toujours teintés d'humour.


Traduit de l'anglais (Canada) par Nicolas Richard


Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 11 octobre 2018
Nombre de lectures 0
EAN13 9782021400625
Licence : Tous droits réservés
Langue Français
Poids de l'ouvrage 3 Mo

Informations légales : prix de location à la page €. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

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THE FLAME
Fiction & Cie
Leonard Cohen T H E F L A M E Poèmes, notes et dessîns
Traduît de ’angaîs (Canada) par Nîcoas Rîchard
Édîtîons du Seuî e 25, boulevard Romain-Rolland, Paris XIV
C O L L E C T I O N « Fiction & Cie » fondée par Denis Roche dirigée par Bernard Comment
Édîteur orîgîna : Penguîn Random House Canada Tître orîgîna :he Flame, poems and selections from notebooks THE FLAME © 2018, Leonard Cohen A rîghts reserved ISBN orîgîna : 78-0-7710-21-2 ISBN : 78-2-02-10064-9
© Édîtîons du Seuî, octobre 2018 pour a traductîon rançaîse
Le Code de a proprîété înteectuee înterdît es copîes ou reproductîons destînées à une utîîsatîon coectîve. Toute représentatîon ou reproductîon întégrae ou partîee aîte par queque procédé que ce soît, sans e consentement de ’auteur ou de ses ayants cause, est îîcîte et constîtue une contreaçon sanctîonnée par es artîces L. 335-2 et suîvants du Code de a proprîété înteectuee.
[tu ôtes tes sandaes d’un coup de pîed tu secoues tes cheveux c’est déchîré à où tu danses c’est déchîré partout
c’est déchîré sur a droîte et c’est déchîré sur a gauche
et c’est déchîré au centre ce que peu peuvent accepter
vîens rassember es morceaux tout éparpîés et perdus e mensonge dans ce quî est saînt a umîère dans ce quî ne ’est pas
Montréa]
AVAN T-P R OP O S
Ce voume présente es utîmes eforts de mon père en tant que poète. J’auraîs vouu qu’î e voîe achevé – non pas parce que ç’auraît été un meîeur îvre dans ses maîns, pus accompî, pus généreux, pus harmonîeux, ou parce qu’î uî auraît davantage ressembé ou auraît davantage ressembé à a orme qu’î avaît en tête d’ofrîr à ses ecteurs, pus întîme, maîs parce que c’étaît ce quî e motîvaît à rester vîvant, ’unîque raîson pour aquee î contînuaît de respîrer à a fin de sa vîe. Durant a dîicîe pérîode où î ’a composé, î envoyaît des courrîes «ne pas déranger» à ceux d’entre nous, peu nombreux, quî passaîent réguîèrement e voîr. I se consacraît de nouveau à a strîcte médîtatîon pour pouvoîr se concentrer en dépît des vîves doueurs que uî causaîent ses tassements de vertèbres et ’afaîbîssement de son corps. I m’a souvent aît remarquer qu’au regard de toutes es stratégîes en matîère de créatîon artîstîque et de mode de vîe auxquees î avaît recouru au fi d’une vîe aussî rîche que compîquée, î regrettaît de ne pas avoîr reconnu avec davantage de constance que ’écrîture étaît son unîque réconort, son objectî e pus authentîque. Mon père étaît avant tout poète. I consîdéraît sa vocatîon, aînsî qu’î ’écrît dans ses carnets, comme une «mîssîon de D-îeu» (e traît d’unîon îndîque son respect de a dîvînîté, sa rétîcence à écrîre e nom dîvîn même en angaîs s’înscrîvant dans une vîeîe tradîtîon judaque, preuve suppémentaîre de a fidéîté qu’î mêaît à sa îberté). «La reîgîon, es proesseurs, es emmes, a drogue, a route, a céébrîté, ’argent… rîen ne m’ofre autant de satîsactîon nî ne procure autant de souagement à mes soufrances que e aît de noîrcîr des pages, d’écrîre.» Cette note d’întentîon étaît aussî ’expressîon d’un regret: î brandîssaît sa consécratîon îttéraîre comme expîcatîon à ce qu’î consîdéraît comme son échec en tant que père, ses échecs amoureux et son înconséquence en matîère de finances et de santé. Ce quî me rappee une de ses chansons es moîns connues (néanmoîns une de mes préérées): «Je suîs aé sî oîn pour a beauté, j’aî aîssé tant de choses derrîère moî.» Maîs pas assez oîn, manîestement: î estîmaît ne pas en avoîr suisamment aîssé. Et ce îvre, î e savaît, seraît son utîme ofrande. Enant, quand je demandaîs à mon père de ’argent pour m’acheter des bonbons à a boutîque au coîn de a rue, î me dîsaît souvent de ouîer dans es poches de sa veste pour récupérer des bîets ou de a petîte monnaîe. Invarîabement, je trouvaîs un carnet à ’întérîeur. Pus tard dans a vîe, quand je uî demandaîs s’î avaît un brîquet ou des aumettes, j’ouvraîs ses tîroîrs et tombaîs sur des bocs-notes et des caepîns. Une oîs, je uî aî demandé s’î avaît de
T H E F L A M ECOH ENL EONARD
a tequîa, î m’a îndîqué e congéateur où j’aî retrouvé un carnet couvert de gîvre pacé à par mégarde. De aît, connaïtre mon père, c’étaît (entre autres choses merveîeuses) connaïtre un homme entouré de papîers, de cahîers, voîre de servîettes de tabe – recouverts de son écrîture caractérîstîque – éparpîés (soîgneusement) un peu partout. Is provenaîent de tabes de chevet d’hôtes ou de supérettes; es carnets à couverture dorée, à reîure en cuîr, chîc, î ne es utîîsaît jamaîs. Mon père prééraît es vaîsseaux humbes. Au début des années 10, î avaît des caîsses entîères rempîes de ses carnets, des carnets quî contenaîent toute une vîe consacrée à ce quî définîssaît cet homme avec e pus d’acuîté. L’écrîture étaît sa raîson d’être. C’étaît e eu qu’î entretenaît, a flamme a pus sîgnîficatîve qu’î aîmentaît. Ee ne s’est jamaîs éteînte. Nombreux sont es thèmes et es termes quî revîennent dans ’œuvre de mon père: «gacé», «brîsé», «nu», «eu» et «flamme». Au dos de a pochette du premîer abum (comme î e dît dans une chanson pus tardîve) î y a es «flammes quî suîvent Jeanne d’Arc». «Quî par e eu?» demandaît-î par cette ormue devenue céèbre, dans une chanson sur e destîn, s’înspîrant maîcîeusement d’une prîère juîve. «J’aî aumé un fin cîerge vert pour que tu soîs jaouse de moî.» Ce cîerge n’étaît que e premîer d’une sérîe de maînts combustîbes. I y a dans toute son œuvre des eux et des flammes, pour a créatîon et a destructîon, pour a chaeur et a umîère, pour e désîr et a consommatîon. I a aumé des flammes et es a entretenues avec zèe. I en a étudîé et consîgné es conséquences. I étaît stîmué par e danger qu’ees représentaîent –î reprochaît souvent aux productîons de certaîns artîstes une absence de «mîse en danger»et î ouaît «’excîtatîon d’une pensée quî étaît dans es flammes». Sa ascînatîon pour e flamboîement a duré jusqu’à a toute fin. «Tu veux que ce soît pus sombre, on éteînt a flamme», entonnaît-î sur son dernîer abum, ’abum d’adîeu. I est mort e 7 novembre 2016. I aît pus sombre désormaîs, maîs a flamme n’a pas été soulée. Chaque page qu’î a noîrcîe ut a preuve durabe de ’încandescence de son âme.
Adam Cohen, évrîer 2018