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Un dieu plié

De
44 pages

"car je peux extirper d’un geste inexistant
cet humain-là du chant de l’univers,
ôter de la forme infinie leurs misérables sens,
leur prétentieuse écoute,
l’apparent regard miné par leur infime vue,
je peux recombiner le vide des merveilleux grains du réel,
tisser avec mes milles mains et mes milliers de doigts
un tissu nouveau et magnifique
et alors
et seulement alors,
tout ancre, toute attache disparue,
draper l’humain
- ni boue
ni même poussières d’étoiles -
d’inintelligibles et multitudinaires
trames de l’être"


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Copyright

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Cet ouvrage a été composé par Edilivre

175, boulevard Anatole France – 93200 Saint-Denis

Tél. : 01 41 62 14 40 – Fax : 01 41 62 14 50

Mail : client@edilivre.com

www.edilivre.com

 

Tous droits de reproduction, d’adaptation et de traduction,

intégrale ou partielle réservés pour tous pays.

 

ISBN numérique : 978-2-332-65516-5

 

© Edilivre, 2015

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Le pli na(t)if

Un pli de papier et après un autre.

Et finalement, cette texture encore sans texte, solide, concrète, mais permutable :

le papier

et entre mes mains la bride de l’usage et de la finitude des choses.

J’ai continué à faire des plis comme un jeu,

et un jeu des plis,

deux, quatre, huit, seize,

et des symétries carrées d’abord et après, par la volonté souveraine du pli en action, triangulaires.

Trouver toutes les moitiés possibles, mais non pas couper.

Mais non pas séparer.

Sinon retenir, garder à l’intérieur, éviter l’éparpillement, condenser et conserver les symétries,

comme si l’on voulait revenir en arrière,

avant l’explosion du papier,

avant son développement à l’état plat,

à l’étendue dernière.

Retrouver le sinus, le repliement primordial,

et à partir de lui, insinuer, nouer à l’origine des formes toute la variété ultérieure,

être au début du sinueux,

au départ même où l’incessant mouvement devient l’immobile,

l’in-a-movible, la forme fixe de ce qui nous fait bouger.

J’ai continué donc, mais pourquoi je dis-je ?

Mes deux mains continuaient,

elles aussi en se rapportant au papier,

en allant l’une vers l’autre,

elles les sœurs siamoises,

elles pliées aussi autour d’un axe,

où se place mon sexe,

mes poumons, ma bouche et mon cerveau,

tous constellés d’une belle symétrie,

cette pliure par laquelle je peux, mais difficilement, dire je.

J’ai commencé alors à observer attentivement le rythme alterné des ces deux plis de peau,

les agissements de l’une et de l’autre,

leurs ondulations ridées autour et sur le papier, faisant et refaisant, à la file, la même chose,

obligées qu’elles sont par leur morphologie de façonner les séries.

Avec la droite je mesure,

je maintiens,

J’ajuste marge contre marge, jusqu’à ce qu’ils deviennent indifférents et égaux, l’un sur l’autre.

Avec...