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Vers graves ou légers

De
86 pages

Sans renier l'influence de l'héritage littéraire classique, Jean-Michel Aune parvient à s'en libérer pour mieux développer une voix qui lui est propre. Les chants rassemblés dans le présent recueil tirent leur inspiration de sa « nostalgie d'un ailleurs », des secrets de l'intériorité, ou encore de la part de mystère qui rend chacun de nous unique au monde. Au sens propre comme au sens figuré, la gravité et la légèreté des thématiques abordées alternent avec un savant équilibre, indissociables l'une de l'autre. Dans un lyrisme flamboyant, sa langue poétique embrasse l'étendue du spectre sonore, des intonations profondes aux plus ténues, en harmonie avec sa sensibilité extrême. Le poète cherche à se saisir de l'ineffable et de l'éphémère, laissant poindre une certaine nostalgie qui montre à quel point il est conscient de l'étendue de sa quête.


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Cet ouvrage a été composé par Edilivre

175, boulevard Anatole France – 93200 Saint-Denis

Tél. : 01 41 62 14 40 – Fax : 01 41 62 14 50

Mail : client@edilivre.com

www.edilivre.com

 

Tous droits de reproduction, d’adaptation et de traduction,

intégrale ou partielle réservés pour tous pays.

 

ISBN numérique : 978-2-414-07753-3

 

© Edilivre, 2017

 

A ma mère

Des mots sur la page

La page est blanche devant moi,

Blanche, si blanche et accueillante,

Et je suis face à mon émoi

Dans une bienheureuse attente.

O tous ces mots, si pleins d’ardeur,

Qui soudain volent à l’air libre,

Et qui s’envolent en hauteur,

Echappés de mon cœur qui vibre !

Tant il en vole de partout

Que ma main ne peut tous les prendre !

Oui, c’est un vol à rendre fou,

Mais le moyen de m’en défendre ?

Volent des mots de toutes parts

Tels des oiseaux enfuis de cage.

C’est bien le pire des hasards

S’il ne s’en pose un sur la page !

Ils sont quelque peu papillons

De voler ainsi dans la pièce.

Voler plus près de mes crayons

Serait leur moindre politesse !

Quoi qu’on en pense en vérité

Tous les mots ne sont point volages

Et, sans fausse timidité,

Certains se couchent sur les pages.

Il est des mots volant trop haut

Les attraper est impossible.

Il en est plus d’un comme il faut,

Trop heureux d’être pris pour cible.

En s’approchant aimablement

Ils veulent prendre la parole,

Et vivent encore un moment

Sous la plume qui vole, vole !

Pressés de s’immobiliser,

Croyant qu’un bon vent les inspire,

Ils semblent vouloir se poser

Sur tout ce blanc qui les attire.

… /…

Ils ont plaisir à s’aligner

Sur les fils d’une strophe claire,

Et ne devrait jamais signer

Qui ne fit que les laisser faire !

La page se couvre de mots,

De mots qui dansent sous la plume,

Frais et joyeux, de mots nouveaux

Cueillis dans l’air ou dans la brume.

De tous ces mots nés du néant

En peu de temps la page est pleine,

Et supporter si bel élan

Est fruit de sa blancheur sereine.

Soudain les mots ne bougent plus

Comme s’ils voulaient disparaître,

Etre oubliés, n’être plus vus,

Ou retomber dans le non-être.

S’il n’en vient plus, s’ils sont partis,

Si de mon cœur plus un n’échappe,

Au moins restent les mots écrits

Dont le moindre signe me frappe !

Et je relis les mots figés,

Je les relis de lettre en lettre,

Mais ils me semblent étrangers

Et je ne peux les reconnaître.

Sur cette page ils sont couchés

En lignes dignes de paraître,

Laissés en l’air ou relâchés

Ils eussent mieux vécu peut-être.

Les mots sur le papier séchés

Tiennent un tout autre langage,

Ce ne sont ceux que j’ai tracés,

Ils ne sont plus sur cette page.

Ils ont l’air de ne plus parler,

L’air… d’avoir fui par la fenêtre ;

Sans doute a-t-il dû s’envoler

L’Esprit, qui les avait fait naître.

18 septembre 1998

Ailleurs possible

L’appel au loin

Qui pourra de nouveau t’habiller d’Espérance,

S’il n’est fleur qui ne fane ou n’incline à périr ;

S’il n’est rien qui n’exhale un parfum de souffrance ;

Vainqueur des pesanteurs, si meurt le saint Désir ;

Dans un monde, où sévit la misère des hommes,

Si triomphe l’Horreur plutôt que la Beauté ;

Si jamais il advient pour les fous que nous sommes

Que le pire esclavage ait goût de liberté,

Qui pourra te garder de tels maux, ô mon âme,

T’affranchir du Serpent, ouvrier de la mort,

Du verbe vénéneux, fruit de sa langue infâme ?

Fuis-le ! Sois cœur de chair libéré pour l’essor !

Et vise les sommets où l’Esprit te réclame ;

Où des bras sont ouverts ; où tu peux prendre port !

23 juillet 1963 – 7 septembre 1998

Ailleurs possible

Ailleurs il est un ciel aperçu, plus réel ;

Un jardin déjouant la saison éphémère ;

Une plage où respire un corps originel ;

Un village hors du temps, une île de lumière.

Ailleurs est le bonheur qu’on ne saurait cueillir,

Le doux parfum d’hier demandant à survivre,

Et l’instant qu’il est vain de vouloir retenir

Lorsque, si simplement, de soi-même il se livre.

Ailleurs est horizon pour des cœurs condamnés

A vivre du secret d’un amour impossible,

Espace libre, ouvert à des accords innés,

Arpégés sur l’appui d’une note sensible.

Ailleurs est lendemain pour les désenchantés,

Pour ceux que le Destin dépouille d’apparence,

Pour les seuls appelés à voir leurs pauvretés,

Qu’afflige un monde vil, et son humaine absence.

Ailleurs est inconnu face à l’homme en éveil

Que frôle à son insu la grâce passagère,

Pour celui réchauffé de son propre soleil,

Dont les pas vont au gré d’une marche légère.

Ailleurs, toujours possible aux mains de l’Eternel,

Ailleurs pour les élus qui n’ont peur de leur âme,

Ailleurs, comme recours de grand large et de ciel,

Ailleurs, même en lueur, même en petite flamme.

Une fois entrevus les rivages lointains,

C’est en vain qu’on résiste à l’appel des chemins.

Mais ailleurs, bien plus loin, est toujours une terre

Qui réclame des pas aguerris au mystère.

30 septembre 1998

Mon ailleurs

Mon ailleurs s’est enfui dans les brumes du Temps.

J’erre, sans le vouloir, sur des routes contraires.

Sans un souffle avec eux, tous mes pas sont perdants,

Chancelants, trébuchant dans les mêmes ornières !

Mon ailleurs me sourit...