//img.uscri.be/pth/11fd4dc77307b8c0959ec7b5bf14589e594982ba
Cette publication ne fait pas partie de la bibliothèque YouScribe
Elle est disponible uniquement à l'achat (la librairie de YouScribe)
Achetez pour : 3,49 € Lire un extrait

Téléchargement

Format(s) : MOBI - EPUB

sans DRM

Poésies couronnées à Béziers et à Toulouse

De
82 pages

Manibus date lilia plenis.

Phare d’où jaillissaient de lumineuses gerbes,
Colosse aux flancs d’airain, pyramides superbes,
Jardins, temple, palais, orgueil de l’univers,
Réveillez-vous soudain de votre paix profonde ;
Ouvrez, ouvrez vos rangs, ô merveilles du monde !

Place au fier canal des Deux-Mers !

Que dis-je ? dans sa course incessante, éternelle,
Le temps vous écrasa sous le poids de son aile,
Monuments fastueux, à grand bruit entrepris ;
Les siècles, sans pitié, dispersent votre pierre ;
Chaque jour creuse au loin votre tombe, et la terre

Ignore où gisent vos débris !

Fruit d’une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.


Voir plus Voir moins
Illustration

À propos de Collection XIX

Collection XIX est éditée par BnF-Partenariats, filiale de la Bibliothèque nationale de France.

Fruit d’une sélection réalisée au sein des prestigieux fonds de la BnF, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques de la littérature, mais aussi des livres d’histoire, récits de voyage, portraits et mémoires ou livres pour la jeunesse…

Édités dans la meilleure qualité possible, eu égard au caractère patrimonial de ces fonds publiés au XIXe, les ebooks de Collection XIX sont proposés dans le format ePub3 pour rendre ces ouvrages accessibles au plus grand nombre, sur tous les supports de lecture.

Adrien Aliez

Poésies couronnées à Béziers et à Toulouse

Publiées, après la mort de l'auteur, par un de ses compatriotes

Au Général POUGET (de Saint-Thibéry)

 

 

MON CHER GÉNÉRAL,

 

 

Honorons nos morts !..... Il faudrait flétrir ou plaindre une génération qui laisserait perdre dans l’oubli la mémoire de ses bienfaiteurs ou de ses hommes illustres. J’ai voulu que Saint-Thibéry échappât à ce reproche, et, après avoir recueilli quelques feuillets de l’œuvre de M. Aliez, j’en ai formé ce petit volume, où j’inscris son nom. Maintenant je le place sous l’égide du vôtre, afin qu’il ait moins à souffrir de l’insuffisance de cette publication.

 

Le 4 mai dernier était pour Saint-Thibéry un jour de deuil. L’un de ses citoyens les plus glorieux, les plus aimés, docteur renommé de la Faculté de médecine de Montpellier, lauréat des Jeux floraux de Toulouse et de la Société archéologique de Béziers, s’éteignait parmi nous. Il était connu dans toute la région pour les richesses et les grâces de son esprit. Ses compatriotes l’aimaient pour son dévouement et sa bienfaisance. Un autre de nos concitoyens, M. Delmas, a partagé cette reconnaissance publique. M. Aliez lui était supérieur par les connaissances ; mais, unis par les mêmes attraits, ils rivalisaient de zèle, et, pendant plus de cinquante ans, nous avons vu et admiré ces deux hommes de bien, entrant dans toutes les familles, allant au chevet de toutes les souffrances, pour y apporter souvent le remède efficace, toujours une consolation. Pendant le choléra, qui ravit en un mois cent de nos proches et fit neuf victimes en un seul jour, M. Aliez était resté simplement à son poste, comme vous plus lard au vôtre. Général, dans les parallèles de Sébastopol ou dans les champs couverts d’ennemis de la Chine : tous les deux également calmes, on aurait dit insensibles, devant les fureurs meurtrières des hommes ou le fléau de Dieu.

 

Le Gouvernement dut faire des efforts et contraindre ce héros de la science, qui s’ignorait, à recevoir une faible, mais bien légitime récompense. Aussi humble et cachée qu’elle était précieuse et utile, cette existence, comme la fleur délicate qui pourrait lui servir d’emblême, a gardé pour nous, ses parents, ses amis, tous ses parfums. M. Aliez a bien écrit, il a même chanté ; mais sa plume et sa voix ont un caractère d’intimité qui les distingue et semble devoir les dérober à la grande publicité. Les souvenirs de l’histoire locale, les grands hommes de Béziers, Martin, Mairan, Pélisson, Riquet, Riquet surtout, voilà les objets de l’admiration, du culte de cette muse patriotique. Lorsqu’il nous montre en des vers toujours heureux, souvent inspirés, la Terre aux premiers jours, la Vapeur, le Progrès au dix-neuvième siècle, il ne s’élève et ne prête l’oreille à de célestes harmonies que pour apporter au foyer de ceux qu’il aime l’écho des enseignements honnêtes et chrétiens. M. Aliez est vraiment poëte, mais il ne l’est que pour sa famille et ses amis. Dirai-je au public les essais de notre littérateur dans le genre de la fable, dans la chanson, dans le cantique, et ses succès ? Il ne s’en fit jamais gloire. Ses accents seraient restés inconnus, si les juges qui l’ont apprécié dans les Sociétés savantes ne les avaient reproduits pour soumettre leur sentence à l’opinion souveraine et pour ajouter aux couronnes dont elles avaient couvert son front les applaudissements publics.