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Pole dance philosophie

De
130 pages

La pole dance se situe entre les arts du cirque et l’effeuillage des bars à putes. Est-ce un sport, une alternative au fitness, une version aseptisée du strip-tease ou un art total et subversif ? C'est peut-être bien plus : un véritable phénomène de société.

La multiplication des studios de pole dance dans le monde occidental et les apparitions récurrentes des performeuses dans les médias annoncent un changement d’ampleur : l’avènement de nouvelles formes de féminisme, publiques ou silencieuses, moins ancrées dans la revendication politique que dans la jouissance de soi.

La femme du 21èmesiècle se révèle enfin dans la pole dance. Au-delà des clichés, va-t-elle dépasser la binarité des genres ?


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175, boulevard Anatole France – 93200 Saint-Denis

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Tous droits de reproduction, d'adaptation et de traduction,

intégrale ou partielle réservés pour tous pays.

 

ISBN numérique : 978-2-414-03118-4

 

© Edilivre, 2017

Introduction

1994. Une infraction vient d’être commise dans le monde de la nuit et des bars à striptease. Fawnia Mondey a produit le DVD Pole Work. Danseuse exotique canadienne, Fawnia a capturé le mode opératoire des gogos danseuses, lorsqu’elles ondulent autour d’une barre, pour l’inscrire dans une démarche pédagogique1. Destinataires ? Toutes les femmes. Ces « everyday girls » pourront s’appuyer sur un tutoriel de mouvements calibrés, pour reproduire un striptease ou une danse sensuelle. Chez elle. Le lap dance vient de sortir de son ghetto porno pour devenir la pole dance, une discipline artistique, sportive et glamour que les hommes eux-mêmes pourront pratiquer. Dans deux décennies tout au plus, elle fera fureur. Pour l’instant, pas de folies, pas de prouesses sportives. Elles viendront en leur temps.

Dans son DVD, tout comme dans ses cours à l’Exotic Dance school qu’elle vient d’ouvrir, Fawnia explique et montre la manière de danser autour d’une barre verticale. D’un coup, ce petit disque miroir démonte le mythe de sulfureuses gogos-pythies, à la fois vulgaires et inaccessibles, frappées par la grâce d’un érotisme réservé à Vegas. Bars tamisant les corps sublimes des professionnelles, ou lumières crues dégoulinant sur les stucs du Strip, strass et paillettes ondulantes qui mettent les hommes à genoux, ne sont plus une utopie de laquelle les femmes ordinaires seraient exclues. Jeunes femmes bien éduquées ou sportives fatiguées, femmes au foyer sans aucune base artistique ou employées surmenées : toutes peuvent désormais s’improviser danseuses de charme.

Une imposture ? Soit. Faire fantasmer les hommes alors que l’on n’est pas faite de la matière des performeuses, c’est possible. Cette matière se crée, l’illusion se travaille. La pole dance, c’est l’Eros qui devient accessible à toutes et transcende la chair. C’est le dieu de l’amour et de la séduction qui s’invite dans les foyers bourgeois, paré d’un revêtement technique. Objectivé, l’érotisme a sa recette. Il ne tombe pas au hasard sur les créatures humaines mais s’ouvre à qui le sonde. Et puis, il a son éthique : on danse autour de la barre pour gagner en force et en souplesse, comme l’expliquera plus tard Fawnia Mondey. Pour gagner en estime de soi également, découvrir que son corps est beau et désirable. Certaines iront jusqu’à pousser la porte de l’école de Fawnia Monday, puis de celles qui ouvriront dans la foulée. Mais pourquoi ? Pour goûter au miracle. La pole dance est ce miracle qui transforme le péché de chair et de séduction, en pratique saine, en rituel thérapeutique, en levier d’une métamorphose de soi. Du moins pour ceux qui comprennent la démarche. Car encore aujourd’hui, l’association entre la barre et le club de strip-tease continue de sévir.

Pratiquer la pole dance dans les années 1990 ? Sulfureux, un peu underground ; c’est comme franchir le rideau des « sex shops » : une sorte de fièvre honteuse s’empare des femmes lorsque, telles des petites filles, elles découvrent un jeu interdit et plein de promesses.

On dit de la pole dance qu’elle est progressivement sortie de son environnement érotique pendant les années 90, pour devenir un vrai sport. Et c’est vrai. Sur et autour de la barre, toutes les combinaisons sont possibles. La performance sportive peut prendre le pas sur la sensualité du geste et de la posture. On apprend vite à dépasser ses limites et réaliser des figures de cirque.

La pole dance devient progressivement quelque chose d’étrange, toujours marquée par ses gènes érotiques. Mais à côté de cela, elle offre le spectacle d’une discipline très sportive, entre le mât chinois du cirque, la gymnastique olympique et la danse moderne voire contemporaine. En fait, tout un ensemble d’embranchements coexistent, dont certains sont plus marqués que les autres, en fonction des circonstances, des pays, des écoles et des gens. Mais toujours demeure cet arrière-fond sexy. Des artistes poleuses russes surdouées qui n’hésitent à dévoiler leur jambes interminables, encore allongées par des talons de Drag queen, des chorégraphies sexy qui s’invitent dans les compétitions internationales, des stars qui revendiquent la différence entre pole et lap dance, mais osent pourtant se livrer à des poses suggestives sous l’objectif des photographes du monde entier : c’est aussi cela, la pole dance. Une tension permanente entre le sport de haut niveau et la sensualité des postures torrides.

Un sport féminin ? Il nous semble que oui, mais la réponse à la question est loin d’être évidente. Et si c’était la société qui avait fait de la « pole » un sport féminin, en l’associant au strip-tease, demande Nicolas Casanova, artiste, chorégraphe, performer, et champion de France de pole dance en 2015 ? Et si, contrairement aux idées reçues, cette discipline était au départ neutre et asexuée ? « Autrefois, les gymnastes s’entraînaient sur une barre verticale, l’équivalent rigide d’une corde à sauter, l’occasion de multiplier les exercices de souplesse, et de renforcement musculaire. »2, explique le poleur. Cette barre était un agrès pur et dur, ni masculin, ni féminin. L’ancêtre de la barre de pole dance. Un ancêtre parmi d’autre car la discipline peut s’enorgueillir de son arbre généalogique très fourni, et de son A.D.N composite, blessé de contradictions.

Mais ce que l’on peut dire de l’ancêtre-agrès, c’est qu’il tire la discipline sur un versant olympique, sportif et clinique. La pole dance se pratique aussi comme une extension du mât chinois, un appareil de cirque d’origine asiatique, constitué par un poteau vertical, plus large que la barre de pole dance et recouvert d’une gaine de néoprène ou de caoutchouc. On le grimpe habillé voire enveloppé dans des couches de vêtement pour éviter la brûlure, on s’y suspend et l’on s’y contorsionne. Rien de spécifiquement féminin là-dedans. Rien de sexuel non plus, on éviterait presque de souiller l’agrès de ses fluides corporels, comme si le sport transcendait le corps en exemptant l’organisme de fonctions biochimiques comme la sudation et ses odeurs. D’ailleurs, n’avons-nous pas souvent tendance à associer le féminin à l’érotisme, voire à la sexualité, considérant que ce qui est sportif et clinique serait plutôt masculin ? A travers cette composante strictement liée à la performance athlétique, le mât chinois et ses combinaisons de figures continuent d’inspirer les pratiquantes et pratiquants de pole dance, qui défient chaque jour un peu plus les lois de la pesanteur.

Ainsi, au fil des années, la pole dance s’est codifiée : les noms de figures se sont multipliés et de nouvelles combinaisons de mouvements, de plus en plus complexes, sont encore régulièrement crées. Des écoles se sont ouvertes et continuent de s’ouvrir, dans le monde entier3 Shows, compétitions ou pratique occasionnelle et récréative : le monde de « la pole », comme on dit, regroupe différentes catégories de pratiquantes, et, dans une moindre mesure, de pratiquants. Faire de la pole dance, c’est prendre des cours ou, pour les adeptes les plus spécialisés, donner des cours. Il faut alors se produire en spectacle en ligne ou en live, courir de prestigieuses compétitions, et participer à des émissions de télévision. La discipline est rapidement devenue un phénomène de mode, un sport qui fait partie du paysage médiatique et se voit pratiqué par des personnalités sulfureuses ou au contraire réputées irréprochables, comme Kim Kardashian ou la princesse Kate d’Angleterre4. La pole dance, qui requiert de la souplesse et de la force physique, associe le glamour et le sport.

En effet, elle est d’abord un sport, quoi qu’en disent les mauvaises langues, tant et si bien que certaines compétitrices internationales militent pour son entrée aux jeux olympiques. Pour beaucoup, la dimension sportive, acrobatique et spectaculaire menant à des exploits renouvelés, prime sur le reste. La pole dance gagnerait-elle vraiment à n’être plus qu’un sport parmi tant d’autres ?

La barre de pole dance est un agrès difficile au revêtement glissant, à la giration piégeuse, un appareil de champions, certes. Mais elle est aussi danse, création de mouvements, jeux avec le corps, l’espace, l’image de soi. Elle est aussi art et, de par sa dimension transgressive, issue du lap dance, elle va encore au-delà. La pole dance est un rapport au monde, une pratique radicale permettant au corps de développer ses capacités, de se montrer, de s’imposer et d’imposer ses valeurs, mais elle est aussi un sport, oui. Elle sera toujours un sport et ne reniera pas ses influences circadiennes et gymniques. Elle ne serait plus pole dance sinon, mais du lap dance retourné à ses coulisses. Coupée de sa solide base athlétique, elle ne serait plus qu’un éphémère phénomène de mode. Elle cesserait d’être pole dance.

A l’opposé, devenant pure gymnastique, pratique olympique aseptisée, elle perdrait de sa sève et même de son intérêt, de sa capacité à faire vivre aux femmes et aux hommes aussi, une expérience de soi si particulière. Ce serait, selon la championne Doris Arnold, une négation de son essence, oblitérant l’érotisme qui en fait une pratique subversive, inventive, inclassable : un art5.

Et de toute façon, la barre de pole dance n’a pas du tout l’aspect massif et sérieux du mât chinois. Elle est brillante et glissante, à tel point que seul un corps dénudé peut y adhérer. Elle tourne et fait perdre la tête. Le corps qui s’y accroche est visible sous tous ses angles. De par son esthétique, la pole dance tient vraiment des barres de club à strip-tease, de par son histoire proche aussi. A quoi pensez-vous quand vous voyez une barre de pole dance ? Aux soirées en discothèque, à l’ambiance trouble des bars à hôtesses. La barre en métal est un attribut du lap dance au départ, cette danse dans le giron, dans la moiteur de son corps et du corps de l’autre. Le lap dance a ceci de particulier qu’il peut dériver vers la prostitution. Et c’est là que la pole dance prend son indépendance et rompt avec son héritage. Pas de prostitution, tel est le tabou, l’impossible. La pole est un art désintéressé et propre. Erotique, parfois, mais jamais corrompu comme le « lap ». Et d’ailleurs, pourquoi les strip-teaseuses et les prostituées se seraient-elles mises à danser autour d’une barre, dans les bars ? Ne serait-ce pas par accident ? « Les filles étaient en talon et buvaient des coups. Pour rester debout, elles se tenaient à la barre, barre autour de laquelle elles finissaient par s’enrouler, danser. », explique encore Nicolas Casanova.

C’est sans conteste le lap dance qui confère à la pole son aura sulfureuse, flamboyante et ses vibrations émotionnelles. Par « lap dance » ou « chair dance », on désigne souvent une danse érotique menée par une strip-teaseuse sur un client assis. Mais aux Etats Unis, le lap dance est très souvent associé au fait de s’exhiber en petite tenue sur un bar, ou de se déhancher de manière provocante sur une barre de pole fixée à un podium, au pied duquel les clients boivent des verres et jettent ou glissent des billets dans les dessous des filles qu’ils veulent encourager. La barre peut représenter pour certains, un pur attribut de prostituée qui continue d’enflammer l’imaginaire. La barre, un rêve de femme à la libido triomphante, au pouvoir de séduction total, capable de jouer de ses charmes, de ses regards, de mettre le monde des hommes à ses pieds. Passant du désir de séduire toujours plus et toujours trop, à celui d’être aimée, les danseuses du lap tournent autour de leur barre. Adulées, manipulatrices, mais aussi perdues dans leur quête d’amour et déçues par l’extinction des feux, elles s’apparentent parfois à des reines mélancoliques6. Pourquoi renier cette dimension ? La pole dance n’est pas le lap dance bien qu’elle en hérite et s’en inspire parfois. Des « lap danseuses » comme la française Mia Dolls jouent sur les limites, en pratiquant le sport polesque sérieusement et en l’intégrant ensuite à des shows sulfureux. Et là, c’est la pole dance qui donne d’elle-même pour sustenter le lap, sans se confondre avec lui. La pole dance fait aussi évoluer le lap dance en complexifiant et modernisant des chorégraphies, à l’origine très sensuelles.

Bref, les rapports entre la pole et le striptease sont complexes. La strip-teaseuse n’est pas nécessairement une effeuilleuse. Elle peut se produire directement presque nue. C’est bien ce que fait la poleuse. Mais elle le fait pour que son corps accroche la barre. Cependant, il y a là une ambiguïté supplémentaire, puisqu’elle le fait aussi pour aguicher. C’est pourquoi certaines poleuses se battent pour que leur discipline se débarrasse définitivement de son arrière-fond sexy. Elles effectuent les figures sans glamour aucun, avec des gestes d’automates, saluent le public à la manière des gymnastes de l’ex-URSS et arborent des tenues de majorettes. Derrière cette attitude un peu radicale, elles désirent être reconnues comme des athlètes et des artistes, au même titre que les patineuses sur glace ou les gymnastes rythmiques. Cessons donc de les considérer comme des filles légères peu enclines à l’effort.

En réalité, la pole dance est une discipline complexe et hybride, déjà bien développée et pour qu’y s’y connaît, très distincte du lap dance.

Pole fitness, pole gymnastique, Exotic pole (chorégraphies sensuelles inspirées du lap dance), contorsions, équilibres, cirque… la pole dance joue aujourd’hui sur tous les tableaux. Elle n’est parfois que sportive et d’autres fois, elle chorégraphie des séances de striptease en revendiquant son épaisseur artistique. Tant que coexisteront ses déploiements contradictoires, la pole dance sera susceptible de susciter des interrogations, des débats, de remettre en question la place du corps et le statut des femmes, dans la société. Mais les contradictions de la discipline ne se limitent pas à l’affrontement entre sport et danse érotique.

La pole a des ancêtres plus lointains ou plus surprenants encore que le lap dance, le cirque ou la gymnastique. Comme le milieu de spectacle populaire, au Canada, dans les années 20, lorsque des troupes foraines se déplaçaient de ville en ville pour se produire sous des chapiteaux. Parfois, une petite tente abritait des danseuses, les « Hoochie-Coochie dancers » qui balançaient leurs hanches de manière suggestive, un peu à la manière des danseuses du ventre. Une barre centrale soutenait la toile du chapiteau et les filles s’y accrochaient. Elles s’en servaient comme appui et finissaient par danser avec elle.

Sous un aspect plus rituel et plus mythique, pensons aux barres de « Maypole » ou arbres de mai, sortes de mâts de cocagne enrubannés autour des quels on dansait et l’on dans encore. Ces arbres spéciaux s’inscrivent dans des rites populaires autour de la fécondité, répandus autrefois dans toute l’Europe occidentale. Plus loin encore, au XIIème siècle, des moines yogis indiens auraient utilisé une barre verticale en bois, pour exécuter des mouvements acrobatiques.

Disons que l’histoire de la pole dance se confond avec celle du corps, confronté à son autre, la norme transcendante et verticale, l’axis qui l’oblige à se regrouper, à unifier ses pulsions, à se composer comme une instance cohérente. L’axis est un tuteur physique7 qui pousse le corps à expérimenter les possibles, une norme morale qui l’amène à transcender ses limites ou au contraire, à les observer, à sublimer ses pulsions pour créer des formes ou au contraire, à laisser fuir son énergie. L’axis est une Idée platonicienne incarnée dans la barre de pole dance.

Entre érotisme et performance sportive, hygiène et débauche de sensualité, la pole dance reflète les valeurs changeantes et parfois confuses d’une société qui peine à se définir. Annonce-t-elle l’avènement d’un monde nouveau, où le corps et sa sensualité deviendront l’étalon des valeurs de l’existence ?

La pole dance n’est pas qu’un sport de femmes, mais ses adeptes appartiennent pour une très large part au genre féminin. Parmi elles, il y a les professionnelles, professeures, compétitrices et/ou « showgirls » mais aussi les élèves des clubs de pole dance, qui s’adonnent à une pratique récréative, comme on pratiquerait le fitness ou la danse orientale8. Dans certaines écoles, il n’y a pas un seul homme.

C’est sur la femme que nous nous focaliserons dans cet essai, afin de sonder son essence, si tant est qu’elle existe. La pole dance pourrait nous permettre de vivre et penser le féminin comme une expérimentation, un ensemble de possibilités à la fois dans le genre et au-delà du genre. La femme est-elle un succube endormi, une créature aux pouvoirs ignorés, encore en gestation ? Faut-il en finir avec la notion de femme-objet, en partie réactivée dans les représentations liées à la pole dance, ou la considérer autrement, comme une voie vers soi ? Gageons qu’une nouvelle version du genre femme est sur le point d’apparaître et que la pole dance, comme incarnation d’un nouveau féminisme, l’accompagne déjà dans ce processus.


1. D’autres danseuses comme Tammy Morris, Kelly Kayne ou Katie Coates ont rapidement emboîté le pas à Fawnia Mondey. Cette dernière continue d’enseigner la pole dance. Elle est aujourd’hui juge dans des compétitions internationales.

2. Entretien avec Nicolas Casanova, à Saint-Denis de la réunion, avril 2016.

3. La pole dance s’est implantée en France dès 2005. En 2016, on dénombre en France près de 170 écoles de pole dance. Il existe en France plusieurs certifications professionnelles permettant d’enseigner la pole dance, comme celles de Pole dance Paris, de Doris Arnold ou de Loïc Lebret. Pour le moment, elles ne sont pas reconnues par l’Etat.

4. La presse a révélé en 2015 que la pole dance était le secret minceur de Kate Middleton.

5. Championne de France de pole dance 2013, « showgirl », professeur de pole dance et d’Exotic dance, Doris Arnold est une athlète de haut niveau. Issue du monde de la nuit et des stripteases, elle défend aussi les dimensions sensuelle et artistique de la discipline pole dance. Elle crée régulièrement des chorégraphies mêlant acrobaties sur la barre et danse érotique, dans des tenues affriolantes.

6Dancing at the Blue Iguana est un film américain sorti en 2001, réalisé par Michael Radford. Quelque part dans la ville d’Hollywood, un bar de lap dance s’anime à a nuit tombée. C’est le Blue Iguana. Ses danseuses, sublimes, s’offrent en spectacle aux clients, tout en rêvant secrètement d’amour.

7. « Pole » en anglais signifie mât, perche, poteau mais aussi tuteur. Il s’agit d’un terme qui n’a pas son équivalent en français.

8. Cf. Kerry Griffiths,Femininity, feminism and recreational pole dancing. Routledge research in sport, culture and society, Abingdon, Routledge, 2015.

La grande aventure

Art ou débauche ?

La danse de Lilith ? N’exagérons rien. La pole dance n’est pas un rituel de sorcières, malgré ses pouvoirs pour ainsi dire magiques, sur la femme et son corps qui deviendront musclés, souples et tenus. Mais, renonçant à l’aura du surnaturel, ne peut-elle prétendre à d’autres formes de spiritualité plus accessibles ? La pole dance est, au choix : l’expérience d’une grande métamorphose, un cheminement vers une nouvelle version du genre femme, une mégalomanie caractérisée susceptible de verser dans le mauvais genre, un essai qui tourne en espérant percer la voûte céleste. Mais est-ce pour autant un art ? Dans sa volonté de briser les paradigmes et d’en proposer de nouveaux, elle pourrait ressembler à une démarche d’art contemporain. Bien sûr et on vous le répètera, il s’agit d’abord d’un vrai sport avec des exigences physiques énormes et des compétitions internationales, plus proche en général de la gymnastique rythmique et sportive (Grs) que du strip tease, malgré son versant trouble. Mais, justement, à cause de ce versant, le doute a été semé dans votre esprit, dans l’esprit de tout le monde. L’ambiguïté est là. Les grincheux continuent de le clamer, « la pole dance est une danse de pute », un anti-art mais vous, vous savez maintenant que ce n’est pas vrai. Elle, la femme, elle se trémousse en culotte échancrée et se frotte au métal devant témoins, pour changer le monde, et elle y mettra de ses forces vives. Le pire, c’est que...