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Français

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Prosodies

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Description

Le sujet est vaste, puisqu’il s’agit de littérature et de société…Véritable travail de plusieurs années sur le présent, le passé et le futur dans l’immédiateté de l’écriture… Mais aussi vaste débat qui débouche sur une perspective révolutionnaire, qui n’a pas pour but de révolutionner le monde, mais de le comprendre et de l’appréhender, parce que c’est cela la révolution… C’est cette histoire-là, à travers le roman du « Je », et à partir du premier métier de libraire de l’auteur qu’il vous mènera à une nouvelle approche de la Lecture, Tâche bien ambitieuse, mais sans laquelle il ne peut y avoir d’analyse, car comme le dit Wittgenstein, il ne peut y avoir de philosophie qu’en se défaisant de toutes… Ainsi les outils employés ne sauront être que pure rhétorique et grammaire sociale, dans l’exercice de ce contrat par le libre arbitre de chacun.

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 08 avril 2015
Nombre de lectures 2
EAN13 9791029008795
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page €. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Prosodies


Jean-Pierre Clauzel
Prosodies

Les Éditions Chapitre.com
123, boulevard de Grenelle 75015 Paris
© Les Éditions Chapitre.com, 2015
ISBN : 979-10-290-0879-5
PREMIER LIVRET :
De la narration au narratif

1
De la narration au narratif
Il avait l’intention de vous rassurer
Et pour ce faire il voulut parler de son sentiment
Parce c’était là sa seule richesse…

Mais il lui suffisait d’entrer
Dans cette romance
Comme on entre dans une pièce
Et de dire :
Voyez comme on y danse
Pour qu’on s’y refuse…

Mais eux, c’est qui ?…
C’est qui ce ON ?…
Exactement
Nous n’en savons rien

Et si c’était
Quelque chose
Et non quelqu’un…

Non ce ne peut être vous, cher liseur
Parce que cela ne se peut
L’autre de l’Autre n’existe pas
Oui
Ce ne peut être… Que façon de parler
Quelques manières… Y suffiront…

Mais pour ne pas vous laisse dans l’incertitude de l’être d’un commencement qui
n’en finit pas…
Sortons de cette bêtise qui ne comprendra jamais pareil désordre…
Et entrons dans le sens des pensées qui s’enchaînent…

ICI
Dans le giron de l’écrit
Mais aussi

Dans celui du non écrit
Ce serait un déni de voir dans cette évidence… Autre chose…
Alors allons par où vous irez vers le lien fébrile d’un proche avenir qui nous
retient…

Cette flamme qui nous anime ne s’éteindra pas de sitôt…
Et comme dans une fable… Celle du langage
Loin… De ce Tu… Et de ce Je
Qui nous distancient… Et nous rapprochent à la fois…
Trouvons où nous reposer un instant de tous les maux-mots dits et écrits…
Et avançons dans cette histoire qui n’a ni queue ni tête
Et de raisons d’être… Aucune…
Sinon le mariage
Ici et maintenant… Du meilleur et du pire…
Puisqu’il n’y a là aucun autre sujet
Hormis celui de l’être à ne plus savoir qu’en faire…
DÉFINITION(S)
Venons-en tout de suite aux faits :
Qui, dans les lignes qui suivent, saurait dire si cette ressemblance est la sienne…
Ou simple Erlebnis…

Oui parce que cela est aussi simple…
Aussi simple… Que voir ou regarder… Aussi simple que cela… DECRIRE… Et
oui… Ecrire en lisant
Vous avez ce choix là…
L’affaire étant entendue… Une fois que vous aurez lu…
Et non avant, vous pourrez dire :
Les dés sont pipés… Qui tient cette plume ?…
N’est-ce pas un leurre ?… N’est-ce pas un jeu ?…

Cheminons si vous le voulez bien jusqu’à cette seule richesse :
Celle de l’âme… Puisqu’à priori nous en avons tous une…

Poursuivons cette course… Folle et désespérée
Au beau milieu du champ des dérisoires… Pour rejoindre ceux qui hantent
Maldoror…

Traversons le passage ainsi laissé, par le Styx… sans que cela ne soit une fuite…
mais bien comme s’il se créait
Là sous nos yeux… Un rhizome…
Celui… De ce réseau… Où…Questions et réponses dépassent le champ del’audible… Pour arriver in fine à l’Entendement… Raison suprême de ce texte…

Oui remontons le temps… Et comprenons qu’il n’y ait eu là rien à peindre… Rien
qui n’en vaille la peine…
Sinon lorsque nous entendîmes à l’extérieur une portière se fermer… Et que nous
tendions l’oreille, sans savoir pourquoi ?
Juste pour voir cette tête de femme apparaître ?
Rien qu’une tête qui nous regardait ?…

Pouvions-nous dire pour autant que nous avions là ce qui s’appelle une pensée et le
début d’un livre ?…

Non mais le désespoir a pointé son nez et il n’y a là aucune surprise… Il nous
reviendra hanter les hauts-lieux de l’Ecrit et les bas-fonds du Dire… Sans pouvoir y
changer apparemment quoi que ce soit…

Gardons seulement… À l’esprit… Le défi ainsi lancé…
Aux temps et aux lieux… Sans plus avant les définir
Mais tout simplement en le remarquant…

Et en ajoutant que ce désespoir est aussi et avant tout celui de notre époque…
Comme un mal nécessaire… Nous en conviendrons, mais nous ne nous y résumerons
pas… Puisque n’est-ce pas, nous avons toutes les raisons du monde, de ne pas le
subir… ?…
2
Première analyse
Nous ne sommes plus dans le rêve, mais dans la réalité…
Celle-ci… Celle-là même qui se manifeste et se méta-morphose… dans une
première phrase marquée par l’absence de ponctuation… en se répétant dans nos
mémoires
Telle une trace de pieds laissée derrière soi sur une plage, que l’on suit ou non, et
qui s’efface à la première vague… ou lui résiste avant de s’évanouir à la suivante…
Premières citations
Disons simplement comme le dit G. de Nerval :
« Déterminer l’instant précis, où le moi, sous une autre forme continue l’œuvre de
l’existence »
Et essayons nous seulement à les faire coïncider…
Tous ces moi, et tous ces exister…
Toutes ces existences
Mais attention… Pas de discours… Non ceci n’en est pas un… il n’y a et n’y aura
pas à y revenir… Nous en avons mare des discussions… Nous voulons juste converser,
en instaurant le dialogue entre nous et le monde pour parler de cette existence le plus
clairement possible…
Et cela bien avant que la longue œuvre de toutes les psychologies consacrées ne
vienne se manifester…
Car on cause, oui on cause…
Mais il s’agit là de fait

Et aussi de causalité
Oui il y en a une…

Laquelle ? Celle qui nous mène à l’être… À cet être pris au pied de la lettre, comme
au pied d’une échelle… Et qui pour cette seule raison nous emporte vers les sentiments
de subjectivité qui déjà prennent le dessus, parce que si nous n’y prenions garde, ils
nous domineraient ?
Est-ce si dangereux de se laisser prendre ainsi aux rets de ce jeu ?… Non bien sûr,
mais c’est ainsi qu’à l’être se surajoute encore de l’être… Ce qui ne nous rassure pas
plus que cela… C’est même tout le contraire… une véritable sinécure…
Mais quelle est donc cette mathématique ?… Celle qui fait se correspondre les dire
et les êtres ?
Existe-t-elle vraiment ?
Nous allons bientôt le savoir… Et vous le verrez, il n’y a là rien de fastidieux,
quoiqu’il y paraisse…Parce que nous saurons dans l’intervalle de nos souvenirs.
Tracer ces lignes,
Que nous n’avons osé intituler mémoires…
En admettant qu’elles soient plurielles…
Oui… Plus seulement nôtres…
Ce que nous ne pourrons concevoir que selon le plan de la promenade de
JeanJacques, qui se rappelle…
3
Suite(s) et commencement(s)
« Me voici donc seul sur la terre, n’ayant plus de frère, de prochain, d’ami, de
société, que moi-même. »
(J. J. Rousseau dans les Premières phrases des « Rêveries d’un promeneur
solitaire »)
1. Nous nous en souviendrons Monsieur, mais la question persiste… Pourquoi est-ce si
difficile à accepter ?… Les pages se suivent et se tournent, sans se déformer comme
celles d’un annuaire feuilleté… Envers et endroit d’un monde peuplé de numéros…
Le raccourci est saisissant… À l’ère du numérique, il est de bon aloi de le rendre
encore plus court… genre brèves de comptoir…
2. Tellement que l’on ne peut s’empêcher de penser aux ISBN qui n’existaient
naturellement pas à votre époque Monsieur J. J. R.. Ces codes optiques au dos des
livres qui l’assignent au rang de produit, alors que on le sait ce sont avant tout des
objets…
3. Objet de tous les désirs et de tous les maux… Comme dans l’amour… Et considérer
Le livre comme le corps d’une Femme… L’image est banale, mais on l’aime et le
chérit bien d’un regard, d’une voix et d’un léger doigté… En l’effleurant et
l’effeuillant avec cette infinie tendresse, que seuls quelques-uns connaissent, en lui
rendant sa virginité… Celle où tout a commencé… Celle de la page blanche…

Quel plus beau témoignage peut-il y avoir que cet « Itinéraire d’un enfant gâté »
Oui mais de tous les écrivains que nous aurons en commun… L’espace d’un
instant… Celui d’une citation… Ne nous rebellons pas… s’il n’y a pas de clown… blanc
ou triste… alors qu’il serait de bon aloi, de le rencontrer… Le cirque ne fait que passer,
et il ne s’arrêtera pas de sitôt…

Ne sermonnez pas, s’il vous plait, sur cette solitude. Elle est bien nôtre, celle de
monsieur tout le monde, celle de l’homme sans qualité de R. Musil, toujours d’actualité
et on ne peut plus présente…
Il ne faut pas que les dédains la rendent ironique… parce qu’elle est vitale.
Sachons seulement lui préférer plus certainement le songe d’une sarabande
d’auteurs… en nous déportant par exemple du côté de Françoise Sagan par l’esthétique
morale sous-entendue, puis vers celle non moins morale de Henri de Montherlant…
Toutes deux hélas plus guère entendues aujourd’hui, juste un peu plus morales,
quoiqu’on en dise, puisque si justement descriptives…

Oui il y a là, tout ce que nous avons déjà dit, ce que nous appelions simple
Erlebnis… un même lien attaché à une simple définition : Décrire…
L’un serait le reflet de l’autre, l’un étant le principe masculin (H. M) et l’autre le
principe féminin (F. S)… le yin et le yang d’une même jeunesse d’esprit… jusqu’à leur
mort elle-même qui nous parle en étant de toute éternité… Là où, Ecrire et Etre,
s’entremêlent tout en restant nôtres…
Oui, nous avons tous l’âge de nos lectures… et aucun autre…
Où en sommes-nous et vous, où en êtes-vous restés des vôtres ?…

Voilà bien de curieuses destinées que celles-ci, quand on sait depuis l’école
primaire, ce qu’il est advenu de ce monde… Pas grand-chose dira-t-on dans le parangon
de l’homme normal… Et pourtant Lire et Lecture, nous sollicitent à chaque instant…
Que lit-on exactement, puisqu’on passe tout notre temps à déchiffrer du lisible ?…
Et pourquoi est-ce si difficile de le reconnaître, sinon par-ce-qui-se-pense-là… qui nous
occupera toute notre vie, sans y parvenir…
Pensée sortie tout droit d’un livre, direz-vous, mais n’est-ce pas une seule et même
chose pour tout le monde, la même écriture, et le même lieu… Et ne convient-il pas de
l’énoncer, alors que nous ne faisons que tentatives sur tentatives pour le rejoindre, avec
la seule certitude d’y achopper une fois de plus…

Oui… N’abandonnons pas si vite…
Et considérons plutôt la lecture comme écriture, comme simple inscription sur le
tableau, écrite noir sur blanc dans la griserie du réel, pour lui redorer un peu son
blason…

Il n’en est pas moins vrai que ce qui s’énonce bien, on le conçoit clairement…
C’est bateau comme remarque… Mais ce que l’on oublie de dire, c’est que cela fait
son chemin dans l’autre… et que c’est le prix de chacune de nos névroses…
4
Renoncements et fin
Nous venons à peine de commencer et déjà me direz-vous, on ne parle plus que
d’auteurs…
Au lieu de les réciter par cœur, comme si vous étiez encore à l’école, nous nous
contenterons d’une photographie comme Max Ernst l’a fait en peinture de ceux qui ont
marqué son époque… En les réunissant ici… Dans ce livre… Parce que c’est
important…

Pour ce faire, sur le cliché ne discutons plus de vos goûts pour ceux-là, comme
vous en seriez tentés, mais approchons-nous timidement et fermement de ceux-ci…
Simplement, le plus simplement du monde… par le biais de l’écriture…

À ce propos vous savez sans doute que tous les mots se terminant par ment,
peuvent mentir comme disait R. Caillois… Alors essayons-nous tout de même de ne pas
trop leur couper l’herbe sous le pied (aux mots et à leurs auteurs)… Et poursuivons, si
vous le voulez bien avec cette image…

Celle de cette photo de classe qui trône dans ce café où vous aimez prendre un petit
déjeuner, le matin de bonne heure et où ce qui vous frappe en premier, c’est la gravité
de leurs visages… Sans doute n’est-ce pas, un daguerréotype de l’école communale,
comme on en faisait avec ces vieux appareils, où le photographe se cachait sous un tissu
noir, la main sur la poire, prête au déclic… Mais comment donc savaient-ils qu’à 20 ans,
il y aurait la guerre ?…

Alors oui l’histoire de ce livre, vous demandez-vous ?… Quelle est-elle ?… Eh bien
ce sera encore et toujours celle-ci… Celle d’ici… Celle de cette photo, celle de la
république… Elle ne nous appartient pas… Ce ne peut être qu’une interprétation… D’où
la confusion qu’il en résulte entre le fait d’être républicain, et de lui appartenir ou non…
Parce que si la mort du général De Gaule a fait son travail, maintenant il s’agit de
réfléchir plus seulement sur lui, mais sur nous… Le savons-nous encore :

« Après Pascal et Shakespeare, il nous a appris, que nous vivions en état de guerre, et
que notre rôle était d’éviter la guerre. » A. Glucksman…

1. Quand la vie a-t-elle cessé d’être ce jeu ?… Elle a commencé à l’être après 45…
Alors n’aurions-nous pas dû, c’est à dire n’était-il pas de notre devoir
d’annoncer de l’« être »…
2. Et dans cet enfer, n’aurions-nous pas dû après parler de sa négation ?
3. C’est évident, vous exclamerez-vous… Oui… mais pourquoi ne pas écrire des
évidences ?
4. Lesquelles ?… les vôtres ? celles de ce récit ?5. Lesquelles seraient encore assez explicites, pour poursuivre ?

DEUXIÈME LIVRET :
Du lieu et de l’intelligence
1
Du poème et son contraire
Au marché des innocents s’allument des foyers intérieurs,
Que l’on ne peut plus éteindre…
Cela s’appelle la poésie.
Celle du brave…
Elle n’a de révolutionnaire que le souffle…
Mais il retiendra plus notre attention que tout autre délirant discours, soyons donc
attentifs…
C’est ICI qu’il y a du nouveau et du renouveau en la matière comme une
renaissance post-moderne en quelque sorte…

Saviez-vous qu’il existe un mot en norvégien pour l’écrire, qui a son équivalent en
allemand ?… Cela ne nous donnerait-il pas là matière à réfléchir, nous autres français,
sur la suprématie de notre savoir ?

Oui il y a là un éternel recommencement que n’importe quel écrivain reconnait…
Mais il y faut certaines conditions, et en premier lieu, ce fait là, celui de l’accepter et de
l’affirmer sans qu’aucun postulat n’intervienne… Nous en sommes très loin, nous qui
sommes perdus dans nos contingences et nos certitudes… Alors écoutons Madame
Sarraute nous dire :
« Ils semblaient sourdre de partout, éclos dans la tiédeur un peu moite de l’air, ils
s’écoulaient doucement comme s’ils suintaient des murs… »
1. Oui Madame vous leur parlez sans les ménager, et vous avez sans doute raison de
le faire, puisqu’ils ne penseront pas qu’il s’agit d’eux… Ceux-là même qui
passeront sur votre phrase à grands renforts de déculpabilisation qu’aucune
guerre ne viendra temporiser voire légitimer… Nous le savons tous…
2. Alors persistons, et n’en restons plus à des quant à soi… Car il s’agit bien de ne
plus être en guerre
3. Mais d’un simple travail… D’Écritures… En boucle…
(Le même dessin est obtenu en fixant un point sur une roue… Silence on tourne…)ÉNIGME, ET MISE EN JEU
OUI le jour où…
Bien des choses peuvent commencer ainsi… Y compris ce livre, qui n’en finit plus
de se retourner sur lui-même comme en terre utérine d’un corps imaginaire…

Continuez de présupposer que vous en savez bien assez… voire plus encore… que
vous ne le dites… Pourquoi donc ?
Puisque même si vous n’en êtes pas conscient là maintenant…
Vous vous souviendrez de ce passage comme celui de la vie et de son modèle…
Tout comme lorsque vous préfériez les échecs plutôt que les dames, ou le tarot à la
belote, le poker au djinn rami ?… Nous ne nous le rappelons pas… Mais s’il nous fallait
encore choisir ceci ou cela, nous le referions.
Simple question de stratégies… Différant les unes des autres… et qui hélas, n’ont
pratiquement plus cours… C’est regrettable pour tous ceux, qui n’auront plus cette
chance, et qui préfèrent le Loto ou le PMU, ou autres jeux autour du manque et du
profit…

Une cause et une conséquence à cela ?… oui bien sûr… Puisque nous sommes
TOUS joueurs en nous jouant l’un de l’autre !… C’est bateau, comme remarque, voire
benêt… Mais mesurez bien cette incidence du bateau du savoir (un bateau lavoir que
certains reconnaitront), et vous verrez toutes les indécences du discours réapparaître en
temps et en lieu pour verser dans le giron du réel… leur règle du jeu… Souvenez-vous
de l’ours dans le film de Renoir joué par lui-même…
On peut se voiler la face autant que l’on veut, mais jamais aucune vérité ne viendra
nous faire mentir… C’est le mécanisme de l’aveu, décrit par M. Foucault…

Quant à toutes les diatribes de l’âme en déroute, sachons faire le tri et tirer
l’enseignement…
Parce qu’il ne s’agit pas de religion, et bien plutôt de ce qui se joue Là… en chacun
de nous, d’une question fondamentale :
Entre Le dire, et Le penser… Où et quand, le parler s’exerce-t-il ?…

Question qui ne se pose jamais franchement, mais qui, dans cette agitation
atomique, où l’un et l’autre se heurtent, structure l’identité de chacun…


Quels sont les Enjeu(x) ?
Ils sont de taille certes, mais il suffit de s’en contenter, et de modestement le
romancer, de façon post-moderne… comme les allemands et les Scandinaves…

Mais qu’est-ce à dire le demandez-vous, dans ce récit ?… Le post-modernisme ?
(alors que la modernité n’est même plus à l’ordre du jour, et que nous sommes encore à
nous demander ce qui l’est et ce qui ne l’est pas, en confondant mode et modernité)
Non trois fois rien, si ce n’est un advenir immédiat sans partage possible, entrel’entier et le durable, le devenir de soi face au monde…
Intéressons-nous à ce rapport là… Par exemple :

Voir une ville - une armée - des corps - un hôpital - des papiers d’identités - des
magasins aux stores tirés - une police : une sorte de milice surveillant les rues - quelques
voitures… Nous sommes en Grèce, et nous sommes le 21/5/92…
Soit un an plus tard :
À Cannes - France 21/5/93… « I work on a few movies » est à l’affiche Sur la
plage une star entourée de photographe comme dans les belles années de Marylin… Et
puis sur d’autres marches, d’autres escaliers, un autre tapis rouge : Tina Tuner…
Et voilà !… Vingt ans après, rien ne change, juste les noms…
Mais à quelle Histoire croyons-nous avoir affaire ?… Et quel est ce clivage entre
l’actualité et l’art ?… La guerre des images aurait-elle donc lieu ?
Ici et maintenant… nôtres… vôtres… leurres…
Nous n’avons pas l’impression de l’être (leurrés)…
Et pourtant nous ne pouvons nous en contenter… Au sens où nous n’en sommes
jamais rassasiés…
Mais nous voilà dès lors… les uns et les autres, bien différents
Et bien démunis devant elle…
Voire pauvres… et désarmés face à cette richesse apparente…
Tandis que l’iconographie abonde
L’icône, elle, meurt peu à peu…

De là à faire des parallèles… Il n’y a pas loin… du paradoxe…
Et il peut s’énoncer ainsi :
Le matérialisme est mort… Oui, mais qu’est-ce qui peut le remplacer ?…
Sa dépouille se consume un peu plus chaque jour… Et de félicité il n’y a et ne peut
y avoir… Non pas même de phénix pour en renaître…
Tout le monde le sait et pourtant tout le monde fait comme si cela n’existait pas,
c’est évident… Le déni généralisé de cette situation catastrophique n’arrange rien…
Il sera par exemple inutile de dire que Dieu fait d’immatérialités viendra parfaire le
monde… Non il ne viendra pas il n’est pas là pour ça, pour réparer les dégâts du
matérialisme…
Histoire et matérialisme n’ont pas la même fin… Il suffit de s’en apercevoir et de
l’analyser… Voire de le dire… Pour que le nœud se dénoue…
Peut-on pour autant dire qu’il y a une marge entre ce que nous regardons et ce que
nous lisons ?… Et sommes-nous prêts à nous en rendre compte ?… Sans doute non,
sinon ce serait déjà fait… Alors oui : « Hiroshima mon amour » tu es toujours
d’actualité…
PLAISANTE CONCLUSION
Il y aurait quelque chose d’absolu dans certains « incertains » qui s’appelle Le
Charme…
Et à ce propos et de but en blanc comme cela, celui du mot… Il s’agit de la Calèche,qui bientôt disparaîtra, mais qui par l’entremise d’Une Vie de G. Maupassant nous
rappellera cette fuite éperdue… Celle dont nous parlions en commençant… Nous y
revoilà… C’est de la folie… Le sol peut s’ouvrir sous nos pieds… La béance est
immense… Il y a là quelque chose d’irrévocable dans cette fuite, car elle est bien celle
de monsieur et madame Tout le monde…

D’où cette conclusion qui s’impose comme allant de soi :
1. Du charme de ce présent-absent, il est question, mais il appert, que vous n’aurez
personne pour le révéler ni le réclamer au bureau des objets trouvés…
2. Chacun se souviendra alors d’avoir trouvé dans l’encrier encastré de son bureau
d’école primaire, autre chose que de l’encre… autre chose, qui reste tout de
même de l’écriture…
3. Ce qui ne sera pas sans vous rappeler une certaine pendule, qui à chaque seconde
avale une petite gorgée sonore, une goutte, une larme de mémoire qui rendra
l’âme le jour suivant… en vous laissant pour cette seule raison… comme un
parfum d’éternité

Pour le retrouver, il suffit d’en découdre… Et de fil en aiguille… SMS oblige…
Nous lisons :
« Parfois lorsque les espions de la pensée cessent de transmettre leur message,
l’incongru, comme ça, nous saisit… Celui d’un baise main, qui traverse le temps… ».
Même pour ceux qui ne le pratiquent pas, rester à l’assurer, comme empreint d’une
sincérité, peut aller jusqu’à l’amour… Il y a là quelque chose de mondain, qui n’est pas
déplaisant… Parce que justement il transgresse certaines lois… et que c’est ainsi qu’il
faut envisager la vie…




Narration étant faite :
N’êtes-vous pas tous prêts à considérer la littérature comme une certaine naïveté ?
… Disons simplement, à la lumière de ces exemples, que ce sera toujours une
merveilleuse erreur, puisqu’elle nous permet encore de lire…
Lire et Dire sont tellement proches, que ceux qui taxent ainsi la lecture en général,
ne nous gênent pas… Ils ne font que soulever le lièvre de la crédulité… Mais de là à
croire en la littérature, comme en la religion ?… Certes non, car il faudrait bien peu de
foi en l’une ou en l’autre pour les rapprocher.
2
Premières contradictions
N’avez-vous pas remarqué qu’il suffit que l’œuvre parle d’elle-même pour faire
taire les plus ignorants ? Vous voyez de quoi il s’agit :
« Demande au mendiant,
Il le sait
Cela s’appelle l’aurore. » (L’impromptu de Paris)
Et c’est de Giraudoux
Selon la légende La Fontaine a résidé à Bellac, justement là où il écrit son
Apollon… N’est-ce pas comme un scoop ?…
Un concours de circonstance ?… qu’en pensez-vous ?… Ce sont les Dire d’une
information… Encore elle… Elle vaut, ce qu’elle vaut… Mais vérifiez-la… Puisqu’il en
va toujours ainsi, confirmer celle-ci comme pour s’en assurer…
Mais vous ne le voulez ou ne le pouvez pas ?… Car cela vous est égal… Apollon,
La Fontaine et Giraudoux, à Bellac quel est le message ?… Sont-ce des retrouvailles
Des références ?
Ça ne fait rien, vous avez l’habitude !… Combien de messages seront-ils restés
aujourd’hui sans réponses… Des millions, autant que d’individus
Ainsi La Rochefoucaud ajoutera à Pascal, que c’est une grande folie, que de vouloir
être sage tout seul… (Encore une évidence que l’on va dénier)
Et nous de continuer :
Pourquoi diable, les rendez-vous sont-ils tous teintés d’une note kafkaïenne ?

C’est vous monsieur Prévert qui nous donnerez la clef :
« Quel est la place du poète dans l’Etat ?
Moi je m’en fous.
C’est ce que j’ai trouvé de mieux à faire.
Vous me réveillerez à minuit… »
Croyez-vous vraiment qu’il ait le choix, le poète ? Certes non, car cela demande un
équilibre des forces en présence, qui n’existe pas.
L’art a toujours combattu la réalité par des considérations d’élégance… Nul ne s’y
trompe, et nul ne le peut parce qu’il s’impose ainsi de lui-même sans qu’on sache très
bien pourquoi… En fait tout se passe comme s’il nous poussait vers l’anonymat… La
notoriété n’étant qu’affaires commerciales, la question est :
Pourra-t-on s’en affranchir ?
Oui il suffit d’affirmer par exemple qu’il est fort comme la mort, eu égard à son
œuvre et la phrase durera… Une mort morcelée, parcellaire, mais mort tout de même…Une mort qui s’impose ici à nous en tant qu’HYPOTHESE de travail…3
Hypothèse de LECTURE(S)
Lecture, écriture et langage sont ICI liés par l’Ordre des choses… L’expression
nous laisse un goût de mort sur les lèvres… Ce seul mot (ordre) peut l’évoquer… Tout
aussi bien que celui d’un appartement, d’une maison, d’une ville, ou beaucoup plus
vague celui des objets, qui s’y trouvent, et qui ne dépendent que du regard qu’on peut
leur porter… On parle de cet ordre-ci à la Perec dans le vide… et celui, dans lequel on
les range… Oui cet ordre-là celui par lesquels on les nomme… comme Proust, Balzac
ou Daudet…
Qui lira le dictionnaire le comprendra aussitôt et verra où cela mène… La vie après
la mort… Non il n’y a pas d’ordre préconçu sans désordre… Cela s’appelle l’entropie et
cela existe même dans la nature… Inutile de nous faire croire autre chose… Comme par
exemple l’Ordre pré-établi, platonicien… Non l’ordre des choses n’existe que par - ce -
que - le - langage - en – fait… Par exemple Écrire…
Voilà bien l’hypothèse dont nous parlions… Nous y reviendrons… C’est une
finitude qui peut durer…
La vie, l’amour, la mort, quoi de plus naturel, sinon le fait de cette symbolique, que
l’on peut généraliser, à tout phénomène et toute chose :
« La campagne, c’est cette musique, cette agitation des branches, des feuilles et de
cris, qui s’enfle et s’architecture. »

1. Qui a écrit cela ?… Il s’agit de la dernière phrase de « Anchise » de Madame
Desbiolles
2. Eh oui Madame… une pensée sans conscience n’est pas forcément libre, parce
qu’il y a plusieurs consciences. À chaque chose, la conscience et le langage qui
s’y rattachent, sinon elle n’existe pas… Bien évidemment à partir de là, la pensée
s’organise, mais la pensée n’est pas une chose…
DE LA SCIENCE AU SCIENTIFIQUE
D’où, cette philosophie, qui rêve depuis longtemps dans ses cartons d’avoir son
intelligence propre… Toutes les philosophies tournent autour de cela…
Mais d’où aussi le fait que celle-ci se terminera par La science dont s’entoure
l’objet, en l’occurrence celui-ci, ce livre, qui viendra réconforter ou non cette pensée…
La frustration qui se joue là, n’est pas un vain mot…
L’éducation non plus… Inutile d’y revenir, parce que le changement, qui s’opère
ici, n’est pas du tout métaphorique, mais bien métonymique… On voit l’évolution, cela
nous parle… Et cela dit :
« Tu es ce que tu as été et ce que tu seras, car ce que tu haïras maintenant, jamais
n’atteindra ce que tu as aimé hier… ». Parabole s’il en est, qui mène le monde depuis la
nuit des temps… Que cela s’appelle sentiments, affects ou pulsions, seul le désir dure…Encore faut-il le savoir, ou ne pas l’avoir refoulé !… Mais Freud nous l’a appris,
quoiqu’il advienne, il perdure ?
Nous n’avons plus qu’à le traquer… Oui, être aux confins de la science, c’est aussi
cela écrire, traquer les signes… Écrire par exemple qu’il n’y a pas d’originaire, mais bien
que des originalités plus ou moins confuses selon les cas… Ce ne sera pas jouer avec
des mots, mais bien révéler du sens et le cortège de signifiants qui l’accompagnent…
Le tout n’étant pas de remonter aux origines, mais bien de suivre leur signifiance…
C’est efficace… Tenons-nous en à cela… À cette phénoménologie… Elle suivra
fidèlement son objet pris dans son ensemble…
Ensemble d’entier naturel, où il préfigurera au sein d’une suite de n-1 élément
L’important n’étant pas tant de trouver le début (une aiguille dans une meule de
foin), mais bien ce qui le caractérise : son devenir… Autrement dit encore, le
phénomène et non la cause… Ce qui en découle dérive tout seul… Le procédé n’est plus
le même… C’est mathématique… Ce n’est plus ce qui vous intéresse qui compte,
comme contenant… mais ce qui s’intéresse à la chose (ou à vous) qui apparaît comme
signifié…
Déterminant dès lors ce qui se structure, par un réseau de surface sans limites et
sans restrictions aucunes, il ne nous reste plus qu’à suivre ou non, le fil conducteur de
ce qui pense… Voir sinon de ce qui est pensé…
Toute fois les nuances restent de la pensée… chez beaucoup de scientifiques qui
ont ainsi travaillé dans la généalogie, l’embryologie ou l’archéologie… Voire également
tout ce qui donne accès à Lalangue (sémioticien ou psychanalyste et autres)… Parce
qu’ils ne se contentent pas d’un savoir, mais bien d’en suivre ou non la suite logique et
le raisonnement jusqu’à la source… Non plus dans la perspective verticale, ascendante
et hiérarchique de la signifiance, mais bien dans celle qui sera linéaire, horizontale et
ramifiée sous forme de trame, qui ne sera dès lors que celle des choses perçues et
ressenties comme telles, au fur à mesure de leur affleurement à la surface du réel…
Retrouvons-en le fil et reprenons l’exemple de l’oralité et de l’analité… primarité
du désir… Cela s’écrit… Les piles de livres dans les supermarchés le prouvent… Cela
ne rebute personne… Non… Et c’est d’autant plus vrai lorsque le texte lui aussi pèle
mêle en prend consistance…
La glose des uns ressemblant alors étrangement à la glose des autres… Seule
l’histoire importe… Fini le style, finie la forme, c’est le royaume de l’uniformité…
On dira même sans l’avouer que ça aide à ne pas penser… Ce qui est l’inverse à
proprement parler du propos littéraire…
Forme et contenu… Peu importe, puisqu’il y en aura pour tout le monde.
« La littérature est un grand bordel », dira Jean d’Ormesson.
On comprend qu’il en faille pour tous les goûts, mais à force de s’éparpiller, on
perd la saveur… L’abondance n’a jamais été un critère, c’est tout le contraire… C’est
plutôt la rareté qui peut faire la qualité… Cela aussi c’est mathématique…
PETIT RETOUR AU NARRATIF
Tout se passe comme si… Au début, il n’y avait… Que la sensibilité d’une
impression… La nonchalance d’un espoir
L’assurance d’une vérité… Puis la confirmation de ces sensations… Qui sans être
révélées…Iraient tout droit dans l’incorporel… Tout comme le simple esprit… Qui
l’habite… Qui, si on n’y prend garde…Tombe dans l’oubli…
Qu’est-ce qu’écrire alors ?… Sinon de le lire…
À haute et intelligible voix ?
On pense, au livre du Ça de Grodeck…
Vous êtes dans votre meilleur fauteuil… Vous croyez tenir dans les mains un bon
livre, et vous vous apercevez que ce n’est plus le vôtre… Il vous tombe alors des
mains…
« Écrire » n’est plus un mythe comme autrefois… On s’en est chargé…
Lecteurauteur, chacun y va de son couplet sur la société de loisirs… On n’osait pas prononcer
le mot pour les livres… Aujourd’hui on y est parvenu… Sans s’en rendre compte… Le
médiocre l’a encore remporté…
C’est bien là toute la question d’une survie confrontée à elle-même avec cette
pénurie du sens que l’on retrouve chez E. Bove par exemple, qui structure notre pensée
contemporaine sous la forme d’une lutte en un combat où l’innommable prévaut
puisqu’il est intrinsèque…
DU LIEU ET DE L’INTELLIGENCE SANS LA GUERRE
L’innommée, c’est et sera toujours La guerre ?… On en parle tous les jours aux
Info, est-ce que pour autant nous en sommes quittes ? Certainement pas…
Et si nous prenons l’exemple de celle de Troie, qui d’après M. Leiris est « l’image
même du lieu de prostitution » il va sans dire, que lorsqu’ils découvrirent sur le site,
depuis le simple village fortifié du IV e millénaire avant J. C., neuf couches
superposées, ce fut un véritable casse-tête mais aussi une véritable rencontre de l’un et
de l’autre : de l’homme et de la littérature… De l’homme et de l’environnement… Et de
conclure en disant que l’on a suivi le même chemin, le même parcours, une même idée,
et pourquoi pas le même cursus puisqu’il répond et renvoie à la démarche d’un savoir…
toujours en marche et jamais prédéfini… Voire illimité dans certains cas…
Alors oui, discutons… et parlons de cursus virtuel…
Ca ne vous dirait pas quelque chose ?… quelque chose comme le plus des
positivistes forcenés, un surplus d’âme au supermarché cher aux évangélistes…
Alors cursus ou consensus ? Embauché ou viré ? Employé ou licencié ? Chômage
ou capitalisme ?
4
Quelques évidences
Ça se lit autant que cela se délie ?… Bien sûr.
Mais il peut y avoir transcendance et aussi son contraire : l’immanence…
Bien des jolis mots tout ça, direz-vous, pour dire une même chose, celle qui s’écrit,
et qui s’inscrit en caractère gras sur le tableau noir de la vie…
Ne dramatisez pas, il n’est pas aussi noir que cela… Sachons seulement les utiliser à
bon escient
En tout état que ce soit pour l’une comme pour l’autre, cela passe par le langage…
La première par ce qui est extérieur au sujet (transcendance) et la deuxième par ce qui
lui est intérieur (immanence)… Toute l’histoire de ce 20e siècle (voire des précédents à
celui-ci, pourquoi pas ?) oscillera entre ces deux pôles, c’est-à-dire ce qui est propre à
l’individu et au groupe auquel il appartient ou non…
Aucun panthéisme là-dedans, juste une évidence… Fort heureusement…
Hélas, on le voit, l’individualisme du 21e auquel on assiste, n’est que cette
incapacité à l’évidence… Entendons-nous bien, elle n’a rien de légitimé, et elle est loin
d’être un manque, une carence ou un quelconque « pas savoir »…
C’est tout l’inverse… C’est le supposé savoir de Lacan et le supposé sachant de
Sartre….
Alors si vous ne confondez pas le sens de ce qui est représenté, et de ce qui est
présent… Et si vous imaginez que ce qui est représenté, comme autre, se présente à
nouveau… Alors seulement, et seulement là vous ferez la différence, et direz qu’il y a
quelque chose…
Quelque chose comme :
« Il me semble que c’est à toi que j’écris. Je n’ai jamais tenu de journal. Je n’ai
même jamais rien su écrire que quelques lettres. »
Ainsi commence L’Ecole des femmes d’A. Gide…
On ne prend jamais assez au sérieux les écrivains !… Et il est clair qu’un journal
exige le meilleur de soi… Bien qu’il ne puisse jamais l’atteindre et que ce soit dans le
détail qu’il se résolve… on ne s’y perdra pas… tout au contraire puisqu’il est sans cesse
dans cette affirmation-là, voire une obligation, une contrainte qui le rendent
complètement aliéné à la personne, parce que c’est comme ça que ça se passe, voir que
ça se dépasse… Il ne peut en être autrement :
Celui qui écrit et celui qui lit, Noir sur blanc,
Tout cela en un seul dit, un seul énoncé ?…
Une seule parole ?… Vous plaisantez ?… Cette sorte de parabole n’a plus cours…
Ce n’est que pure névrose, voire inévitable… parce que les choses se suivent dans le
refoulement pour sembler différentes… Comme s’il n’y avait là rien à faire, et que ce
soit ainsi… plus qu’une fatalité : une nécessité… Oui quelque chose d’aléatoire (au sens
mathématique du terme) et de certain en même temps… Rien de bien nouveau, à moins
de l’étendre au répertoire des objets et des sentiments… Ce qui nous mènerait
directement vers une petite révolution au sens physique du terme… Mais il n’est mêmepas certain qu’elle soit la bienvenue tant les esprits sont gangrénés…
La douleur comme un lieu
Suivons le fil tendu des mots, comme s’ils étaient nôtres… oui… Mais l’enfant a été
enfanté dans les cris, ceux de la mère et ceux de son bébé… Jamais cris n’apparaîtront
plus normaux ?

D’où cette question :
Qu’est-ce qui, depuis la naissance jusqu’à la mort, ne reste pas en souffrance ? La
part de chacune, s’il n’y avait l’une dans l’autre… Oui ce qui naîtra dans la mort et ce
qui mourra dans la naissance, cette part inaliénable de l’in-exister… L’adret et l’ubac
sous le soleil de minuit… Le recto et le verso d’une feuille qui s’envole… Le pile ou le
face du fil d’une pièce de monnaie sur sa tranche qui tourne… L’envers et l’endroit d’un
miroir retourné… Le vide et le plein d’un gant retroussé. Enfin tout ce qui est
antinomique et qui fait sens…
Rien n’est plus simple et aussi plus compliqué que de ne pas en vouloir… Alors
que l’on passe sa vie à cela, pourquoi ne pas se le tenir pour dit… Tout bonnement
parce qu’on a besoin d’en parler…
Que va-t-on faire chez le psy sinon retrouver sa douleur, pour l’oublier ?… À ce
point tel que l’on n’a plus de mots pour la dénier… Tout y passe… Ce juste rapport à
l’autre vous y convie et vous convient, mais n’est-il pas plus simple de le faire tout de
suite ?… Comme Ici par exemple…
À la passoire des mots
Tapissant les fonds de l’inconscience…
Constance - inconsistance… Du texte
Que nous filtrons
Et repassons dans notre mémoire…
Pourquoi ?…

Pour quoi ne pas nous y perdre de nouveau…
Qu’est-ce qu’un roman fleuve, sinon ce jeu d’identités qui taisent en elles tous les
soubresauts du ça ?…
Le ça dit autre chose… Non, la même chose simplement passée à travers un filtre…
Pourquoi ne pas l’accepter ?
Pourquoi ce refus ?…
Le liseur, on le comprend, se fond en l’écrivant dans cette lie… Mais comment se
fait-il que la dissonance de l’un et de l’autre n’apparaissent ?… Simple espace-temps du
livre ouvert chassant de sa permanence un autre espace-temps, celui de la parole donnée
messianique s’écartant ainsi de toute autre… Écart-type où l’illusion est parfaite… et le
monde s’évanouit…
D’UNE CERTAINE MANIÈRE DE LIRE
Restera toujours que la lecture, la lecture comme écriture, s’écrit au fur et à mesure,
et qu’il n’en y aura pas moins et toujours le juste hiatus, entre la chose lue et la choseécrite, comme si elles ne coïncidaient pas… Eh oui c’est tout… ce simple décalage par
lequel on se leurre… Mais également que l’on peut cultiver… Réelle culture s’il en est,
car la béance est grande…

Oui ce qui s’ouvre ici n’est plus seulement le livre, mais le monde lui-même… Il
suffit d’être à la bonne page…

Prenez l’espace d’un instant, la lecture comme un art, s’il vous plaît… Et ne tenez
plus les vessies pour des lanternes… Celles des philosophes des lumières resteront alors
à leur place, parce qu’ils y sont très bien… Et ne dites pas qu’on ne peut faire plus
obscur, plus confus…
Car plus on fait, et plus c’est clair…
Clartés obscures de soi face au monde… pour finalement arriver au dénouement,
de l’Etre et de l’Agir…

Aujourd’hui tout est devenu affaire de lecture (s)… Tout est parfaitement lisible,
mais il est illogique d’oublier que ça s’écrit du pareil au même…
Restons en un instant à ces apparences, et demandons-nous combien de Mr Bloom
avez-vous rencontrés aujourd’hui ?… Et de Mr Plume, et de Mr Teste ?… Vous
l’êtesvous demandé ?… Vous ne pouviez mettre un nom sur chacun, mais c’était bien eux…
Soyez tranquille, il n’y a rien de dangereux là-dedans, ce n’est même pas délirant…
Simples jeux de références en soi, un peu comme lorsque vous écrivez votre liste
de course pour le supermarché, et que vous essayez de vous relire sur place… C’est
topographique, car il est toujours un lieu qui correspond à la personne
Ce sont les premières images de Jean Seberg vendant l’Herald Tribune à Belmondo
dans le film de Godard… ça date un peu peut-être mais c’est toujours vrai…
D’UNE CERTAINE MANIÈRE D’ÉCRIRE
La logique voulant qu’au plus succède le moins, un plus et un moins faisant
toujours un moins, quel que soit le sens…
C’est la succession de ces quatre signes qui fera là phrase écrite… Non ce n’est pas
du petit nègre, ce n’est rien que de l’arithmétique du verbe… Pure algèbre de l’un et de
l’autre, dont l’égalité Lecture = Écriture ne dépend que de vous…
Il suffit de ne plus lire entre les lignes que diable, mais de s’y tenir stricto sensu…
c’est à la portée de tous…
Commencez par ces quotidiens gratuits dans le métro…

Et s’il ne fallait retenir qu’une chose, ce serait ce qui suit :
« Je ne parlerai pas, je ne penserai rien
Mais l’amour infini me montera dans l’âme,
Et j’irai loin, bien loin ? comme un bohémien,
Par la Nature, - heureux comme avec une femme. »
(« Sensation », poème de monsieur. Rimbaud)
1. Oui monsieur : Toucher du doigt l’irréversibilité, c’est changer le cours du
temps… Vous aviez ce pouvoir…
2. L’amour aussi a ce pouvoir et c’est ce que vous traduisiez… Encore merci…
Mais quelle souffrance !
3. Tout ce qui ici se passe et se dépasse, y fait appel… Nous y sommes
sensibles… Oui ou non… Et ce n’est pas à sens unique, directement transitif,
c’est aussi du vécu… Il faut être passé par là pour le saisir… Ce n’est plus
seulement une pensée qui délivre sa parole, mais une pensée qui aussi affine la
vôtre par ce lien ténu qu’est la compréhension… Subjectivité et sujet ne forment
alors plus qu’Un…

Point n’est besoin d’insister dans ce sens, celui du temps qui s’écoule sauf si on
l’inverse en se retournant sur autre chose que soi - même… Ne regardons plus dans le
rétroviseur notre passé qui nous rattrape… Tenez le juste pour un témoignage qui
réhabilitera cette fois La Bruyère :
« La plupart des hommes oublient si fort qu’ils ont une âme, et se répandent en tant
d’actions et d’exercices où il semble qu’elle est inutile, que l’on croit parler
avantageusement de quelqu’un en disant qu’il pense. »
1 . Comme vous avez raison monsieur, mais vous aussi lecteur… On écrit
différemment selon les lieux…
2. Le temps comme un lieu… Il se peut ne plus en être d’autres, si vous le
voulez…

Et puisque nous sommes en ce lieu, rappelons-nous que Maïakovski a écrit son
dernier poème sur la pierre de son cachot avec son sang… Et demandons-nous si nous
n’assistions pas là à la première manifestation d’Art performance ?…
Rassurons-nous, nous n’en sommes plus là… Mais est-ce vraiment la bonne
attitude à adopter ?…
5
Virtualité(s) du langage
D’où cet axiome pour votre aimable réflexion pouvant devenir vôtre :

Existe-t-il une pensée libre de toute conscience ?
L’inconscient n’étant pas penser
Cela peut vouloir dire beaucoup, si cela ne disait que cela :
Liberté ?
Pensée ?
Conscience ?
Et si ce qui en résultait n’en était que de l’Etre ou si vous préférez la Vie, résultante
et point départ de toutes les tergiversations ?…
Cela semble évident, mais dans un premier temps revenons à ce lieu… En fait nous
devrions dire ces lieux…
Ceux où la pensée n’accède que par l’intelligence qu’elle en a, une fois que l’on en
a pris connaissance… Arrêtons-nous un instant à cette phrase
Certains esprits machistes affirmeront de façon péremptoire que ces lieux sont ceux
de la connaissance, mais dans ce cas, quel rapport avec l’intelligence ?… Un savant
n’existe que par-ce - qu’il - ne - sait - pas.

Intelligence et connaissance sont bien différentes pour tout esprit de bon aloi… Qui
n’a pas maille à partir avec l’une ou avec l’autre, ne sait le reconnaître… On fait bien
comme si c’était acquis, mais n’est-ce pas déjà là une remise en question… Comme si en
ce bas monde, il y avait quelque chose qui ne soit pas temporaire, autre chose devenue
par le seul fait qu’elle existât…
Dépassons enfin le stade d’immaturité dans lequel on baigne… Comportements et
raisonnements témoignent et bêtifient comme s’ils n’avaient évolué depuis
l’adolescence… En optant pour le statut quo, ils entérinent une situation des plus
grotesques…
En France peut-être plus qu’ailleurs du reste, comme s’ils n’en avaient conscience,
et que tout leur était acquis, il n’y aura de changements envisageable que dans la
continuité, disent-ils… Tout comme lorsque vous décidez de changer votre salon pour
plus confortable… sans aucune autre contingence… La notion de standing en
témoignera… Jusqu’où ira-t-on pour le défendre ? C’en est ridicule…
VERS L’ININTELLIGENCE DE CE MONDE
Oui l’intelligence, s’il doit y en avoir une, sera celle de « Toutes choses »…
Cellesci n’étant pas une fois pour toutes définies, mais toujours à définir :
Que serait la vie sans la conscience ?… Qui dira l’Inconscient bien sûr ?…
Et combien se réfugient-ils en ce lieu ?… Comme par exemple le fait de vous
entreprendre en ce Lieu… Et qu’en ce lieu, il n’y avait qu’un lien… De soi à soi… etqu’ils se trouvassent réunis… Oui c’est évident… Mais qu’en serait-il s’il n’y avait
quelque chose pour les retrouver ?
Qu’en serait-il, si vous n’étiez Là ?… Là en ce lieu qui n’a rien de métaphysique et
tout de littéraire… Voilà bien là cette réalité… Comme si celle-ci était prédéfinie…
Comme si le taux d’audience qui monte ou qui descend était déjà décidé…
Mais ne faisons pas de psychologie, posons-nous seulement la bonne question…
Que seraient ces intelligences, ces connaissances et ces existences ?… En dehors de
l’Écrit ?…
Toute votre vie n’est-elle pas qu’un parchemin qui se déroule au-dessus des abîmes
du Néant pour vous aider à passer le gué ?
Même la psychanalyse qui a cru se distinguer par d’éminents spécialistes n’est
qu’interventions… Intrication de jeux de lecture(s) et d’écriture(s)…

Nous y reviendrons, mais avant cela, retour en ce lieu et deux définitions du
Robert :

La première étant celle de l’« Animisme » : Système dans lequel l’âme est la cause
première des faits vitaux, aussi bien que des faits intellectuels pris comme adjectifs…
C’est le mode religieux des sociétés soi-disant primitives.

La deuxième concernera celle d’ordre « Spirituel », autrement dit :
Celui ou celle dont la pensée et les actes sont dominés par des préoccupations
intellectuelles, plus que par les faits de la vie courante.

Alors animiste ou spirituel ?… a-t-on le choix ?
… Non !… Animus et anima sont les processus d’un même principe…
Mais qu’ont-elles de si spirituelles les nouvelles idoles ?… Rien, elles nous plaisent,
et c’est tout… au-delà du principe de plaisir, vers ce qu’il y a d’immédiat dans celui-ci…
Vous vous souvenez ?…
Bien sûr il y a votre intuition, mais il suffit de lui étendre cet ensemble de
questions - réponses, pour appréhender son existence… Vous le savez très bien :

Alors animistes pourquoi pas ?…
Qu’est-ce donc qui nous anime sinon cette âme, qui a tant à dire, que finalement
elle ne dit plus rien du tout, sinon son addiction à l’être…
Spirituels alors ?… Bien sûr que nous le sommes, fort heureusement pour nous…
Ecoutons de nouveau la parole de La Bruyère nous dire :
« Rien ne nous venge mieux des mauvais jugements que les hommes font de notre
esprit, de nos mœurs et de nos manières, que l’indignité et le mauvais caractères de
ceux qu’ils approuvent. »

1. Oui Monsieur l’Intelligence est fragile… Mais elle n’est pas faible, bien qu’elle
soit faiblesse. Faiblesse devant La Chose, qui elle est immense… Mais faiblesse
aussi de La Chose, quand on décide d’en faire le tour…2. Prétendre l’avoir fait par exemple… Cela ne nous concerne pas !
3. À moins que l’on en profitât pour aller jusqu’à se demander ce qui l’a
réellement précédé ?…

Oui, en effet qu’y a-t-il avant ?… Avant que vous ne pensiez ?… Avant que vous
ne parliez ?… Avant le simple souvenir ?… Avant cela, oui avant, qu’y a-t-il ?
AVANT L’ORDRE PRÉÉTABLI
Si la question ne perdurait, nous ne pourrions continuer sur cette voie fragile qu’est
l’entendement… Sinon en revenant sur ce mot bien désuet pour une chose qui ne l’est
pas, entendue…

La compréhension prise au sens mathématique de comprendre, c’est-à-dire
d’inclure… et non pas d’exclure, nous mène, vers celle d’une élite… à inventer…
Inclure La chose ?… Oui, mais comment ?… Qui peut se vanter d’une pareille
affaire ?… Qui, sinon monsieur tout le monde et son fameux sens commun… Eh bien
non, justement non, parce qu’ON ne sait pas… On ne peut pas savoir… On n’a pas ce
pouvoir là… On peut dire qu’On sait le langage, et encore ce n’est pas certain… mais on
ne peut que s’en contenter et on a raison… Maintenir cette vérité coûte cher… Elle coûte
même beaucoup selon certains… et ce serait fonder supputations sur supputations que
de la tester…
Il n’en reste pas moins que si on ne s’intéresse qu’aux dire, on se barre l’accès à la
chose… Ce qui intrigue…
L’intrigue est affaire de roman… Celui-ci… Le nôtre… Le roman du Je… Mais
point n’est nécessaire de le qualifier alors, puisqu’il se qualifie lui-même, me
direzvous ?…
Eh bien non, c’est tout le contraire… C’est parce ce que justement il inclut aussi ce
qu’il n’est pas, qu’il se qualifie… Et vous en êtes seul juge… C’est sans conditions, et
indirectement efficace ou non…

Et puisque les qualificatifs pour cette romance sont les qualifications qu’on
requiert… et que tout le monde en est là, ne noyons pas le poisson à ce point-là, car
c’est un progrès égoïste sans réel bénéfice… Illustrons-la d’une question immédiate :
Comment en est-on arrivé à écrire des polars, sinon par cette requête ?… Cette
enquête… Et exploiter cette faille en soi… juste pour le plaisir, sans en donner la cause…
Juste en surfant sur cette vérité… C’est simple, mais pas toujours très clair… L’intrigue
est double et doublement intrigante… Il faut être Poirot pour s’y retrouver… C’est dire
qu’il faut de la détermination…

À quand le polar au quotidien, qui serait cher à Chabrol et qui mettrait en scène le
coupable idéal ?… Vous voyez de qui je veux parler ?… Tant mieux, parce que c’est
bien de soi qu’il s’agit…
L’enquête peut-elle continuer et de quelle sorte de crime s’agit-il ?… L’écrivain
serait le coupable idéal, comme le peintre de tous vos fantasmes… Grandeurs etdécadences.
Mais alors à quoi bon réfléchir, s’il était si facile de lire pour oublier…

Revenons à cette question… Quelle est-elle ? Rien ne la permet… Rien sinon le
fait… Le fait qu’il existât… Déjà « Autre Chose ».
Oui, comme la parole de l’autre :
« Et tu me diras : “Cherche ! ” en inclinant la tête,
– Et nous prendrons du temps à trouver cette bête
– Qui voyage beaucoup… »
(Rêvé pour l’hiver de A. Rimbaud)

1. Nous n’allons pas chercher, non monsieur… Je m’explique : Si P. de Ronsard
avait rencontré G. Bataille il aurait eu confiance en lui et Bataille en les femmes…
Ce pourrait être n’importe où… Quelque endroit comme une terrasse de café à St
Germain, à moins que ce ne soit quelque chose… Quelque chose qu’ils puissent
partager… Une parole, et ce qui sans elle n’aurait pu être : la confiance.
2. La vôtre cher lecteur… Elle est immense et indispensable, alors prenez cela
avec sérieux mais aussi avec humour…
3. Seul celui qui n’écrit pas peut affirmer, que l’on ne lutte pas ainsi, contre soi…
DE CE QUI EST BÊTE ET SA BÊTISE
Alors que nous nous sentons aussitôt à l’aise, quand on se dit d’aucun aveu, de
toutes les vérités qui nous traversent, énoncer le sujet devient compliqué… Et si vous
avez un doute, écrivez-le à votre tour et vous verrez que le mensonge n’est pas permis…
D’où la logorrhée que certains déploient comme adorateurs du moi. Pour se mentir…
Quoi de plus facile ?
Comprendre reste la seule façon et le seul moyen que nous ayons à notre
disposition pour vaincre et convaincre…
Alors vous direz : c’est une chance !… Et en même temps vous oublierez qu’il n’est
pas aussi facile de lire qu’il soit certain ou non qu’écrire reste encore plus difficile…
« La bêtise n’est pas mon fort. J’ai vu beaucoup d’individus ; j’ai visité quelques
nations ; j’ai pris ma part d’entreprises diverses sans les aimer ; j’ai mangé presque
tous les jours ; j’ai touché à des femmes. »
Première phrase de monsieur Teste de P. Valéry

1. Oui Monsieur… La bêtise n’est pas notre fort… Quant à cette intelligence,
nous y revoici… Il ne suffit pas de lui étendre un ensemble de questions -
réponses, pour appréhender son existence…
2. À moins que le fait se soit aujourd’hui dissout et étendu à travers tellement de
domaines, que l’on en ait perdu un peu de sa qualité…3. Sectorisation et uni - latéralité ont eu la part belle, à l’université par exemple,
mais il existe sûrement une possibilité, voire la somme de tous les possibles, pour
que l’on vive comme on disait autrefois « en bonne intelligence »… Et si vous
n’y croyez pas continuez tout de même d’oser l’exprimer… il y aura toujours
quelqu’un pour vous entendre…
4. Et comme il n’est pire sourd, que celui qui ne veut pas entendre, continuez de
vous demander :
Que serait-elle et que deviendrait-elle, si elle ne s’exprime pas, (cette
intelligence) ?… On disait du reste bonne intelligence, comme s’il y en avait une
mauvaise…

1. Combien d’esprits malins avez-vous croisés encore aujourd’hui ?… Une
foultitude ?… Qui ne l’est pas, n’est-ce pas ?…
2. Simple affaire de bon sens… De compréhension, au sens encore une fois
mathématique du terme, d’intégrer…

Mais oui hélas cette bonne entente reste enfouie dans nos esprits et nous finissons
par l’oublier… Alors qu’elle est là, l’Intelligence… Pas besoin de la chercher, elle ne se
cherche pas, elle se trouve… C’est valable pour tous et pour tout… Pour toutes ces
choses qui la cernent et lui nuisent en l’éloignant de ce qui la concerne, l’éveille, et la
suscite…

Elle est toute en effet (s)… Effets de surface et non de profondeur (s)… Vous ne
vous demandez pas ce qu’il devient le caillou, une fois qu’il a fini sa course en ricochets
sur l’eau… Non vous faites comme s’il était resté au fond de votre poche…

Et oui il n’y a pas de pensée qui soit profonde, juste des froissements de tissu, dont
il suffit d’entendre le bruit.
Vous savez ces frissonnements sur la peau qu’il faut sentir pour savoir, ou ces
vocalises à l’infini d’une note qu’il faut chanter, pour composer… Et cela, quel que soit
le concept…
Mais attention, si elle s’y rattache, elle ne parviendra pas à le cerner, juste le
circonvenir… Le rêve du tout en Un, comme on veut bien le laisser penser…

Le fameux QI n’existe pas dans le réel, la preuve en est que l’esprit passe par
diverses structures pour arriver à l’état adulte et cela qui que l’on soit, c’est le minimum
vital, le minimum d’intelligence, votre quotte part quant à votre éducation…
Évidemment à partir de là tout reste à faire et l’on voit le résultat… Un monde
d’incuries où chacun désespère de se justifier… Tout y passe… Le livre devient alors
une poubelle, au tri sélectif, dont on prend grand soin, et où l’on se jette à corps
perdu… Seul bémol ; il s’agit toujours d’écriture… Rien ne saurait la trahir et encore
moins l’occulter… Est-ce assez clair ?… Oui cela l’est…

Et si l’on veut comprendre, (ce qui ne m’étonnerait pas !), je dirai que l’On peut
Y accéder à cet autre monde, mais non se l’approprier… et sûrement pas par une
échelle, mais bien plutôt par un toboggan qui n’existe pas, uniquement fait devirtualités… Oui plusieurs vies en une seule… Relisez La chasse au snark de Lewis
Carrol pour saisir le contenu, ou Lautréamont par exemple, pour le sens et sa
signification…
« Plus au ciel que le lecteur, enhardi et devenu momentanément féroce comme ce
qu’il lit, trouve, sans se désorienter son chemin abrupt et sauvage, à travers les
marécages désolés de ces pages sombres… ». (Premières phrases des Chants de
Maldoror de I. D. de Lautréamont)

1. C’est torturé, délicieusement torturé ! Merci jeune homme…
2. Pourquoi est-ce que ceux qui sont dans le beau meurent si jeunes ?

Profitons de ce passage pour ne pas l’oublier…
TROISIÈME LIVRET :
Abstractions et réalités

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Passage de l’abstrait au concret
Vous l’identifiez d’entrée… Inutile de faire comme si vous ne saviez pas… Oui
c’est ici, devant vous… ABSTRAIRE
Pourquoi diantre cela est-il négatif ?… Parce que cela va de soi, tout simplement…
Pas besoin d’être un grand intellectuel pour le savoir… Pour savoir qu’ils sont liés,
et que l’on passe constamment du concret à l’abstrait (l’inverse est plus rare)

Toujours est-il que l’intelligence s’en mêle, et qu’il y a interprétation ou non…
Interpénétration (s) devrai-je dire, car c’est une dynamique… L’un ne se fait pas sans
l’autre. À n’importe quelle concavité correspond une convexité, et inversement… C’est
ainsi qu’il faut voir les choses et non autrement…

De tout temps, peintres et sculpteurs ont connu et utilisé le pouvoir que possèdent
les lignes, les volumes et les couleurs… Tous ont rêvé de constituer des ensembles
ordonnés, capables d’agir sur la sensibilité et la pensée… Mais ils n’estimaient pas
pouvoir dissocier son évocation plus ou moins ressemblante au monde visible…

Ce n’est qu’à partir de 1910 environ que certains renoncent à la représentation… Et
il faudra attendre Kojeve pour rétablir cette loi, quand celui-ci dira que représenter un
arbre est toujours de l’abstraction alors qu’une ligne aussi brisée soit-elle sera toujours
concrète et réelle pour ainsi placer Kandinski dans les peintres concrets et les natures
mortes de Cézanne dans la peinture abstraite…
On l’avait déjà pensé, mais à quoi pensait-on au juste en classant ainsi de côté
l’abstrait hors du concret sans l’avoir analysé ?… Et l’accepter en tant que tel ?… Car il
s’agit bien de cela… D’une vaste entreprise de fumisterie… Les questions fusent :
Qu’est-ce que ça représente ?… Dit-on communément, sans jamais se demander si
cela n’est pas pour soi ? Non on préfère nier… Vaste entreprise disais-je, mais ô
combien effective et je mesure mes mots…
Quel effet vous fit, la première fois, l’abstraction ?… C’est quasi mathématique…
Car même si vous ne l’êtes pas, le fait est indéniable… Qui que l’on soit la forme
abstraite vous traverse, elle vous structure depuis l’enfance.

La pensée abstractive… C’est un fait… Mais vous préférerez sans doute dire qu’elle
objective…
La différence vous semble claire, alors qu’il n’y en a aucune, et que tout un chacun
l’a côtoie à tout instant… Puisqu’en effet il n’y a pas de sujet sans objet, quelque qu’il
soit, du plus simple au plus compliqué, ils sont indissociables du champ relationnel…

Leur opération est le fruit d’une abstraction, où l’un est l’équation de l’autre…
Seule inconnue : Leur réalité…
À envisager non pas comme un résultat, mais comme une donnée manifeste, cellede leur existence
L’histoire du concret, jusqu’ici on connaissait… Il allait de soi, n’est-ce pas, en
réduisant par là même, celle de l’abstrait à néant ?… Pour l’illustrer, il suffit d’une grille
de lecture, non pas comme un calque…
Mais juste comme un quadrillage, qui vous restituerait l’abstrait dans le concret et
inversement… Comme des vases communicant, où rien ne se perd et tout se
transforme… Cela reste énigmatique…
C’est toute l’histoire de Meurtre dans un jardin anglais de Peter Greenaway où le
coupable se perd lors de la réalisation d’un tableau… dans lequel la preuve de sa
culpabilité sera incluse et cachée… comme si le geste rejoignait la parole…
Aussi rendrons nous à César, ce qui est à César, car c’est bien d’un art qu’il s’agit,
et de maturité…
Pour beaucoup, le concret est assimilé au réel sans que l’on en isole une notion de
qualité ou de relation, en désignant le sujet lui-même, alors que l’abstrait lui en serait
indépendant…

C’est tout bonnement l’inverse :
On s’aperçoit du pouvoir des mots et que cela a une limite, puisque en effet, ils ne
peuvent se définir l’un sans l’autre… Non l’abstrait n’est pas séparé du monde concret
et indifférent à ce qui s’y passe, puisqu’il est ce qui le qualifie… voire le définissant en
tant que tel… Que deviendrait le concret sans le sujet s’y référant ?… L’un n’est pas la
négation de l’autre… On l’a déjà dit…

Mais le passage de l’un à l’autre est systémique, même si ce mot ne correspond à
aucun système prédéfini, on sait de quoi il retourne… C’est lui qui nous définit… Sinon
que pourrions-nous dire des longues files d’attente devant une exposition de Picasso ?…
Qu’elles sont virtuelles ?…
Ira-t-on jusqu’à considérer les œuvres en tant que telles ?…
Cette aberration ne vous échappe pas, elle sera toute la question de ce début de 21e
siècle… En ira-t-il de même pour la culture en général ?…
STRUCTURES ABSTRAITES
Hélas oui, voilà ce qui se passe… Finies les œillères, ouvrons les yeux, sur le
désastre… Que personne ne le veuille, c’est une chose, mais que personne n’aille contre
et prenne position dans la vie de tous les jours, c’en est une autre…
Aurait-on peur à ce point-là ?… Oui, bien sûr, c’est tellement évident de ne pas
savoir, et de faire comme si l’on savait… Tellement que l’on est face à ce mensonge
généralisé, tout à fait prêt à le dénoncer chez autrui, mais aucunement chez soi…
Ré-écrire et re-penser le réel, c’est peindre le quotidien avec des mots choisis
abstraitement et les ranger concrètement comme des meules de paille après la moisson,
prêtes à être engrangées… en les ayant ramassées à la hâte peu avant l’orage, comme
dans le tableau de Millet… Fort heureusement d’autres sont passés par là…
Oui il y avait les Calligrammes de G. Apollinaire et avant lui ceux de Mallarmé, et
son Coup de dés, certainement précurseur de certains surréalismes qui vinrent après…
Mais c’est bien de cette pensée là qu’il s’agit, elle n’est pas unique voyez-vous ? Elle a samémoire…, une certaine mémoire dirons-nous, laissée en héritage, et que pourtant l’on
refuse… Voilà jusqu’où va le mensonge !…

Mémoire abstraite ?… Qu’est-ce donc là ?… Connaissez-vous des mémoires qui ne
le soient pas ?… Non certes non… Alors à quoi joue-t-on… si ce n’est avec la mémoire
de chacun ?… C’est grave… Oui grave au sens de graver…
Ce sera gravé dans les mémoires pour toujours ou plus du tout, et alors c’est la
mémoire elle-même qui est en partance pour on ne sait quelle autre réalité, si ce n’est
celle d’une destruction… Destruction d’une mémoire par une autre… Croyez-vous que
cela va durer longtemps ?…

L’Inconscient trie dans votre réel ce qui pourrait bien l’en rapprocher… Cela
s’appelle Le Désir… et ça fonctionne très bien….
Mais bientôt, cela sera : Dis-moi ton désir et je te dirai le mien… Inutile de vous
dire que cela a commencé bien avant que vous naissiez, et qu’il y a des tabous… Tout le
monde le sait, alors pourquoi cette question vous revient-elle comme un boomerang ?…

Ici c’est quoi ?… demandez-vous… Eh bien oui, ici c’est la destinée surréaliste
d’une jeune femme ou d’un jeune homme pauvres que l’on retrouve chez Zweig,
Berberova ou Dostoievski… Similaire dans leurs aspects populaires, mais rangée à une
condition supérieure, lorsque ceux-ci accèdent, au monde des sentiments… Une richesse
de l’âme… propre à chacun…
Comment ne pas comparer cette accession à cette autre, celle à laquelle on parvient
également en les lisant ?…

Simple effet d’intelligence(s), qui n’aura d’effet que si vous êtes sensible et non par
je ne sais quelle politisation appropriée, quand on sait la finesse de perception de ces
auteurs…
Nous comprenons qu’il y ait là un autre monde, du fait de cette simplicité de vue…
Et si vous ne le trouvez pas simple, affinez la perception et enchaînez :
Vous connaissez Spinoza ?
Eh bien on raconte qu’il a gardé son manteau, percé d’un coup de couteau, toute sa
vie… Une sinécure !
Est-ce vraiment ce que cela vous évoque ?… Une sinécure chez tous ces écrivains ?
… Certes mais bien plus aussi : une signature et un défi ?… Oui tout cela… N’en
retenez qu’une partie, et vous aurez tout le reste en filigrane…
CONCLUONS PAR LA PAROLE
La façon dont les gens parlent s’intéresse à nous… Freud nous l’a fait
comprendre… Il n’y a pas de répit… Il faut tout le temps reprendre notre ouvrage… La
tâche est ardue…
Alors on refait… Tant que cela n’ira pas… dans le sens d’une mort lente et
consumée qui ne viendra pas… Toutes seraient-elles donc vouées à la même destinée ?
Et comment donc une pensée pourrait-elle finir ?…
Les exemples pullulent… Est-ce suffisant pour qu’on s’y arrête ?… Oui…Et stop… oui stop aux réalités qui n’en sont pas… Stop à tous ces diktats et leurs
pouvoirs tentaculaires, qui n’ont plus rien de mythologiques… Et entrons dans cette ère
nouvelle, qui n’aurait plus rien d’une dictature, puisque ce sera là toujours une question,
qui viendra là en parallèle à celle de la Liberté… Ne renoncez pas !… Et laissons à cette
pensée cadenassée une chance de s’individualiser pour en finir chez l’autre…