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L'épopée fatale

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Description

Vers la fin du dix-huitième siècle l'exploration du Pacifique se développa rapidement grâce aux grands navigateurs anglais et français. Injustement méconnu est le voyage de Surville dont le navire traversa l'océan en 1769-1770. Il redécouvrit les Salomon et fit escale au nord de la Nouvelle-Zélande, où il établit des relations et échanges pacifiques avec les maoris. Dévoué à son équipage, il périt noyé près des côtes du Chili. C'est cette fabuleuse et tragique aventure que nous conte le professeur Dunmore.

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 01 décembre 2009
Nombre de lectures 108
EAN13 9782296931107
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0005€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

L’ÉPOPÉE FATALE :
LE VOYAGE DE SURVILLE
1769-1770
© L’Harmattan, 2009
5-7, rue de l’Ecole polytechnique ; 75005 Paris

http://www.librairieharmattan.com
diffusion.harmattan@wanadoo.fr
harmattan1@wanadoo.fr

ISBN : 978-2-296-10614-7
EAN : 9782296106147

Fabrication numérique : Socprest, 2012
Ouvrage numérisé avec le soutien du Centre National du Livre
John Dunmore


L’ÉPOPÉE FATALE :
LE VOYAGE DE SURVILLE
1769-1770


Traduction revue et augmentée de
The Fateful Voyage of the St Jean Baptiste
(Prix Wattie du Meilleur Livre, Nouvelle-Zélande)
LETTRES DU PACIFIQUE

Collection dirigée par Hélène Colombani,
Conservateur en chef des bibliothèques (ENSB), Chargée de mission pour le livre en Nouvelle-Calédonie, Déléguée de la Société des Poètes Français, sociétaire de la SGDL.

Cette collection a pour objet de publier ou rééditer des textes (romans, essais, théâtre ou poésie) d’auteurs contemporains ou classiques du Pacifique, ainsi que des études sur les littératures modernes, les traditions orales océaniennes (mythologies, contes et chants) et les Sciences Humaines.
Contact : helsav@mls.nc

Déjà parus dans la Collection :

1. Les terres de la demi-lune. Nouvelles calédoniennes et du Pacifique par Hélène Savoie, 2005.
2. L’Ile-monde, Nouvelles par Dany Dalmayrac, 2005.
3. Mystérieuses civilisations du Pacifique, Essai par Christian Navis, 2005.
4. Du rocher à la voile,. Recueil de récits et nouvelles de 14 écrivains du Cercle des Auteurs du Pacifique (CAP), 2006.
5. Les Montagnes du Pacifique. Roman marquisien de Dominique Cadilhac, 2006.
6. Coup de soleil sur le Caillou. Nouvelles, par J. Poul, 2006.
7. Colons, créoles et coolies. Essai sur l’apport créole en Nouvelle-Calédonie et le Tayo de Saint Louis, par Karin Speedy, (Université d’Australie), préface de Bernard Brou 2007.
8. Quel ennui ! Essai philosophique et littéraire par Alain Jay, 2007.
9. Show Pacifique (Manou et nœud papillon ). Témoignage par Gilbert Thong, préface de Marie Claude Tjibaou, 2007.
10. La France dans le Pacifique, les enjeux de la puissance, par Nathalie Mrgudovic, (Université, UK), préfacé par Michel Rocard, 2008.
11. L’oeil en coulisses. Mémoires de scène, par Régine Reyne, préface d’Annie Cordy, 2008.
12. L’administration des affaires aborigènes en Australie depuis 1972. Thèse par Isabelle Auguste, (Université Réunion/Australie), 2008.
13. Le « Calédonien » . Roman de J. Poul, 2008.
14. Negropo rive gauche, le roman calédonien, par J. delatière, préface d’Hélène Colombani, 2008.
15. Segalen, l’Irruption de la langue tahitienne dans les Immémoriaux par Camille Coldrey, essai littéraire, (PF), 2009.
16. L’épopée fatale : le voyage de Surville (1769-1770) par John Dunmore, Prix Wattie du meilleur livre (traduit du Néo-Zélandais), 2009.
17. Les Terres de la demi-lune (Nouvelles), par Hélène Savoie, 2ème édition bilingue, présentée et traduite par Karen Speedy (Université de Macquarie, Australie), 2009.
18. Chaque nuage est nimbé de lumière, roman par Annick Le Bourlot, 2009.
19. Histoires fantastiques de Nouvelle-Calédonie, Tome 1. Le boucan par Gérard Devèze, 2009.
20. Archéologies interdites Eurasie-Pacifique, essai par Christian Navis, 2009.
21. Veriduria 2110, roman d’anticipation par Julien ALI, 2009.
Ouvrages du même auteur sur le Pacifique

Aventures dans le Pacifique , Reed Wellington, 1967.
French Explorers in the Pacific , 2 t., Oxford, 1965-1969.
The Fateful Voyage of the St Jean-Baptiste , Pegasus, Christchurch, 1969.
Les Explorateurs français dans le Pacifique, (trad. par Georges Pisier), 2 t., Editions du Pacifique, Papeete, 1978-1983.
The Expedition of the St Jean-Baptiste , Hakluyt Society, Londres, 1981.
Pacific Explorer : The Life of La Pérouse, Naval Institute, Annapolis, 1985.
Le Voyage de Lapérouse , (co-auteur Maurice de Brossard), 2 t., Bibliothèque nationale de France, Paris, 1985
La Pérouse : Explorateur du Pacifique , Payot, 1986.
Fragmens du dernier voyage de La Pérouse , 2 t., National Library, Canberra, 1987.
New Zealand and the French, Heritage Press , Waikanae, 1990.
Who’s Who in Pacific Navigation, University of Hawaii, 1991.
The French and the Maori, Heritage Press, Waikanae, 1992.
The Journal of Jean-François de La Pérouse, 2 t., Hakluyt Society, Londres, 1994-1995.
Visions and Realities, France in the Pacific 1695-1995, Heritage Press, Auckland, 1997.
A Chronology of Pacific History, Heritage Press, Auckland, 2000.
Monsieur Baret : The First Woman around the World, Heritage Press, Auckland, 2002.
The Pacific Journal of Louis-Antoine de Bougainville , Hakluyt Society, Londres, 2002.
Storms and Dreams : Louis de Bougainville , Exisle, Auckland, Melbourne, 2003.
La Peyrouse dans l’isle de Tahiti, Modern Humanities Research Association, Londres, 2006.
Mrs Cook’s Book of Recipes for Mariners in Distant Places, Auckland, Melbourne, Londres, 2006.
Where Fate Beckons : The Life of La Pérouse , Exisle, Auckland, 2006.
La Vie de La Pérouse , (trad. par Didier Debord), Privat, Toulouse, 2006.
From Venus to Antarctica : The Life of Dumont d’Urville, Exisle, Auckland, 2007.
Remerciements


Nous remercions en particulier, Henri-François Buffet, l’historien de Port-Louis et l’auteur du "Voyage à la découverte du port-louisien Surville" paru dans les Mémoires de la Société d’histoire et d’archéologie de Bretagne (1950), le docteur R.R.D. Milligan pour ses recherches dans le nord de la Nouvelle-Zélande et son article ‘‘ Ranginui, Captive Chief of Doubtless Bay" paru dans le Journal of the Polynesian Society (1858), Derric Vincent pour ses travaux à Doubtless Bay (y compris une pièce de théâtre, ‘‘ The Lilies Wither", qu’il écrivit en 1975 pour commémorer le voyage), Kelly Tarlton pour ses recherches sous-marines, Isabel Ollivier et Cheryl Hingley pour leur édition d’extraits des journaux, et les divers archivistes de la Bibliothèque nationale de France, de l’Alexander Turnbull Library de Wellington, et des Archives nationales et de la Marine à Paris, Vincennes, Brest et Lorient, qui se sont toujours montrés prêts à me guider vers leurs nombreux dossiers ou à répondre aux questions.
Mes plus grands remerciements également vont à Madame Hélène Colombani, chargée de mission pour le Livre du gouvernement de la Nouvelle-Calédonie et directrice de cette collection, dont je salue le travail, pour avoir permis et soutenu cette édition en Français dans sa collection, pour son suivi éditorial et pour sa relecture complête de ma traduction, de même qu’au regretté Bernard Brou, Président et fondateur de la Société des Etudes historiques de Nouvelle-Calédonie, et à Madame Chantal Lescane, qui l’ont relu.
Modèle d’un vaisseau semblable au St Jean-Baptiste.
Avant-Propos
En 1752, Pierre de Maupertuis écrit sa célèbre Lettre sur le progrès des sciences. Lue et discutée à une réunion de l’Académie de Dijon, elle encouragea Charles de Brosses à continuer ses travaux et à terminer son Histoire des navigations aux Terres Australes . Elle parut en deux tomes en 1756 et fut traduite, ou plutôt John Callender se l’appropria et en fit cinq tomes, publiés à Londres en 1766-1768 sous le nom de Terra Australis Cognita.
L’emprise espagnole sur l’Océan Pacifique, ce « lac espagnol » comme l’a baptisé l’historien australien Oscar Spate {1} , touchait à sa fin. De Brosses dans son livre faisait appel à la France : il y avait tellement à explorer, tellement à découvrir, la France ne devait pas l’ignorer. Callender, pour sa part, lançait le même appel à la Grande-Bretagne. Et les savants, partout en Europe, se mettaient de la partie. Le Siècle des Lumières brillait de tout son éclat. Les Encyclopédistes étaient en plein labeur, Rousseau écrivait ses Discours qui allaient remettre en question la structure sociale, Voltaire renchérissait, se moquant un peu des idées de Maupertuis, tandis qu’à Londres la Royal Society devenait de plus en plus puissante dans la sphère des savants et des hommes politiques anglais. Le Pacifique n’était plus un monde lointain, indifférent aux grandes puissances. Tout au contraire, il s’ouvrait à elles, avec toutes ses îles, grandes et petites, vraies ou imaginaires, ses continents et ses terres riches, encore mystérieuses, mais qui n’attendaient qu’à être conquises.
De Brosses, homme méthodique, avait divisé l’Océan en trois parties, comprenant l’Australasie vers le sud-ouest, la Polynésie et sa multitude de petites îles, au centre, et la Magellanique du sud-est. Ce dernier nom a disparu, mais les deux autres, auxquels un jour Dumont d’Urville ajoutera la Mélanésie, ont survécu. De Brosses croyait fermement à l’existence d’un continent austral, nécessaire pensait-on au bon équilibre de la planète, si pleine de terres dans l’hémisphère nord. Il croyait aussi à ce que l’on appelait la Terre de Gonneville, découverte par un capitaine normand au début du seizième siècle, et que des navigateurs comme Bouvet de Lozier avaient recherchée depuis lors, mais sans succès {2} .
Mystérieuse également, cette Terre de Davis ou de David située quelque part dans le sud-est du Pacifique et découverte, disait-on, par un boucanier anglais. Le nom de David suggérait des liens avec le Moyen-Orient, tout comme les îles de Salomon dont on parlait depuis longtemps. Y avait-il, comme certains le croyaient, une colonie d’Israélites cachée quelque part dans ces îles ? Dans l’affirmative, on pouvait penser que l’on pourrait alors commercer avec eux.
Coloniser, Commercer, Convertir. Ce furent les objectifs des Espagnols pendant plus de deux siècles, mais finalement ils avaient fini par comprendre qu’ils avaient assez à faire avec leurs colonies d’Amérique du Sud et d’Amérique Centrale, jusqu’aux abords du Canada et des Philippines. Le Galion de Manille, au moins une fois par an, apportait les trésors de l’Orient que l’on envoyait, avec l’or des établissements d’Amérique, vers Madrid. De nouvelles colonies en Polynésie seraient coûteuses à établir et à maintenir, sans résultat garanti. Quant à la conversion des insulaires, les tentatives pour en faire de bons croyants, Alvaro de Mendana et Pedro de Quiros l’avaient prouvé, s’avéraient trop difficiles sans une assise solide et permanente. L’Espagne s’était donc tournée vers l’Europe que déchiraient de nouvelles guerres. En guise d’hommage, ses navigateurs avaient saupoudré l’océan de noms espagnols de saints, de nobles, ou descriptifs, mais leurs cartes manquaient de précision et le plus souvent les cartographes ne savaient pas exactement où les situer. De Brosses avait fait de son mieux pour remettre tout en ordre, mais maintenant l’exploration s’imposait. Il fit appel à la marine française. Callender de son côté fit appel à la marine britannique.
Toutefois avant de se lancer à travers le grand Océan, il fallait attendre la fin de la Guerre de Sept Ans qui avait commencé en 1756 et qui paraissait interminable aux savants et géographes de l’époque,. L’Angleterre, alliée à la Prusse, combattait la France soutenue par ses alliés l’Espagne, l’Autriche et la Russie. Chacun avait son programme particulier. À part ces échauffourées qui n’en finissaient pas en Europe, on se battait aussi en Amérique du Nord, aux Antilles et en Inde. Quant le Traité de Paris mit fin à cette guerre pour ainsi dire mondiale, en 1763, le Canada français était effacé de la carte et seuls quelques établissements français survivaient en Inde, débris du grand empire dont Dupleix avait rêvé. Les sociétés savantes pensaient que l’on pourrait maintenant commencer ces voyages d’exploration si importants à leurs yeux, mais les Ministres du Trésor répondirent que leurs caisses étaient vides. Louis Antoine de Bougainville partit quand même pour les îles Falkland – ou plutôt les Malouines, les îles de Saint-Malo -principalement à ses frais, et pas pour un voyage scientifique, mais pour y installer une petite colonie française composée surtout d’Acadiens réfugiés de la guerre d’Amérique, et pour empêcher les Anglais d’y installer un poste pour préparer leurs futures expéditions vers le Pacifique. Il dut d’ailleurs bientôt la remettre aux Espagnols qui revendiquaient « leurs » Malvinas, craignant qu’une colonie française ne fît que compliquer les choses.
De son côté, l’Angleterre n’attendait que la fin de la guerre pour envoyer une première expédition vers le Grand Océan. Dès juin 1764 le Dolphin et le Tamar, partirent sous le commandement de John Byron. Il avait déjà fait le tour du monde en 1740-44 sous George Anson, un voyage qui était motivé moins par la soif du savoir que celle de l’or, car Anson passa la plus grande partie de son temps à attaquer les galions espagnols et leurs riches cargaisons d’or et d’argent. Byron fit quelques découvertes, mais ne réussit pas à retrouver les îles de Salomon comme il l’espérait. Bien plus important fut le voyage de Samuel Wallis, accompagné au début par Philip Carteret qui avait fait son tour du monde avec Byron. Le mauvais temps les sépara. Carteret termina son voyage en passant par le nord de la Nouvelle-Guinée et les Philippines.
Wallis, par contre, traversa les Tuamotu et fut le premier Européen à découvrir Tahiti. Mal reçu au début par les insulaires qu’il fut forcé de calmer par quelques coups de feu, il put reposer ses hommes et obtenir des fruits et d’autres denrées, pendant que l’équipage découvrait les charmes des Tahitiennes. Les rapports qu’il fit de ce bref séjour furent bien reçus par les administrateurs et les savants et, embellis par les anecdotes que ses matelots répandaient dans tous les ports où ils s’arrêtaient, et qui contribuèrent à créer le mythe de Tahiti et des paradis océaniens. Ce fut toutefois l’expédition de Louis Antoine de Bougainville qui arriva à Tahiti quelques mois plus tard, le 6 avril 1768, qui joua le rôle principal dans la création du mythe. Les Tahitiens, après la visite de Wallis, savaient ce que ces hommes blancs désiraient : de l’eau fraîche, de la nourriture et des jeunes femmes. Il fut immédiatement entouré de canots apportant des fruits et des nymphes polynésiennes. Bougainville en fut tellement frappé qu’il nomma l’île La Nouvelle Cythère, inspiré par l’île grecque où la déesse Aphrodite était apparue sortant des eaux.
Mais surtout son botaniste, le bouillant Philibert Commerson, enthousiasmé par tout ce qu’il voyait, écrivit à ses amis parisiens qu’on avait découvert l’homme naturel, ce Bon Sauvage, dont on parlait depuis si longtemps. Les philosophes, contemplant la société rigide et très structurée du monde européen, pensaient qu’en des temps anciens l’homme était libre et heureux. Jean-Jacques Rousseau dans ses écrits, avait suggéré que la propriété qui mène à l’égoïsme, à la jalousie, à l’oppression, et finalement aux guerres, était source de tous les maux. Si l’on pouvait trouver dans un coin isolé du monde, une société ou simplement une tribu, où régnerait la bonne entente, le partage des biens, et par conséquent où l’amour triompherait, sa théorie serait prouvée. On pensa trouver cette preuve dans certaines régions de l’Amérique récemment découverte, or – et Bougainville qui avait combattu au Canada et connaissait bien les Indiens le savait – les guerres, les vols, la mauvaise entente et la cruauté semblaient y régner autant qu’en Europe ou qu’en Asie. Mais Commerson était certain de l’avoir trouvée dans les îles du Pacifique, belles, jouissant d’un bon climat et d’une abondance de fruits qui attendaient qu’on les cueille. Sans aucun doute, c’était là le royaume de l’amour : les jolies femmes accueillaient avec des rires les matelots de La Boudeuse et de L’Etoile, et ne cherchaient même pas l’abri d’une case ou d’un bosquet pour se livrer aux jeux de l’amour. Il écrivit un rapport dithyrambique qui parut dans le Mercure de France en novembre 1769, qui fit sensation parmi ses lecteurs.
L’année suivante, ce fut James Cook qui vint à Tahiti pour y observer le transit de la planète Vénus. Après Aphrodite, Vénus ! Mais en réalité Tahiti était fort bien située pour les travaux scientifiques que la Royal Society désirait effectuer. La planète ne passe devant le soleil qu’à des intervalles d’une centaine d’années, et il ne fallait pas manquer ce phénomène important pour les astronomes, les géographes, et le monde scientifique en général. À bord de l’ Endeavour de Cook se trouvait le botaniste Sir Joseph Banks qui jouerait un rôle important dans le monde scientifique européen jusqu’à sa mort, en 1820. Homme riche et de bonne famille, il était accompagné – à ses frais – de quatre domestiques, de deux artistes, d’un secrétaire et de deux chiens. Quand il voulut repartir avec Cook pour un second voyage sur la Resolution, il demanda des places à bord pour une suite de quinze personnes, savants, dessinateurs, domestiques et autres. James Cook cette fois perdit patience, et Banks ne fit pas son deuxième tour du monde.
Cook domina l’exploration du Pacifique jusqu’à sa mort à Hawaii en 1779. Les Français pouvaient quant à eux, se prévaloir du voyage de Bougainville qui, après Tahiti, avait continué à faire route à travers les îles de Tonga et des Nouvelles-Hébrides jusqu’aux abords de la Grande Barrière de Corail, et était remonté vers la Louisiade, les Salomon et la Nouvelle-Guinée, complétant son tour du monde par l’Océan Indien et le Cap de Bonne-Espérance. Le voyage de Jean-François de Surville suivit, ainsi que celui de Marion Dufresne en 1771, mais ces deux expéditions n’étaient pas effectuées par des navires de la Marine française. Il faudra attendre la fin de la Guerre de l’Indépendance Américaine pour que la France envoie Jean-François de Galaup de la Pérouse avec l ’Astrolabe et la Boussole, grande expédition qui durera de 1785 à 1788 et se terminera par son tragique naufrage sur la petite île de Vanikoro.
Ce fut la fin des grands voyages du dix-huitième siècle. Les Espagnols, qui s’inquiétaient de toutes ces expéditions qu’ils jugeaient dangereuses pour leur monopole, envoyèrent Felipe Gonzalez avec deux navires en 1771-1780, Domingo de Bœnechea en 1772, suivi de Felipe Thompson l’année suivante, de Cayetano Langara en 1775 et de Francisco Maurelle en 1780, mais à part le dernier, ce ne furent que des voyages assez courts et sans grande importance. Bon nombre de navires britanniques, principalement des marchands à la recherche de fourrures, apparurent en 1770-1780, mais la guerre d’Indépendance Américaine menaçait depuis 1760, et éclata finalement en 1775. Après la mort de Cook et celle de La Pérouse, on ne voit plus de grandes expéditions, exception faite de celle de Bruny d’Entrecasteaux, envoyé à la recherche de La Pérouse en 1791-1792.
Les voyages de Surville et de Marion Dufresne avaient été entrepris par des capitaines de la marine marchande, que l’on appelait « les bleus » d’après la couleur de leur uniforme qui les distinguait des officiers de la marine royale, « les rouges », appartenant presque tous à la noblesse. Les bleus travaillaient surtout pour la grande Compagnie française des Indes, créée à l’initiative du banquier écossais John Law et qui avait absorbé les anciennes compagnies, telles que la Compagnie du Sénégal, la Compagnie de la Chine, et celle des Indes orientales. Les plans grandioses de Law s’étaient écroulés, mais la Compagnie française des Indes, refondue en 1722, avait pu survivre en concentrant son commerce sur l’Océan Indien, en particulier l’Île-de-France (l’Île Maurice de nos jours) et les établissements français en Inde. Quand Dupleix devint gouverneur des Indes françaises en 1742, son avenir semblait des plus prometteurs, mais il dut quitter son poste et abandonner ses projets en 1754, bientôt la Guerre de Sept Ans mit fin à tous les rêves. Finalement, au bord de la faillite, la compagnie perdit son monopole et fut dissoute en 1769. Dans un sauve-qui-peut général ses officiers se mirent à la recherche de projets commerciaux qui pourraient réussir dans un monde qu’ils connaissaient bien et leur offrir de nouveaux débouchés. C’était d’ailleurs ce que certains contrôleurs des finances avaient suggéré quand la Compagnie leur demandait des subsides : le commerce indépendant est souvent plus productif qu’un monopole traditionnel ancré dans un passé révolu.
Surville l’avait bien compris et dès 1765 il avait élaboré des plans qu’il avait discutés avec Jean Law de Lauriston qu’il conduisait à Pondichéry, à l’époque du Duc-de-Praslin.

*

Jean-François Marie de Surville est né le 18 janvier 1717 au Port-Louis, l’ancien Blavet. De l’autre côté, l’on pouvait voir le port de Lorient – ce florissant L’Orient dont le nom évoquait tout le mystère et les richesses des Indes et de la Chine, et où se trouve maintenant le Musée de la Compagnie des Indes. Le jeune garçon fut attiré par la mer et embarqua à l’âge de dix ans sur un des vaisseaux de la Compagnie.
Les Surville étaient d’origine normande, le père, Jean de Surville ne s’était installé au Port-Louis qu’en 1695. Receveur des fermes du Roi, représentant de l’Intendant, contrôleur de l’hôpital, banquier et négociant, il avait bien réussi, ayant conclu de bons mariages, le premier avec Marie Barbe, fille d’un armateur qui lui avait apporté une belle dot, et devenu veuf, avec Françoise Mariteau de Roscadec, également fille d’un armateur et nièce de Bréart de Boisanges, l’un des directeur de la Compagnie des Indes Orientales. Cette dernière était la mère de Jean-François. Sa sœur aînée, Catherine, épousa Louis de la Motte qui devint à son tour receveur des fermes ; deux autres se marièrent avec des officiers de la Compagnie, tandis que son frère aîné René Louis, également capitaine de la Compagnie, servit dans la Marine royale en tant qu’officier bleu, trouvant la mort en 1759 lorsqu’il était commandant du Centaure . René Louis laissait un fils, Hughes Jean-Marie, que son oncle prit sous sa tutelle et qui embarqua avec lui sur le St Jean-Baptiste.
Surville eut une belle carrière, tant avec la Compagnie qu’en tant qu’officier bleu. On le trouve au Bengale en 1740, en Chine en 1743, mais prisonnier des Anglais en février 1745, lors de la Guerre de la Succession d’Autriche. Libéré peu après, il rentre en France et sert sur le Duc de Béthune. Prisonnier de nouveau, il ne sera libéré qu’à la fin de la guerre, en juillet 1748. De nouveau employé de la Compagnie, avec quelques intervalles de service sur des vaisseaux du Roi, il s’installe aux Mascareignes et aux îles de France et de Bourbon, où il achète des terres. Quand la guerre éclate de nouveau, la Guerre de Sept Ans comme on l’appellera, il redevient officier bleu, sous le commandement du Comte d’Aché. Il prend part à plusieurs combats, notamment à Cuddalore et à Porto Novo. Blessé, il reçoit la Croix de Saint-Louis en mars 1759.
Quelques mois plus tard, son frère René Louis sera tué. Nommé capitaine du Centaure , de soixante-dix canons, il sera transféré un peu plus tard sur le Fortuné et fera partie de l’escadre de l’amiral de Saint-Georges. La guerre finie, il rentre en France avec le régiment de Cambrésis, puis fera un voyage sur le Duc-de-Praslin en avril 1764 qui l’amènera aux Indes où il pourra constater que les Anglais ont gagné la partie et que la Compagnie française s’effondre. De retour en France en 1766, il commence à élaborer des plans pour une série de voyages commerciaux aux Indes et en Chine. Il obtient le soutien de deux négociants de Lorient, Bourgeois et Gallois, ainsi que celui de Jean Law de Lauriston et de Jean-Baptiste Chevalier, le gouverneur de Chandernagor, tous deux bien résolus à reconstruire les postes français aux Indes. Il fera construire le St Jean-Baptiste à Nantes, le 3 juin 1767 il fait voile pour l’Île-de-France. Il arrive à l’estuaire du Ganges en mars 1768, redescend vers Ceylan, puis se dirige sur Madras et d’autres ports indiens, achetant et revendant, entre autres, du sel. Tout cela n’est qu’un prélude au commerce entre les Indes, l’Extrême-Orient et la France, selon le plan qu’il a élaboré avec ses partenaires. Deux négociants français installés aux Indes s’intéressent maintenant au projet, les frères Delaissière, également bailleurs de fonds. Ce n’est que plus tard, rendu à Pondichéry que tout change : ce qui avait été envisagé comme de simples voyages commerciaux, deviendra un voyage d’exploration dans le Grand Océan.
En septembre 1750, Surville avait épousé Marie Jouanneaulx, de Nantes. Ils eurent deux fils, Jean-Louis et Jean-François, qui tous deux devinrent officiers des armées du Roi et prirent part à plusieurs batailles lors de la Guerre de Sept Ans. Jean-François, officier du régiment d’Artois, fut mortellement blessé lors du siège de Pondichéry de 1778. L’aîné Jean-Louis, capitaine du régiment d’Artois, n’aurait pas eu de famille et la lignée de l’explorateur disparaîtra avec lui.

Guillaume Labé était également breton. Né à Saint-Malo, il embarqua assez jeune et s’établit quelque part en Indes. On ne trouve pas son nom sur les registres de la Compagnie des Indes, ni sur ceux de la marine royale, mais il est certain qu’il avait beaucoup navigué, y compris pour la Compagnie, et avait servi en tant d’officier bleu lors des guerres de la Succession d’Autriche et de Sept Ans. On sait qu’il fut un des officiers du Merry, un navire appartenant à la Compagnie qui fut plus tard vendu à des armateurs indiens. Après son retour en France en 1773, on le nomma capitaine de brûlot, rang qui était réservé à des navigateurs qui avaient fait leurs preuves et rendu des services à la marine lors d’une ou plusieurs campagnes. On ne peut mettre en doute le fait que c’était un homme respecté, marin et négociant aisé, vu sa participation financière importante à l’expédition du St Jean-Baptiste – il déclara à son retour, avoir perdu plus de 58 000 livres sans pour autant se considérer comme ruiné. Plus âgé de quelques années que Surville, sa santé n’était pas très bonne et il pensa s’établir à terre quelque part en Inde française, plutôt qu’à l’Île-de-France, il demanda, au cas où il perdrait la vie durant ce voyage, que sa femme reçoive une pension libellée en roupies.
Ceci explique pourquoi Surville l’avait choisi comme second. C’est un homme sérieux, digne de confiance, un excellent marin ; mais cela explique également pourquoi il paraît si souvent maussade et grincheux. Quand il se retrouva commandant du navire et captif des Espagnols, il tempêta contre « l’infâme » représentant du gouverneur espagnol, Demetrius Egan. Mais il ne perdit jamais le respect de ses supérieurs. Dès son retour, la marine lui offrit un poste de capitaine, et quand il décida de retourner aux Indes, il le fit en tant que capitaine d’un vaisseau appartenant à Jean-Baptiste Chevalier, gouverneur de Chandernagor et l’un des membres du Syndicat qui avait envoyé le St Jean-Baptiste dans l’Océan Pacifique.

Pierre Antoine Monneron, le premier lieutenant et l’écrivain – ou le secrétaire – de l’expédition, venait d’Annonay en Vivarais. Son père, avocat au Parlement et agent de la gabelle, avait épousé Barbe Catherine Arnaud qui faisait partie de la famille de Dupleix. Pierre Antoine n’avait que vingt-deux ans quand le St Jean-Baptiste appareilla, mais il avait déjà travaillé pour la Compagnie des Indes comme d’ailleurs plusieurs de ses frères. L’aîné, Charles Claude Ange, qui avait commencé sa carrière dans le bureau du frère de Dupleix, et plus tard travailla pour la Compagnie, était membre du Conseil Supérieur de Pondichéry depuis février 1769. Un autre, Pierre-Mérault, partira avec La Pérouse en 1785 et disparaîtra avec lui à Vanikoro. Quand viendra la Révolution, plusieurs seront élus députés, y compris Pierre Antoine et son frère Jean-Louis qui représ enta Pondichéry à l’Assemblée Constituante. Guillaume Labé avait tendance à mépriser un peu ce jeune homme qui n’était pas vraiment marin, mais en tant que représentant à bord du Syndicat il était le porte-parole d’hommes puissants tels que Chevalier et Law de Lauriston. Il s’entendait fort bien avec Surville qui connaissait sa famille et le rôle important qu’on lui avait confié à bord.

Jean Pottier de l’Horme, lieutenant, était né à Saint-Malo en 1738. Embarqué comme les autres dès sa jeunesse, il part pour les Indes et travaille pour la Compagnie en tant qu’officier de côte. On le trouve lieutenant, sur l ’Ajax en octobre 1765, faisant route de l’île de France pour Lorient, où il arrive en mai 1766. Accompagné de sa jeune femme Marianne Le Garoux, il voyage en tant que passager sur le Condé qui les dépose à l’Île de France en juin 1766. Il s’embarque, deuxième lieutenant, sur le Saint Charles en route pour l’Inde. Homme sérieux, grave et apparemment taciturne, il tiendra un long journal de bord, plein d’observations sur les lieux que le St Jean-Baptiste visite, mais sans révéler ses pensées sur ce qui se passe à bord ni sur les autres membres de l’état-major.

Hughes Jean-François de Surville, enseigne, était le neveu du capitaine. Né à Nantes, il avait fait le voyage de Lorient sur le Duc-de-Praslin en avril 1764, alors qu’il n’avait que vingt ans. Il repartit pour la France sur le même vaisseau en juillet 1766. Son oncle le prit alors sous sa tutelle et l’emmena avec lui sur le St Jean-Baptiste . Il ne s’entendait guère avec Labé et déserta quand le navire était au Pérou.

René Charenton était né à Lorient en 1730. Parti aux Indes au service de la Compagnie en 1749 en tant qu’aide pilote, il est de retour en France en janvier 1752, puis part pour le Sénégal en mai. Il fera deux autres voyages au Sénégal, montant chaque fois en grade, avant de repartir pour les Indes, sur la frégate Danaé en 1755-57 et sur la Baleine en 1758. En 1761, le sort lui sourit moins car il est fait prisonnier et envoyé en Angleterre d’où il ne reviendra qu’en 1763. Il s’embarque alors pour les Indes, et Surville l’ajoutera à son état-major avec le rang de sous-lieutenant. C’est un bon choix et le capitaine ne se plaindra pas de l’avoir fait. Toutefois, pour des raisons que l’on ne connaît pas, il abandonna le St Jean-Baptiste au moment où ce vaisseau appareillait du Pérou pour rentrer en France sans tarder.

Pierre Dulucq , le médecin de bord, venait de Saint-Boès en Béarn. Il était né en 1738 et partit pour les Indes en 1764 sur le Penthièvre, un navire de la Compagnie. Il repartit l’année suivant pour Lorient où il fit la connaissance de Surville, qui lui offrit le poste de médecin. Son travail devint particulièrement pénible quand le scorbut et d’autres maladies commencèrent à faire leurs ravages parmi l’équipage, et son salaire fut augmenté au cours du voyage de 45 à 80 livres.

Jean de Saint-Paul, commandait les vingt-quatre fusiliers que le syndicat avait jugés nécessaires pour entreprendre un voyage vers des contrées inconnues. On en sait moins sur lui, si ce n’est qu’il était parti de Lorient en 1762 et avait passé plusieurs années à l’Île-de-France. En 1765, il s’embarqua pour Pondichéry qui possédait une garnison de 400 hommes que le gouverneur désirait renforcer, et d’où l’on préleva le détachement requis pour le St Jean-Baptiste.

Paul-Antoine Léonard de Villefeix était un Dominicain, originaire d’Étouars, ville du Périgord. Né en 1728, il fit ses études à Paris de 1760 à 1765 au Couvent Saint Jacques où il enseigna jusqu’en 1768 lorsqu’il s’embarqua pour les Indes sur le Marquis de Castriess. Il est probable que Surville lui avait offert le poste d’aumônier quand ils avaient fait connaissance à Lorient. La famille Surville était pieuse, et leur maison était toujours prête à accueillir des prêtres, missionnaires en route pour l’Orient – l’évêque d’Halicarnasse avait appelé Madame de Surville « la mère des missionnaires {3} . » Surville aurait donc surveillé ses travaux à bord et l’aurait encouragé à dire la messe du dimanche et certainement celle de Noël lors du séjour à Doubtless Bay, la première messe de Nouvelle-Zélande.

Notons aussi Amable Lorry , un jeune officier, volontaire promu enseigne, né à Nantes en 1750. Il faisait partie de l’étatmajor du St Jean-Baptiste depuis 1767. François Avice , un autre volontaire promu enseigne, était né à Cancale en 1749. Il avait déjà voyagé, s’étant embarqué pour Saint-Pierre et Miquelon à l’âge de quinze ans et plus tard pour l’Île de France. Martin Hérigoyen, qui figure sur les listes en tant que passager et peut être considéré comme un jeune volontaire, âgé de quinze ou seize ans au départ, était né à Pondichéry. Il périra lors du voyage, en novembre 1769.

Les Récits

Nous possédons d’importants documents sur l’expédition, en particulier des journaux de bord méticuleux qui nous permettent de suivre le voyage au jour le jour. Ils sont pour la plupart conservés aux Archives nationales à Paris, section Marine. Les Archives nationales, le Service de la Marine, la Bibliothèque nationale de France, et diverses archives provinciales, telles que celles du Morbihan, de la Dordogne, d’Ille-et-Vilaine, de Brest et de Lorient possèdent également des journaux, rapports et autres documents relatifs à l’expédition.

Labé, G., Journal de navigation, ANM 4JJ, 143 : 22.
Monneron, P., Journal du voyage fait sur le vaisseau de St Jean-Baptiste, commandé par M. de Surville, ANM, B4 316.
Pottier de l’Horme, Jean, Journal du Sieur Potter de l’Horme, lieutenant du Vau, le St Jean-Baptiste , ANM 4JJ, 143 : 25
Surville, J.F.M. de, Journal du vaisseau le St Jean-Baptiste, ANM 4JJ, 143 : 24 1-3.
1 EN INDE FRANÇAISE
Bien plus tard, quand les cauchemars eurent cessé et qu’il revécut le passé, Guillaume Labé put hausser les épaules et se dire que le destin joue parfois des mauvais tours qu’il faut supporter avec tout ce que la vie apporte. Il avait survécu, et il était revenu, assez pauvre mais vivant, d’un voyage qui avait coûté la vie à soixante-dix-neuf de ses compagnons. Le destin règne en maître sur nos vies, fait rouler les dés, et, que le soleil brille ou que l’ouragan se déchaîne, nous n’y pouvons rien.
C’était en janvier 1769, dans la ville de Chandernagor, au nord de Calcutta, que le sort ou la fatalité, au choix, désigna Guillaume Labé parmi tous les autres officiers, marchands et employés de l’ancienne Compagnie des Indes. Étrange personnage, à première vue, que cet homme qui vient d’atteindre la quarantaine et qui navigue depuis sa jeunesse. Trapu, solide, sérieux, il vient de Saint-Malo là où le tempérament des aventuriers bretons se mêle au caractère plus prudent des paysans normands. Mais les Malouins, de leur ville citadelle, envoyaient leurs navires vers les pêcheries de Terre-Neuve, les ports lointains de l’Océan Indien et jusqu’en Amérique du Sud vers le Chili et le Pérou, traversant même cet Océan Pacifique dont les Espagnols interdisaient l’accès aux étrangers.
Labé, devenu marin, comme son père, ses frères et tant d’autres, partit dès qu’il le put vers les Indes.