La Reconnaissance française

La Reconnaissance française

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Français
382 pages

Description

Cet ouvrage nous fait revivre l'expédition Baudin en Australie dont le coup d'envoi fut donné par Bonaparte. Il retrace les moments de découvertes, les scènes de quasi mutinerie à bord, les caprices des scientifiques et les complots des officiers, les rencontres avec les "naturels", la réalisation de la première carte complète de l'Australie. S'appuyant sur de multiples sources, ce livre rend sa place à cette expédition qui ramena intacts en 1803 et 1804 les navires partis du Havre en 1800, avec à leur bord des milliers d'espèces végétales et animales.

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Date de parution 01 octobre 2006
Nombre de lectures 123
EAN13 9782336269009
Langue Français
Poids de l'ouvrage 5 Mo

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www.librairieharmattan.comdiffusion.harmattan@wanadoo.frharmattan1@wanadoo.fr
© L’ARMATTAN, 2006
9782296013070
EAN : 9722296013070
La Reconnai ssance f r ançai se
L'expédi ti on Baudi n en Austr al i e ( 1801 - 1803)
Frank Horner
Titre original :1-1803)The French Reconnaissance, Baudin in Australia (180
paru pour la première fois aux éditions Melbourne U niversity Press en 1987
Ouvrage du même auteur :
Looking for La Pérouse, D’Entrecasteaux in Australia and the South Pacific 1792-1793
© Frank Benson Horner 1987
À Pat
PRÉFACE
Rares sont les explorateurs à s’être valu si mauvai se réputation que Nicolas Baudin. Le récit officiel de cette expédition majeure, publié après sa mort, a contribué à assassiner ce personnage et a fait foi pendant près de deux si ècles. Le portrait qu’en dresse François Péron, naturaliste dans l’expédition en fa it un homme lunatique, dur jusqu’à la cruauté, capricieux et tyrannique, au point d’aband onner ses hommes sur des côtes inconnues et désolées, et dont l’incompétence notoi re en tant que marin ne le rendrait, selon l’historien australien Ernest Scott, même pas digne de tenir la barre d’une péniche.
Pourtant cet autocrate incapable a mené à bien une expédition des plus difficiles trois ans durant, sans une seule fois échouer son navire dans les eaux les plus dangereuses qui soient et qui, à en juger par sa co rrespondance avec le gouverneur King de Nouvelle Galles du Sud a su allier fermeté et finesse. Selon Scott, on pourrait voir en lui le digne successeur de La Pérouse et Bo ugainville. C’est la résolution de ce paradoxe qui fait l’objet deLa reconnaissance françaisede Frank Horner.
Les cinquante dernières années ont vu naître une ré action contre la caricature péronesque. Des gens de lettres, tels qu’Ernest Sco tt, J.-P. Faivre, Christine Cornell et John Dunmore ont opté pour une approche plus objective. Il a été reconnu que l’origine principale des tribulations de l’expédition Baudin était sa pléthore de scientifiques. Au XVIIIe siècle, la science était une nouvelle profes sion, édictant ses propres règles, luttant pour être reconnue dans un milieu d’amateurisme distingué en butte au dénigrement voire à l’hostilité, et ses pratiquants faisaient preuve d’une jalousie maladive dans la défense de leur statut encore mal défini. Les commandants d’expédition les trouvaient intéressants tout en le s considérant comme pernicieux pour leurs expéditions. Ils étaient susceptibles et regi mbaient contre la discipline navale. Ils encombraient le navire avec leur équipement et leurs acolytes. Les loger dans des conditions rustiques à bord des navires constituait une source constante de friction. De plus, les objectifs et les méthodes des marins et d es scientifiques étaient souvent incompatibles car, alors que les désirs et les devo irs d’un capitaine étaient de voir la prochaine terre et d’éviter à tout prix d’être pris onnier dans la baie en cas de vents contraires, les scientifiques souhaitaient surtout s’attarder à herboriser dans la baie.
a L’un des officiers français portant un toast à Matthew Flinders, l’illustre fort bien : Capitaine, si nous n’avions pas perdu autant de tem ps à ramasser des coquillages et à attraper des papillons sur la terre de Diemen, vous n’auriez pas découvert la côte sud avant nouse plaint amèrement qu’il ait. A l’inverse, Steller, le naturaliste de Bering, s fallu dix ans de préparatifs pour se rendre de Russ ie en Amérique et qu’on ne lui ait accordé que dix heures à terre. Il y eut d’autres p récédents de désaccords entre marins et scientifiques : Le capitaine Cook et et l es Forster (un cas moins grave, mais qui conduisit Cook à maudire tous les scientifiques ), d’Entrecasteaux et Labillardière, Vancouver et Menzies.
La situation à bord duGéographede Nicolas Baudin, était exceptionnellement
virulente, avec des officiers d’état-major se livra nt à un espionnage systématique de la correspondance de leur commandant et à d’incessants manquements à la discipline que n’arrêtèrent ni les rétrogradations ni les susp ensions de service n’arrêteront, et que Baudin distribuait à profusion. La plupart de ces d ésagréments étaient dus au mauvais moral affectant la Marine française et (tout comme pour l’expédition de d’Entrecasteaux) aux tensions et aux antipathies dé clarées ou voilées à l’égard de la Révolution. Au plus fort des luttes révolutionnaire s, Baudin était au service des Autrichiens, à titre civil toutefois ; quant à Péro n, il s’avère un patriote engagé dans les armées de la République et sera même blessé au comb at. Ces deux hommes s’opposèrent pratiquement dès leur première rencontre. Tous deux présentaient des symptômes de paranoïa : Péron dans leVoyage aux terres australeset Baudin dans sonJournal,se sentent obligés de faire constamment référence à l’autre, bien que Péron ne puisse se résoudre à nommer sa bête noire, mentionnée toujours sous la forme« notre commandant ».Pourtant, Hamelin, capitaine à bord du second vais seau de l’expédition,Le Naturaliste,moins strict, fera régner une bien meilleure atmos phère à bord.
Dans cette jungle d’intrigues et de récriminations, Frank Horner s’est frayé un chemin avec assurance, nous offrant le récit équilibré et scrupuleusement documenté d’un voyage qui, malgré les mésaventures et les échecs n ’en demeure pas moins un remarquable exploit. Dans son approche, il tort le cou à un certain nombre de mythes. Bien queLa reconnaissance françaiseconstitue une réhabilitation de Nicolas Baudin, elle est loin d’être une hagiographie. Il est ainsi possible d’en adopter in fine une vue moins favorable à Baudin que celle de Horner (ce qu i ne veut pas dire avoir une vision plus favorable de Péron !), mais l’auteur nous fournit les documents pour un tel jugement, tempéré toutefois, par une vision plus po sitive du personnage et de ses actes.
b Horner ne dissimule pas les faiblesses de Baudin (s onpacotillage, ses réprimandes blessantes, son mépris instinctif et durable pour c eux qui ne partagent pas ses vues, son étrange façon de traiter les négligences réelle s ou supposées dans le service, ses indécisions et ses mauvaises décisions), tout ceci figure dans ce récit. Mais aussi, et de manière plus persuasives parce qu’elles sont rarement soulignées positivement, il nous présente ses forces et ses vertus : notamment cette dévotion sans faille à son devoir qui le conduisit à être aussi dur avec lui-m ême qu’avec ses subordonnés, voire beaucoup plus durement, même à l’heure de sa mort.
Pour ma part, et peut-être pour d’autres lecteurs, l’intérêt principal deLa reconnaissance françaiseest le drame personnel, attristant et complexe d’u n homme fort pris dans les filets d’une intrigue qu’il ne p eut pas comprendre et également victime de ses propres faiblesses, notamment son manque de tact et sa froideur. Telle est la c trame de cette tragédie. Pourtantla raison d‘êtrede ce livre est le cours objectif des événements, les échecs et les succès de l’expéditio n, sa contribution majeure aux nouvelles connaissances des mondes de la nature et de l’homme. Là, Péron (comme Baudin) a tenu un rôle honorable, malgré sa vanité et ses fiascos : aucun explorateur n’a eu une telle propension à l’autodestruction ! L es résultats scientifiques de l’expédition ont été probants et Horner se révèle u n bon guide pour les mettre en lumière. Il retrace également les débuts de carrière de Nicolas Baudin (en général
survolés trop rapidement dans d’autres ouvrages), l a genèse de l’expédition, la question des toponymies française et britannique su r les côtes méridionales de l’Australie, le sort des collections d’histoire naturelle et de l’iconographie de l’expédition.
La reconnaissance française,marquera sans doute définitivement la place désorm ais réservée à Nicolas Baudin dans notre histoire. L’attention s’y reporte sur l’homme lui-même, un curieux mélange de détermination inébranla ble, de chagrines récriminations, de noblesse dans un sens du devoir qui achoppe sur l’écueil de la mesquinerie et de l’indécision.
d Oskar H. K. Spate
Som m ai r e
Page de Copyright
Page de titre Dedicace PRÉFACE AVIS AUX LECTEURS AVANT-PROPOS 1 - LE « VOYAGE » ET SA RÉCEPTION 2 - BAUDIN, NAVIGATEUR ET NATURALISTE 3 - UN VOYAGE DE DÉCOUVERTES 4 - NAVIRES, MATÉRIEL ET ÉQUIPAGE 5 - DU HAVRE À L’ILE DE FRANCE 6 - ILE DE FRANCE 7 - DU CAP LEEUWIN À TIMOR 8 - LE NATURALISTE SUR LA CÔTE OUEST - TIMOR 9 - TERRE DE DIEMEN 10 - LA CÔTE SUD INCONNUE 11 - PORT JACKSON : LE NATURALISTE DANS LE DÉTROIT DE BASS 12 - DE L’ILE KING AU PORT DU ROI GEORGE 13 - DU PORT DU ROI GEORGE À TIMOR 14 - DE TIMOR À LORIENT 15 - RETOUR EN FRANCE 16 - CULMINATION ET CONSÉQUENCES ANNEXE I - OFFICIERS, ASPIRANTS, SAVANTS & ARTISTES ANNEXE II ANNEXE III ABRÉVIATIONS NOTES SOURCE DES CARTES BIBLIOGRAPHIE SÉLECTIVE - ARCHIVES EN FRANÇAIS INDEX REMERCIEMENTS