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Le Pays Hippopotame

De
241 pages
C'est au Mali que nous entraîne le narrateur pour un court et dense voyage. Récit coloré d'un promeneur curieux et amoureux du monde, le pays Hippopotame est à la fois un voyage dans une région riche de traditions, d'hommes et de parfums, et un voyage de l'intérieur, le parcours solitaire d'un homme confronté à une autre réalité. De Bamako à Gao, le récit nous entraîne au milieu de l'extraordinaire grouillement de la vie africaine : marchés odorants, villages ocres de la falaise de Bandiagara, sérénité des courbes élégantes du fleuve Niger. Les rencontres avec les ethnies Peuls, Dogons, ou Touaregs, y sont intenses, magiques. Un livre pour reprendre conscience des beautés du monde et apprendre à regarder le nôtre avec d'autres yeux.
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Le pays Hippopotame
Thierry Berdy
Le pays Hippopotame
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ÉCRITS INTIMES
Le Manuscrit www.manuscrit.com
© Éditions Le Manuscrit, 2004 20, rue des Petits Champs 75002 Paris Téléphone : 01 48 07 50 00 Télécopie : 01 48 07 50 10 www.manuscrit.com contact@manuscrit.com ISBN : 2-7481-5835-0 ISBN : 2-7481-5834-2
TH I E R R YBE R D Y
AVANT DE PARTIR
J’avais croisé le Mali l’année dernière, quand au retour d’un voyage au Niger, nous avions fait une escale forcée à Bamako. Mais, j’avais déjà découvert ce pays quelques années plus tôt, lorsque la fièvre du voyage m’avait saisi. Une destination qui chaque année me faisait rêver mais que jamais je ne concrétisais, plus intéressé par le désert et ses solitudes si propres à accompagner mon voyage intérieur. Cette fois, j’avais envie de découvrir des gens et des paysages nouveaux, envie de différence, envie de toucher à une richesse qui ne soit pas celle que l’occident nous donne en exemple.
Tous mes voyages débutent d’abord par une autorisation : la mienne, celle que je m’accorde pour commencer à y penser. C’est comme si soudain l’heure avait sonné ; je peux ouvrir cette boîte de Pandore, où j’ai enfermé mes soifs de liberté et de grands espaces. Une boîte bien fermée que j’ouvre seulement quand c’est le moment, peut-être pour ne pas être trop frustré le reste du temps. Après, ce sont les catalogues commandés, la boîte à lettres guettée, et le temps soudain trouvé pour téléphoner et surfer sur les réseaux. Je lis, je regarde, j’épluche les destinations, je les évalue à l’aune de mes envies, de mes coups de cœur. Force m’est de constater que les voyages se nivèlent par le
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LE P A Y SHI P P O P O T A M E
bas : des circuits de plus en plus courts, de plus en plus de voiture au lieu des marches, et la tentation de vouloir tout montrer en un minimum de temps. J’enrage un peu mais finis toujours par dénicher le bon compromis. Cette année, ce serait donc le Mali, ce grand pays du Sahel coincé entre l’envahissant Sahara et l’Afrique Noire, avec en point d’orgue une semaine d’errance au pays Dogon, à parcourir les villages de la falaise de Bandiagara, classée au patrimoine mondial de l’humanité.
Pour la première fois, j’ai eu envie de préparer à l’avance, de rechercher, de me documenter avant de partir à la rencontre de ces hommes, de ces villes, de ces coutumes : les contes d’Amadou Ampathé Ba, le poète Peul, les belles images de l’art Dogon et celles de mes vieux Géo, qui vieillissent doucement dans ma bibliothèque. J’ai trempé mes yeux sans vergogne pour commencer à m’imprégner. Lire les récits des autres, regarder les photos des autres, avant d’y aller pour soi. J’ai acheté une carte IGN et tracé du doigt l’itinéraire de mes futures errances prononçant doucement ces noms de villes qui promettent des plaisirs inconnus : Bamako, Ségou, Djenné, Mopti, Bandiagara, Gao. Il me manque le détail, celui du pays Dogon, ce pays dans le pays, que nous allons parcourir à pied, ce territoire colonisé par une ethnie que Marcel Griaule a fréquenté tant d'années, jusqu’à y rester pour l’éternité. Et puis, j’ai
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