Une fleur dans les glaces

Une fleur dans les glaces

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Français
130 pages

Description

Le navigateur Philippe Poupon, la comédienne Géraldine Danon, et leurs quatre enfants : Loup, Nina, Laura et Marion, âgés de douze ans à neuf mois, embarquent un matin d'hiver sur Fleur Australe. Ils partent pour un long périple qui doit les mener des rivages enchantés de l'Afrique aux chatoyantes Antilles, puis toujours plus loin vers le nord.
Aux portes de l'Arctique, un beau défi les attend : joindre l'Atlantique au Pacifique par une route de tous les dangers, partiellement libérée des glaces seulement quelques semaines par an : le passage du Nord-Ouest. En ces régions mal cartographiées, parsemées de hauts-fonds imprévisibles, la traversée est extrêmement périlleuse. Il faut naviguer entre les icebergs et les floes, à la merci des courants violents et de la banquise qui menace sans cesse de refermer le passage, tandis que flotte le spectre d'un hivernage en milieu extrême...
Ce voyage en huis clos est l'occasion pour Géraldine Danon de dresser le bilan d'une existence hors du commun et de rappeler à elle ses souvenirs de tournage, son expérience à Hollywood, son enfance (quand ses bonnes fées s'appelaient Alain Delon et Romy Schneider), ou encore les années passées aux commandes du restaurant La Divette du Moulin qu'elle tenait à Montmartre, où les balayeurs côtoyaient les stars.





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Informations

Publié par
Date de parution 22 septembre 2016
Nombre de lectures 22
EAN13 9782221123652
Licence : Tous droits réservés
Langue Français
Poids de l'ouvrage 2 Mo

Informations légales : prix de location à la page €. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

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GÉRALDINE DANON
UNE FLEUR DANS LES GLACES
Le passage du Nord-Ouest en famille
« Cette œuvre est protégée par le droit d’auteur et strictement réservée à l’usage privé du client. Toute reproduction ou diffusion au profit de tiers, à titre gratuit ou onéreux, de tout ou partie de cette œuvre, est strictement interdite et constitue une contrefaçon prévue par les articles L 335-2 et suivants du Code de la Propriété Intellectuelle. L’éditeur se réserve le droit de poursuivre toute atteinte à ses droits de propriété intellectuelle devant les juridictions civiles ou pénales. »
© Éditions Robert Laffont, S.A., Paris, 2010
En couverture : © Loup Lamazou
EAN 978-2-221-12365-2
Ce document numérique a été réalisé parNord Compo.
À ma mère
«Il y a deux sortes de gens : il y a les vivants et ceux qui sont en mer. » « Et mes villes s’éclabousseraient de bleu. »
Jacques BREL
Quaesivit arcana poli, videt dei. « Il a cherché les mystères des Pôles, il a vu ceux de Dieu. »
Gravé au frontispice de l’Institut polaire de Cambridge
1. Premier iceberg – Retour en arrière : les commencements – Préparatifs pour le Grand Nord – Le départ
9 juillet 2009, au large du Labrador Le radar retentit, me tirant d’un sommeil agité. Je m’habille en vitesse et grimpe sur le pont. La nuit est claire et sur la mer étale glisse souverainement celui qui a déclenché notre alarme. Baigné par la lumière de la lune qui est pleine et ronde comme une déesse eskimo, se dresse un monstre de glace. L’iceberg bleuté, d’une hauteur impressionnante, avance sur l’eau et je l’entends frémir et respirer. Le froid tombe, s’empare de moi. Un frémissement me parcourt et ne s’arrête plus, l’atmosphère se tend, des craquements s’élèvent, sinistres et mystérieux ; le crépitement de la glace qui vit, se déchire, se transforme et se brise. À partir de cet instant, nous ne cesserons plus d’entendre ce bruit funeste, sans jamais nous y habituer complètement. L’iceberg approche. Sa chair, d’un bleu très clair, semble frissonner. Il sue littéralement, des gouttelettes suintent, des éclats se détachent de lui avec fracas. Il est en mouvement, géant mystérieux en chemin pour une destination inconnue et nous le frôlons tandis qu’imperturbablement il poursuit sa route. Ce souffle sur mon visage n’est pas seulement celui du froid glacé, c’est le soupir de l’univers, c’est l’haleine de Dieu. À cet instant, je pense à ma mère qui n’est plus là, et je prie pour que notre voyage soit protégé. C’est mon premier iceberg. Pour moi, cette rencontre marque le début de la grande aventure que nous avons décidé de tenter, mon mari Philippe Poupon et moi. Le passage, fou, dangereux, risqué, mais mythique, excitant, et presque vierge encore, du Nord-Ouest, de l’Atlantique au Pacifique par le Grand Nord. Mais, à la différence des explorateurs qui y ont risqué leur vie avant nous, nous avons à bord nos quatre enfants, âgés de un à douze ans… Et aujourd’hui, alors que des larmes d’émotion coulent sur mes joues devant cette solitaire madone des glaces, je comprends qu’enfin, nous y sommes. Notre voyage a commencé il y a trois ans, dans la salle de la petite mairie de Porquerolles, quand ses yeux ont croisé les miens. Je ne croyais pas au coup de foudre, j’avais tort. Nous nous sommes regardés, il m’a souri, et nous ne nous sommes plus quittés. C’est le mariage de Florence Arthaud, la marraine de mon fils aîné, Loup. Je me sens en attente de quelque chose, sans savoir de quoi. Je viens de tout plaquer derrière moi, je suis à un tournant de mon histoire, épuisée par une vie parisienne trop active. J’ai enchaîné les tournages pour la télévision et pour le cinéma. Pendant plusieurs années, j’ai joué tous les soirs au théâtre dans une salle dont j’ai également assuré la direction, et j’ai monté un restaurant à Montmartre, qui ne désemplissait pas. En somme, j’ai mené une vie de fou, d’une intense activité, sans jamais me poser ; mes projets ont abouti et ont rencontré du succès. C’est le moment que j’ai choisi pour tourner la page. J’ai le sentiment d’être allée au bout de cette aventure avec le restaurant et le théâtre. Presque du jour au lendemain, j’ai donc laissé derrière moi la restauratrice et la directrice de salle, et j’ai quitté Paris pour emménager dans le sud de la France. J’éprouve le besoin lancinant de me rapprocher de la nature, et de passer plus de temps avec mon fils, qui va alors avoir six ans. Je rêve de choses toutes simples comme faire mon marché, me balader sur la plage, manger des pâtes avec Loup devant un bon film. J’ai envie d’une nouvelle vie, plus proche de l’essentiel. Quand nous nous rencontrons, Philou, lui, a un bateau en construction, un ketch en aluminium de vingt mètres. Mais le chantier est arrêté depuis plus d’un an et Philou, écrasé par les difficultés financières et administratives, n’arrive pas à le relancer. Il vient de mettre la coque en vente. Ce n’est