Rencontres imprévues

-

Livres
97 pages
Lire un extrait
Obtenez un accès à la bibliothèque pour le consulter en ligne
En savoir plus

Description

Lily mène une vie ordinaire jusqu’au jour où elle devient très riche.


Elle va faire la rencontre De Noah, plus âgé et démuni qu'elle.


Tout les oppose, ils vont pourtant vivre un bout de chemin ensemble.


Mais le destin capricieux et imprévisible réserve son lot de surprises et de malheurs.

Sujets

Informations

Publié par
Nombre de visites sur la page 1
EAN13 9782490637171
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0037 €. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Signaler un problème
RENCONTRES IMPRÉVUES
Florie Salmon RENCONTRES IMPRÉVUES
Á mes enfants
© Les Éditions ETHEN Le Code de la propriété intellectuelle interdit les copies ou reproductions destinées à une utilisation collective. Toute représentation ou reproduction intégrale ou partielle faite par quelque procédé que ce soit, sans le consentement de l'auteur ou de ses ayant cause, est illicite et constitue une contrefaçon, aux termes des articles L.335-2 et suivants du Code de la propriété intellectuelle.
Prologue Ayant toujours vécu de foyer en foyer, je n’ai jama is eu de famille. Un peu ronde, de taille moyenne, les cheveux auburn, coupés en dégra dés en dessous des épaules, les yeux verts très clairs. Je n’ai jamais eu une très grande estime de moi. La seule personne réellement présente dans ma vie, c'est ma mère adoptive Rose (c’est celle de la dernière famille où j’ai été env oyée). Âgée d'une cinquantaine d'années, elle a les cheveux châtains, les yeux noi sette, un visage harmonieux, muni de petites pommettes rouges. Elle est de taille moy enne et à une silhouette basique. Elle a toujours tout fait pour que je me s ente bien. Elle a su avec patience passer au-delà de ma carapace et me faire découvrir ce qu’est le sens du mot « famille ». Elle a fait de son mieux pour me trans mettre ses valeurs, sa force et son amour. Je suis arrivée chez Rose à l’âge de seize ans alo rs que j'étais en pleine crise de rébellion. Dans ce temps-là, elle avait un mari, un e espèce d'ordure qui la frappait sans vergogne. Il faisait tout pour bien paraître, toujo urs habillé chic, assez grand, un corps svelte, brun aux yeux marron foncé et directeur d'u ne société d'export. Il a fini par rendre l'âme, à cause de l’alcool qui a eu raison d e lui. Ce qui délivra enfin Rose. Désormais, elle n’avait plus de comptes à ne rendre à personne et pouvait enfin faire ce qu’elle désirait sans risquer de prendre des cou ps. La liberté s’offrait à elle. Depuis, Rose est toujours restée seule profondément marquée par son triste passé. C'est peut-être pour ça, que je me suis bien entend ue avec elle. Sa façon d’être affective et maternelle avec moi me rassurait. Peut-être qu’au fond, c’est ce dont j’avais besoin sans le savoir. Je me sentais enfin à mon ai se avec un adulte. Rose était stérile de naissance et, dès qu’elle sut que son mari était malade, elle en profita pour lui faire signer les papiers pour mon adoption. Craintive, ne sachant pas pourquoi, je me disais qu e cette fois-ci, je serais heureuse et que tout irait bien. Roger, le mari de Rose, n'était pas contre évidemment, se disant qu'il aurait probablement une autre victime à frapp er. Par chance, le rendez-vous était fixé un jour où il allait bien. Au moment où je sui s arrivée, il venait de décéder. Ne voyant aucune tristesse dans les yeux de Rose, j e me suis permis de lui demander pourquoi elle n’avait pas de peine pour son mari. M ême si ça ne me regardait pas, j’étais curieuse de comprendre ses raisons. Pour ma part, je ne ressentais aucune tristesse quant à son départ prématuré, je ne voula is pas de beau-père de toute façon. En cette période, selon moi, tous les hommes étaien t des salauds. J’étais heureuse de voir Rose soulagée. C’est alors qu’elle m’a expliquée l’enfer qu’elle subissait depuis des années aux côtés de son défunt bourreau : ses crises de violence quotidiennes, les mensonges qu’il lui demandait d’i nventer afin d’expliquer ses différentes blessures (œil au beurre noir, lèvres fendues, main dans le plâtre). Un frisson s’empara de moi en voyant à quel point elle était triste et honteuse en me racontant tout ça. Au bord des larmes, je ne pus m’ empêcher de lui prendre la main, pour lui faire comprendre qu’à présent elle n’était plus seule. Dorénavant, elle avait quelqu’un sur qui compter. Je comptais bien lui fai re oublier toutes ses années difficiles. Maintenant, elle avait le droit au bonh eur.
Chapitre 1 Rose est toujours présente dans ma vie. Au fil du temps nous avons créé un lien très fort ; soudées, nous affrontons l’avenir. Je mène une vie on ne peut plus banale. Après mes é tudes, j’ai trouvé un emploi. Je travaille dans un magasin de prêt-à-porter de luxe ce qui m’a permis de prendre un petit appartement non loin de Rose. Je ne compte même plus le nombre de fois où je suis restée là au magasin où je travaille, bavant devant de superbes robes ou chaus sures au prix astronomique. En quittant ce jour là, je me suis arrêtée au bureau d e tabac sur mon chemin pour acheter un ticket du loto. Si seulement il pouvait être gag nant ! Durant tout le chemin restant, je me suis mise à rêver, j’aimerais tant acheter une b elle maison pour Rose, pour moi, une belle voiture, voyager un peu partout, prendre du temps pour profiter de la vie, j’en ai assez bavé auparavant. Le lendemain en regardant la télévision, le tirage du loto plus exactement, je n’en crois ni mes yeux ni mes oreilles. J’ai le ticket gagnant en main ! Je crois être folle, j’appelle immédiatement Rose pour qu’elle m’énumère les numéros. Les entendre de sa bouche sera peut-être plus réel.
— 16 24 36 18 42 08 m’énonce-t-elle lentement. J'ai un moment de réflexion, aucun mot ne sort de m a bouche pendant cinq bonnes minutes.
— Tu es là ? S'inquiète-t-elle. — Oui, je.... je pense.... — Tu penses quoi ? Me demande-t-elle. — Je crois que j'ai gagné, lui réponds-je Nous restons toutes les deux sans voix puis raccroc hons. Je passe la soirée à me demander si tout cela est bien réel. Ça paraît ding ue quand même. Les émotions s’emmêlent. Une immense joie, une intense excitatio n, même un peu de panique m’envahissent. Il faut dire que c’est une sacrée so mme quand même. Treize millions d’euros !
Peu de temps après l'argent est versé sur mon compte, je frôle le malaise en faisant un solde de tout compte, moi qui ai toujours été dans le négatif, je passe désormais au statut de riche. Fini les appels de la banque pour me demander de recouvrir mon découvert. Terminé les frais de compte, désormais, je suis riche et je n'ai aucun mal à me faire à cette idée. Le jour même, j’achète une maison ou j’emménagerai la semaine prochaine après m’être occupée des papiers. Le lendemain, c’est pou r Rose que j’en acquiers une autre. Ce sera une surprise pour elle. Le jour suivant, nous allons, toutes les deux, ache ter le nécessaire pour meubler la maison. Je la laisse choisir, ainsi je pourrais rem plir sa maison de tout ce qu'elle a sélectionné pour moi sans le savoir. Le reste de la semaine, j’occupe mon temps de la mê me manière. Je me procure du mobilier pour mon immense villa et surtout de quoi remplir le grand dressing magnifique qui m'attend. Je me suis clairement fait plaisir : vêtements, chaussures, produits de beauté, parfum hors de prix etc... Tout ce dont j'ai toujours rêvé maintenant je peux me le payer et c'est franchement jouissif mais assez flippant, j’ai l’impression de sombrer dans la folie. Ça doit être
normal et passager. Je n’ai jamais rien eu et là j’ ai tellement d’argent. Je mange dans des restaurants hors de prix, une entrée faisant la moitié de mon salaire, je vais dans des soirées mondaines, je côtoie la richesse et l’e xcès. En moins d'une semaine, je n’ai écoulé pas loin d'u n demi-million. Excessif ? Probablement, mais peu importe, il me reste douze m illions et demi, je n'aurais jamais assez d'une vie pour épuiser mon compte, alors auta nt en profiter. Sept chiffres que je n'oublierai jamais, les six chiffres de la grille e t le treize. En tant normal, les vendredis treize m'ont toujours porté malheur et ce aussi loi n que je m'en souvienne. Mais cette fois-ci, il m'a porté bonheur et c'est le moins que je puisse dire. L'emménagement se fait assez vite pour ma part. Une fois le travail terminé, je remercie les employés, les paye et leur donne rende z-vous le lendemain matin pour l'emménagement de Rose. Je leur donne les clés de s on appartement et du garage où sont stockés les meubles et la décoration de la mai son. Après leur avoir rappelé l’horaire de rendez-vous et je leur dicte ce qu’ils doivent prendre. Pour leur laisser le champ libre, j’ai invité Rose à passer la nuit à la maison. Il m’a suffi de prétexter que je ne voulais pas passer la première nuit toute seule dans cette grande demeure, et que, de plus j’aimerais lui faire visiter. Une fois à la maison, je peux voir à quel point ell e est émerveillée par tout ce luxe. Nous passons la soirée à nager dans la piscine, ça nous fait un bien fou ! Nous dînons paisiblement dans une ambiance chaleureuse, réalisa nt petit à petit que la pauvreté ne sera plus pour nous, c’est difficile à croire. Je l'accompagne jusqu'à la chambre d'amis où elle v a passer la nuit. Une chambre aux murs de couleur écrue avec un grand lit à baldaquin accompagné d'une table de chevet avec une lampe et un réveil de chaque côté. L'odeur de la literie en flanelle toute neuve, embaume la chambre. Au moment de nous souhai ter bonne nuit, elle me demande pourquoi je n’ai pas gardé ce qu’elle avait choisi. Sans trop m’étaler afin qu’elle ne lise pas le mensonge dans mes yeux, je f eins un simple changement d’avis, l’informe que je suis épuisée puis rejoins ma chamb re. Avant de dormir à mon tour, je fais un rapide bilan de ma vie. J’ai vingt-huit ans et j'ai gagné, il y a quelques mois, une somme colossale au loto, ma vie est totalement chamboulée. Des robes et des chaussures à foison, u n dressing impressionnant dans une villa de rêve avec piscine creusée, et surtout une magnifique Aston Martin dernier modèle. Je peine à croire que ça m’est arrivé à moi , la fille dont la vie avait si mal débutée. Un petit brin de tristesse me traverse en pensant que je n’ai personne avec qui partager ce bonheur hormis Rose. J’aurais tant aimé avoir un homme auprès de moi à ce moment là et pourquoi pas même des enfants .
Le lendemain, après avoir petit déjeuné, je lui offre cinq sacs bien remplis de vêtements. Son large sourire me rend heureuse. J’a i toujours aimé offrir aux autres et les voir joyeux me met dans le même état qu’eux. Je dois dire que c’est mon plus gros défaut, car comme on dit, trop bonne, trop…
Il est dix-sept heures et je reçois un message vena nt de la société de déménagement qui m'indique que c'est terminé. Je l’invite au cin éma et nous partons immédiatement. Après quinze minutes de route, je m’arrête devant u ne charmante petite maison.
— Que fais-tu ? Me demande-t-elle surprise. — Je t'emmène chez toi, lui répondis-je, en lui ten dant un trousseau de clés.
Elle ne semble pas bien saisir la situation. Une fo is devant la porte, je la laisse ouvrir et elle découvre alors tout l'intérieur qu'elle avait choisi.
— C'est pour moi ? Me demande-t-elle avec des yeux ébahis.
— Oui, c'est mon cadeau pour te remercier d’avoir fait de moi ta fille, maman. C’est la première fois que je l’appelle ainsi en do uze ans, même si je l’ai toujours considérée comme telle. Je vois son visage plus radieux que jamais, des larmes de joie coulent le long de ses joues rosâtres. Elle me prend dans ses bras et me remercie. Après avoir découvert ensemble toutes les pièces et le jardin, je la lais se en lui souhaitant une bonne soirée. Deux semaines se sont passées et aujourd'hui je lui rends visite. — Lily, je suis si heureuse de te voir. — Moi aussi maman, lui réponds-je. Elle m’invite à entrer, sa décoration de maison est vintage, j'adore. Une bonne odeur de gâteau règne dans la cuisine. Pendant que je m’installe, elle pose une part de gâteau marbré devant moi et me sert un verre d’Ice-Tea ava nt de se verser un café. Nous discutons de mes derniers achats puis elle me montre un sublime tableau. Où l’as-tu acheté ? lui demandé-je. Il est très bea u ! iné il y a peu de temps.Il sort tout droit de mon imagination, je l’ai term La peinture a toujours été pour elle une passion, l oin d’exceller dans ce domaine, ses toiles étaient tout de même soignées et très agréab les à regarder. Lorsque que j'ai gagné et que j’ai pu, enfin, lui offrir quelque cho se, je lui avais demandé ce qui lui ferait plaisir. Elle m'avait demandé de l'inscrire à des c ours de peinture. En admirant sa toile, je suis stupéfaite, elle est parfaite. Elle représente un coucher de soleil se reflétant sur une épaisse couche de neige où des enfants font une bataille de boule-de-neige. C'est net et précis. Je la félicite et lui conseille de les vendre. Elle rejette mon conseil car, selon elle, les rêves ne se réalisent jamais. Je ne suis pas d’accord et ne peux la laisser croire ça. Tout est possible si on le souhaite vraiment, il suffit de s’en donner les moyens. Pour toute répons e, elle hoche la tête l'air de dire que je l'ennuie avec mes âneries. Je la connais telleme nt bien. Je l'embrasse et rentre chez moi.
En ouvrant la porte, je suis accueillie par Neige, une petite chienne bichon frisé coiffée d'un petit nœud rouge. C’est apparemment la seule q ui me supporte, je l’aime beaucoup. Je la prends dans mes bras et me dirige d ans le salon où Loulou, mon perroquet (un gris du Gabon) nous attends. Lui, ne me supporte pas toujours, c'est assez marrant à voir. Lors du déménagement, je les ai confiés à une nouno u pour animaux. J’ignorais que cela existait avant d’être riche. Ils m'ont manqué. Je repose Neige et lui donne une caresse, sans oublier Loulou. Mes animaux me sont p récieux, c'est maman qui me les a offerts quand j'étais plus jeune, se privant fortement afin de m’en faire cadeaux. Je m'installe sur le canapé et me mets un DVD, « La proposition » avec Sandra Bullock et Ryan Reynolds. J'aime beaucoup ce film, car il m et en évidence l'amour malgré les différences sociales. A la moitié du film, j'ai fai m, je me lève et me prends un plat tout préparé. Je ne suis pas bonne cuisinière, donc la m oitié de mon frigo est composé de ce genre de plats. Je mange dans le canapé en regardant la fin du film puis vais me coucher. J’ouvre lentement mes paupières et regarde mon réve il pour voir l'heure, il est neuf heures. J'entame le petit rituel du matin, ma douch e, petit déjeuner et partir faire les
boutiques. Je prends ma voiture et me rends rue Croix-Baragno n. Une fois sur place, je déambule tranquillement dans les rues regardant les vitrines quand soudain, je mets le pied dans un petit trou et chute.