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Rêve à travers mon île

De
90 pages
Une personne s'approcha de moi et me cacha les yeux; je crus que j'allais faire un arrêt cardiaque. Je restai plantée là, à me demander qui aurait pu me faire ce genre de blague. Et quand j'ôtai la main de mes yeux, je découvris Alys. À travers son héroïne réunionnaise, C. Stahl met en scène une sortie de l'adolescence et une entrée dans l'âge de l'affirmation de soi et de ses désirs. Non que Jacquie – qui s'occupe d'un père fragile depuis son veuvage – soit une jeune femme évoluant dans un cocon douillet ou que la vie n'aurait pas épargnée, bien au contraire... Mais il lui faut surtout commencer à suivre ses passions, à savoir faire preuve d'audace face aux opportunités qui s'offrent à elle, à apprendre un peu l'égoïsme... Un cheminement psychologique vers soi, vers l'accomplissement, que l'on suit au fil d'un roman composé avec tact et sensibilité, qui dit encore cette frontière poreuse et trouble entre l'amitié et l'amour.
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Céline Stahl travers m
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IDDN.FR.010.0118179.000.R.P.2012.030.31500
Cet ouvrage a fait lobjet dune première publication aux Éditions Publibook en 2013
Tic, toc Jétais bien installée sur ma chaise lorsquAbbé est ve-nu me dire que le stock de papier était vide et que du matériel avait disparu. Il me déclara que si des choses con-tinuaient à disparaître dans lentrepôt, ça ne se passerait pas comme ça. Dans le bureau, nous étions trois à pouvoir accéder au stock, à aller et venir à notre guise dans lentrepôt. Nous avions tous une idée sur lidentité du vo-leur, mais nous ne pouvions accuser personne sans preuve. Je laissais Abbé penser quun jour il finirait par démasquer la personne qui volait et détournait le matériel de la mai-rie. Daniel et moi savions, mais préférions quAbbé découvre le pot aux roses lui-même. Dans le petit bureau que la mairie nous avait laissé pour travailler, nous étions donc trois à gérer la reprographie de tous les documents stockés par la mairie : aucun document ne pouvait sortir du bureau, ce qui conférait un caractère confidentiel à no-tre tache ; moi, jaimais ça. La mairie distribuait aussi des fournitures dans les petites communes des alentours : sty-los, cahiers, impression de publicités pour des particuliers Pour rendre services aux habitants de sa commune, monsieur le maire était prêt à tout. Abbé était un patron comme les autres, il pensait que les choses étaient acquises et immuables. Daniel était son adjoint. Moi, Jacquie Céberre, jétais la plus cool de léquipe, malgré une éducation sévère. Mes grands-parents avaient émigré sur lîle de la Réunion plus dun siècle au-paravant. Javais également une grand-mère dorigine malgache et un grand-père dorigine indienne. Il fallait rajouter à ce mélange une mère métisse et un père qui ve-
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nait de lautre côté de lîle, de France. Avec ma peau blan-che et mes cheveux très frisés, les gens me demandaient souvent doù je venais, notamment mes copines de classe pendant ma scolarité. Plus tard, en grandissant, jappris à ne plus accorder dimportance à ce genre de réflexion. Les gens avaient fini par accepter ceux dont la peau était brune, blanche, jaune ou noire. Bien des années plus tard, sur notre petite île, les gens venus dailleurs avaient fini par apprécier notre métissage ; ce mélange qui donnait un aspect chocolat, café-crème ou noir et qui en avait rendu certains célèbres. Moi, je nétais pas célèbre ; je travaillais aux côtés dAbbé, Daniel et Françoise. Je vivais dans un petit quar-tier appelé Basse-Terre, dans la ville de Saint-Pierre, situé dans le sud de lîle. Françoise, une collègue de travail, travaillait souvent laprès-midi et moi la plupart du temps le matin. Nous étions toutes les deux embauchées pour un an. Jétais ravie davoir trouvé ce job à ma sortie du lycée, javais limpression quil allait donner un sens à ma vie.
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