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Rêves d'enfant

De
70 pages

Un enfant qui s'évade sur un oiseau de papier, un zèbre qui s'affranchit pour devenir un animal légendaire, un garçon un peu naïf qui sauve une île entière, une femme qui sort de sa toile pour devenir réelle... Des personnages ordinaires, qui font la rencontre du fantastique, de près ou de loin. Mais surtout des histoires remplies d'aventures et d'émerveillement, dans lesquelles le rêve n'est jamais bien loin.


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Cet ouvrage a été composér Edilivre

175, boulevard Anatole France – 93200 Saint-Denis

Tél. : 01 41 62 14 40 – Fax : 01 41 62 14 50

Mail : client@edilivre.com

www.edilivre.com

 

Tous droits de reproduction, d'adaptation et de traduction,

intégrale ou partielle réservés pour tous pays.

 

ISBN numérique : 978-2-332-85261-8

 

© Edilivre, 2015

C’Etait un Matin

C’était un matin.

Il y avait un enfant sur la Côte de Granite Rose. Il y avait un enfant, et personne d’autre. Personne d’autre, si ce n’était cet astre aussi bienveillant que mystérieux, aussi puissant que fragile, celui que l’on appelait le Soleil.

C’était un matin,

et tout doucement, sans un nuage, sous le regard de l’enfant émerveillé, le Soleil prenait son envol, entouré d’un halo de lumières changeantes et colorées, comme pour répondre au rose de la pierre.

Comme chaque matin, c’était là que l’enfant s’asseyait, face à la mer.

Il la regardait, il la contemplait. Il voulait lui parler, être son ami, son confident, celui dont rien ni personne ne pouvait entraver la confiance.

Pourtant, elle lui faisait peur, la mer. Chaque fois, il pensait la connaître, tout savoir sur elle mieux que quiconque. Mais le lendemain, il lui semblait qu’elle n’était plus la même.

Elle était surprenante, la mer. Imprévisible. Parfois douce, réconfortante, à faire pleurer les cœurs les plus durs ; d’autres fois si violente, à faire trembler le plus puissant des rochers.

Parfois si claire, à emporter tous les regards ; d’autres fois si sombre que même la lune ne s’y retrouve pas.

L’enfant la craignait, mais quelque chose en elle l’attirait. Au fond, que cachait-elle ?

Soudain, un bruit le sortit de sa torpeur : un battement d’ailes, juste au-dessus de lui. Il leva les yeux, un corbeau tournoyait en le regardant. Cependant, il n’était pas menaçant. Il se posa doucement sur l’épaule du jeune garçon, surpris. Puis il s’envola, vers l’horizon.

C’est alors que l’enfant se leva. Comme pour suivre l’oiseau noir qui rejoignait le soleil. Il fit deux pas en avant, puis s’arrêta. Le bruit était soudain plus fort, le claquement des vagues contre les rochers lui faisait mal aux oreilles. L’enfant fit un troisième pas. Il ne savait pas pourquoi. Mais cet oiseau avait quelque chose de mystérieux dans le regard. Encore un pas. L’orangé du ciel avait fait place au rouge. Un pas de plus. Il n’était plus très loin du goufre. Son cœur battait de plus en plus fort. La mer, qui lui avait parue si douce jusque-là était furieuse, et éclaboussait de sa colère noire le visage du garçon, qui ferma les yeux. Lorsqu’il les rouvrit, un tableau d’angoisse l’immobilisa. Devant lui, le soleil implorant inondait de son sang l’eau bouillonnante et enragée. Tout était rouge et feu, flamme et fumée. L’enfer était devant lui.

Qu’importe !

Le corbeau n’était plus qu’un point noir caché par les vapeurs infernales, mais avant que celui-ci ne disparaisse totalement, l’enfant se mit à courir, les yeux fermés. Le granite rouge le brûlait jusqu’au sang. Il courait toujours, de plus en plus vite. Il lui restait un mètre à parcourir. Mais il avait perdu la notion du temps. Il ne sentait plus ses pieds. Ses jambes le transportaient. Il avait chaud. Il avait peur. Mais c’était trop tard. Il ne savait pas comment s’arrêter. Il n’en avait pas la volonté. Il courait encore plus vite. Puis, sans ouvrir les yeux, il sauta enfin. Il vivait ses derniers instants. Le temps s’était arrêté. Il n’y avait plus rien autour de lui. Il n’entendait plus rien, il ne sentait plus rien, à peine l’air qui lui écorchait la peau au fur et à mesure qu’il tombait.

C’était la fin.

Enfin, … c’était ce qu’il croyait !

Il avait plongé. Maintenant, il attendait. Il était fatigué. Il se laissait porter par cette eau qui l’enveloppait comme pour le protéger. Plus de tempête, plus de rouge, plus de rage… Enfin de la douceur, du silence… Il ne savait plus où il était, ce qu’il faisait, il ne comprenait plus… Cette mer qu’il avait admirée tant de fois, soudain prise d’une colère foudroyante, et maintenant si protectrice… ce corbeau au regard si étrange, … Ce sentiment de vivre un cauchemar, ou de ne plus faire la différence entre le rêve et la réalité…

Et maintenant, était-il mort ?

Il n’osait ouvrir les yeux. Mais il respirait. Il était dans l’eau, mais il respirait. Quel sentiment étrange d’avoir conscience que tout ce que vous pensiez savoir n’a finalement plus aucun sens.

L’enfant se décida enfin et ouvrit les yeux. Il ne voyait rien. Puis peu à peu le noir se dissipa et les couleurs apparurent, floues. Du bleu, sombre, puis plus clair, parsemé de vert. Certaines choses aux contours indéfinies bougeaient, rapidement. De l’orange, du jaune, du turquoise…

L’ombre laissait la place à la lumière, et les silhouettes se dessinèrent peu à peu. Enfin, le tableau était précis, l’enfant fut alors pris de stupeur et d’émerveillement :

dans un univers d’un bleu profond, des poissons de toutes tailles, de toutes formes, illuminaient la mer par leurs couleurs dépassant l’imagination. L’enfant balayait du regard ce spectacle paradisiaque : à gauche, la roche laissait entrevoir quelques murènes cachées entre des étoiles de mer et des anémones. A droite, des algues semblaient lui faire signe. Puis une musique douce, comme venant du plus profond de son âme, attira son regard vers le haut. Un sourire ensoleilla son visage : au-dessus, des coraux étaient assemblés l’un contre l’autre, tel un orgue d’église, mais celui-ci venait tout droit du paradis, et semblait faire rayonner d’une joie intense tout ce qui vivait et entendait sa musique….

L’enfant se sentait chez lui. Enfin.

Tout d’un coup, il entendit une voix, juste à côté de lui.

« Sais-tu où tu es ? 

– Oui… Enfin, je crois…. » Répondit-il timidement, au seul être qu’il voyait près de son épaule droite.  C’était un hippocampe, tout petit, aussi minuscule que sa voix était imposante.

« Alors ? Où es-tu, selon toi ?

– Je suis… Dans l’eau. Enfin, dans la mer, près de la côte ?

– Dans la mer, c’est une réalité. Cependant, as-tu déjà vu un endroit comparable à celui-ci ? As-tu déjà ressenti des sensations aussi fortes et aussi étranges que lors de ces derniers instants ?

– Non… c’est vrai… Dis-moi, l’hippocampe… Où suis-je ?

– Tu es là où même l’homme le plus courageux ne s’aventure guère, là où l’explorateur le plus chevronné se perd, là d’où seul le plus sage peut revenir.

– Où suis-je ? Reprit l’enfant. Et toi, qui es-tu ?

– Je suis ta voix intérieure, ton guide, ta conscience. Et ce que tu vois ici, c’est ton âme, ton être, ton for intérieur. C’est ici que nait ce que tu es, et que grandit ce que tu deviendras. Si tu en ressens le courage, suis-moi, nous avons un long, très long voyage à faire. Mais tu en ressortiras plus grand, plus sage, et plus fort. Pour toi, et pour quiconque tu rencontreras sur ton chemin. »

L’enfant l’écoutait, et le regardait. Il trouvait tout cela incroyable, et pourtant il y croyait. Où s’arrêtait la réalité ? Où commençait le rêve ? Pourquoi était-il là à présent ? Au fond, qui était-il vraiment ?

Il se redressa, leva ses mains pour accueillir l’hippocampe, et dit enfin : « Je te suis. »

C’était un matin.

Il y avait un enfant sur la Côte de Granite Rose. Il y avait un enfant, et personne d’autre. Personne d’autre, si ce n’était cet astre aussi bienveillant que mystérieux, aussi puissant que fragile, celui que l’on appelait le Soleil.

Il entendit comme un battement d’aile au-dessus de lui. Il ouvrit les yeux, et, tout en restant assis, leva la tête : un corbeau tournoyait, en le fixant d’un regard bienveillant. Il se posa un instant sur son épaule droite, puis s’envola vers le ciel.

L’enfant se leva. Fit un signe à l’oiseau. Et adressa un sourire à la mer. Il était bien.

Il n’avait plus peur.

La Délivrance

Le vent frais de la mer balayait son visage. Yoann aimait ça. Comme chaque matin depuis quelques années, il arpentait les rues d’une petite bourgade, située en bord de mer, sur la côte de granite rose. Il partait suffisamment tôt de chez lui, pour prendre le temps de longer la digue. Il regardait l’horizon, la mer. En ces premiers jours de printemps, le ciel bleu était clairsemé de petits moutons blancs. Puis il entendit sur sa gauche un rire moqueur : un goéland le fixa pendant quelques instants, immobile, puis s’envola à l’affût d’un poisson malchanceux.

Chaque jour, Yoann se disait que la mer avait changé. « Elle a une âme, la mer, elle a des émotions, qui changent tous les jours… » ; et chaque jour, il se disait qu’il faudrait qu’il se mette à la peinture, qu’il installe une chaise et un tréteau, comme le font certains artistes amateurs dans les périodes estivales. Parfois il montait dans son petit canot, qu’il laissait amarrer entre deux rochers à...