Roland, le mage et le dragon

Roland, le mage et le dragon

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Livres
88 pages

Description

Dans la magnifique vallée d'un pays lointain, le paisible quotidien de la famille Heim est troublé par un mystérieux événement. Des forces maléfiques dissimulent le soleil et font régner l'obscurité. Pour sauver sa famille de la mort, Roland, l'aîné des quatre enfants, part seul chercher de l'aide. Le conte retrace comment un simple garçon de ferme transcende son destin pour devenir un preux chevalier. Au cours d'une série de péripéties incroyables, il rencontre un roi, puis se voit confier une dangereuse mission par un mage. Sa quête aventureuse le conduit à se surpasser, en faisant preuve de ruse et de courage, pour acquérir l'étoffe d'un héros exemplaire. Cette plongée dans un univers merveilleux regorge de surprises et émerveillera les lecteurs de tous âges.


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Ajouté le 30 août 2017
Nombre de lectures 2
EAN13 9782414127856
Licence : Tous droits réservés
Langue Français
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Tous droits de reproduction, d'adaptation et de traduction,

intégrale ou partielle réservés pour tous pays.

 

ISBN numérique : 978-2-414-12783-2

 

© Edilivre, 2017

Roland, le mage et le dragon

 

Il y a bien longtemps dans une très belle petite vallée verdoyante vivait la famille Heim… Les contes commencent toujours comme ça.

Le chant du coq le matin réveille toute la maisonnée. La première levée, presque toujours, Madeline la maman de cette grande famille de 4 enfants. Une femme toute en formes et en douceur, une mère et une femme aimante. Son mari George est un homme ordinaire dont le visage est en partie mangé par une barbe plus ou moins bien taillée, trapu marqué par l’effort et la vie rude, puis vient l’ainé Roland, un beau garçon pas très grand, 1,65 m, aux cheveux blonds et aux yeux bleus, qui du haut de ses 17 ans est déjà presqu’un homme de par son caractère posé, il est légèrement anxieux, jamais agressif et blessant du fait d’une certaine sensibilité et d’une empathie prononcée. Julie 11 ans, une petite demoiselle toute menue, brune et pétillante, pleine de vie qui ne connaît pas la tristesse, le petit rayon de soleil de cette maison, André 9 ans, gracieux et maladroit, très attaché à sa mère et toujours très prévenant avec ses frères et sœur et enfin, le petit dernier n’est encore qu’un bébé. Il s’appelle Jacques, il a 3 ans et ne tient pas en place, il voudrait déjà être grand comme ses frères qu’il prend en exemple pour tout.

Ils vivent dans une maison à pans de bois, pas très grande, un peu défraichie mais très agréable à vivre avec ses deux étages la famille Heim est une famille aisée comparée aux autres familles du village.

En rentrant sur la gauche se trouve la cuisine avec sa grande cheminée, l’âme de la maison qui éclaire et réchauffe toute la pièce. Une petite porte au fond permet d’aller dans la chambre des parents, un peu décalé sur la droite, un escalier en bois permet de monter au premier étage où se trouvent les deux chambres des enfants ; Roland, lui, a droit à sa chambre, Julie et André dorment dans le même lit. Jacques dort en bas avec ses parents.

Une petite trappe sur la gauche sert à monter au grenier.

Au dehors, adjacente à la maison, une petite étable en bois abrite deux chevaux de trait, une vache et trois cochons.

Ce jour-là, Madeleine préparait le repas pour toute la famille, un peu de lait tout fraîchement traie de Marguerite la vache, un peu de beurre sorti de la baratte (cylindre en bois qui permet de transformer la crème de lait en beurre), une bonne tranche de pain et du jambon fait maison. Rien de plus sain.

Toute la maisonnée se réveillait et l’un après l’autre chacun commençait à descendre. Roland, le premier s’en alla chercher un peu d’eau au puit pour se débarbouiller. Bien étendu à cette époque la salle de bain n’existait pas et tout se passait à la cuisine. Les toilettes se trouvaient souvent au fond du jardin.

Puis Julie, Jacques… Au bout d’un moment toute la petite tribu se retrouvait autour de la table, le seul qui n’était pas présent, George qui était parti plus tôt le matin pour amener un cochon au marché pour le vendre.

Le marché se trouvait à 10 lieux de là dans le petit bourg « du bouc bleu », bourg de 120 âmes avec comme son église, sa place forte, son boulanger, son boucher, son maréchal ferrant et bien d’autres commerces encore.

C’était une matinée comme tant d’autres, les fils allaient s’occuper des bêtes, la petite Julie aidait sa maman aux tâches ménagères. Mais Roland avait un sentiment bizarre ce matin, les oiseaux ne chantaient pas comme d’habitude. La forêt aux alentours semblait vide d’animaux. Cette sensation s’amplifiait au fur et à mesure que le temps passait, vers midi le ciel devint sombre comme en pleine nuit. Le soleil avait disparu derrière une grosse sphère, un silence angoissant envahi toute la contrée. Après l’angoisse vint la panique. Tout le monde commençait à courir de droite et de gauche en criant à la fin du monde. Certains se réfugiaient à l’église pour prier, d’autres s’enfermaient à la maison.

Roland pris ses frères par la main et couru lui aussi vers la maison rejoindre Madeleine et Julie. Arrivés à la ferme tout était silencieux, pas un bruit dans l’étable. Il ouvrit la porte et vit sa maman et sa sœur toutes deux devant la cheminée, Julie dans les bras de sa maman apeurée et qui se demandait ce qu’il se passait.

La grosse pendule dans la pièce indiquait 11h du matin, en regardant dehors il faisait tellement sombre qu’on aurait dit qu’il était 19h.

Madeleine prit son courage à deux mains et sorti voir ce qu’il se passait. Toujours pas un bruit aux alentours, elle regarda cette grosse sphère qui cachait le soleil. Ce genre de phénomène était déjà connu, ils appelaient ça une éclipse… Oui, mais la boule était rouge sang avec une sorte d’auréole en flamme tout autour. Madeleine rentra auprès de ses enfants ne sachant que faire d’autre.

Le temps passait tant bien que mal lorsque tout à coup vers la fin de la journée un grand bruit se fit entendre à l’orée du bois, un bruit à vous glacer le sang. Roland sorti voir d’où venait ce bruit, dehors toujours un calme angoissant. Plus de bruit, il s’avança un peu plus vers l’étable où il vit les animaux couchés au sol comme si la fin du monde était proche. Au moment de rentrer chez lui le bruit le fit à nouveau tressaillir, bien plus fort, bien plus terrifiant. Roland se retourna et vit sur le haut de la colline une forme noire, énorme avec des yeux jaunes en feu, cette chose n’avait pas de corps, il n’était que fumée épaisse, grande et effrayante.

Une angoisse profonde figea Roland sur place comme si un câble invisible le gardait rattaché au sol, il ne pouvait ni avancer ni reculer de peur que ce monstre l’entende même s’il était à des lieux de lui.

Après avoir repris ses esprits, il retourna à la maison voir sa mère pour lui expliquer ce qu’il avait vu. Madeleine comprit la frayeur de son fils en voyant son visage dès que la porte s’ouvrit ; Roland lui raconta ce qu’il venait de voir, avec toute cette peur encore dans ses yeux.

La petite famille attendait avec impatience que George revienne du marché, en espérant que rien de grave ne lui soit arrivé.

George était encore sur la place du bourg avec tous les habitants qui n’osaient plus bouger, avec cette sphère au-dessus de leur tête. Il avait perdu son cochon pendant la panique mais ce n’était pas important, la seule chose qui lui venait à l’esprit était sa famille, seule dans la maison. Il prit un cheval qui errait dans la bourgade, en se disant qu’il le rapporterait plus tard. Il parcouru les 10 lieux en très peu de temps. Durant le trajet il priait pour que rien ne soit arrivé à sa famille. En voyant sa maison encore comme il l’avait laissée le matin en partant, un soulagement parcourut son corps tout entier. Il attacha le cheval puis il ouvrit la porte à toute hâte pour voir sa famille, prostrée devant la cheminée.

A la vue de son mari, Madeleine fondit en larme de joie, suivie de ses enfants heureux de revoir leur père sain et sauf.

A la nuit tombée, toute la petite famille alla se coucher pour essayer de dormir.

Le matin suivant, George qui était le premier debout courut voir si la sphère cachait toujours le soleil. Il faisait très froid, il fallait s’occuper des animaux leur donner à manger et les mettre à l’abri du froid. Son épouse préparait le pain sans grande conviction et attendait que ses enfants se lèvent. Au bout d’un certain temps, tout le monde se retrouva autour de la table devant un grand feu de cheminée qui réchauffait la maison. L’appétit n’y était pas, mais la peur et l’angoisse étaient là, comment serait cette journée ?

Tous se regardaient sans un mot, un silence pesant régnait dans la maison, une envie de remonter le temps où tout n’était en fin de compte que travail et insouciance planait dans cette atmosphère lourde et angoissante.

George entreprit de sortir pour avoir un peu plus de renseignements, le voisin le plus proche se trouvait à environ 5 lieux. Il fallait qu’il sache quoi faire pour aider sa famille. L’impression de pénombre rendait les arbres effrayants, des monstres prêts à bondir.

Fort heureusement il avait encore le cheval, il prit les rênes et parti au galop vers la forêt.

Après une bonne demi-heure de route, il arriva chez Axel son voisin.

La ferme bien plus humble que la sienne était silencieuse et sans vie, pas une lumière, pas un bruit sauf dans l’étable où les animaux bougeaient à peine. Il pénétra dans la maison plongée dans le noir avec précaution, attentif au moindre bruit, le nœud au ventre mais rien, personne.

Il parcouru toutes les pièces du rez-de-chaussée puis monta au premier. C’est là qu’il vit un peu éparpillée dans la grande chambre du haut, la famille d’Axel, sa femme les deux enfants et Axel. Tous dans des positions différentes, la seule chose qui semblait identique c’est qu’ils étaient tous recroquevillés sur eux-mêmes, sans vie.

Cette posture décrivait sans aucune ambigüité la douleur qu’ils avaient dû ressentir. Une fois le moment de peur et de dégout passé, George s’avança vers Axel pour voir de plus près de quoi il était mort.

Prenant son courage à deux mains il tourna et retourna le corps sans vie de son voisin et ami, mais aucune blessure apparente, rien, seuls ses doigts crispés et ses yeux grands ouverts injectés de sang étaient des témoins silencieux de ce qu’il s’était passé. Quelle est la dernière chose terrifiante qu’Axel a vu avant de mourir ?

Pris de panique George sortit de la maison en courant, grimpa sur le cheval et fila chez lui. Pendant tout le trajet il se demandait ce qu’il pourrait raconter à sa femme. Lui dire la vérité ou faire comme si la ferme était vide et qu’il n’y avait trouvé personnes ?

Arrivé chez lui, il mit le cheval à l’abri dans l’étable, y resta un moment avant de rentrer dans la maison. Toute la famille était là. Ils s’occupaient tant bien que mal afin de ne pas trop penser à la situation dans laquelle ils se trouvaient.

En voyant George, sa femme s’approcha de lui un verre d’eau à la main et lui demanda ce qu’il avait vu chez le voisin. La regardant avec un regard très doux il lui répondit :

– Rien, la ferme était vide, ils ont dû tous aller en ville

– Ha bien, j’espère qu’ils vont bien, dit-elle

Et la journée se passa comme elle avait commencé.

Cela faisait maintenant 10 jours que ce cauchemar avait débuté. La nature ressentait déjà le manque de soleil, les cultures pourrissaient et surtout la réserve de nourriture de la famille diminuait à vue d’œil. Si cela continue, pensait George, il va falloir trouver de la nourriture ailleurs.

Les jours suivants, alors qu’une fatigue soudaine touchait tous les membres de la famille Heim et qu’ils n’avaient plus la force de se lever, seul Roland l’ainé allait bien et essayait tant bien que mal de faire de son mieux pour faire manger tout le monde et s’occuper des bêtes. Mais malgré tous ses efforts, malheureusement la situation empirait au fil des jours. George qui était encore lucide dit à son fils de partir au bourg pour ramener le médecin.

Roland pris le cheval et se rendit au bourg « du bouc bleu ». Arrivé sur la place principale tout semblait figé, les chiens errants avaient remplacé les villageois, les stands du marché étaient encore en place, en grande partie renversés au moment de la panique du premier jour. Tous les produit frais étaient pourris et une odeur pestilentielle embaumait tout le bourg, à tel point que Roland dû plonger son mouchoir dans la fontaine pour l’humidifier et se le mit autour de la bouche et du nez pour ne pas vomir.

Il finit par trouver la maison du médecin ou plutôt du rebouteux. Il poussa la porte et trouva au milieu de la pièce un homme, grand et mince, tout de noir vêtu avec un masque en forme de grand bec qui lui recouvrait tout le visage et ne laissait apparaître que ses yeux d’un brun profond, on aurait dit un corbeau.

A cette vision il prit peur, heureusement le médecin retira sont masque et le salua :

– N’aies pas peur mon garçon, ce masque est fait pour empêcher le mal de passer dans mon nez…

– Bonjour, répondit Roland encore apeuré par sa première vision.

– que fais-tu ici tout seul ?

– Je viens vous chercher monsieur, j’habite la ferme Heim. Toute ma famille est malade, ils sont tous comme vidés de leurs forces. J’ai...