1001 Heures

1001 Heures

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53 pages

Description

Présentation :
Pour fuir la violence des gangs, Al se réfugie à Los Angeles chez son meilleur ami Gene, blogueur people, qui l’entraîne dans son monde de strass et de paillettes. Quand il rencontre la belle Jasminder, Al s’invente des origines prestigieuses pour la séduire. Mais son passé finira par le rattraper.
Des quartiers sordides de Mexico City au glamour de la Cité des Anges, l’auteur nous livre sa propre vision de l’histoire d’Aladdin.

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Date de parution 29 novembre 2013
Nombre de lectures 8
Langue Français

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Chloé Boffy
1001 Heures
Semitam Tenebris / Contes Lune-Ecarlate Editions
1001 Heures
Mexico City – 6 juin – 0 h 45
C’est la langue râpeuse d’un chat sur sa peau qui le ré-veilla. Ou plus exactement, au moment où il reprit connais-
sance, un matou était en train de lui lécher la main. Al s assit,
le dos contre une poubelle. Il avait l’impression que sa tête al-
lait éclater. La moindre parcelle de son corps le faisait atroce-
ment souffrir. Il avait déjà été tabassé par des gars d’autres
gangs, mais la baston de cette nuit s’était révélée particulière-
ment violente. Jamais encore il n’avait perdu connaissance. Il
ne se rappelait même plus comment les choses s’étaient dérou-
lées exactement. Il se souvenait seulement qu’il rentrait chez
lui quand il avait croisé les brutes du Chacal. Ou étaient-ce des
Têtes Noires ? Sans autre forme de préambule, on lui avait en-
voyé un direct en pleine figure. Il avait entendu – et senti – son
nez se fracturer dans un craquement. Et ensuite, le néant abso-
lu. Seule revenait à sa mémoire la dernière phrase qu’il avait
entendue avant de sombrer, et qui se répétait en boucle dans
son cerveau, comme une sinistre mélodie :
Je te retrouverai…
De l’intérieur du poignet, il essuya le sang qui coulait de
ses narines jusque dans sa bouche et grattouilla la tête du chat,
qui frottait ses flancs contre lui en ronronnant, réclamant plus
de caresses.
Ça va, toi ? Tu sais pas ce que je donnerais pour être à ta place.
Lentement, Al se mit debout et se traîna tant bien que mal
jusqu’au taudis où il vivait.
Arrivé chez lui, il s’affala sur le canapé défraîchi et tira
jusqu’à lui l’ordinateur posé par terre. Le seul objet de valeur
qu’il possédait, obtenu de façon pas franchement honnête. Ses
doigts pianotèrent sur le clavier, un peu pour chercher un re-
mède miracle à ses douleurs, un peu par désœuvrement.
La fenêtre de sa messagerie instantanée clignota. Eugene,
son ami d’enfance. Surnommé Gene, ou plus souvent Génie,
parce qu’il avait réussi, lui. Il était sorti des bas-fonds et tenait