4 - Le Voleur du Train 112ter

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Épisode 4 sur 6 : Le Voleur du Train 112ter :




M. Mirmac est un trentenaire, riche et sportif, que la vie ennuie à mourir. Il a pour domestique un Américain de son âge, Harry Wilson, un homme intelligent et dévoué.




Tous deux sont blasés jusqu'au jour où Mirmac décide de mettre du piment dans son existence en embrassant la carrière de détective. Il en profite pour exhorter Harry à jeter son uniforme de domestique pour qu’il devienne son aide, son acolyte, son partenaire...




Dès lors, le privé investit son argent au service de son métier, et lui et son compère vont retrouver le goût de l’existence et prouver leurs qualités d'enquêteurs. Car, c’est lorsque l’on frôle la mort que l’on mesure la beauté de la vie, c'est là tout le sel d'un destin fait de péripéties et de dangers.

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Date de parution 08 mai 2015
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EAN13 9782373470222
Licence : Tous droits réservés
Langue Français

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couve

Les Aventures d'un Détective Amateur

Le Voleur du Train 112ter

 

Auteur inconnu

 

 

D’après les textes publiés journellement à partir du 25 novembre 1908 dans LE FEUILLETON du « MATIN ».

I

 

À ce moment, après la scène du restaurant, il m'arriva la chose la plus désagréable du monde.

Comme je revenais de voir le chef de la Sûreté, M. Clavel, Alfred, mon valet de Chambre, me dit en m'ouvrant la porte :

— Il y a quelqu'un qui attend Monsieur.

En effet, j'aperçus, assis sur une banquette de l'antichambre, un homme jeune, assez élégamment vêtu, coiffé d'un chapeau melon et tenant à la main une petite canne.

Il se leva en me voyant, enleva son chapeau, salua et me dit :

— C’est à M. Mirmac que j'ai l’honneur ?...

Comment ce monsieur que je n’avais jamais vu, j'en étais sûr, savait-il mon nom, et surtout comment connaissait-il mon adresse, que j’avais si soigneusement cachée à toutes mes connaissances ? Qui était-il ? Que venait-il faire chez moi ?

Je répondis :

— Oui, monsieur, je suis M. Mirmac, que désirez-vous ?

J’avais prononcé ces mots d'un ton assez sec, comme quelqu’un qui n'aime pas qu'on vienne le déranger et l'ennuyer sans raison.

— Moi, dit le jeune homme, je suis M. Raflet, rédacteur au Parisien.

Je me tins sur la défensive et demandai :

— Vous voulez ?

— M'entretenir un instant avec vous.

— Une interview ? Et à propos de quoi ? Je suis un trop mince personnage pour que le monde puisse s'intéresser à ce que je pense, à ce que je dis.

Le journaliste sourit d'un air fin :

— Si vous vouliez parler, dit-il.

— Mais je ne sais rien, rien, cher monsieur, rien de rien. Et je ne comprends pas vraiment que vous ayez eu l'idée de venir chez moi. Et d’abord comment savez-vous mon nom ? Comment avez-vous découvert que j'habitais ici ?

Nous étions toujours dans l'antichambre.

J'ouvris la porte de mon cabinet. Il entra, s'assit sur un fauteuil que je lui présentai, puis il me dit :

— J'étais cette nuit au restaurant X.... J'ai assisté à toute la scène.

Je feignis l’étonnement le plus profond.

— Quelle scène ?

— Ah ! vous êtes étonné qu’on vous ait reconnu, car vous n'avez pas le même visage que là-bas. Vous étiez déguisé.

J'avais l'air absolument abasourdi. Mais cela ne prit pas.

Le journaliste secoua la tête.

— Oui, dit-il, vous étiez déguisé. Mais à un moment, votre barbe s’est détachée, et quelqu'un s'est mis à crier autour de moi.

— Mais c’est Mirmac !

Moi, je n'avais pas l'honneur de vous connaître.

Et le monsieur qui parlait ajouta :

— Qu’est-ce qu'il fait ici ? Le voilà devenu policier, maintenant ? Quel drôle d'avatar !

Vous pensez si ces paroles étaient faites pour piquer la curiosité d’un reporter.

Je me tournai vers celui qui avait parlé. Je l'interrogeai. Et il m'apprit qu’il vous avait connu, que vous lui aviez toujours fait l'effet d'un fier original. Vous me permettez de répéter ce qu'il a dit.

— Mais parfaitement, faites donc !

— Que vous faisiez la fête avec lui et un groupe de ses amis ; mais que vous aviez l'air de porter le diable en terre. On vous voyait bailler au milieu des parties de plaisir les plus gaies. Puis, un beau jour, vous aviez disparu subitement et le bruit avait couru que vous vous étiez suicidé. La personne qui me renseignait sur votre compte n’était pas sûre absolument que ce fût vous. Mais elle en était persuadée.

— Et cette personne s'est trompée, répondis-je ; je suis bien M. Mirmac. Mais je n'ai point été cette nuit au restaurant X... et n‘y ai pas joué le rôle dont vous me parlez. Je ne suis point un policier.

— Le malheur, dit le reporter, c'est que j’ai suivi celui qu’on m'avait dit être M. Mirmac, que je vous ai rencontré ici et que...

Je me mis à rire très franchement.

— Et que je ne puis rien vous cacher, ajoutai-je, et qu’on ne peut pas tromper un journaliste et qu’il faut tout vous dire ?

— Cela vaudrait mieux, en effet.

— Je le veux bien, mais à une condition, c’est que vous serez discret. C’est qu'en aucune occasion, mon nom ne sera prononcé.

Le jeune homme se leva, me tendit la main et dit :

— Pacte conclu ! Je vais m’engager non seulement à ne jamais révéler votre incognito, mais...