6 - Un Lâche

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Épisode 6 sur 6 : Un Lâche :




M. Mirmac est un trentenaire, riche et sportif, que la vie ennuie à mourir. Il a pour domestique un Américain de son âge, Harry Wilson, un homme intelligent et dévoué.




Tous deux sont blasés jusqu'au jour où Mirmac décide de mettre du piment dans son existence en embrassant la carrière de détective. Il en profite pour exhorter Harry à jeter son uniforme de domestique pour qu’il devienne son aide, son acolyte, son partenaire...




Dès lors, le privé investit son argent au service de son métier, et lui et son compère vont retrouver le goût de l’existence et prouver leurs qualités d'enquêteurs. Car, c’est lorsque l’on frôle la mort que l’on mesure la beauté de la vie, c'est là tout le sel d'un destin fait de péripéties et de dangers.

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Publié par
Date de parution 08 mai 2015
Nombre de lectures 3
EAN13 9782373470260
Licence : Tous droits réservés
Langue Français
Poids de l'ouvrage 1 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0007€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

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couve

Les Aventures d'un Détective Amateur

Un Lâche

 

Auteur inconnu

 

 

D’après les textes publiés journellement à partir du 2 décembre 1908 dans LE FEUILLETON du « MATIN ».

I

 

À cette époque, et pendant un moment d’accalmie pendant lequel j'avais pu me ressaisir un peu et m'occuper de terminer mon installation, qui était encore très sommaire à cette époque, dis-je, les journaux racontèrent, en mettant seulement des initiales, une singulière histoire...

Il s'agissait d’un baron de B... et d'un marquis de S..., qui avaient eu dans l'escalier d’un restaurant de nuit une violente altercation qui avait été suivie d'un envoi de témoins et d'un duel.

Le marquis de S..., qui était l’amant de la baronne de B..., avait conduit celle-ci au théâtre un soir que l’on croyait le mari absent, parti pour un voyage d'un ou deux jours, et, après le théâtre, il l'avait emmenée souper dans un restaurant à la mode, mais comme ils montaient tous les deux l’escalier couvert de tapis de ce restaurant, ils aperçurent au haut des marches le baron de B..., qui descendait.

On devine le sursaut de surprise qu’eurent les trois personnages. Puis, le premier moment de stupeur passé, le baron se précipita sur le marquis :

— Ah ! traître ! lâche ! voilà donc comment tu comprends l’amitié !

Et, voyant que les gens s’amassaient en haut de l'escalier, rouge de honte et de confusion, il saisit violemment le bras de la baronne, qui semblait absolument anéantie, et l'entraîna en disant :

— Nous nous expliquerons à la maison, madame !

Et se tournant vers le marquis d'un air menaçant :

— Quant à vous, monsieur, je vous tuerai !

Le gentilhomme eut un sourire narquois et répondit :

— C’est ce que nous verrons, monsieur.

Et le baron et sa femme disparurent sous les regards curieux et amusés des témoins.

Quand les témoins du baron de B... se présentèrent chez le marquis pour lui demander raison de l’insulte qui lui avait été faite, celui-ci répondit :

— C’est moi plutôt qui suis l’offensé, et qui devrais avoir le choix des armes, car c’est moi qui ai été souffleté, et rien ne prouve que je sois l'amant de la baronne, avec laquelle je me trouvais seulement en qualité d’ami, et que je venais conduire à ce restaurant où elle savait retrouver son mari.

— C’est votre devoir de galant homme, dit un des témoins du baron, de dire cela, mais ni mon ami, ni nous, ne sommes forcés de vous croire, et d'ailleurs ce n'est pas notre affaire, à nous du moins. Nous sommes chargés par notre ami de venir vous demander raison.

— Et je suis prêt, dit le marquis, à accorder à votre ami toutes les satisfactions qu’il désire, et à vous mettre en rapport avec deux de mes amis. Je ne chicanerai même pas sur le choix des armes, que je lui laisse absolument. Je désire seulement, et c'est pour moi une condition sine qua non, que la rencontre ait lieu dans la propriété que le baron possède aux environs de Paris, tout prêt de Nogent. Il y a là un parc immense, où nous ne pourrons pas être dérangés. En cette saison, la villa est inhabitée.

Il paraît que lorsque les témoins du baron parlèrent à celui-ci de cette exigence, qu'ils trouvaient, eux, pour le moins, singulière, M. de B... eut un léger sursaut, qu'ils attribuèrent à la surprise, qui devait être égale, pour lui au moins, à celles qu'ils éprouvaient eux-mêmes, mais il ne fit aucune observation.

Cette rencontre fut décidée pour le lendemain.

Mais voilà où la chose se corse, et devient tout à fait extraordinaire ; quand il fut sur le lieu du combat, le marquis désigna l'emplacement où il voulait que la rencontre eût lieu.

Et, au fur et à mesure que l’on approchait de cet endroit, on vit les traits du baron se décomposer littéralement.

Son visage était devenu d’une couleur verdâtre. Une sorte de tremblement nerveux, qu'il ne parvenait pas à réprimer, s'était emparé de lui.

Les témoins mettant cette singulière attitude sur le compte de la peur qui avait saisi leur client au moment de croiser le fer, car on devait se battre...