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A l'heure des marches

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Livres
111 pages

Description

La jolie May disparaît un soir du mois de juin, lors d’une soirée festive entre amis de classe en Bretagne, sur l’île de Batz, en face de Roscoff. Malgré les investigations de la police, la jeune fille reste introuvable. Son frère Paul et son ami handicapé Gaël, aidés par Jean Poulich, un marin pêcheur, vont entreprendre une recherche effrénée qui les conduira à Ouessant. Dans ce monde difficile qu’est celui de la pêche, ils pénétreront aussi celui des phares, qui leur délivreront la clé de leur enquête.

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Informations

Publié par
EAN13 9782748170245
Langue Français
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A l’Heure des marches
Clara Lauberlah
À l’heure des marches





Littérature jeunesse











Le Manuscrit
www.manuscrit.com












Couverture © LorienDream

© Éditions Le Manuscrit, 2006
www. manuscrit. com

ISBN :2-7481-7025-3 (livre numérique)
ISBN 13 : 9782748170252(livre numérique)
ISBN : 2-7481-7024-5(livre imprimé)
ISBN 13 : 9782748170245 (livre imprimé)
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DES GRANDES VACANCES COMPROMISES

En ce matin du premier jour du mois de juillet, un
brouillard fin et humide recouvrait la ville de Roscoff et
Paul se trouvait encore seul. Il se doutait bien que ses
parents étaient une fois de plus à débrouiller cette
affaire qui avait changé le cours de leur vie : Marie, sa
jeune et unique sœur demeurait introuvable depuis déjà
une semaine. Invitée chez des amis à passer la soirée
pour fêter la fin de l’année scolaire, elle n’était jamais
rentrée. Les maigres indices que sa famille était
parvenue à obtenir ne lui permettaient pas à ce jour de
savoir si Marie était en vie. Devant le piétinement de
l’enquête, Paul avait décidé d’agir de son côté. Son
dossier « secret » ouvert sur informatique s’épaississait
de jour en jour. Dans cette affaire, Gaël son meilleur
ami se révélait d’une aide étonnamment efficace. Il avait
créé un site sur Internet afin de recevoir le maximum
d’informations concernant la disparition de Marie.
Dernièrement, il avait pris contact avec la personne qui
devait avoir vu la jeune fille pour la dernière fois. Il
s’agissait de Jean Poulich, un marin pêcheur originaire
de Roscoff. Il l’aurait aperçue le lendemain de la fête, le
samedi 30 Juin vers six heures du matin avec deux
9 adultes. Leur bateau « Le Téméraire » avait retenu
l’attention de Jean : il connaissait bien la compagnie
« Eau Profonde » et son patron Yves Gilhoët à qui ce
bateau de pêche appartenait. Or cette compagnie
n’envoyait jamais de bateau en mer les samedis et
certainement pas à cette heure si matinale contrairement
aux autres compagnies. C’est en lisant le petit article
dans le journal local retraçant le tragique événement de
la semaine dernière que Paul eut un coup au cœur.
L’image de sa sœur entre les deux hommes dans
le « Téméraire » que Jean Poulich avait vue lui revint
tout de suite à l’esprit.
Pour cesser de broyer du noir, Paul appela Gaël,
pour une partie de pêche sur l’Ile de Batz, en face de
Roscoff. En deux temps, trois mouvements, il se
retrouva sur son vélo dans la brise bretonne, sa canne à
pêche bien calée dans la sacoche arrière. Paul prit
aveuglément la direction du port près duquel habitait la
famille Montfaure. Lorsqu’il arriva, la porte d’entrée
était entrouverte. On l’attendait.
– Je vous ai préparé des pique-niques, dit madame
Montfaure en entendant les pas de Paul.
Gaël était prêt. Le sourire jusqu’aux oreilles il avança
son fauteuil roulant. Paul se mit derrière lui et le poussa
vers l’extérieur de la maison.
– Nous serons de retour vers dix-huit heures, à la
dernière vedette, lança Paul tout en dirigeant Gaël avec
précaution.
– C’est marrant ! J’étais sûr que tu allais m’appeler
pour pêcher sur l’île aujourd’hui ! Je m’étais fait à cette
idée, avoua Gaël.
Une vedette blanche attendait la vingtaine de
passagers qu’elle avait l’habitude de transporter sur l’île
10 tous les jours. Pêcheurs, touristes, amateurs de nature
ou amoureux du silence se croisaient sur ce bateau et
partageaient leurs préoccupations du moment. Dix
minutes suffisaient pour atteindre cette île.
– Alors les garçons, on se fait une petite virée ? Vous
avez bien raison ! Il n’y aura personne aujourd’hui par
ce temps là ! Vous serez au calme ! lança Jean, le
propriétaire de la vedette.
Petit et maigre, le teint buriné, une chique qu’il
mastiquait pour éviter de fumer en mer, Jean était le
prototype du pêcheur breton. Cela faisait vingt ans qu’il
assurait les allers-retours entre Roscoff et l’Ile de Batz
trois jours par semaine. L’autre partie du temps, il la
passait à la pêche au gros. Le marin partait au grand
large vers l’Angleterre ou l’Irlande, sur un chalutier
moderne de pêche artisanale. Il en était très fier, car
c’était le fruit de rudes années de travail. Paul et Gaël
admiraient ce marin à cause de son énergie. Lorsqu’il
était à terre, on pouvait le voir en tête d’un pardon
jouant du biniou ou bien dans un « fest noz » animant
les danses. Très engagé dans la vie de Roscoff, il n’avait
pourtant jamais eu envie de se présenter à la mairie. Il
aimait seulement se rendre utile. Ainsi, il connaissait très
bien les familles roscovites et même leur généalogie.
– Le retour de la navette est toujours à dix-huit
heures ? lui demanda Paul
– Toujours ! répondit-il.
La navette déversa ses passagers qui se dispersèrent.
Paul et Gaël prirent comme d’habitude le chemin qui
mène au phare. Non seulement son accès restait facile
pour Gaël, mais surtout la pêche était bonne dans ce
coin. Tous les deux étaient souvent revenus avec une
besace pleine de bars, d’anguilles et de petits
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