Alibis 50

Alibis 50

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Livres
164 pages

Description

LES FICTIONS :
« Docteur Hämmerli », de Richard Ste-Marie ; « La Dernière Traque », de Rick Mofina ; « Et de ton camion », de Camille Bouchard.
LES ARTICLES :
« Montréal, capitale du vice », de Norbert Spehner ; « Conversation avec Genevière Lefebvre », de Pascale Raud.
LES CHRONIQUES :
« Camera oscura » ; « Le crime en vitrine » ; « Dans la mire ».

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Informations

Publié par
Date de parution 03 avril 2014
Nombre de lectures 5
EAN13 9782896158027
Licence : Tous droits réservés
Langue Français
Poids de l'ouvrage 1 Mo

Informations légales : prix de location à la page €. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

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LIBI APolar, Noir & MystSère
Camille BOUCHARD Rick MOFINA Richard STEMARIE
Entrevue GenevièveLEFEBVRE
Géographiedupolar MONTRÉAL, VILLE OUVERTE
L ’AN T H O L O G I E P O L A RP E R M A N E N T E D U
Sommaire
PRÉSENTATION Chose promise, chose due ! 3
LESFICTIONS Docteur Hämmerli 7 Richard Ste-Marie La Dernière Traque 25 Rick Mofina Et de ton camion 47 Camille Bouchard
LES ARTICLES Géographie du polar 91 Montréal, ville ouverte et capitale du vice Norbert Spehner Conversation avec Geneviève 106 Lefebvre Pascale Raud
LES CHRONIQUES Camera oscura 118 Christian Sauvé Le Crime en vitrine 133 Norbert Spehner Dans la mire 142 André Jacques, Martine Latulippe, Morgane Marvier, Norbert Spehner
Alibis 50 Printemps 2014 Vol. 13 n˚ 2
Bernard Duchesne collabore avecAlibisdepuis le début. Il réalise aussi des couvertures pour les éditions Alire. Comme designer, il crée des murales et des scénographies pour les musées et centres d’interprétation. Ses carnets d’aventures révèlent un goût marqué pour l’aquarelle en plein air. Il offre des ateliers d’exploration artistique dans différents domaines.
Pour en savoir et en voir plus www.bernardduchesne.ca
Illustrations Bernard Duchesne : 7, 25, 47, Suzanne Morel : 91, 106
P r i x A l i b i s 2 0 1 5
Le Prix ALIBIS s’adresse aux auteurs du Québec et du Canada francophone et récompense une nouvelle de polar, de noir ou de mystère
DISPOSITIONS GÉNÉRALES
Les textes doivent être inédits et avoir un maximum de 10 000 mots (60 000 ca ractères). Ils doivent être envoyés en trois exemplaires (des copies, car les originaux ne seront pas rendus). Afin de préserver l’anonymat du processus de sélection, ils ne doivent pas être signés, mais être identifiés sur une feuille à part portant le titre de la nouvelle et les nom et adresse complète de l’auteur, le tout glissé dans une enveloppe scellée. La rédaction n’acceptera qu’un seul texte par auteur. Les textes ne peuvent avoir qu’un seul auteur. Les textes doivent parvenir à l’adresse de la rédaction d’Alibis:
Prix ALIBIS, 120 côte du Passage, Lévis (Qc) G6V 5S9
Il est très important de spécifier la mention «Prix ALIBIS». La date limite pour les envois est le vendredi 13 février 2015, le cachet de la poste faisant foi.
Le lauréat ou la lauréate recevra une bourse en argent de 1 000 $. De plus, il ou elle recevra le trophéeAlibis, gravé à son nom. Le nom du gagnant ou de la gagnante sera dévoilé lors de l’édition 2015 duSalon international du livre de Québec. L’œuvre primée sera publiée en 2015 dans le numéro d’été d’Alibis. Les gagnants des PrixAlibisdes trois der nières années ne sont pas admissibles. Le jury est formé des membres de la direc tion littéraire d’Alibis. Il aura le droit de ne pas accorder le prix si la participation est trop faible ou si aucune œuvre ne lui paraît digne de mérite. La participation au concours signifie l’acceptation du présent règlement.
Pour tout renseignement supplémentaire, contactez Pascale Raud, coordonnatrice de la revue, au courriel suivant :
raud@revuealibis.com
Présentation
CHOSE PROMISE,CHOSE DUE!
Eh bien voilà, c’est fait, vous avez le résultat entre vos mains. Tel que nous vous l’avions promis en janvier dernier, voici l’Alibis nouveau, avec sa maquette revampée pleine couleur, qui s’inscrit dans le prolongement direct du format epub de la revue, disponible depuis le numéro précédent. Nos abonnés numériques nous en ont d’ailleurs dit grand bien, heureux de pouvoir enfin lireAlibisen toute facilité (sans verrou numérique) sur leur tablette, leur liseuse ou leur téléphone intelligent préféré. Or, toute amélioration a un prix et celui de votre revue de prédilection augmente un peu. C’était inévitable, face à la démesure des récentes augmentations postales (une honte nationale !) et à l’inflation qui, année après année… En fait, depuis le lancement d’Alibis, à l’automne 2001, nous avons procédé à seulement deux ajustements, dont le premier se justifiait par l’ajout de pages, et celui-ci par l’ajout de la quadrichromie. Mais vous savez quoi ? Si les politiciens, qui battent la campagne québécoise pour se faire élire au moment où j’écris ces lignes, honoraient une seule fois par décennie leurs promesses de hausser le soutien de l’État à la culture – ou au moins de l’indexer –, nous aurions pu surseoir à l’une de ces deux hausses. Car s’il y a peu d’économistes dans les milieux culturels, nous n’en savons pas moins comment gérer au plus serré un (très) maigre budget ! Nous travaillons fort, numéro après numéro, pour vous offrir le meilleur de nous-mêmes et des auteurs qui font progresser les littératures policières d’ici et d’ailleurs. Sans vos abonnements, sans votre empressement à faire connaîtreAlibisautour de vous, sans l’appui des libraires, ces promoteurs de culture, sans le support des bibliothèques, véritables courroies d’entraînement pour un périodique comme le nôtre, rien ne serait possible. Et c’est grâce à votre appui que nous poursuivrons l’aventure d’Alibis, « votre » anthologie permanente du polar. Une chose est certaine : cette cinquantième livraison débute en force avec un nouvel épisode de la vie trépidante de monsieur Hämmerli, le tueur à gages mélomane issu de la plume incisive deRichard Ste-Marie. Parfois triste à en pleurer, souvent drôle,
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PRÉSENTATION
L I BI A S
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« Docteur Hämmerli » entre dans cette catégorie de texte qui fait du bien. Malgré la dureté de sa thématique. En raison de la dureté de sa thématique. Et en prime, vous y apprendrez des choses sur-prenantes sur notre cher – très cher ! – système de santé. Rick Mofina, considéré comme l’un des meilleurs auteurs de polar du Canada anglais, a peu pratiqué la forme courte. Nous avions publié dans notre vingt-quatrième numéro « Le Cavalier de l’éclair » ; voici « La Dernière Traque », dans laquelle vous retrouverez le style qui a fait la renommée de Rick, à savoir des scènes courtes, des enchaînements rapides, des situations drama-tiques et un suspense de tous les instants… sans oublier l’émotion. C’est avec une formidable novelette deCamille Bouchard que se conclut le volet fiction. Tel que nous vous l’avions mentionné l’automne dernier, Camille a continué de creuser dans sa veine mexicaine qui a donné « Au théâtre du monde » (# 46) et « Parce que, Paulina » (# 48), deux des fictions les plus appréciées de nos lecteurs dans la dernière année. Nul doute que vous tomberez sous le charme de « Et de ton camion », qui vous invite à partager la vie de famille d’un caïd de la pègre… Autre bonne nouvelle :Norbert Spehner, qui n’avait pas signé d’articles en nos pages depuis l’automne 2012 – il consacrait ses énergies à un projet « énorme » dont nous vous reparlerons sous peu –, est de retour avec une belle étude qui, prenant comme prétexte l’expositionScandale !présentée actuellement au Centre d’Histoire de Montréal, explore l’œuvre de trois auteurs qui ont choisi la Métropole des années quarante et cinquante comme décor principal : Jean Charbonneau, le mystérieux Trevanian et Maxime Houde. Au programme, le mythique quartier de laMainet son sulfureuxRed LightC’est aussi avec grand plaisir que nous vous invitons à ren-contrerGeneviève Lefebvre, une auteure polar qui, tout comme ses romans, saura vous charmer par la pertinence de ses propos sur la littérature en général et l’écriture de polar en particulier. Une très belle conversation, menée de belle façon parPascale Raud. Ce numéro exceptionnel se termine cependant comme toujours: avec les chroniques de notre équipe critique. Norbert Spehner, Christian Sauvé,André Jacques,Martine LatulippeetMorgane Marvieront écumé la jungle polar pour vous parler des films et des livres notables du trimestre… et, ma foi, la récolte a été bonne !
Jean Pettigrew, pour la rédaction
Abonnez-vous ! Abonnement (régulier et institution, toutes taxes incluses) : N Québec : 40 $ 23 $CAN U Canada : 40 $M23 $CAN É États-Unis : 40 $US23 $US R Europe (surface) : 40 € 18 € I Europe (avion) : 44 € ---Q Autre (surface) : 50 $CAN U20 $CAN Autre (avion) : 56 $CAN E---Chèques et mandats acceptés endollars canadiens,américainset eneurosseule-ment.LespropriétairesdecartesVisaou Mastercard à travers le monde peuvent payer leur abonnement par Internet. Toutes les informations sur www.revue-alibis.com. Par la poste, on s’adresse à : Alibis, 120, Côte du Passage, Lévis (Qc) Canada G6V 5S9 Par téléphone : (418) 837-2098 ou par télécopie : (418) 838-4443 Par courriel : alibis@revue-alibis.com
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Comité de rédaction et direction littéraire : Martine Latulippe, Jean Pettigrew Chroniqueurs : Jean-Jacques Pelletier, Christian Sauvé, Norbert Spehner Éditeur : Jean Pettigrew Site Internet : http://www.revue-alibis.com Webmestre : Christian Sauvé Abonnement : Voir formulaire sur cette page Coordonnatrice : Pascale Raud raud@revue-alibis.com (418) 837-2098 Trimestriel : ISSN 1499-2620 Date dʼimpression : avril 2014
Nous reconnaissons lʼaide financière accordée par le gouvernement du Canada pour nos coûts de production et dépenses rédactionnelles par lʼentre-mise du Fonds du Canada pour les magazines. Alibisest une revue publiée quatre fois par année par les Publications de littérature policière inc. Les nouvelles publiées dansAlibissont des textes de pure fiction. Toute ressemblance avec des per-sonnes vivantes ou ayant vécu et avec des évé-nements réels est une pure coïncidence. Toute reproduction est interdite à moins dʼentente spécifique avec les auteurs et la rédaction. Les collaborateurs sont responsables de leurs opinions qui ne reflètent pas nécessairement celles de la rédaction. Dépôt légal à la Bibliothèque nationale du Québec Dépôt légal à la Bibliothèque nationale du Canada ©Alibiset les auteurs
Science-fiction Fantastique Fantasy Tous les genres de l’imaginaire se donnent rendez-vous dans LapremiSère roevule fraancorphoine dse science-fiction et de fantastique en Amérique du Nord
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Bernard Duchesne
Docteur Hämmerli
RICHARDSTEMARIE
e qu’il y a de beau dans les hôpitaux, c’est que tout le monde Cden,cianémed.egdierncargarsouriimifnbarrè,e est habillé pareil. C’est juste la couleur de l’uniforme qui change : ça passe du plus pâle au plus foncé selon que t’es Plus le chariot que tu pousses devant toi à l’hôpital est énorme, plus t’es invisible (ça tombe sous le sens) et moins t’es important (ça va de soi). Et si, comme moi, tu veuxvraiment passer inaperçu, mieux vaut torcher le plancher dans un coin sombre, les yeux baissés, que de te pavaner au beau milieu du corridor le nez en l’air, stéthoscope à l’épaule, comme les docteurs qui arborent cet archaïque instrument par orgueil hippocratique. En passant, si mon mécanicien s’acharnait à prendre la pression
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DOCTEURHÄMMERLI
L I BI A S
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de mes pneus quand je lui répète que c’est ma batterie qui est faible, je changerais de garage. Ma tension grimpe juste à en-tendre le froissement d’une blouse blanche (surtout féminine) au détour d’un couloir, et je frémis encore plus à l’idée de voir sur-gir d’un ascenseur un chirurgien avec au cou un collier de scalpels ou un psychiatre brandissant une camisole de force au bout d’une potence à roulettes. Finalement, s’il faut choisir un étendard, le stéthoscope, c’est le moins pire. Sur les étages, personne ne s’occupera de toi si tu te promènes avec un masque, un casque et des gants en latex, et personne n’inspectera le badge qui pend dans ton cou au bout de son cordon, une fois sur deux à l’envers, c’est une loi de l’univers. Tu peux découper la photo de Jean Coutu dans ton publisac et la glisser dans le ti-plastique, ça fait pareil. J’ai essayé, on peut. Bref, tout ça pour dire que j’opère maintenant dans les hôpi-taux. « Docteur Hämmerli », comme m’appelle dorénavant mon fidèle Roger, Français breveté pur porc, propriétaire opérant du Bar de la faillite qui a la titularisation facile. Après quinze ans comme tueur à gages patenté, j’ai raffiné mes méthodes pour répondre aux désespérés qui veulent abréger leurs souffrances et je suis devenu euthanasiste.
La première fois, je m’étais documenté : 6,7 g de chlorure de potassium en voie intraveineuse pour un client qui pèse plus ou moins 75 kg. C’est la dose létale que nos voisins yankees uti-lisent pour les exécutions de leurs condamnés à mort. Le gars meurt d’un arrêt cardiaque dans les sept minutes. Et c’est aussi le chlorure de potassium qui, mélangé à l’eau et au sable, est injecté dans le sol pour extraire le gaz de schiste. L’ineffable Rogerdixit: « De l’infarctus à l’hydrofracture, il n’y a qu’un trépas. » Je suis entré dans la chambre 289, ce matin-là, à l’heure du changement de quart du personnel – tout le monde change en même temps, ce qui cause un vide sanitaire de deux ou trois minutes – et je me suis dirigé vers la cible. Le patient dormait ; j’ai injecté la substance dans le « y » de son tube de soluté, puis