Amour, sexe, trahison et aspirateur
88 pages
Français

Vous pourrez modifier la taille du texte de cet ouvrage

Obtenez un accès à la bibliothèque pour le consulter en ligne
En savoir plus

Amour, sexe, trahison et aspirateur

-

Obtenez un accès à la bibliothèque pour le consulter en ligne
En savoir plus
88 pages
Français

Vous pourrez modifier la taille du texte de cet ouvrage

Description

Le père au foyer, ou PAF pour les intimes, est-il une mère comme les autres ?


C’est à cette question que Marius Mestiac, papa presque quadra, va devoir répondre. Avec Camille et leurs trois jeunes enfants, ils forment une famille heureuse et unie. Mais le jour où la brillante Camille obtient la direction d’une agence immobilière en Dordogne, à Bergerac, leur vie change du tout au tout !


La petite troupe quitte alors la ville pour emménager dans un village reculé du Périgord... loin de leur famille et de leurs amis. Désorienté, Marius doit abandonner sa carrière de prof, ses projets d’écriture et se transformer en une étrange créature : un Père au Foyer.


PAF malgré lui, il va devoir jongler entre la découverte des travaux ménagers, les allers-retours à l’école et les absences de plus en plus suspectes, de sa femme.


Mais le soir de Noël, tout se complique...

Sujets

Informations

Publié par
Nombre de lectures 25
EAN13 9791094543382
Langue Français
Poids de l'ouvrage 1 Mo

Informations légales : prix de location à la page €. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

ISBN : 979-10-94543-21-4 pour l’édition papier
ISBN : 979-10-94543-38-2 pour l’édition numérique
© Les Éditions du Loir, novembre 2019 pour l’édition papier
© Les Éditions du Loir, Octobre 2020 pour l’édition numérique
Illustration de couverture : © Jean-Paul Dos Santos Guerreiro, Ombre&Lumière

En mémoire de mes parents Moïse et Renée.
Ils étaient tous les deux « PAF », Parents Absolument Formidables.
Ils m’ont tant aimé et apporté.

Prologue
Ça y est ! Il hurle encore.
En pleine nuit, évidemment !
Comment de si petits poumons peuvent-ils produire autant de souffle ? De si petites cordes vocales un volume sonore si intense ? Un jour, il faudra que l’on m’explique ces mystères.
Camille me secoue le bras, à moitié endormie.
– Tu y vas ? Demain, je me lève…
Ben tiens, moi demain je reste au lit toute la journée, peut-être ?
Je voudrais résister, montrer que, moi aussi, j’ai besoin d’un sommeil réparateur, mais le petit Nicolas continue de plus belle ses vocalises.
Camille geint.
– Allez, vas-y, il va réveiller ses frères.
Argument-choc.
Si l’orchestre de chambre complet des trois frères se forme, c’en sera fini du repos.
Vaincu, je m’extirpe du lit et me dirige à tâtons vers la scène des cris.
C’est la nuit. Donc il fait sombre, donc je n’y vois rien, donc je me prends l’angle du lit avec mon petit orteil.
Je réprime à grand-peine la ronde de jurons et d’imprécations qui arrive au grand galop !
Tant bien que mal, j’atteins la chambre des enfants.
Les deux aînés, Calixte, 7 ans, Auguste, 5 ans dorment du sommeil du juste.
Nicolas, petit blondinet joufflu de presque 3 ans, braille consciencieusement.
Oh ! Il m’appelle !
Oui, ce sont bien des « Papou » que j’entends dans les sanglots !
Qu’est-ce qui lui est arrivé comme malheur à mon petit bout ?
Méthodiquement, j’ausculte tous les points sensibles.
Je passe ma main dans le lit.
Sec.
Donc pas de pipi au lit.
Une main entre les jambes.
La couche est normalement gonflée ; d’ailleurs, il ne fait presque plus pipi au lit.
« Papou, Papou ».
C’est déchirant.
Je m’agenouille et lui pose des bisous sur son petit front.
Ouf, pas de fièvre, il n’est pas chaud.
Bon, mais qu’est-ce qu’il a à la fin ce gosse ?
– a perdu Lapinou…
Catastrophe ! Branle-bas de combat ! La peluche a disparu ! Si je ne retrouve pas son doudou, il va hurler toute la nuit.
Frénétiquement, je passe la main un peu partout dans le lit et je finis par entrer en contact avec une chose en tissu, toute molle, imbibée de salive et qui pue.
Pas de doute, c’est Lapinou…
Je le remets précautionneusement entre les petits bras potelés de Nicolas et mon fils chéri, les yeux fermés, enfourne goulûment l’oreille du lapin dans sa bouche, se met le corps de ce représentant en peluche, de la famille des lagomorphes, sur le nez, sniffe un grand coup la puanteur qu’il exhale et se rendort illico dans un grognement de satisfaction.
Heureux d’avoir résolu cette crise, je me relève, m’esquinte les pieds sur les Lego qui traînent, n’évite pas l’autre coin du lit avec mon autre orteil, que je soupçonne d’être maso et jaloux du traitement infligé à son collègue de l’autre pied, et me recouche enfin.
Camille me marmonne un « gn’est rendormi ? » avant de reposer lourdement son bras sur mon torse et de s’enfuir avec Morphée.
Oui, il s’est rendormi, elle aussi, il n’y a plus que moi qui n’arrive pas à le faire. Tout ça parce que je pense à ce qui m’arrive.
Ah ma vie, ma vie de P.A.F !
Chapitre 1
Pourtant, tout avait bien commencé.
Avec Camille, on était heureux.
Jeunes, beaux, avec de superbes enfants. Des urbains qui font du vélo, vont au marché bio, et tout, et tout. On nous aurait crus sortis d’un reportage d’un de ces magazines féminins qui encombrent la corbeille à journaux des toilettes.
Et puis, tout a dérapé.
Je me souviens, c’était un mardi.
À 20 heures, Camille est rentrée tout excitée de son travail.
Déjà, j’ai du mal à comprendre comment un boulot comme le sien, vendre des maisons pour une agence immobilière, peut l’enthousiasmer, m’enfin bon ça lui plaît et ça nous rapporte pas mal d’argent, alors j’accepte, je la laisse faire.
Elle m’a sauté au cou.
– C’est merveilleux !
– Quoi donc, ma chérie ?
– Giovanni m’a fait une proposition incroyable. Je ne peux pas y croire, la chance de ma vie.
Moi, j’étais heureux de voir ma femme, mon épouse, la mère de mes enfants, aussi joyeuse, excitée, survoltée. C’est ma femme que j’aime, alors je ne veux que son bonheur. Surtout que lorsqu’elle est dans cet état-là…
Mais, savoir que je devrais à une proposition de Giovanni une nuit d’extase me refroidit quelque peu et fait redescendre rapidement mon sismographe personnel. Je me recule et enlève les bras de Camille de mon cou.
C’est pas que je sois jaloux, mais il y a des limites.
Que l’on se comprenne bien. Je ne crains pas la concurrence d’un bellâtre italianisant, d’un mec qui se promène constamment avec la chemise ouverte sur des poils de son torse (ça frise l’obscénité), roule en Ferrari polluante qui réchauffe la planète de manière indécente. Non.
Je suis bien au-delà de ça.
Si vous croyez que j’ai peur que Camille, MA Camille, me quitte pour aller se réfugier avec un brun musclé qui ne fait même pas l’effort de se raser régulièrement et qui a constamment le visage couvert d’une barbe de deux jours qui, paraît-il, lui donne de faux (très faux) airs de Georges Clooney, vous êtes dans l’erreur.
Si vous vous imaginez que je n’ai pas confiance dans MA femme et que je peux imaginer qu’après 10 ans de vie commune et trois enfants, son désir pour moi se soit émoussé et qu’elle se laisse tenter par un extra au goût pimenté de l’interdit, alors là, pas du tout.
Ce n’est pas du tout cela.
Ce Giovanni a une façon de la regarder qui me déplaît. Il la scrute avec le même regard que mon boucher de quartier couve le rôti de bœuf exposé dans sa vitrine ou un végan affamé une carotte toute fraîche arrachée de terre.
Et puis, il m’agace à me frapper dans le dos chaque fois que l’on doit se voir. Il tape fort ce con !
« Alors, Marius, ce roman, ça avance ? Heureusement que Camille est une bonne vendeuse hein ? ».
Bref, je le déteste.
Camille, tout à sa joie, ne semble pas s’être aperçue de mon recul.
Il faut avouer que trois missiles en pyjama l’ont prise pour cible et se sont jetés sur elle.
« Maman, Maman, Maman » hurlent à pleine voix, Calixte, Auguste et Nicolas, manquant de la renverser.
– Mes amours, minaude-t-elle, comment allez-vous ? Vous êtes déjà en pyjama ?
– Bien sûr, il est 8 heures, ils ont mangé et on allait au lit.
– Mes amours, c’est vrai, il est tard, mais Maman a une grande nouvelle à vous annoncer.
– C’est quoi, c’est quoi ?
Auguste, notre numéro 2, bientôt 5 ans, croit deviner.
– Tu nous a acheté une DS ? demande-t-il, pensant que son rêve le plus fou sera bientôt exaucé.
– Mais t’es bête, le sermonne Calixte, le numéro 1 qui, du haut de ses 7 ans, s’efforce de régenter ses frères. Papa a dit que la DS, c’est quand on serait en CM2.
– Ah.
Auguste, réalisant qu’il n’aurait pas sa console de jeux, en devient tout tristounet, pendant au moins cinq secondes, avant de reprendre.
– C’est quoi alors ? qu’est-ce qu’on a comme cadeau ?
– Mais, euh, bafouille Camille, le cadeau, le cadeau… C’est une nouvelle maison avec un grand jardin où vous pourrez courir. Et même avoir un chien.
– Quoi ? s’exclame de concert le chœur mâle de la maisonnée sur divers tons, allant de l’enthousiasme débridé et irraisonné à la stupéfaction la plus compréhensible.
– Un chien ! Ouais, moi je veux l’appeler Pickachu, décrète Auguste.
– Ah non, s’écrie Calixte, ce sera un gros chien, je veux l’appeler T-Rex.
Nicolas se met aussitôt à pleurer.
– Non, pas T-Rex, ai peur.
– Oh, le trouillard, persifle Calixte.
Je prends Nicolas dans les bras, dépose un baiser sur un front, une main sur la bouche de Calixte pour le faire taire et j’arrive à articuler, à peine remis de ma surprise :
– C’est quoi cette histoire de maison ?
Camille sourit toujours, encore dans un état de béatitude avancée, assez, agaçant.
– Oui, mes amours, on va déménager.
– Quoi ! Mais, non, on ne veut pas, hein, les garçons, qu’on ne veut pas ?
– Ça veut dire quoi débémager ? s’enquiert Auguste.
Camille ignore avec une mauvaise foi assez vexante mon intervention pour répondre.
– Dé-mé-na-ger, mon amour. Ça veut dire que l’on va changer de maison pour aller habiter ailleurs, parce que Maman, attention, vous allez être fiers d’elle, Maman va devenir… chef !
Calixte est sensible à l’autorité, quand elle ne vient pas de moi. Il rêve d’être policier-gendarme- militaire-pompier (de préférence en armure de chevalier) est indubitablement touché par l’argument. Il répète, l’air pénétré.
– Chef !
– Mais oui, mon amour.
Puis, comme il est fondamentalement rationnel, il veut plus de précisions.
– Chef de quoi ?
– Oui, de quoi ? demande Auguste, qui semble moins enthousiaste. Tu es déjà chef ici, pourquoi tu veux partir ?
Je pense qu’à ce stade de mon récit, une mise au point s’impose.
Mon épouse, la douce Camille, ne régente pas tout dans la maison, c’est quand même moi l’homme de la famille.
Non !
Nous avons simplement un mode de vie moderne qui nous est propre.
Camille, qui est une commerciale dans l’âme, peu portée sur les spéculations intellectuelles, travaille dans l’agence immobilière de l’autre pseudo-Rital et gagne bien, très bien, sa vie.
Elle s’occupe de pourvoir notre nichée de toutes les commodités matérielles.
C’est prosaïque, mais elle sait bien faire cela.
Moi, que l’on pourrait classer à l’inverse dans la catégorie des intellectuels, je prépare une thèse en lettres modernes. En plus de cela, je donne des cours de culture générale dans une école privée qui prépare à des formations commerciales hors de prix. Quatre heures par semaine, je suis devant des apprentis managers, jeunes loups et louves du marketing ou de la finance, afin de leur donner un vernis de connaissance qui leur permettra de ne pas avoir l’air trop bête dans les dîners lorsque la conversation déviera (il paraît que cela arrive parfois dans ce genre de situations) des cours du CAC 40 ou du fameux EBITDA, auquel je n’ai jamais rien compris. Mais cela reste accessoire, alimentaire, pour tout écrire. Ma vraie passion, ma mission même (le mot n’est pas usurpé), c’est de créer, d’engendrer, le roman qui bouleversera toute une génération.
Je sens au fond de moi un magma d’émotions, de pulsions, alliées à une compréhension aiguë du monde qui ne demande qu’à s’exprimer au travers d’une vaste fresque sociale stigmatisant les dérives de notre société consumériste, miroir aux alouettes, brasier dans lequel se consument tant d’existences.
Bref, un truc qui devrait déchirer grave !
Évidemment, afin d’avoir la tranquillité intellectuelle nécessaire pour mener à bien un tel projet avec des enfants en bas âge, nous nous sommes organisés.
Mes parents, qui viennent depuis peu de prendre leur retraite d’enseignants, elle en mathématiques et lui en histoire, acceptent de s’occuper des enfants te temps en temps.
Tous les jours, je dépose Calixte et Auguste à l’école, et Nicolas chez eux.
Ils adorent prendre soin de leurs petits-fils.
Ainsi, j’ai toute la journée de libre pour aller à la bibliothèque universitaire afin de mener mes recherches et peaufiner la trame de mon œuvre.
Pendant ce temps-là, à la maison, Mme Raymond, une sympathique quinquagénaire, vient deux fois par semaine faire le linge, le ménage, la poussière, toutes ces tâches, qui ont certes leur noblesse, mais sont véritablement dévoreuses de temps et nuiraient à ma concentration si je les effectuais.
À la fin de ma journée de travail, je passe prendre mes fils chez mes parents. Ils ont récupéré les deux aînés à l’école et je ramène tout ce beau – et quelquefois remuant, mais c’est de leur âge – monde à la maison.
– C’est vrai, Papy y dit toujours que c’est toi qui commandes, qui fait le chef et porte la …, la …, (Auguste hésite), euh, porte le slip, je crois. Même que c’est pas bien qu’y dit.
– Auguste, ce n’est pas vrai, ce sont Papa et Maman les chefs. Ils décident ensemble, tu le sais mon amour ?
Camille se fait pédagogue pour essayer de contredire notre fils.
– Mais bien sûr, renchéris-je, en me promettant de discuter avec mon père. Papa et Maman décident de tout, tous les deux.
– Alors, pourquoi c’est Maman qui dit qu’on va débaneger, et que toi tu savais pas ?
Il est parfois difficile d’argumenter avec un enfant de cinq ans. Nous n’avons pas les mêmes références, certaines nuances dans les explications d’un adulte leur restent totalement étrangères et incompréhensibles.
Mais là, Auguste n’a pas tort. Il faut dire qu’il est le prototype même de l’enfant qui a constamment une oreille qui traîne, enregistre tout, et le ressort au moment où on ne s’y attend pas et provoquera le plus de gêne.
À ce stade-là, je pense que l’on peut parler de don.
Il suit son idée et y reviendra opiniâtrement, avec ses grands beaux yeux innocents, jusqu’à ce qu’il ait une réponse qui le satisfasse.
Bien sûr, on peut user de la force ou de la menace pour le dissuader, mais d’une part, ça ne se fait pas et d’autre part, cela ne fait que retarder l’échéance.
Camille est quelque peu déstabilisée. Donc, elle décide de contre-attaquer.
– Mais, bien sûr que si que Papa le savait. Il a oublié, c’est tout !
Facile l’argument !
– Je le savais ?
– Mais oui, tu étais au courant que j’avais un rendez-vous avec Giovanni, qu’il voulait me voir pour me faire une proposition.
Effectivement, peut-être m’en a-t-elle parlé, même si, honnêtement, dès qu’il s’agit de son « boss », j’ai tendance à oublier rapidement.
– Donc, comme le patron de Maman est très content du travail de Maman parce que Maman c’est la plus forte, il a décidé de lui donner une promotion.
– Ouais ! s’écrient en chœur les garçons heureux.
Puis, se reprenant, ils demandent.
– C’est quoi une promotion ?
Camille perd un soupçon patience, me semble-t-il.
– Et bien, une promotion c’est quand on donne quelque chose à quelqu’un parce qu’il a bien travaillé.
– Ah ouais, alors, comme j’ai eu des « très bien » sur mon cahier, tu vas me donner une DS de promotion ? s’enflamme Auguste.
– Auguste, non, c’est pas ça? Tu commences à m’énerver avec ton histoire de DS. Tu ne l’auras pas ta console vidéo. (Camille hausse la voix). Une promotion c’est dans le cadre du travail.
– Mais j’ai bien travaillé moi à l’école, pleurniche numéro 2.
– Bon, Auguste, ça va ! Laisse Maman parler.
Camille me remercie d’un sourire un peu crispé, comme si elle me reprochait de ne pas être intervenu plus tôt.
– Alors, le patron de Maman a acheté une agence immobilière et…
– Mais il en a déjà une ! remarque Calixte en interrompant sa mère.
– Eh bè, toi t’as déjà bien un déguisement de chevalier et tu en veux un autre, lui rétorque Auguste qui doit penser pouvoir se racheter en venant au secours de sa mère.
– Eh oui, c’est pareil, me fais-je un plaisir de convenir. C’est aussi enfantin…
– Non, ce n’est pas pareil du tout ! Vous m’embrouillez, maintenant vous me laissez parler. Donc, Giovanni a acheté une nouvelle agence et il veut que j’en prenne la direction. Voilà, c’est tout.
– Mais pourquoi devons-nous déménager ? Elle est où, cette agence ?
– Dans une région où l’immobilier est à la hausse et intéressant.
– Dans le Sud-Est ? C’est sympa, je me verrais bien à Aix-en-Provence. J’en ferais un livre, tiens : Une année dans le Sud-Est . C’est bien comme titre !
– Non, tu n’y es pas du tout, tu le fais exprès ou quoi ? Pourquoi tout le monde se ligue-t-il contre moi ? Pourquoi faites-vous exprès de me faire enrager alors que je vous apporte une bonne nouvelle ?
Nous quatre, les mâles incriminés, nous nous regardons, tout contrits, et le petit Nicolas se jette sur les jambes de sa mère en quémandant des baisers.
– Bisous, Maman !
Ses frères lui emboîtent le pas.
– Oui ! bisous, Maman !
Je laisse passer la vague d’effusion et ramène tout ce beau monde à des préoccupations plus immédiates et prosaïques :
– Alors, elle est où, cette fameuse agence ?
Camille me regarde en souriant au milieu des bras de ses fils qui l’enserrent.
– Tu vas être content, c’est dans un endroit calme. Tu vas pouvoir bien écrire.
Je commence à craindre le pire. J’essaie tous les arguments pour la dissuader.
– Tu sais, j’ai mes cours quand même.
– Avec ma promotion, tu n’auras plus besoin de les donner. Je gagnerai assez et, en plus, ce serait compliqué.
Mes craintes s’affirment.
– C’est où ?
Camille a ce petit sourire, mi-contraint, mi-coquin qui, habituellement, me fait fondre mais aujourd’hui, il réussirait plutôt à m’inquiéter.
– En Dordogne, à Bergerac.
J’avais raison de m’inquiéter.

  • Accueil Accueil
  • Univers Univers
  • Livres Livres
  • Livres audio Livres audio
  • Presse Presse
  • BD BD
  • Documents Documents