Bar 2000

Bar 2000

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Français
219 pages

Description

A travers la chronique tendre et hilarante des habitués des comptoirs, Benni évoque l'Italie d'hier, d'aujourd'hui et de demain.


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Publié par
Date de parution 16 août 2017
Nombre de lectures 9
EAN13 9782330088118
Licence : Tous droits réservés
Langue Français

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couverture

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Le point de vue des éditeurs

LE POINT DE VUE DES ÉDITEURS

En vingt-trois nouvelles désopilantes, Stefano Benni revisite l’univers si singulier des bars. Que sont-ils devenus, en cette fin de millénaire ? L’auteur observe leurs transformations et celles de leurs clients, se moque des mœurs qui y règnent, fait défiler les personnages insolites qui les hantent – vieilles dames spécialistes en ragot médical, drogué du téléphone portable, grand-père qui sabote un jeu vidéo… Et surtout, Benni raconte les histoires qui s’y déroulent ou s’y inventent, comme celle du pêcheur qui parvient à apprendre la langue des poissons pour constater qu’ils sont encore plus vantards que les humains !

Avec cette satire joyeuse, pétillante, imaginative, Stefano Benni a remporté en Italie un immense succès.

Stefano Benni est né à Bologne en 1947. Il est l’auteur de plusieurs romans, recueils de nouvelles et de poèmes. Actes Sud a déjà publié Le Bar sous la mer (1992), La Dernière Larme (1996) et Hélianthe (1997).

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DU MÊME AUTEUR

LE BAR SOUS LA MER, Actes Sud, 1989.

LA DERNIÈRE LARME, Actes Sud, 1996.

HÉLIANTHE, Actes Sud, 1997.

 

Titre original :

Bar Sport Duemila

© Giangiacomo Feltrinelli Editore SpA, Milan, 1997

 

Illustrations intérieures :

Lidia “Zaza” Tarozzi

 

© ACTES SUD, 1999

pour la traduction française

ISBN 978-2-330-08811-8

 

Illustration de couverture :

Sam Coronado, Pan Dulce (détail)

© Sam Coronado, 1988

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Stefano Benni

 

 

BAR 2000

 

 

nouvelles traduites de l’italien

par Marguerite Pozzoli

 

 

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L’espérance est derrière moi et devant moi pendant que je marche sur le fil.

 

(CHANT DES JOYEUX ACROBATES)

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PSYCHOPATHOLOGIE DU COMPTOIR DE BAR

 

Une maladie étrange et contagieuse a commencé à frapper les bars et les locaux publics vers la fin des années soixante-dix : on l’appelle “syndrome du comptoir” ou mégalocomptoirmanie. Ce syndrome amène à changer le comptoir de bar tous les quatre ou cinq ans, de manière obsessionnelle, et, à chaque fois, le comptoir devient plus grand, plus incommode et incompréhensible, sur le plan esthétique. On peut ainsi rencontrer, dans de petits bistrots de village, des monolithes d’albâtre noir pesant dix tonnes, déposés là par on ne sait quel astronef. Ailleurs, de magnifiques comptoirs en bois, en parfait état, sont remplacés par des comptoirs en forme de s, de labyrinthe, pralinés de lapis-lazuli, dans des matériaux allant de la bakélite orange au verre blindé. Les styles vont du rococo-maya au néonougatesque à bossages, du liberty-linoléum au Barbie-Godzilla, du Khéops-Chippendale au post-mussolinien, du gothique-péquenaud au Louis-X-Files, de l’assyro-clouté au techno-étrusque, en une gamme d’horreurs minéralogiques et géométriques sans limites de dépense, de tonnage et de laideur. En voici quelques-uns, parmi les plus stupéfiants.

Le monolithe

C’est un comptoir en marbre ou en travertin, de couleur sombre, aussi lourd qu’un sous-marin nucléaire, qu’on a installé dans le bar avec des techniques encore plus mystérieuses que celles utilisées pour les pyramides d’Egypte. On a beau l’égayer avec des sucriers de Murano et des montagnes de bonbons, il conserve l’aspect d’une grosse pierre tombale ou d’un mausolée. Dans un bar de Vigevano, pendant les années quatre-vingt, un gigantesque bloc de marbre gris s’offrit aux yeux des clients. Dès qu’il fut nettoyé, on vit apparaître l’inscription A Matteo, époux exemplaire, sa veuve inconsolable. Cela pourrait confirmer l’hypothèse selon laquelle la plupart de ces comptoirs seraient des résidus funéraires recyclés.

Le luxueux catafalque peut s’orner de finitions en or, de pierres précieuses, de bas-reliefs ou de mosaïques, et surtout de gadgets. En voici quelques variantes.

Le super-accessoirisé

Type de comptoir utilisé dans les villes riches et dans les quartiers aisés. Il réalise l’alliance entre l’idéal esthétique des plus hauts exemples de vulgarité et de mauvais goût jamais atteints dans notre pays : l’art des objets-souvenirs et le défilé de mode télévisé. Il est en résine rose pour bordel d’émir, ou constitué d’une grosse dalle d’iceberg saumoné. L’important est que sous un savant jeu de lumières, réalisé par un spécialiste ès discothèques, tout brille et projette sur la clientèle des reflets aveuglants. Sur ce décor se dressent quelques distributeurs de bonbons pouvant atteindre deux mètres, un kiosque à biscuits, quatre bidons de yaourts de couleurs différentes, une chocolatière qui brasse le même chocolat que le jour de l’inauguration, une machine à faire des cubes, des sphères et des octaèdres de glace, et un gigantesque rotor touillant une bouillie verdâtre, qui pourrait être du granité ou de la purée d’iguane.

Sur le comptoir sont alignées des dizaines de coupelles contenant des mini-pizzas, des pistaches, des petits épis de maïs, des noix de cajou, des câpres, des olives noires, des olives vertes, des biscuits salés, des cacahuètes, des cornichons, des chips et autres amuse-gueule. En fréquentant l’un de ces comptoirs, un buveur de Campari peut vivre à l’œil, toute sa vie. Des petits bouquets de sucre blanc, de sucre de canne, d’édulcorant et de sucre pour gauchers, en sachets, occupent la surface restante. Dans l’unique espace libre se trouvent la publicité pour le beaujolais nouveau, et un vase chryséléphantin accueillant les dons pour le Refuge du Lévrier.

L’inconvénient de ce prodigieux comptoir, c’est que personne ne sait où est le barman, enseveli derrière cet étalage de choix en tout genre. Si vous parvenez à le découvrir, entre le distributeur de yaourts et la chocolatière, ou derrière une haie de bouteilles, vous pouvez essayer de lui demander un café.

— Je regrette, monsieur, répondra-t-il, effondré, mais je ne saurais vraiment pas où poser votre tasse.

Le Transylvanie superstar

Egalement appelé “Cercueil de Dracula”. Bloc de marbre noir avec motifs en or, distributeur de bière à la pression en ivoire, tabourets en os. Le barman n’ouvre qu’après minuit.

La ronde de la mort

Demi-cercle en albâtre vert pois avec petite balustrade rococo et sièges constitués de rondins branlants qui s’écroulent souvent sur le sol, sans motif apparent. Si un seul client perd l’équilibre, il entraîne tous les autres en une chute circulaire, et le dernier dégringole au pied de l’escalier menant aux toilettes.

Le grand labyrinthe

Inventé par un architecte sadique un jour de rage de dents, ce comptoir a pour tâche de rendre la plus incommode possible la vie du barman et des clients. Il est en forme de l, de s, de w, et ressemble à un parcours de motocross : bref, uniquement des formes qui empêchent une rationalisation normale du travail. Les bouteilles sont suspendues très haut, à des anneaux métalliques, et le barman ne peut les atteindre qu’en sautant.

Le lave-vaisselle est posé sur le comptoir, il vibre et lance des jets de vapeur bouillante sur les clients, alors que la machine à café se trouve au bout d’un virage, à droite, cachée par une pile de tasses. Il est presque impossible d’obtenir un café chaud car pour aller de la machine au comptoir la tasse met environ une minute trente. Les clients les plus adroits utilisent la vapeur du lave-vaisselle pour réchauffer leur cappuccino ou pour se friser les cheveux. A cause de la disposition des chaises, tournées et opposées selon des angles bizarroïdes, certains clients se retrouvent dos au comptoir et ne peuvent boire que grâce à des pailles spéciales, pourvues d’un rétroviseur, d’autres sont obligés de manger en tenant leur assiette sur les genoux du voisin d’en face. Il en naît des amours et des antipathies. On assiste parfois au phénomène du “tourbillon cosmique”, mystérieux échange de places après lequel tous les clients se retrouvent derrière le comptoir, et les barmen assis sur les tabourets. Le phénomène est actuellement étudié par la Nasa.

L’enfer de cristal

Autre comptoir extrêmement trompeur. Tout est reflété, réfléchi et multiplié en un jeu vertigineux de trompe-l’œil et de pièges perspectifs. Même la vitrine et les murs participent à ce kaléidoscope. Le barman pourrait être devant, ou derrière vous. Le café que vous avez commandé tarde à arriver, parce que le barman est lent, ou parce que vous l’avez commandé au reflet du barman qui, en réalité, se trouve vingt mètres plus loin. Vous demandez un whisky, mais le barman devra comprendre, parmi les cent bouteilles reflétées, laquelle est la vraie, après quoi il vous versera le whisky sur la tête. Vous étiez persuadé de tourner votre petite cuillère dans votre café, alors que vous l’avez enfilée dans la bouche d’un enfant. Ce que vous tenez à la main n’est pas une brioche, mais la joue d’une femme. Et ainsi de suite.

Un jour, dans l’un de ces bars, un client demanda un toast.

Le barman répondit qu’on n’en faisait pas.

— Pourtant, insista le client, c’est écrit là : “Toasts et sandwiches chauds.”

— Non, monsieur, répondit le barman, la pancarte que vous voyez est celle du bar d’en face.

Le serpent géant

Comptoir exigeant beaucoup de travail, constitué de mètres cubes de matériau en brique. Le barman court d’un bout à l’autre du comptoir, suant et déplaçant sans arrêt l’unique sucrier. Quand le serpent géant s’unit au monolithe, on obtient le moloch, rêve et cauchemar de tous les barmen. Un bloc brillant qui s’inspire des statues de l’île de Pâques, et dont le transport nécessite un semi-remorque. Une fois, nous assistâmes au montage d’un moloch, dans un petit bar de banlieue. Le patron était très content. Mais, quelques heures plus tard, il s’aperçut que le comptoir occupait tout l’intérieur du bar et qu’il ne restait plus de place, ni pour lui ni pour les clients. Pendant quelques semaines, il parvint à joindre les deux bouts en le montrant aux gens : mille lires les dix minutes. Puis, à l’aide d’une tronçonneuse, il le coupa en huit morceaux qu’il vendit, les faisant passer pour des sculptures modernes. Actuellement, sept d’entre elles sont exposées dans la villa d’un producteur romain à Torvajanica, la huitième se trouve dans un musée de San Antonio (Texas).

Le comptoir marin

Vieux et classique comptoir en bois, avec hublot et finitions en cuivre, serti de coquillages et de momies de langoustes. Il produit, évidemment, un curieux effet hors de son habitat naval, dans un bar citadin. Mais il fonctionne toujours, surtout si le barman porte un bandeau sur l’œil.

Il ne présente que deux inconvénients : d’abord, il attire des nuées de goélands, qui le barbouillent de guano et fouillent dans les ordures. En outre, bien qu’il soit à trois cents kilomètres du port, il se remplit mystérieusement, le soir, de matelots qui se saoulent, qui cassent tout au cours de rixes interminables, avant de disparaître mystérieusement.

Le deuxième inconvénient, c’est qu’il provoque, chez les sujets particulièrement sensibles, de terribles crises de mal de mer. Après un seul verre de bière, ils vomissent et s’allongent par terre, demandant quand finit la traversée.

Le cas le plus mystérieux survint en 1983, dans un bar des montagnes d’Arezzo. Vers minuit, le patron ouvrit la porte, et une vague mystérieuse l’emporta en même temps qu’une dizaine de clients. On n’en retrouva que trois au large des Célèbes ; les autres ont disparu sans laisser de traces.

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LE BAR PLOUC

 

Ce type de bar, en voie de disparition, est l’un des derniers exemples de bars du passé. Il en reste une centaine d’exemplaires, non protégés, car ils sont parfaitement capables de se protéger tout seuls. On les trouve dans des villages inaccessibles ou dans quelques banlieues métropolitaines. Le Bar Plouc se caractérise par une familiarité rude et une agressivité cordiale, ainsi que par une hygiène désinvolte et par la présence de gérants et de clients fortement portés sur les boissons alcoolisées.

A quoi reconnaît-on un Bar Plouc ? Le connaisseur le repère immédiatement aux odeurs, aux visages, à son atmosphère particulière. Mais si vous êtes des profanes, voici treize indices susceptibles de vous aider.

1. Sol couvert de sciure.

2. Présence d’un chien noir répondant au nom de Black, Bill ou Bidule, qui vous renifle le derrière dès que vous êtes entré.

3. Télévision suspendue (s’il y en a une) à trois mètres au-dessus du sol. Il s’agit d’un vieux modèle dix-huit pouces, quatre-vingts kilos miraculeusement en équilibre sur une petite console en verre. Sous la télévision dort un petit vieux, bouche ouverte, survolé par une patrouille de mouches expertes en voltige. Contre le mur est posé un long bâton en bois : c’est la télécommande. La vraie télécommande est régulièrement cassée par les clients qui, habitués à bien d’autres outils, l’émiettent comme une biscotte chaque fois qu’ils s’en servent.

4. Dans l’air volent les mouches de Bar Plouc (Dipterus rudis), très différentes des mouches normales. Leurs trajectoires – à cause des vapeurs d’alcool – sont plus capricieuses et plus imprévisibles que la moyenne, avec de grandes ruades dans la bouche des clients assoupis. Si vous les frappez avec une tapette normale, elles vous l’arrachent des mains et rendent les coups. Ou bien elles s’écrasent au sol, simulant l’agonie, et une heure après repartent avec plus de vigueur qu’avant. Dernière particularité, leur bruit : elles savent bourdonner dans cinq tonalités différentes, de la roulette dentaire au décollement de Jumbo, et, les jours d’été, composent une bande-son inoubliable. Pourquoi leur vol présente-t-il tant de sons différents ? Un entomologiste d’Imola l’a découvert depuis peu : les mouches de bar possèdent un système de changement de vitesse.

5. Présence d’une grosse carpe embaumée, à l’aspect sacerdotal, suspendue au mur.

6. Présence d’un mystérieux distributeur, semblable aux robots des films de science-fiction années cinquante, au contenu désormais indéchiffrable car, depuis des années, il est si rouillé que personne ne peut y introduire une pièce de monnaie. Certains de ces distributeurs sont si vieux qu’ils n’acceptent que les sesterces romains. Lorsqu’on les ouvre à coups de marteau, il en sort parfois des noisettes fossilisées, des petites balles à l’effigie de Fangio et des chewing-gums américains de type “Dracula”, qui s’évanouissent au contact de l’air.

7. Photo du barman à côté d’un champion célèbre. Mais le barman lui-même ne se souvient plus de qui il s’agit, c’est peut-être Cerdan ou Bartali, ou sa propre femme, lorsqu’elle était jeune.

8. Photos d’équipes de foot nationales, locales ou des clients du bar eux-mêmes. Cette dernière équipe est reconnaissable au douzième joueur, petit et replet : après examen plus approfondi, il s’avère être une dame-jeanne.

9. Verres d’au moins trois centimètres d’épaisseur, avec effet télescopique : en approchant un œil du verre, on peut voir distinctement les anneaux de Saturne, surtout après la dixième grappa.

10. Vitrine où sont exposées les pâtisseries, en verre fumé pour cacher les rides.

11. Lapin en peluche bleu ciel aux dimensions d’un orang-outang, utilisé comme appât pour la loterie, et jamais adjugé depuis trente ans.

12. Cartes postales du monde entier.

13. Présence, derrière le comptoir, du Barman Plouc.

Le Barman Plouc

L’âme et l’emblème du Bar Plouc est naturellement le Barman Plouc, un gaillard à longue barbe, cigarette au bec. Les cendres de sa cigarette tombent (avec un peu de chance) dans l’évier ; si vous n’avez pas de chance, elles assaisonneront le café, lui conférant cette saveur particulière que la clientèle, parfois, recherche (“Un café cendré, s’il vous plaît”).

Le Barman Plouc se lave rarement les mains et ne porte presque jamais la calotte blanche réglementaire. Il est donc possible que ses cheveux, et même quelques poils de barbe ou d’aisselle, tombent copieusement sur les commandes.

Dans un bar piémontais, on trouvait un célèbre sandwich Hérisson. Il s’agissait d’un sandwich poilu, décoré avec une bonne vingtaine de cheveux du barman Rémi, qui avait l’habitude de les coiffer avec du saindoux, conférant à l’ensemble une saveur très particulière. Pour les palais encore plus robustes, il y a le Blizzard (sandwich à l’éternuement) et le Surprise (quand le jambon se retrouve par terre).

Il n’est évidemment pas question, avec un Barman Plouc, de critiquer l’hygiène et le service, car on court de gros risques. Le Barman Plouc parle très peu ; il grogne, blasphème, flanque les verres sur le comptoir et se met immanquablement en rogne chaque fois qu’il doit encaisser ou rendre la monnaie.

Exemple :

“Alors vous, vous prenez un café à mille deux cents lires et vous payez avec un billet de dix mille : vous me prenez pour qui ? Pour une banque ?”

Ou bien :

“Alors vous, vous prenez neuf mille deux cents lires de pâtisseries et vous me donnez dix mille lires. Vous croyez que je la fabrique, la petite monnaie ?”

Ou bien :

“Alors, p’tit gars, tu prends quatre cents lires de réglisse et tu me donnes huit pièces de cinquante ; il faut que j’achète un coffre-fort rien que pour toi ?”

Ou bien (encore plus fin) :

“Vous avez fait quoi avec ces dix mille lires, vous vous êtes torché le cul avec ?”

Les douze phrases à ne jamais dire au Barman Plouc

Je voudrais une camomille.

Je vous signale qu’il y a un cafard dans le sucrier (le cafard s’appelle Edouard et habite là depuis un an).

Je voudrais un sandwich au jambon mais, s’il vous plaît, enlevez-moi tout le gras.

Donnez-moi une tomate en salade.

Donnez-moi un baby pur (on ne vous donnera pas un whisky, mais une raclée, car on vous aura pris pour un pédophile).

Je vous demande pardon, où sont les sucrettes ?

Je vous demande pardon, où sont les toilettes ?

Vous prenez les cartes de crédit ?

Vous avez des cartes de bridge ?

Je voudrais un grand déca avec l’eau chaude à part.

Donnez-moi une pâtisserie sans rien dedans.

Pourquoi ce vin est-il si rouge ?

Les cocktails ploucs

Une spécialité du Barman Plouc, ce sont les cocktails ploucs, vieilles recettes d’une alchimie de la destruction hépatique dont la tradition est en train de se perdre. En voici quelques exemples :