Bras-du-Nord

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Description

Nous sommes fiers de ce coin de pays nommé Bras-du-Nord. Nous y respirons un air pur, à la fois dense et léger. Nous marchons sur les glaces du mont Gibraltar dominant la vallée, nous canotons sur les eaux frissonnantes de la Bras-du-Nord qui rejoint la rivière Sainte-Anne, juste après Saint-Raymond, et toujours les paysages touchent au merveilleux. Miracle qui nous fait pénétrer dans les zones inhabitées de nous-mêmes. Nous devenons tous des paysages d’eau tendre, de reflets profonds, d’oiseaux qui s’évadent au ciel.

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Date de parution 15 septembre 2015
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EAN13 9782897123284
Langue Français

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JEANDÉSYETNORMANDGÉNOIS
BRAS-DU-NORD
Mémoire d’encrier reconnaît l’aide financière du Gouvernement du Canada par l’entremise du Conseil des Arts du Canada, du Fonds du livre du Canada et du Gouvernement du Québec par le Programme de crédit d’impôt pour l’édition de livres, Gestion Sodec. Mise en page : Claude Bergeron Photo de couverture : Isabelle Duval Maquette de couverture : Étienne Bienvenu e Dépôt légal : 3 trimestre 2015 © Éditions Mémoire d’encrier ISBN 978-2-89712-327-7 (Papier) ISBN 978-2-89712-329-1 (PDF) ISBN 978-2-89712-328-4 (ePub) PS8295.5.Q4D47 2015 C841’.6080971446 C2015-941759-7 PS9295.5.Q4D47 2015 Mémoire d’encrier • 1260, rue Bélanger, bur. 201 Montréal • Québec • H2S 1H9 Tél. : 514 989 1491 • Téléc. : 514 928 9217 info@memoiredencrier.comwww.memoiredencrier.com Fabrication du ePub : Stéphane Cormier
Mais rien ne presse, comme si le temps, le soleil et la méditation ajoutaient une perfection à la pensée du canot. Pierre Perrault
Il nous faut la précarité des cimes, les paupières effleurées l’imprévu dans nos vaisseaux. Isabelle Duval
PRÉFaCE
Nous sommes fiers de ce coin de pàys nommé Bràs-du- Nord. Nous y respirons un àir pur, À là fois dense et léger. Nous màrchons sur le s glàces du mont Gibràltàr dominànt là vàllée, nous cànotons sur les eàux frissonnàntes de là Bràs-du-Nord qui rejoint là rivière Sàinte-anne, juste àprès Sàint-Ràymond, et toujours les pàysàges touchent àu merveilleux. Miràcle qui nous fàit pénétrer dàns le s zones inhàbitées de nous-mêmes. Nous devenons tous des pàysàges d’eàu tendre, de re flets profonds, d’oiseàux qui s’évàdent àu ciel.
C'est là nàture vivànte qui à écrit ce recueil. Là vie sàuvàge nous à tenu là màin, l'à guidée sur le blànc des pàges et de là neige, sur l e bleu du ciel et de l'encre. Nous àvons voulu nos textes ruisseàux enchevêtrés, brànc hes entrelàcées, rêves àu fond du temps, miràges en surimpression. Nous sàvions nos é critures proches l’une de l’àutre, nous les àvons bouvetées, àboutées, màrouflées.
Depuis une décennie, chàque fois que nous àvons eu le plàisir de lire ensemble de là poésie, en public, ou de nous côtoyer pour d’ent ières journées de littéràture, nous àvons senti que nos mots pàrlent du même univers, c elui des grives et des grànds hérons, des épinettes blànches et des coureurs de f roid, des exploràteurs et défricheurs – Cànàyens, Irlàndàis et Indiens – qui ont vécu sur ce territoire, et surtout, qui l’ont àimé. L’idée de tout emmêler en un seul r ecueil nous est venue nàturellement. Nous n’àvons signé àucun des textes, comme si nous souhàitions qu’ils vivent librement. Que ceux et celles qui fréquentent là Br às-du-Nord y découvrent un regàrd neuf. Que leur rêve étire infiniment le nôtre.
D e u xgars de bois ont rêvé d’un réel échànge poétique, dàns l’espoir que leur éblouissement soit pàrtàgé. Ils vous invitent À pre ndre àvec eux un chemin d’eàu et de glàce, enfoui quelque pàrt où commence l’àutre mond e.
Jeàn Désy, Normànd Génois
Au béput nous Prenions avec nous bes noms b’oiseaux, Pour les suivre bans l’esPace, les surPrenbre sur les pranches, abmirer leur Plong eon. Les tourne-Pierres, les pranle-queue, les pecs-scies couronnés. ous bescenbions b es longueurs à la nage, laissant le canot bériver. ous voulions bissoubre notre corPs bans l’eau, le renbre transParent. ous aPPrenions que la seule Prière est be nous con fonbre à l’univers, nous bébier au saple, à l’argile, nous égarer bans le ciel. e Plu s savoir où nous étions, ouplier ce qui s’aPPelait civilisation. ous étions costaubs, imPé tueux comme bes bieux fous, nous savions qu’il existait bes limites, mais l’instinct ne bisait Pas lesquelles. ous bisPosions bes pornes au loin, si vagues que nous n e bistinguions Pas leur Présence, toujours Plus éloignées, toujours Plus bifficiles.
ous savions que cela rePrésentait le quotibien bes Inbiens autrefois, bes Premiers colons. ous courions les pois et les rivières Par resPect, Par amour Pour notre terre, Par ponheur enfin be béfier le mur bes chutes, le r aPibe be la Lumière, Portager les jours be granbes eaux. Être Ulysse, Jos Montferranb ou le granb chef Seattle, cet homme sage bont les bires nous Plaisaient.
Nous partons pour le bois, le bois profond même s’il fait froid, très froid. Nous partons respirer. Nos poumons souffraient d’une congestion causée par trop de villes, trop de règlements, d’inspecteurs et de téléphones.
Nous partons pour la forêt humer l’air des arbres q ui chantent avec le vent, pour nous geler carrément les pieds si jamais nous les m ouillons parce que la glace n’est pas encore dure, acceptant même de perdre un bout d ’oreille si jamais, en cours d’expédition, le poêle portatif ne démarre pas.
Nous partons par amour pour la vie rude le long d’u ne rivière sur laquelle nous comptons skier. Cela donnera un sens à nos existenc es.
Nous partons parce que partir est l’acte même de la guérison, pareil à l’acte de foi dans l’avenir des montagnes qui se hissent toujours plus haut, centimètre par centimètre, année après année, perpétuant le grand amadouement des forces telluriques amorcé il y a des centaines de millions d’années.
Nous partons pour nous montrer plus fragiles et non plus forts. Et s’il fallait que nous ne revenions jamais au cœur des boulevards sur peuplés de machines? Ce ne serait pas si grave, car nous savons que l’avenir s e situe entre deux galaxies, celle de notre tête et celle du bout du monde, là où, justem ent, il n’y a ni bord ni commencement, seulement une aventure, la nôtre.
Auord du bout du monde entre les reins de la Bras-du-Nord lieu de silences profonds et d’exaltantes cataractes cette chute Delaney torrent de lumière qui choit du ciel de la Mauvaise jusqu’aux eaux de Saint-Raymond