Car la nuit est longue

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72 pages
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Description

Un roman courageux sur un sujet très sensible, le viol, qu'on n'a pas souvent abordé sous cet angle en littérature.
Christophe est à la maison, Shaya, sa fille de trois ans, dort dans sa chambre, Kaï, sa compagne, est sortie pour la soirée. Christophe entend des pas dans l’escalier. La porte s’ouvre. Il regarde Kaï et se rend vite compte que quelque chose ne va pas.
Kaï a été violée.
Commence alors une longue nuit de dévastation où Christophe se sentira tour à tour impuissant devant sa souffrance et exclu de son drame. Un peu comme Shéhérazade dans les «Mille et une nuits», il tentera de la libérer de son cauchemar en faisant appel à des histoires de leur passé, jusqu'à ce que le couple soit obligé de faire face à ses propres démons.
Sophie Bérubé signe ici un roman bouleversant où la beauté et la profondeur des rapports humains contrastent avec l’absurdité et la violence d’un geste sans nom.
La scène se joue et se rejoue sans arrêt dans ma tête. J’entends ses pas dans l’escalier. Mon intérieur s’illumine. J’aime toujours la revoir. Regarder ses cheveux noirs briller et danser souplement autour de son visage. Me plonger dans son doux regard d’onyx. Sentir son odeur, ce parfum qui lui est propre. C’est un peu enfantin, mais lorsqu’elle revient, il y a toujours un léger suspense dans mon coeur. Un peu comme si j’allais recevoir un cadeau inconnu et mystérieux. Lorsque je lui dis à quel point je me réjouis de la voir, même si elle n’était partie que pour une soirée, elle rit un peu de moi. Gentiment. Mes penchants romantiques la font toujours sourire avec un éclat de tendresse qui me rend encore plus sentimental.

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Date de parution 16 janvier 2015
Nombre de visites sur la page 3
EAN13 9782895974949
Langue Français

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CAR LA NUIT EST LONGUE
DE LA MÊME AUTEURE Roman jeunesse Le projet Persée, Saint-Damien-de-Brandon, Éditions du soleil de minuit, 2010. La truelle magique, Montréal, Guérin, 2001. Le chef-d’œuvre de Lombrie, Moncton, Bouton d’or Acadie, 1999. Prix Lilla-Stirling. Poésie La trombe sacrée, Ottawa, Éditions David, 2002. Prix France-Acadie.
Sophie Bérubé
Car la nuit est longue
ROMAN
Catalogage avant publication de Bibliothèque et Archives Canada Bérubé, Sophie, auteur  Car la nuit est longue / Sophie Bérubé. (Voix narratives) Publié en formats imprimé(s) et électronique(s). ISBN 978-2-89597-439-0. — ISBN 978-2-89597-493-2 (pdf). — ISBN 978-2-89597-494-9 (epub)  I. Titre. II. Collection : Voix narratives PS8553.E78336C37 2015 C843’.54 C2014-908122-7 C2014-908123-5 L’auteure tient à remercier le ministère du Tourisme, de la Culture et du Patrimoine de la Nouvelle-Écosse pour son soutien financier lors de l’écriture de ce roman. Les Éditions David remercient le Conseil des arts du Canada, le Secteur franco-ontarien du Conseil des arts de l’Ontario, la Ville d’Ottawa et le gouvernement du Canada par l’entremise du Fonds du livre du Canada.
Les Éditions David 335-B, rue Cumberland, Ottawa (Ontario) K1N 7J3 Téléphone : 613-830-3336 | Télécopieur : 613-830-2819 info@editionsdavid.com | www.editionsdavid.com Tous droits réservés. Imprimé au Canada. er Dépôt légal (Québec et Ottawa), 1 trimestre 2015
Pour Anne, qui m’a initiée aux bienfaits des histoires racontées dans la nuit.
Tout cela n’est que la première minute, la première seconde, le choc initial comme certains l’appellent. Moi, je serais plutôt t enté de le nommer l’espoir initial. Ce premier moment où l’on entrevoit la mag nitude du drame sans vraiment pouvoir l’assimiler. L’instant où l’on esp ère naïvement que dans quelque temps tout sera rembobiné, effacé. Les premières secondes. Celles où l’on voit l’ampli tude de l’évènement dans toute sa monstruosité, mais où tout est trop f rais, encore trop imprégné de la vie d’avant pour qu’on puisse vraiment en mesure r l’impact. Pour qu’on puisse franchement se résigner à admettre que tout est dés ormais changé. Irréversiblement. L’espoir initial, celui qu’on ne pourra plus se permettre de ressentir, une fois qu’on se sera définitivement av ancé dans le temps d’après. Avant, après. Il est tellement plus facile de pense r à l’avant et à l’après que de penser à l’intolérable pendant. Dans le temps d’avant, avant qu’elle ne revienne, j ’avais entrepris de remettre à neuf les souliers de tous les membres de notre petite famille. Une occupation un peu frivole quand on pense à toutes l es autres choses pressantes qui auraient pu m’occuper une fois que Shaya, notre petit amour, s’était endormie. Il y avait la vaisselle à terminer, le sa c de poires qui attendait depuis trois jours d’être transformé en confiture de poire s et gingembre, sans compter la traduction pour le ministère de la Faune que je m’efforçais d’ignorer, mais qui me narguait de l’œil béant et carré de mon ordinate ur éteint. Le vent soufflait dehors et il assourdissait un peu les bruits de la ville. Je m’étais installé près de la porte d’entrée, parce que c’est là qu’on retrouv e la plupart de nos chaussures, mais aussi pour voir Kaï dès son arrivée. La scène se joue et se rejoue sans arrêt dans ma tê te. J’entends ses pas dans l’escalier. Mon intérieur s’illumine. J’aime t oujours la revoir. Regarder ses cheveux noirs briller et danser souplement autour d e son visage. Me plonger dans son doux regard d’onyx. Sentir son odeur, ce p arfum qui lui est propre. C’est un peu enfantin, mais lorsqu’elle revient, il y a toujours un léger suspense dans mon cœur. Un peu comme si j’allais recevoir un cadeau inconnu et mystérieux. Lorsque je lui dis à quel point je me r éjouis de la voir, même si elle n’était partie que pour une soirée, elle rit un peu de moi. Gentiment. Mes penchants romantiques la font toujours sourire avec un éclat de tendresse qui me rend encore plus sentimental. Ce soir-là, donc, j’étais assis par terre en train de nettoyer et de polir les souliers à côté de la porte d’entrée. J’ai entendu la porte d’en bas s’ouvrir avec ce petit grincement qui lui est particulier pour en suite se refermer doucement. Puis des pas dans l’escalier. Je mentirais si je di sais que sa démarche était différente et qu’elle m’a alerté. J’avais du noir à chaussure sur les doigts. J’entendais quelqu’un qui montait l’escalier. Peut- être un peu plus vite qu’à l’habitude. Mais je ne savais pas. Le tableau se répète constam ment. Elle monte l’escalier. En rétrospective, cette montée me semble interminab le. Maintenant que je sais d’où elle revenait. Comme si chaque marche ava it dû être escaladée des