Cendres
10 pages
Français

Cendres

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Description

La rencontre de deux êtres brisés par le deuil d'êtres chers vont, par un étrange concours de circonstances, traverser la nuit ensemble comme s'ils passaient l'hiver.


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Informations

Publié par
Date de parution 11 septembre 2014
Nombre de lectures 6
EAN13 9791029100642
Licence : Tous droits réservés
Langue Français
Poids de l'ouvrage 1 Mo

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pagetitre

– Je me sens vide. Tout le temps, je pense à ça. Ce vide à l’intérieur. Je me dis que si je pouvais me sonder en profondeur, m’ouvrir la tête et le cœur et voir dedans, je ne verrais rien. Rien. Du vent, un désert, un champ de glace où rien ne bouge.

Le type parlait et ça me gênait de l’entendre tout déballer, j’ai changé de station. Cela faisait une heure que je roulais et mon café était froid. Je roulais dans la nuit, j’étais crevé et mes yeux se fermaient tout seuls, je prenais des rues n’importe lesquelles, des rues désertes et je roulais au pas. Le bruit des pneus dans la neige, le souffle du chauffage, la radio en sourdine, tout ça emplissait mon crâne et bruissait à l’intérieur. Je ne pensais à rien, je tournais en rond, j’étais dans le coton de la nuit. Le crissement des essuie-glaces me tenait en éveil, par endroits du givre se formait et troublait les lumières. Il n’y avait personne pour m’arrêter. Pas un client. Pas un appel du central. Les gens restaient chez eux et ils avaient bien raison. À un moment j’ai longé une église et c’était beau avec le christ en façade et les arbres autour. Je me suis arrêté deux minutes pour contempler.

Après ça j’ai continué à rouler pour rien dans les rues calmes et désertes, je regardais les immeubles aux lumières éteintes qui défilaient lentement. Je voyais leur crépi fissuré et derrière les fenêtres on devinait des téléviseurs allumés, des hommes fatigués qui fumaient dans leur chambre, des vieilles insomniaques qui entrouvraient les rideaux et buvaient leur tisane. J’ai repensé à ce type dans le poste, à sa voix calme et posée, aux mots qu’il avait prononcés : je me sens vide. Au fond, je crois que je lui ressemblais. Je crois bien que lui et moi, on était pareils.

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