Cinquante balles pour la peau
20 pages
Français

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Cinquante balles pour la peau

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Description

À vivre dans la rue, les opportunités de boulot sont rares, alors quand elles se présentent, ça vous tente, forcément. De là à se transformer en sac de frappe…

« Elle m'a parfumé sur le topo. Pas compliqué, j'avais pas grand-chose à faire : juste me laisser taper dessus. »

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 10 avril 2012
Nombre de lectures 392
EAN13 9782363150752
Langue Français
Poids de l'ouvrage 1 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,002€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Cinquante balles pour la peau
Éric le Forestier
ISBN 978-2-36315-146-9

Avril 2012
Storylab Editions
30 rue Lamarck, 75018 Paris
www.storylab.fr
Les ditions StoryLab proposent des fictions et des documents d'actualit lire en moins d'une heure sur smartphones, tablettes et liseuses. Des formats courts et in dits pour un nouveau plaisir de lire.

Table des mati res

Cinquante balles pour la peau
Biographie
Dans la m me collection
Cinquante balles pour la peau
Au début, je croyais qu’elle faisait un reportage, la fille, parce qu’elle s’était pointée avec une caméra, et puis qu’elle m’avait posé pas mal de questions. Un reportage sur les clodos, les SDF, les types à la ramasse, quoi. Un peu dans mon genre. Moi, je lui convenais bien, elle m’a dit, j’étais épave mais pas trop. Avec des restes. Enfin elle l’a pas dit avec ces mots-là. Elle m’a pris sous tous les angles, avec son truc, et elle m’a demandé si ça me botterait de gagner cinquante euros. J’ai dit oui, évidemment. Cinquante euros, pour moi, c’était vraiment du blé. Et puis ça me changerait du métro, tendre la pogne, à vot’bon cœur … Surtout que maintenant, même sur les lignes un peu cossues, la manche c’est plus ça. La charité devient frileuse, elle s’enrhume facile, les petites pièces restent bien au chaud au fond des fouilles. C’est plus de la vaisselle de poche qu’ils se trimballent, les chrétiens, c’est des élevages d’oursins. Avec plusieurs mouchoirs en plomb par dessus, pour faire bon poids.
Arthur s’est mis à grogner en lui sniffant le bas couture. Je lui ai demandé de se mêler de ses oignons, qu’il vienne pas me casser la baraque.
« Eh, tête de noix ! Cinquante balles tu bouffes aussi, alors museau. »
Il s’est calmé, pas contrariant, et il s’est intéressé à autre chose.
« Il mord pas, au moins ? » elle a fait.
Je suis resté évasif. Faut jamais dire que son chien ne mord pas. D’abord parce qu’il pourrait très bien mordre, et on passerait pour un menteur. Ensuite, parce que ça pourrait encourager les malfaisances.
« Il mord des fois. Mais il passe pas sa vie à ça. Là, non, il a la tête ailleurs. »
Rassurée sur ce point, elle m’a parfumé sur le topo. Pas compliqué, j’avais pas grand-chose à faire : juste me laisser taper dessus. Par des nanas, en plus presqu’à poil, qui prenaient leur pied comme ça. J’ai rigolé ; c’était bien de l’honnêteté, des fois dans la rue on se fait casser la binette pour pas un rond. Et là, par des nanas ! À chacun ses fantasmes, hein, moi je m’en foutais un peu. De toute façon ça me réchaufferait, et puis un peu d’exercice, c’est jamais mauvais. J’ai un copain, comme ça, il se fait son pognon en jouant aux autos tamponneuses avec un caddie. Le jeu, c’est de le foutre dans le caddie, et de balancer le tout au hasard, droit devant soi, en poussant fort. Plus y’a d’obstacles, et plus c’est marrant, il paraît.

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