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Coeurs perdus

De
147 pages
Histoires parallèles où l'on accompagne les personnages multiples de ces tranches de vie rêvées ou réelles. Du cadre hyper stressé vivant à cent à l'heure à l'humanité révélée d'une pauvre caissière en passant par l'amour d'un homme en fin de vie, chaque personnage se retrouve dans une situation où leur choix conditionne leur lendemain. Les héros de ces chroniques, heureux ou malheureux malgré ou à cause d'eux-mêmes, sont à la croisée des chemins de leur propre vie. Une philosophie douce amère de ces vies débutantes, confirmées ou finissantes.
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2

Cœurs perdus

3
René Dalmau
Cœurs perdus

Roman philosophique
5Éditions Le Manuscrit























© Éditions Le Manuscrit, 2007
www.manuscrit.com

ISBN : 978-2-304-00260-7 (livre imprimé)
ISBN 13 : 9782304002607 (livre imprimé)
ISBN : 978-2-304-00261-4 (livre numérique)
ISBN 13 : 9782304002614 (livre numérique)

6 .






« Le bonheur se nourrit des différences »

À ma muse,
8
TABLE DES MATIÈRES
Nativité................................................................ 11
Zone rouge ......................................................... 31
Valentin............................................................... 51
Mohamed............................................................ 61
Joël....................................................................... 77
Georges 89
François 99
Samuel ............................................................... 111
Marielle.............................................................. 125
Épilogue ............................................................ 139

9
NATIVITÉ
Vincent monta dans sa voiture et, en la
démarrant, fit vrombir le moteur six cylindres.
Il aimait sa voiture et surtout l’impression de
puissance qu’elle lui donnait. Cette puissance il
se l’attribuait quand il conduisait comme un
prolongement de sa propre énergie. Cette
voiture, il avait souffert pour se l’offrir,
négligeant tout pour obtenir le plus d’argent
possible afin de se procurer, le plus rapidement
possible, l’objet de sa convoitise. Dans son
métier, il passait pour un tueur sans foi ni loi, il
avait autant d’amis que d’ennemis enfin le
croyait-il. Quand on lui avait livré cette voiture,
il avait ressenti un sentiment proche de la
jouissance physique. Il roula vers la sortie de
Paris. À la porte d’Orléans, il prit franchement
en direction du sud. Cela faisait maintenant
deux heures que Vincent avait quitté Paris.
Après avoir doublé Châteauroux il avait abordé
la départementale 940, du moins lui avait-il
semblé lire sur le panneau où la neige
s’accrochait déjà. Marc lui avait indiqué
11 Cœurs Perdus
l’itinéraire et il avait pris soin de brancher le
système de navigation de son auto. Jusque là
tout avait bien fonctionné mais la route était
étroite et la visibilité s’était réduite. Le
navigateur électronique s’était tu depuis un
moment. Vincent ne s’en formalisa pas puisque
son véhicule précédent n’en était pas doté et
qu’il ne possédait celui-ci que depuis deux mois.
Le vendeur lui avait vanté les mérites de la
navigation assistée en comparant monsieur tout
le monde aux concurrents du Paris Dakar qui
ne s’égaraient même plus, alors vous pensez en
France. Cette dernière réflexion l’avait fait
sourire. Vincent, cadre pressé et stressé, n’avait
que très peu prêté attention aux propos du
vendeur pour se consacrer à l’allure sportive de
l’objet de son désir. Seules les performances
l’intéressaient, il n’avait pas été déçu. Son côté
jeune cadre dynamique était flatté par la
possession de ce bolide qui faisait pâlir d’envie
ses collègues. Mais Vincent n’en avait cure.
Pouvoir briller auprès des clients et des jolies
filles l’importait plus que d’entretenir des
relations avec ses collègues qu’il avait
définitivement classé au rang des envieux et des
jaloux.
La nuit était complètement tombée et les
bourrasques de neige redoublaient d’intensité.
Le regard aspiré par les cercles que dessinaient
les phares de son véhicule, Vincent se
12 Nativité
concentrait sur sa conduite. Un faible
grésillement émit par la radio attira son
attention. Il n’avait même pas remarqué que
celle-ci n’émettait plus qu’un fond sonore tant
sa concentration était toute consacrée au
déchiffrage de la route.
« Voilà que la radio est en panne ! En
rentrant, le vendeur va m’entendre ! » pensa-t-il
et tout en conduisant, il entreprit de rechercher
des stations d’émissions radio. Le scanner
défilait les chiffres sans s’arrêter sur une seule
station. Las, Vincent arrêta l’autoradio. Mais
tout en conduisant, il se rendit compte que le
système d’aide à la navigation était aussi muet
que sa radio. Pourtant, il l’avait tout de même
testé un soir en ramenant l’une de ses
conquêtes. Il lui avait demandé son adresse et
programmé le système sur celle-ci qui l’avait
conduit jusqu’au pied de l’immeuble ou sa
compagne mi médusée, mi amusée l’avait invité
à boire un dernier verre.
En partant tout à l’heure de Paris, il avait pris
soin de programmer également le système sur
l’adresse que lui avait donné Marc et, comme
l’ordinateur n’avait pas bronché, il en avait
déduit que le système était capable de le mener
à bon port les yeux fermés.
Pourtant ses yeux s’écarquillaient tant et plus
pour tenter de sonder le rideau blanc qui se
dressait dans le halo de ses phares. « Putain
13 Cœurs Perdus
d’ordinateur ! lui aussi me laisse tomber.. »
hurla-t-il à lui même. « Quelle chiasse j’avais
déjà pas envie d’aller fêter le réveillon dans un
bled pourri de la Creuse !… » se mentit-il. Mais
il commençait à être passablement énervé, et la
fatigue entamait son optimisme naturel. Il
remarqua que depuis quelque temps, il n’avait
croisé ou suivi plus aucun véhicule, il était
maintenant vingt heures passées. Son
inquiétude grandit. Il stoppa sur le bord de la
route mais il était difficile de le distinguer des
champs. Il descendit, scruta devant lui, fit le
tour de son véhicule mais rien n’indiquait où il
pouvait être. Il écouta mais seul le bruit du
moteur transperçait le silence ouaté. Transi de
froid, il rentra dans l’habitacle et poussa le
chauffage à fond, il frissonna autant de fatigue
que de dépit. Que faire ? Le portable ! Mais
oui ! Était-il si fatigué qu’il n’y avait même pas
pensé ?
La simple idée de dire qu’il était perdu à son
copain Marc, lui fit repousser l’appel. Marc allait
pousser son avantage pour se moquer de lui et
il avait horreur de se sentir en faiblesse face à
lui. Depuis qu’ils se connaissaient Marc avait
marqué son admiration pour Vincent, tout en le
flattant cela l’avait agacé ; puis il s’était plu à
remarquer comment ce nouvel ami recherchait
sa compagnie. Son narcissisme avait trouvé en
Marc un nouveau reflet. Il avait tenu à
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