CONTES ET LEGENDES DES PHILIPPINES

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217 pages
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Le livre nous emmène aux Philippines qui comptent pas moins de 7000 îles où sont parlées vingt-cinq langues. Grand spécialiste de l’Asie de Sud-Est, Maurice Coyaud a choisi de présenter les mythes de création de quatre peuples Bilaan, Igorot, Bataan et Morong. Tous les grands thèmes de mythologie y sont abordés : le mariage du soleil, la naissance des premiers astres, l’origine des premiers hommes, l’apparition de volcans. Mais le sérieux de la problématique est atténué par des développements assez comiques. Par exemple, nous apprenons pourquoi les femmes n’ont plus de barbe. La première femme s’est endormie en allaitant son bébé et sa barbe pointue lui a crevé les yeux ; fou de rage, son mari l’a arrachée. Plusieurs contes racontent, de manière poétique, la création de petites bêtes : luciole, papillon, moustique et autres sauterelles. Souvent, ce sont des humains métamorphosés suite à une histoire d’amour compliquée, comme celle d’Alitaptap, la belle capricieuse qui se transforma en luciole pour ne pas se marier. Les Philippins, grands admirateurs de la nature, à travers leurs mythes et légendes perpétuent également leurs connaissances des plantes. Ils expliquent que la mangue, ce fruit en forme de cœur, est née du cœur d’un homme bon ; que l’ananas, une plante aux cent yeux, tire son origine de Rufina, jeune fille un peu tête en l’air, qui ne voyait rien qui était sous ses yeux ; et que les bananes sont les mains d’un amant surnaturel qui a dû se séparer de sa bien aimée terrestre.

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EAN13 9782373800210
Langue Français

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Pourquoi les femmes n'ont plus de barbe La première femme avait une barbe longue et poin-tue. Paresseuse, elle s'endormait toujours quand elle allaitait. Son mari devait lui tenir la barbe, afin qu'elle ne blessât point les yeux du moutard tétant. Un jour, la femme dit : – Il n'y a plus de viande. Prends les chiens ! Va tuer un cerf ! – Mais qui tiendra ta barbe pendant que tu allaite-ras ? – Moi-même ! Ne crains rien, je ne m'endormirai pas. Le mari partit à la chasse, la femme se mit à allaiter, et... s'endormit. Quand le mari rentra, le bébé, blessé par la barbe maternelle, était devenu aveugle. Le mari arracha sa barbe à son épouse, afin que sesfuturs bébés ne risquent pas de perdre la vue. Depuis lors, les femmes n'ont plus de barbe.
Maurice Coyaud, directeur de recherche au CNRS, a publié récemmentContes et légendes des Inuit(Flies France, 2006) et, dans une autre série théma-tiqueL’homme qui volait au-dessus des arbres (Maurice Nadeau, 2003),Nageurs parmi les coraux(P.A.F., 2004),Sous la banquise, triches de vent (Maurice Nadeu, 2005),Forêts d’osmanthe (P.A.F., 2007),Œillets d’Inde(P.A.F., 2008).
ISBN 978-2-910272-53-1
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Aux originesdu monde Contes et Philippines légendes des Philippines
Aux origines du monde Flies France
Dans la même collection
Contes et légendes de France Contes et légendes d’Ukraine Contes et légendes du Japon Contes des peuples de la Chine Contes et légendes de Flandre Contes et légendes de Centre-Asie
Contes et récits des Mayas Contes et légendes du Maroc Contes et mythes de Birmanie
Contes et légendes de Turquie Contes et légendes de Suède Contes et légendes de Corée
Contes et légendes du Congo Contes et légendes des Comores Contes et légendes d’Allemagne, de Suisse et d’Autriche Contes et histoires pygmées Contes et légendes de Russie Contes et traditions d’Algérie Contes et légendes des Inuit Contes et légendes d’Italie Contes et légendes du Burkina-Faso Contes des Juifs de Tunisie
Aux origines du monde Contes et légendes des Philippines
réunis et traduits par Maurice Coyaud
Illustrations de Susanne Strassmann
Flies France
Collection dirigée par Galina Kabakova
Relecture : Anna Stroeva
© Flies France, Paris, 2008 ISBN978-2-910272-53-1
Avant-propos
Un bon nombre des contes présentés ici, je les ai traduits du tagalog, langue parlée dans la région de Manila, c’est-à-dire Manille. Les autres contes, émanant d’autres provinces, je les ai pris dans des recueils ethnographiques (dont les rédacteurs sont principalement américains) et traduits de l’anglais. Le reste des contes de cette anthologie, je les ai traduits de l’espagnol. Les îles Philippines sont fort peu connues en Europe. Voici quelques données essentielles. On compte sept mille îles, où sont parlées vingt-cinq langues de la famille austro-polynésienne et quatre-vingts dialectes. Les Espagnols ont régné aux Philippines de 1570 à 1899. Les États-Unis d’Amérique, ayant vaincu les Espagnols, se sont installés alors aux Philippines pour quarante-sept ans, et ont accordé l’indépendance en 1946. Trois cent cinquante ans de domination espa-gnole ont laissé des traces sensibles dans les langues de ces îles ; notamment, le tagalog (base de la langue nationale, le pilipino) comporte cinq mille mots espagnols dans le lexique courant. L’apport du vocabulaire américain ensuite, est fort remarquable. La plupart des traductions données ici ont été déjà publiées par mes soins en 1986 dans Contes et nouvelles des îles Philippines, aux édi-tions P.A.F. Naturellement, les traductions ont été revues, et des textes supplémentaires ont été ajoutés.
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I Astres, terre, Hommes
1. La création chez les Ifugao
Au début, Kabunian créa un monde qui fut détruit à cause des crimes des hommes. Mon-tanog, le dieu civilisateur, épousa Montinig. Ils eurent deux enfants : Bugan et Wigan. Du haut du ciel, Montanog, voyant qu’ils étaient nus, leur lança plantes et arbres. Il leur montra com-ment extraire les fibres et les tisser. Bugan, peu à peu, introduisit des figures dans ses tissus. Elle apprit à préparer les terrasses pour la culture du riz. À la naissance de leur premier-né, Bugan versa par terre des gouttes de son lait. Voilà l’origine des premières pousses de riz. Lidum, du haut d’une montagne, voyait Wigan préparer une rizière. Par l’intermédiaire de Kabunian et de Hinumbian, il apprit aux Ifugao à sacrifier aux dieux en cas de récolte insuffisante, quand les rizières risquaient de s’ébouler, ou quand les vers attaquaient les plants.
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