Contrefaçons

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194 pages
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La littérature constitue un palimpseste infiniment repris car il n'existe pas de texte qui soit totalement hermétique à ses prédécesseurs; elle procède ainsi par une réécriture constante de ses thèmes, motifs et sujets. Un travail dont rend compte d'une manière aiguë le pastiche par lequel l'auteur s'approprie le style des icônes, pour en faire saillir les traits importants mais aussi le railler et en souligner le maniérisme. Une tradition dans laquelle a pu déjà s'inscrire un auteur comme Proust, que réenclenche Paul Aoustine dans un recueil qui ne copie pas une seule plume, mais une trentaine parmi les plus grands noms de la littérature. De Aymé à Sand, de Sade à Dostoïveski, de Dumas à Hugo, de Buffon à Joyce, son œuvre dépasse le simple cadre de l'exercice de style pour atteindre des tonalités acides et ironiques. Un recueil de haut vol, navigant à travers les siècles et l'histoire littéraire, capable de s'approprier les tics d'un Hugo, d'un Balzac, d'un Chateaubriand ou d'un Gide. Imitateur talentueux, contrefacteur virtuose et épatant, Paul Aoustine est muni de cette plume caméléonesque qui, par-delà la reproduction, sait se jouer des manies des modèles. Trente singeries épatantes, caustiques, où perce aussi une certaine forme d'hommage…

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EAN13 9782748350746
Langue Français

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Contrefaçons
Paul Aoustine Contrefaçons Pastiches littéraires à l’usage du lecteur pressé
Publibook
Retrouvez notre catalogue sur le site des Éditions Publibook : http://www.publibook.com Ce texte publié par les Éditions Publibook est protégé par les lois et traités internationaux relatifs aux droits d’auteur. Son impression sur papier est strictement réservée à l’acquéreur et limitée à son usage personnel. Toute autre reproduction ou copie, par quelque procédé que ce soit, constituerait une contrefaçon et serait passible des sanctions prévues par les textes susvisés et notamment le Code français de la propriété intellectuelle et les conventions internationales en vigueur sur la protection des droits d’auteur. Éditions Publibook 14, rue des Volontaires 75015 PARIS – France Tél. : +33 (0)1 53 69 65 55 IDDN.FR.010.0114335.000.R.P.2009.030.40000 Cet ouvrage a fait l’objet d’une première publication aux Éditions Publibook en 2009
Le lieu du plaisir n’est pas à rechercher dans la révélation du lien secret entre contrefaçon et modèle (lien purement fictif et prédicatif), mais dans l’apparente supercherie qui naît de la contemplation tacite du simulacre (rapport séminal et gamétophytique). Laure Embarth (« Le plaisir textuel »)
À la manière de Marcel Aymé
Les comptes du chat qui louche.
Ce soir-là, comme tous les autres soirs, en rentrant des champs, les parents trouvèrent les enfants occupés à faire leurs devoirs sur la table de la cuisine. Perché sur le buffet, Adolphe, le chat, léchait ses pattes. Les parents étaient de mauvaise humeur et ils dirent : cette année les récoltes ont été mauvaises, aussi ce dimanche nous avons décidé d’aller au marché pour y vendre quelques bêtes. O non ! s’écrièrent les enfants, qui aimaient les animaux de la ferme. Ne vous mêlez pas de cela les enfants ! Répliquè-rent sèchement les parents. Tâchez plutôt d’avoir de bonnes notes à l’école. Le chat intervint alors pour dire que les enfants avaient raison. Toi le chat, rétorquèrent les parents, plutôt que de faire le raisonneur, tu ferais mieux d’attraper les souris. C’est vrai, admit le chat, pourtant ce n’est pas faute d’essayer, mais chaque fois que je suis sur le point d’en saisir une, ne voilà-t-il pas qu’elles se dédou-blent et me filent sous la moustache. Ceci fit beaucoup rire les enfants qui connaissaient le strabisme du chat, mais Benito, le cochon, qui avait tout entendu, passa sa tête par la porte de la cuisine, dit qu’il n’était pas étonné du peu de succès du chat, vu qu’il passait le plus clair de son temps à se prélasser sur la table de la cuisine. Que ce n’était pas comme lui qui faisait honneur aux parents en prenant cha-que jour un peu plus de poids. C’est vrai, dirent les parents, nous n’avions pas remarqué que tu étais aussi gras. Et alors que le cochon, très flatté par le compliment des parents, s’en retournait, ceux-ci se regardèrent d’un air entendu. Quant à vous les enfants, demain nous irons voir la maîtresse pour qu’elle nous dise si vous méritez tous les
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sacrifices que nous faisons pour vous, car nous ne pour-rons continuer plus longtemps à nourrir ainsi deux bouches inutiles et ils allèrent se coucher. A peine les parents avaient-ils quitté la cuisine que les enfants éclatèrent en sanglots. Le chat qui avait suivi la scène, toujours perché sur son buffet, leur demanda la rai-son de leurs pleurs. Ils lui expliquèrent que la maîtresse leur avait justement posé un problème qu’ils ne savaient résoudre. Un paysan devait passer un ver, une poule et un renard sur la rive opposée d’une rivière et il ne pouvait prendre avec lui dans sa barque qu’un seul passager pour traverser. Le chat réfléchit et puis comme il ne trouvait pas de solution, il décida de soumettre le problème à tous les animaux de la ferme, de façon à tirer les enfants d’embarras. Une minute plus tard, tout le monde faisait cercle autour du chat au centre de la cour. Lorsqu’Adolphe eut exposé l’énigme, les animaux admirent que c’était une question difficile. Et l’enthousiasme initial fit bientôt place à la plus grande perplexité. Le coq dit qu’il voyait peut-être une solution. Il suffirait finalement de faire l’expérience. Après plusieurs essais, sans doute trouverait-on la solution. Les animaux approuvèrent l’idée. Les oies connaissaient un petit marigot non loin d’ici. Les parents avaient en outre un vieux bac que le père utilisait parfois pour la pêche et qui pourrait servir pour la démonstration. Le coq affirma que la poule et le ver seraient sans doute d’accord pour rendre service aux enfants. Par contre, il se méfiait du renard. Le cheval qui était un vieux cheval de retour proposa que le chien tienne ce rôle. Tout le monde trouva que c’était une bonne idée et l’on se mit en route sur le champ. Seul Benito, assis sur son tas de fumier, ne manqua pas de se moquer de ce cortège. Parvenus au ruisseau que leur avaient indiqué les oies, les animaux firent de nouveau cercle autour du chat. La question était maintenant de savoir qui passerait en pre-mier. Le bœuf proposa de faire passer le chien. Le ver
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