Cyclone class 4
116 pages
Français

Cyclone class 4

-

116 pages
Français

Description

Un jour et une nuit à l'île Maurice pendant un cyclone ou comment l'être humain affronte des situations limites : ce roman d'une densité extrême se lit d'un trait, en apnée, comme on traverse toute épreuve avant de retrouver la vie.

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 01 mars 2018
Nombre de lectures 0
EAN13 9791033405009
Langue Français
Poids de l'ouvrage 5 Mo

Informations légales : prix de location à la page €. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Emmanuel Richon
Cyclone class 4 Roman
Cyclone class 4
É
2
Cyclone class 4
Emmanuel Richon Cyclone class 4 Roman
© Editions Sépia, 2018 ISBN : 979-10-334-0134-6
PRÉFACE
L’île Maurice, loin là-bas dans l’océan Indien, reste, dans l’imaginaire des Européens, l’île de beauté pour les vacances. Mer, montagnes, chaleur, végétation luxu-riante et beaux visages continuent à créer au fond de chacun – et Baudelaire ne s’y était pas trompé quand il y fit escale en 1841 – l’image de cet Eden perdu et re-gretté. Pour les insulaires, la situation est différente. L’île est dans la temporalité, celle d’une vie quotidienne, sociale, politique et météorologique. La zone tropicale, si elle apporte fruits et fleurs de rêve, comprend aussi une sai-son de pluies avec le passage de cyclones, plus ou moins ravageurs mais annuels. La littérature sur l’île a très tôt pris en compte et uti-lisé cette double réalité. Bernardin de Saint-Pierre, qui visita l’île encore appelée de France entre 1768 et 1771, a construit avec son célèbre romanPaul et Virginie (1787) l’image d’un lieu certes édénique pour les êtres encore purs mais, métaphoriquement aussi bien que météorologiquement, ravagé par le cyclone. À sa suite et plus récemment, Natacha Appanah dansLe dernier frère
7
(2007) décrit aussi bien la beauté de la nature que l’horreur de la mort d’un enfant au cours d’un cyclone. Cette réalité étant partagée par toute la zone tropi-cale, la description d’un cyclone devient un topos de la littérature insulaire si bien que nous pouvons instaurer une véritable famille de romans francophones insulaires récents traitant de ce sujet :Hugo le Terrible (1991) de Maryse Condé met en scène sous son vrai nom un cy-clone qui a traversé la Guadeloupe en 1989,Eline ou le passage du cyclone(2000) de Chantal Serrière celui qui a touché l’Est de Madagascar en 2000,L’œil du cyclone(2009) de Jean-Pierre Haga le cyclone Charlène à La Réunion en 2004. Dans un mélange de réalisme et fic-tion, tous les romanciers s’attachent à décrire d’une part le paysage qui plie sous les forces déchaînées de la na-ture, d’autre part la réaction des hommes qui, pour un temps, les subissant, font l’expérience brève mais cruelle des limites de leur maîtrise de leur milieu et donc de leur vie. Emmanuel Richon, s’il est bien leur successeur, va apporter une vision originale de ce thème. Comme ses devanciers, il retient le caractère soudain et dramatique du cyclone. Cependant, il utilise la gradation du système d’alerte local (warning 2, 3, 4) et l’extrême attention aux détails qui se révèleront des indices pour faire monter la tension dans un récit qui devient un drame en trois temps au sens classique. En effet, l’unité de temps, de lieu et d’action transforme la vie normale d’un citoyen moyen dont la vie est organisée entre femme, enfants, villa, bus et bureau, en crise existentielle d’un représen-
8
tant de la condition humaine. Jusqu’à s’identifier au Christ en croix. Cet élargissement de l’enjeu fait éclater les repères mauriciens que sont les lieux, les précisions sur les plantes ou la société. Le dépaysement initial qu’ils avaient installé chez le lecteur est rapidement remplacé par une identification à l’homme moderne dépassé par des forces naturelles qui font fi de ses efforts et de sa technologie. Le conducteur du bus, le héros, Chung l’épicier chinois ou le voisin indien, observés dans les détails d’un quotidien qui prend des dimensions fantas-tiques pèsent, dans le tumulte des éléments, aussi peu que les fourmis observées dans la scène d’ouverture puisque les forces sont « pour eux, sur eux, après eux, contre eux ». Leur combat, réussir à monter la côte sans noyer le moteur, fermer la boutique à temps, tordre des serviettes dans l’escalier inondé ou garder une porte fermée, se suspendre aux poutres des toilettes, prend alors des allures du combat titanesque et dérisoire de ceux qui ne peuvent prétendre à rien face aux puis-sances qui les dominent. Les humains, qui pourtant se démènent de toutes leurs forces, semblent déshumani-sés par ce cyclone baptisé. Car Deena rejoint Eline, Hugo, Charlène ou Irma dans la grande famille des catastrophes aux prénoms insignifiants indiquant si mal leur dangerosité extrême et, paradoxalement, inhumaine parce que surhumaine. Pourtant, le roman se refuse à donner toute leçon, encore moins à verser dans une vision pathétique ou (post)apocalyptique d’une humanité perdue. Le cyclone
9
  • Accueil Accueil
  • Univers Univers
  • Livres Livres
  • Livres audio Livres audio
  • Presse Presse
  • BD BD
  • Documents Documents